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    Zoom Arrière

    logo ARTICLE 804Alfred Kuen (1921-) décembre 2013
    Auteur prolifique de livres d’étude chrétiens, il a été professeur à l’Institut biblique et missionnaire Emmaüs, ainsi que directeur des Editions Emmaüs. Avec d’autres, il est à l’origine de la traduction de la Bible dite "Bible du Semeur".
    logo ARTICLE 63La valeur de l’âme novembre 2003
    MÉDITATION • Jésus a dit : « Que sert-il à un homme de gagner le monde entier, s’il perd son âme ? Que donnerait un homme en échange de son âme ? ».

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    Dans la présence de Dieu

     | Esaïe 6.1-7 - Jean 12.37-50
     

    Esaïe est certainement le plus grand prophète de l’Ancien Testament, le plus connu, le plus apprécié, le plus cité dans le monde de la chrétienté. Par lui, Dieu nous a donné les plus grandes, les plus belles prophéties relatives au Messie, à Jésus-Christ le Fils de Dieu.

    Esaïe 11.1-2 annonce : « Puis un rameau sortira du tronc d’lsaï ; et un rejeton naîtra de ses racines. L’Esprit de l’Eternel reposera sur lui : Esprit de sagesse et d’intelligence, Esprit de conseil et de force, Esprit de connaissance et de crainte de l’Eternel. » Esaïe 9.5 précise : « Car un enfant nous est né, un fils nous est donné, et la domination reposera sur son épaule. On l’appellera Admirable, Conseiller, Dieu puissant Père éternel, Prince de la paix. »

    Dans Esaïe 53, l’auteur décrit avec précision la mort de Jésus-Christ, 700 ans avant la naissance du Seigneur, il explique la mort du Messie et pourquoi Jésus mourra. Dans ce chapitre extraordinaire d’Esaïe 53, on trouve l’annonce de la résurrection, la formation de l’Eglise, la justification par la foi en Jésus-Christ. Ce texte est un véritable chef-d’œuvre de littérature de l’Ecriture Sainte.

    Esaïe annonce aussi la paix qui viendra à la fin des temps, cette paix tant attendue, alors qu’aujourd’hui encore des bruits de guerre nous parviennent de partout dans le monde. Cette paix sera mise en place par le Messie. Ce sont encore des paroles d’Esaïe (Esaïe 2.4) qui sont gravées devant le bâtiment principal de l’O.N.U. : « De leurs glaives ils forgeront des hoyaux, et de leurs lances des serpes. Une nation ne tirera plus l’épée contre une autre, et l’on n’apprendra plus la guerre. »

    Nous voulons nous arrêter pour l’instant sur la vocation d’Esaïe, l’appel que le Seigneur lui adresse, le commencement de son ministère (Esaïe 6.1-7).

    Pour le prophète, le texte est daté par rapport à la mort du roi Ozias. Celui-ci avait pris le trône très jeune, à 16 ans (2 Chroniques 26.1), et bien débuté son règne : « Il appliqua son cœur à rechercher Dieu. » (2 Chroniques 26.5). Après avoir réussi plusieurs bonnes choses pendant sa marche avec le Seigneur, son cœur va s’enorgueillir. Il outrepasse ses pouvoirs de roi que lui donnait la constitution. Il va entrer dans le temple pour offrir le sacrifice, service réservé exclusivement aux prêtres. Ozias marche sur les plates-bandes des sacrificateurs et transgresse la loi de l’Eternel. Dieu en est irrité. Il va frapper le roi qui mourra lépreux, après avoir ainsi méprisé la sainteté de la Parole de Dieu.

    A partir de là, Esaïe raconte sa vocation, l’année de la mort du roi Ozias. C’est une épreuve pour le prophète et pour le pays. Cette année-là, Esaïe reçoit une vision. Dans cette vision, la première chose que le prophète voit (Esaïe 6.1), c’est le Seigneur, le Créateur des cieux et de la terre.

