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    PRÉDICATION • Tout chrétien doit pouvoir faire la distinction entre le bien et le mal, ce qui devient très difficile dans notre société actuelle qui a inversé les pôles du bien et du mal.

    Dans la même rubrique

     LA RÉFORME CONTINUE...

    La Réforme, fête de la Parole

     | Romains 3 : 21-30 - Hébreux 13 : 7
     

    Le 31 octobre 1517 Martin Luther, moine augustin, affichait sur la porte de l’église du château de Wittenberg en Allemagne, 95 thèses. Ces affirmations dénonçaient le commerce des indulgences et les prétentions démesurées du pape. Dans le monde entier, tous les protestants sont héritiers de ce mouvement de réveil que fut la Réformation.

    Ce mouvement peut être vu sous des angles différents. Mais il faut avant tout rappeler et souligner que la Réformation est un grand mouvement de réveil spirituel qui, au 16e siècle, va secouer toute l’Europe. Les rois, les empereurs, les princes, les nobles, les paysans, toutes les classes sociales seront touchées par ce grand mouvement de l’Esprit de Dieu. Dans toute l’Europe, personne ne restera indifférent à ce raz de marée, à ce cyclone spirituel qui va bouleverser nos pays.

    A la suite de ce mouvement, des milliers de personnes vont prendre conscience qu’on leur a menti, qu’ils ont été trompés et qu’ils ont été volés. Ils feront la découverte de la vérité de la Parole de Dieu. En fait, le centre du réveil, l’œil du cyclone est la Parole de Dieu. Ce n’est pas une affaire de dénomination ecclésiastique. Un grand prédicateur disait : “Le plus grand des réformateurs, ce n’est ni Luther, ni Calvin, ni personne d’autre, c’est la Parole de Dieu.” La réformation est un retour à la Parole de Dieu. La Bible est ainsi remise à l’honneur, à la première place. L’une des devises de la réforme sera : l’Ecriture seule, “Sola scriptura.”

    Martin Luther est moine augustin, docteur en théologie, chargé de cours à l’université de Wittenberg. Il doit enseigner un cours sur l’Épître aux Romains. Il découvre ce que signifie la grâce et l’amour de Dieu. Jusque là, malgré toutes ses études, malgré tous les services qu’il assume et malgré ses jeûnes et ses prières, il ne connaît rien de l’amour de Dieu, ni de la grâce de Dieu, ni de la vérité de la Parole de Dieu. Il ne connaît même pas le Christ ! Il va Le découvrir en préparant ce cours. Alors il comprend seulement ce que signifie la croix. Quand Luther prépare son cours, le volcan explose. La Vérité explose d’abord pour lui-même et ensuite dans toute l’Europe. La lave incandescente de la Vérité se répand encore aujourd’hui dans le monde entier.

    Au siècle de Luther, l’Eglise Romaine est toute puissante, à la fois sur le plan religieux et sur le plan politique. Elle tient les plus grands monarques sous sa tutelle. Elle manipule les uns et les autres à sa guise.

    La célébration de l’anniversaire de la Réformation n’est pas la fête d’un homme, ni celle d’une église ou d’une dénomination. C’est en fait la fête de la Parole de Dieu, de l’Ecriture Sainte, de la Vérité. Tous ceux qui aiment la Vérité, la Parole de Dieu se réjouissent en cet anniversaire. Jésus a dit : « Ta Parole est la vérité. » (Jean 17:17)

    Même les historiens catholiques sont contraints de reconnaître que l’Eglise Romaine se trouvait alors dans une crise profonde : elle est corrompue par le vice, l’argent et la soif de pouvoir. Le grand prédicateur catholique Bossuet, évêque de Meaux, reconnaît ces faits presque un siècle plus tard dans un de ses sermons sur l’Evangile selon Matthieu : “La prodigieuse révolte du Luthéranisme a été la punition visible du relâchement du clergé : vice, pouvoir et argent.”

    De l’argent en effet, il en fallait. Le pape Léon X veut faire construire la chapelle de la basilique Saint-Pierre à Rome. Le pape envoie donc dans toute l’Europe des vendeurs d’indulgences. C’est un document officiel de l’Eglise romaine, que l’on achète à prix d’argent et qui aurait la vertu de remettre les peines des péchés qui doivent être payés dans le purgatoire. Luther est écœuré. Ce sera la goutte qui fait déborder le vase. Il s’efforce de prévenir les autorités hiérarchiques. Il espère qu’il s’agit d’une erreur, d’un malentendu. En fait tout cela est bien organisé et préparé par Rome. L’Eglise romaine organise le commerce des âmes. Ceci va conduire à la rupture.

