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    La Réforme (ou Réformation) au 16e siècle

     
    La Réforme : "mouvement religieux qui, au 16e siècle,
    a soustrait à l’obédience de Rome une partie de l’Europe
    et donne naissance aux Églises protestantes."
    (Larousse).

    1. Courte introduction à la Réforme

    Réforme et Contre-Réforme sont les deux termes utilisés pendant longtemps dans le monde occidental pour désigner deux événements historiques du 16e siècle. Après la guerre 40-45, les historiens ont changé de vocable. On a alors parlé de Réforme protestante pour désigner la Réforme et de Réforme catholique pour désigner la Contre-Réforme.

    La Réforme, malgré ses différentes composantes, présente cependant un accord pour les questions fondamentales. On retrouve en effet chez Luther, Calvin et Zwingli la centralité du Christ, le salut par la grâce seule, l’Église en tant que communauté des croyants, l’importance de la Bible comme seule source de la Révélation, actualisée par la prédication inspirée par le Saint-Esprit. On distingue ainsi chez les réformateurs la primauté de l’Écriture sur l’Église.

    Nous espérons que cette "étude" encouragera les lecteurs et les lectrices à approfondir le sujet. Les ouvrages concernant les réformateurs dans les différentes langues européennes ne manquent pas sur le marché du livre et leurs œuvres sont rééditées.

    2. Martin Luther (1483-1546)

    Nous n’avons pas la prétention avec cette courte biographie de retracer complètement la vie du réformateur allemand. Nous voulons simplement encourager le lecteur ou la lectrice à poursuivre ses lectures et à consulter des livres consacrés à Luther, mais aussi à lire des traductions de ses œuvres comme le grand ou le petit catéchisme, ou encore ses commentaires de la Bible. La Réforme, appelée aussi Réforme protestante par opposition à la Contre-Réforme ou Réforme catholique, se situe en Europe occidentale au 16e siècle. Les historiens distinguent dans la Réforme protestante la Réforme magistérielle de la Réforme radicale. Notre petit travail est surtout consacré aux personnages les plus importants, à savoir : Martin Luther, Jean Calvin et Ulrich Zwingli. En ne mentionnant qu’eux, nous reconnaissons cependant que d’autres comme Simon Menno surtout ont apporté leur contribution à la réforme protestante.

    Luther est né le 14 novembre 1483 à Eisleben en Thuringe dans le comté de Mansfeld. À l’époque, l’Allemagne est morcelée en principautés et seigneuries. Ses ancêtres étaient d’origine paysanne, mais son père était un petit exploitant dans les mines de cuivre.

    Ses parents avaient à l’époque de l’ambition. Ils souhaitaient faire acquérir à leur fils une bonne formation scolaire. Martin Luther était une nature sensible, mais cela ne l’empêchait pas d’avoir de la rigueur personnelle. En 1497, son père l’envoie à Magdebourg chez les frères de la vie commune, puis il passa à Eisenach. Dans l’ordre des frères de la vie commune, circulait un petit ouvrage : L’Imitation de Jésus-Christ. Luther lut sans doute cette œuvre.

    Après quelques années studieuses, Luther entre en 1501 à l’université d’Erfurt pour préparer une carrière de juriste. Rien au départ ne le prédisposait à devenir religieux. En 1505, il obtint le grade de maître ès art. Un événement naturel, cependant, va jouer un rôle déterminant dans sa vie. En effet, un orage en 1505 produit chez lui un certain effroi et il fait vœu de se consacrer entièrement à Dieu.

    Il entre donc au couvent des Augustins d’Erfurt en juillet 1505, où il devint un religieux fervent. Il fit connaissance avec la Theologica Germanica, et les spécialistes pensent que cette œuvre ainsi que L’Imitation de Jésus-Christ encouragèrent Luther à réfléchir sur sa situation face à Dieu. Mais c’est surtout la lecture de la Bible qui lui donna l’assurance du salut par la grâce seule de Dieu. Il fut alors désigné pour enseigner la philosophie et poursuivit ses études de théologie biblique.

    En 1510-1511, il part à Rome pour les affaires de son ordre, les "Augustins". Son évolution intérieure ne suivait pas sa vie extérieure. La foi lui paraissait plus importante. Lors de son entrée au couvent, il était déjà intéressé par la Bible, et son intérêt pour elle augmenta au fil des années. Au retour de Rome, son supérieur Johan Staupitz, observa un changement chez Luther. Les interrogations intérieures de Martin Luther devenaient visibles. Staupitz l’envoya donc au nouveau couvent de Wittenberg pour occuper la chaire d’enseignement biblique. Luther apprécia cette désignation.

