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    logo ARTICLE 654Søren Kierkegaard (1813-1855) juillet 2013
    Ecrivain, théologien protestant, et philosophe danois.
    logo ARTICLE 273Ouvrir une école, c’est fermer une prison ! octobre 2009
    Notre société a besoin de réponses à ses problèmes existentiels. Les valeurs chrétiennes sont une réponse : travaillons en amont des problèmes, prévenir plutôt que guérir !

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    Victor Hugo (1802-1885)

     

    — Il y a un livre qui contient toute la sagesse humaine éclairée par toute la sagesse divine, un livre que la vénération du peuple appelle : "Le Livre" , c’est la Bible !


    « Vous qui pleurez, venez à Lui car Il console.
    Vous qui souffrez, venez à Lui car Il guérit.
    Vous qui passez, venez à Lui car Il demeure. »


    La conscience

    Lorsque avec ses enfants vêtus de peaux de bêtes, échevelé, livide au milieu des tempêtes, Caïn se fut enfui de devant Jéhovah, comme le soir tombait, l’homme sombre arriva au bas d’une montagne, en une grande plaine ; sa femme fatiguée et ses fils hors d’haleine lui dirent : « Couchons-nous sur la terre et dormons. »

    Caïn, ne dormant pas, songeait au pied des monts. Ayant levé la tête, au fond des cieux funèbres, il vit un œil, tout grand ouvert dans les ténèbres, et qui le regardait dans l’ombre fixement. « Je suis trop près », dit-il avec un tremblement.

    Il réveilla ses fils dormant, sa femme lasse, et se remit à fuir sinistre dans l’espace.

    Il marcha trente jours, il marcha trente nuits. Il allait, muet, pâle, et frémissant aux bruits, furtif, sans regarder derrière lui, sans trêve, sans repos, sans sommeil. Il atteignit la grève des mers dans le pays qui fut depuis Assur. « Arrêtons-nous, dit-il, car cet asile est sûr. Restons-y. Nous avons du monde atteint les bornes. » Et, comme il s’asseyait, il vit dans les cieux mornes l’œil à la même place au fond de l’horizon.

    Alors il tressaillit en proie au noir frisson. « Cachez-moi ! » cria-t-il ; et le doigt sur la bouche, tous ses fils regardaient trembler l’aïeul farouche. Caïn dit à Jabel, père de ceux qui vont sous des tentes de poil dans le désert profond : « Etends de ce côté la toile de la tente. » Et l’on développa la muraille flottante ; et quand on l’eut fixée avec des poids de plomb : « Vous ne voyez plus rien ? » dit Tsilla, l’enfant blond, la fille de ses fils, douce comme l’aurore ; et Caïn répondit : « Je vois cet œil encore ! »

    Jubal, père de ceux qui passent dans les bourgs soufflant dans des clairons et frappant des tambours, Cria : « Je saurai bien construire une barrière. » Il fit un mur de bronze et mit Caïn derrière. Et Caïn dit : « Cet œil me regarde toujours ! »

    Hénoch dit : « Il faut faire une enceinte de tours si terrible, que rien ne puisse approcher d’elle. Bâtissons une ville avec sa citadelle. Bâtissons une ville, et nous la fermerons. »

    Alors Tubalcaïn, père des forgerons, construisit une ville énorme et surhumaine. Pendant qu’il travaillait, ses frères, dans la plaine, chassaient les fils d’Enos et les enfants de Seth ; et l’on crevait les yeux à quiconque passait ; et, le soir, on lançait des flèches aux étoiles. Le granit remplaça la tente aux murs de toiles, on lia chaque bloc avec des nœuds de fer, et la ville semblait une ville d’enfer ; l’ombre des tours faisait la nuit dans les campagnes ; ils donnèrent aux murs l’épaisseur des montagnes ; sur la porte on grava : « Défense à Dieu d’entrer. »

    Quand ils eurent fini de clore et de murer, on mit l’aïeul au centre en une tour de pierre. Et lui restait lugubre et hagard. « O mon père ! L’œil a-t-il disparu ? » dit en tremblant Tsilla. Et Caïn répondit : « Non, il est toujours là. »

    Alors il dit : « Je veux habiter sous la terre comme dans son sépulcre un homme solitaire ; rien ne me verra plus, je ne verrai plus rien. » On fit donc une fosse, et Caïn dit : « C’est bien ! » Puis il descendit seul sous cette voûte sombre.

    Quand il se fut assis sur sa chaise dans l’ombre et qu’on eut sur son front fermé le souterrain, l’œil était dans la tombe et regardait Caïn.


    Voir aussi : La découverte de la Bible

    Post-scriptum

    Victor Hugo, né le 26 février 1802 à Besançon, décédé le 22 mai 1885 à Paris à l’âge de 83 ans, est le plus important des auteurs romantiques de langue française.

    Son œuvre est très diverse : romans, poésie lyrique, drames en vers et en prose, discours politiques à la chambre des pairs, correspondance abondante.

    Source : Wikipédia


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