    Martin Luther affiche ses 95 thèses qui attaquent de front l’institution de la papauté et le commerce honteux des indulgences.

    Le 31 octobre toute la ville vient à l’église du château de Wittenberg. Sur la porte de l’église Luther a affiché ses 95 thèses qui vont finalement le conduire à la rupture avec l’Église romaine. Ces thèses sont de véritables torpilles. Luther est doué d’une grande intelligence.

    Pour bien percevoir l’impact et la violence de ces thèses, il faut se replacer dans le contexte de l’époque, devant une Église toute puissante, qui a pouvoir de vie et de mort sur quiconque touche à ses dogmes et privilèges. Luther sera excommunié. Il est mis au ban de l’Empire, ce qui veut dire que quiconque tue Luther ne sera pas poursuivi. Mais Dieu prendra soin de son serviteur. Un peu plus tard, dans le château de la Wartburg, Luther s’attèle à une œuvre titanesque : il traduit toute le Nouveau Testament en allemand pour que chaque Allemand qui le souhaite puisse lire la Parole de Dieu. A l’époque, l’Ecriture n’existait qu’en hébreu, en grec ou en latin. En fait, à l’époque, pratiquement personne n’avait accès à l’Ecriture. Luther veut mettre ainsi l’Ecriture à la portée de tous.

    Luther est très malade. Il souffre beaucoup. Mais il reste attaché à ce travail, encore reconnu aujourd’hui comme un monument de la langue allemande.

    La Bible, toujours la Bible, encore la Bible.

    Et c’est cette même traduction de Martin Luther que Gutenberg utilisera sur sa prodigieuse machine. L’imprimeur allemand multiplie ainsi par milliers d’exemplaires la Bible jusqu’alors recopiée lentement et péniblement à la main.

    Le dimanche 14 février 1546 est le dernier où Luther prêche. Il a 63 ans. Il lui reste quatre jours à vivre. Il prêche un dernier sermon centré sur l’Evangile selon Matthieu : « Je te loue, Père, Seigneur du ciel et de la terre, de ce que tu as caché ces choses aux sages et aux intelligents, et de ce que tu les as révélées aux enfants. Oui, Père, je te loue de ce que tu l’as voulu ainsi. » (Matthieu 11:25). Il termine sa prédication avec ces paroles : « Fermons donc les yeux sur toute sagesse humaine, tenons-nous en aux paroles du Christ, et allons vers Lui car Il nous appelle à lui. Il y a encore bien des choses à dire à ce sujet, mais je suis fatigué. Ainsi soit-il ». Le 18 février 1546, son médecin lui pose cette question : « Vénérable père, en mourrant croyez-vous en Jésus-Christ, Fils unique de Dieu et en tout ce que vous avez prêché ». « Oui » répond Luther. Tout ceux qui sont dans la pièce l’entendent. Luther se retourne sur le côté. Il est 3 heures du matin. Le réformateur soupire profondément. Il vient de partir vers son Maître, son Sauveur, le Seigneur Jésus-Christ.

    La Bible dit : « Souvenez-vous de vos conducteurs qui vous ont annoncé la Parole de Dieu ; considérez quelle a été la fin de leur vie, et imitez leur foi. » (Hébreux 13:7). Il y a certainement dans la foi de Luther bien des choses à imiter : son amour pour Jésus-Christ, sa passion pour l’Ecriture, son profond attachement à la vérité, son refus total de tout compromis, son courage même face aux menaces de mort qui pesaient sur lui, sa grande honnêteté intellectuelle, son humilité son renoncement absolu d’utiliser la force, alors que beaucoup l’y poussaient pour imposer sa réforme.

    Pourquoi donc évoquer tout cela ? C’est le passé !

    Il faut évoquer ces faits parce que le combat continue. En écrivant à Timothée, l’apôtre Paul dit : « Combats le bon combat de la foi. » (1 Timothée 6:12). Paul avait combattu, Timothée aussi et d’autres après eux également. Nous devons combattre à notre tour, et d’autres le feront après nous. Le combat continue. Il n’a pas cessé. La Réformation n’est pas terminée. Le combat est loin d’être achevé.