    L’apôtre Jean qui reprendra ce texte près de 800 ans plus tard, va appliquer cette vision à Jésus-Christ : « Esaïe dit ces choses lorsqu’il vit sa gloire, et qu’il parla de lui. » (Jean 12.41). La gloire de qui ? Parler de qui ? De Jésus-Christ. Ce texte d’Esaïe 6 appliqué à l’Eternel va donc être appliqué par l’apôtre Jean à Jésus-Christ. Conduit par l’Esprit, Jean va expliquer la vision d’Esaïe et déclarer que Jésus-Christ est aussi le Yahvé de l’Ancien Testament, celui que les prophètes ont vu dans l’Ancien Testament. Ainsi Jean nous apprend qu’Esaïe a vu le Christ, le Fils de Dieu, la gloire de Jésus. Esaïe a parlé de Jésus. Ce texte de Jean est un verset très fort dans cet Evangile qui affirme la divinité de Jésus-Christ. Ainsi ce verset confirme la doctrine chrétienne de la Trinité : un seul Dieu en trois personnes, Père, Fils et Saint-Esprit. Aussi l’apôtre Jean rapporte cette parole de Jésus-Christ : « Abraham, votre père, a tressailli de joie à la pensée de voir mon jour : il l’a vu, et il s’est réjoui. » (Jean 8.56). Abraham a vu le Seigneur, le Fils de Dieu. Pas seulement le Dieu de l’Ancien Testament, mais aussi le Christ car Jésus est aussi le Yahvé de l’Ancien Testament. Abraham le patriarche a vu le Christ, et il s’est réjoui. Esaïe le prophète a également vu le Christ. La Bible nous révèle que Jésus-Christ, Dieu le Fils, existe de toute éternité. Jésus n’a pas commencé à exister à Bethléhem, le jour de Noël. Ce jour là, il s’est incarné. Il a quitté la gloire du Père pour venir parmi nous, mais il existe de toute éternité. « Il est sans commencement de jour, ni fin de vie. » Nous avons raison de l’appeler notre Dieu et notre Seigneur, comme le fait l’Ecriture, comme l’a fait l’apôtre Thomas : « Mon Seigneur et mon Dieu. » (Jean 20.28).

    Dans cette vision, Esaïe va voir aussi des séraphins qui sont au-dessus du trône. Ces anges demeurent dans la présence de Dieu. Ils se cachent la face et les pieds par respect devant Dieu, par crainte du Seigneur.

    Quand nous approchons de Dieu, nous devons le faire avec respect. Nous devons respecter Dieu partout où nous allons. Chaque jour, tout au long de la journée, nous devons avoir cette attitude de respect vis-à-vis de Dieu. Si nous étions invités au palais royal de Bruxelles, nous porterions une tenue vestimentaire soignée : pas de jeans, pas de baskets, pas de vêtements indécents. A combien plus forte raison ceci doit être vrai dans l’Eglise en présence du Roi des rois.

    Il est bon de rappeler aux dames et demoiselles de veiller à éviter les jupes trop courtes, les chemisiers trop transparents, les robes trop décolletées, les vêtements trop collants ou provocants. Et s’il est malséant de porter ces choses au culte, cela est aussi contraire à la bienséance de faire de tels choix en semaine. Tout cela n’a pas sa place dans la garde-robe d’une chrétienne. Ces artifices, ces “attrape-mouches” n’ont pas leur place sur les épaules d’une chrétienne. Laissez ces choses pour les sorteuses du samedi soir qui espèrent attirer les papillons de nuit. Les chrétiennes sont du jour, elles marchent dans la lumière.

    L’apôtre Pierre écrit : « Femmes, ayez la parure intérieure et cachée dans le cœur, la pureté incorruptible d’un esprit doux et paisible, qui est d’un grand prix devant Dieu. » (1 Pierre 3.4). Voilà la belle garde-robe ! Cela ne signifie pas qu’il faille porter des vêtements similaires à ceux du 17e siècle, évidemment ! Evitons de tomber dans l’autre excès. Ce n’est pas cela que l’Ecriture dit. A notre manière de nous habiller, on doit voir que nous sommes à Jésus-Christ, et différents des autres. Ainsi donc même si tout le monde au bureau, à l’école, se conforme au siècle présent, à la mode définie par une publicité agressive, qu’importe ! Nous appartenons au Seigneur. Notre monde ne respecte plus rien. Il ne respecte plus Dieu et donc ne respecte plus l’homme. Nous devons respecter l’Eternel.

    Les séraphins se couvraient la face et les pieds. Pourtant ils sont purs, sans connaître le péché comme nous. Ils sont remplis de respect et de crainte, et « ils crient l’un à l’autre, et disent : Saint, saint, saint est l’Eternel des armées ! Toute la terre est remplie de sa gloire. » (Esaïe 6.3). Notons que les séraphins crient l’un à l’autre. Ils ne crient pas au monde, mais bien l’un à l’autre, comme s’ils s’avertissaient l’un l’autre : Attention, Dieu est saint. Fais attention, n’oublie pas, Dieu est saint. Veille sur ta conduite. Dieu est saint. Nous devons nous aussi nous le dire réciproquement et nous le rappeler les uns les autres, en tant que chrétiens : Dieu est saint. L’apôtre Paul dit : « Exhortez vous les uns les autres. » (Romains 15.14). “Avertissez-vous les uns les autres.”

    Cette description de la vision d’Esaïe a pour but de remettre avec force l’accent sur la sainteté de Dieu. C’est le thème du livre d’Esaïe : la sainteté de Dieu. Ce Dieu en présence de qui les séraphins sont bouleversés, incapables de regarder Dieu et ne sont jamais fatigués de louer la sainteté de l’Eternel.