    Le conflit avec les autorités de l’Église catholique éclata lors de la promulgation de l’indulgence que le pape avait décrétée à l’occasion de la construction de la basilique Saint-Pierre à Rome.

    Le 31 octobre 1517, Luther envoya une lettre à l’archevêque Albrecht de Mayence lui demandant de mettre fin à l’opération scandaleuse des indulgences. Il joignit à sa lettre ses "95 thèses" dénonçant les indulgences.

    Observons que la situation politique de l’époque doit être mise en parallèle avec les situations sociale et religieuse. Luther est tout autant un réformateur religieux que le témoin des changements de son époque. Luther rencontra l’appui inattendu de princes allemands. Une bulle fut publiée en juin 1520 par le pape Léon X qui le menaçait d’excommunication et ses livres furent brûlés. Ainsi, la réaction de la hiérarchie catholique de l’époque ne se fit pas attendre. De plus, l’excommunication entraînait la mise au ban impérial.

    En réaction, Luther brûla la bulle papale le 10 décembre 1520. Il comparut devant la diète de Worms et échappa de justesse au piège tendu par ses adversaires grâce à l’intervention d’un prince allemand. Il fut caché pendant plusieurs mois au château de la Wartburg. L’électeur Frédéric de Saxe le cacha ainsi pendant plus de 10 mois au cours desquels Martin Luther traduisit le texte du Nouveau Testament en allemand et rédigea plusieurs ouvrages de polémique. Sans l’avoir voulu, le réformateur fixait la langue allemande avec la traduction de la Bible. Désormais, les exigences bibliques, comme la grâce d’ailleurs, étaient pour tous. Tout un chacun était placé devant ses responsabilités. L’Église en tant qu’institution n’était plus un intermédiaire obligé.

    Suite à la publication de ses sermons, de nombreux moines et moniales quittèrent leur couvent. Il épousa lui-même une mère abbesse, Catherine de Bora, en 1525. De leur union, naquirent six enfants. Le réformateur fut soucieux d’être un exemple de responsabilité paternelle. Son foyer resta ouvert à quiconque voulait faire appel à lui. Au cours des visites, ses amis recueillirent ses propos et les publièrent sous forme de livre qu’on appelle aujourd’hui "Les propos de table". Luther se révèle un homme aimant la vie. Ses adversaires stigmatisèrent ses propos, indignes selon eux d’un homme de religion.

    De 1524 à 1525, il dut faire face à la "Révolte des paysans", qui éclata en Allemagne méridionale. Il fut effrayé par la violence de celle-ci et demanda aux princes allemands de la réprimer, malgré sa volonté de dialoguer avec les responsables de cette révolte. Il est bon de rappeler que Luther se fit l’avocat des paysans auprès des princes allemands.

    Le réformateur allemand dut faire face à des situations conflictuelles, à l’extérieur avec Érasme concernant le libre arbitre, à l’intérieur du camp protestant avec Zwingli concernant la signification de la Cène. Les relations entre Martin Luther, Jean Calvin et Ulrich Zwingli ne conduisirent pas à la création d’une seule Église réformée, mais à des Églises réformées distinctes.

    En 1529, Luther utilisa ses sermons pour la confection de son Petit Catéchisme, destiné à tout le peuple chrétien, et de son Grand Catéchisme, destiné aux pasteurs. Luther n’a pas fixé l’essentiel de sa pensée sous la forme d’une dogmatique, comme Calvin.

    Le réformateur allemand ne sépara jamais sa théologie de la vie, ancrée dans l’expérience vécue. Il effectue des distinctions où l’on retrouve la dualité : foi et amour, grâce et loi, personne et œuvre, liberté et servitude, etc. Luther est un homme de la croix. L’homme se rend compte de l’amour de Dieu dans le service divin de la croix. Devant Dieu, il est pécheur mais aussi justifié parce qu’il est arraché à son propre asservissement et est alors placé sous la faveur de Dieu.

    Il a marqué l’histoire de son temps et du monde européen. Il a laissé une œuvre, mais aussi une tradition. Luther n’a pas voulu créer une nouvelle Église, mais que l’Église existante retourne aux sources. Témoin de Jésus-Christ, il rappelle que l’être humain peut connaître des moments de solitude comme il a connu lors de son passage devant la diète de Worms.

    Il rappelle l’importance de la grâce de Dieu et surtout celle de son amour dans les vicissitudes de la vie.

    Post-scriptum

    Cette étude est due au Pasteur Ghislain NAZÉ qui nous a aimablement autorisés à publier son texte et que nous tenons à remercier ici.

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