    Les statistiques montrent que 90% des habitants de notre pays ignorent la grâce de Dieu et l’amour de notre Seigneur. La religion devient l’école de l’hypocrisie. Jusqu’à ses dix ans, l’enfant suit le cours de morale. A cet âge on va l’inscrire au cours de religion pour qu’il fasse sa communion. Dans la famille, personne n’y croit mais on procède quand même comme la plupart des gens. Et l’enfant apprend l’hypocrisie. Il ne pense pas à Jésus-Christ, ni à Dieu. Il pense à sa communion et aux cadeaux. Tout le monde joue la comédie et personne n’y croit, parfois le prêtre aussi ! L’enfant grandit. Il va maintenant se marier. Il n’a jamais été à l’église. Même quand il y a un décès dans sa famille, il reste alors dehors pour aller au bistrot. Rien ne l’intéresse du côté de la foi. Comme c’est le mariage, on décide de passer par l’église. Il faut alors faire semblant, et de nouveau la comédie. Pour l’occasion, tout le monde joue aussi la comédie. Puis, un peu plus tard, la famille s’agrandit, un bébé vient. Personne ne croit, mais on décide d’aller cependant faire baptiser le nouveau-né, on ne sait jamais ! Alors encore, tout le monde triche et joue la comédie avec Dieu.

    Notre pays a été déchiré par les persécutions horribles. Des milliers de chrétiens nés de nouveau ont été déportés vers les galères et les prisons. Leur seul péché était de lire la Bible et de croire en Jésus-Christ.

    Nous n’avons pas le droit d’oublier.

    Nous avons le devoir de nous rappeler que l’Église catholique n’a jamais reconnu le mal qu’elle a fait. Jamais !

    Elle n’a pas demandé pardon pour avoir brûler Jean Huss (condamnation du Concile de Constance), l’un des plus grands théologien de l’histoire.

    Jamais le pardon n’a été demandé pour la mort de Henri Voest et de Jean Van Essem, deux Belges brûlés vifs sur la Place de Bruxelles. Nous oublions, quand nous visitons ce lieu touristique, ces deux martyrs de la foi chrétienne. Ils aimaient la Bible et refusaient le pouvoir et l’autorité du pape.

    Nous n’avons pas le droit d’oublier, mais le devoir de redire que les mêmes doctrines, qui avaient été condamnées par Luther et d’autres réformateurs, font toujours partie des dogmes de l’Église. Les indulgences, le purgatoire, la prière pour les morts, le salut par les œuvres sont toujours d’actualité.

    Rappeler tout cela, mais pourquoi ?

    Il n’est pas question de réveiller les Guerres de Religion, mais nous avons le devoir d’honorer la mémoire de ceux qui sont morts pour leur foi en Jésus-Christ. Nous devons proclamer la Vérité, ce qui inclut le courage de dénoncer le mensonge et d’appeler les choses par leur nom.. C’est notre devoir si nous avons choisi le camp de la Vérité.

    Rappelons pour terminer qu’il y a un monde entre être protestant et être chrétien. Loin de nous l’idée de faire de la publicité pour le protestantisme. Qu’y gagnerions-nous ? Nous ne faisons pas de la propagande pour gagner des adeptes à une religion. Par la grâce de Dieu, avec humilité, mais avec ferveur, nous cherchons à gagner des âmes à Jésus-Christ. Nous souhaitons voir des hommes et des femmes venir, avec humilité, demander pardon à Jésus-Christ, et à Jésus-Christ seul, pour recevoir de Lui, par la foi et gratuitement, le pardon de leurs péchés et la vie éternelle.

    Si vous n’êtes pas encore venu(e) à Jésus-Christ et si vous cherchez à gagner et payer à Dieu le pardon de vos péchés, arrêtez !

    Dieu offre le pardon gratuitement. Ce n’est pas une affirmation protestante, mais le message de la Parole de Dieu. Nous sommes gratuitement justifiés par la mort de Jésus-Christ. Il n’y a rien à payer, ni en nature ni en espèces. Le salut ne s’obtient ni avec de l’argent, ni avec des prières, ni avec des pèlerinages ou des cierges.

    Si vous voulez le pardon de Dieu, vous devez venir à Jésus-Christ, avec humilité, pour demander la rémission de vos péchés et recevoir la vie qui est en Jésus-Christ seul. Les hommes n’ont aucun pouvoir. Le salut est en Jésus-Christ seul, le Fils de Dieu, mort à la croix pour nos péchés, et ressuscité pour nous justifier devant Dieu.

    A Lui seul soit la gloire !

    Post-scriptum

    Prédication apportée par Philippe HUBINON et résumée par Jean-Pierre BAUDOUIN.

    Publication au bulletin “Résurrection” de :

    • novembre 1994 sous le titre “La Réforme continue
    • novembre 1998 (même titre)
    • novembre 2002 (sous le titre "La Réforme, fête de la Parole").

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