    Devant ce qu’il voit, le prophète est écrasé, anéanti, pétrifié. Ses premiers mots sont : « Malheur à moi ! » Souvent nous entendons les menaces : “Malheur à toi, si tu fais telle ou telle chose.” Esaïe dit : « Malheur à moi ! Je suis perdu, car je suis un homme dont les lèvres sont impures, j’habite au milieu d’un peuple dont les lèvres sont impures, et mes yeux ont vu le Roi, l’Eternel des armées. » (Esaïe 6.5).

    Plus tard l’apôtre Paul dira : « Malheur à moi si je n’annonce pas l’Evangile. » (1 Corinthiens 9.16). Paul avait eu aussi cette vision de Jésus-Christ dans la gloire, lors de sa conversion, en chemin vers Damas. L’apôtre recevra lui aussi l’appel, la vocation d’annoncer la Bonne Nouvelle, de prêcher la repentance et la conversion avec la pratique d’œuvres dignes de cette repentance.

    Pourquoi “Malheur à moi ?” Parce qu’en voyant Dieu, Esaïe s’est vu lui-même : impur, souillé, pécheur. Tous ceux qui ont vraiment rencontré Dieu ont fait cette même découverte du péché qui nous souille. Il faut reconnaître que cette conviction intérieure du péché s’estompe trop souvent. En fait, il va devenir de plus en plus difficile de prêcher l’Evangile et de convaincre les hommes de leur misère intérieure. Pour nous chrétiens, nous sommes du même cru que la société qui nous entoure, et nous sommes influencés dans notre manière de penser et de croire par l’esprit du monde qui rejette la notion de culpabilité. Aujourd’hui il est mal venu de faire de la morale. Nous perdons cette notion de l’offense à Dieu. Les hommes avanceront toujours plus dans le mal.

    Esaïe dit : « Malheur à moi ! » Heureusement il y a un “mais” : « Mais l’un des séraphins vola vers moi, tenant à la main une pierre ardente, qu’il avait prise sur l’autel avec des pincettes. Il en toucha ma bouche, et dit : Ceci a touché tes lèvres, ton péché est expié, et ton iniquité est enlevée. » (Esaïe 6.6).

    Pourquoi ce séraphin a-t-il touché tes lèvres ? Pourquoi les lèvres et pas le cœur, les cheveux, l’oreille, la main ... ? Deux raisons ont été proposées :

    Nous aussi chrétiens sommes les messagers de Jésus-Christ, les prophètes du Seigneur. Une tâche nous a été confiée : dire la Parole du Seigneur. Cette tâche n’est pas seulement réservée aux pasteurs, aux évangélistes, aux missionnaires. Chaque chrétien est porteur de la Parole de Dieu. Jésus a dit : « Vous serez mes témoins. » (Actes 1.8). Un témoin est quelqu’un qui raconte, qui dit. Si nous parlons de Jésus-Christ, si nous rendons témoignage, nous devons veiller à ce que nos lèvres soient propres, pures. L’apôtre Paul écrit : « Si quelqu’un prononce le nom du Seigneur, qu’il s’éloigne de l’iniquité. » (2 Timothée 2.19). Si quelqu’un rend témoignage du Seigneur, qu’il s’éloigne du mal. Nos lèvres ont besoin d’être purifiées.

    Esaïe est prêt pour le service, son ministère commence. Maintenant qu’il a pris conscience de son péché, de sa misère, son travail peut démarrer. L’idée n’est pas de vouloir écraser les gens, les culpabiliser, mais au contraire de les relever pour comprendre l’appel du Seigneur. C’est parce que nous nous sentons pécheurs, misérables devant la croix et le Christ que Dieu nous accorde son pardon. Maintenant qu’Esaïe a compris sa misère, Dieu peut lui demander : « Qui enverrai-je, et qui marchera pour nous ? » (Esaïe 6.8). Esaïe ne rouspète pas. Il répond : « Me voici, envoie-moi. » Esaïe ne va pas devoir s’expatrier. Il va devenir en Israël le prophète de la cour royale, à Jérusalem.

    Nous aussi, nous ne serons sans doute pas envoyés en Afrique, en Amérique latine ou en Asie, mais là où nous sommes, Dieu nous envoie. Sommes-nous prêts à dire : “Me voici, envoie-moi. J’ai compris ma misère ma souillure. Je veux des lèvres propres, pures. Me voici, envoie-moi. J’irai.” ? 

    Post-scriptum

    Prédication de Philippe Hubinon, résumée par Jean-Pierre Baudouin - Bulletin “Résurrection” de juin 1994.

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