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    Zoom Arrière

    logo ARTICLE 589Louis Pasteur (1822-1895) mai 2009
    Biologiste français ; créateur de la microbiologie. Le premier, il découvrit que la fermentation était due à des organismes vivants, les microbes, et que ceux-ci étaient aussi à l’origine de certaines maladies appelées infectieuses.
    logo ARTICLE 620Denis Lane mai 2010
    Pasteur baptiste, prédicateur et missionnaire de la “Overseas Missionary Fellowship”.

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    Réflexions d’un paroissien

     
    Notre sœur, Isabelle Ponceau, membre du comité de rédaction a souhaité que ce texte figure dans les pages de ce numéro de Résurrection à l’occasion des 32 années de ministère du pasteur dans l’église de Charleroi.

    Nous avons eu, il y a quelques mois, le privilège d’accueillir officiellement le nouveau berger de notre communauté et sa famille. En écoutant les différents orateurs exprimer ce que le Seigneur leur avait mis à cœur, un certain nombre de réflexions se bousculaient dans mon esprit, réflexions que je voudrais partager avec tous les membres de notre communauté.

    On a beau dire que : un pasteur est un guide, un pasteur est un berger, un pasteur est un conseiller, un pasteur est un ami, un pasteur est un confident, un pasteur ne peut pas être autre chose qu’un très saint homme, parfait en toutes choses. Un pasteur est solide comme un roc, un pasteur est omni-disponible, un pasteur peut tout encaisser, un pasteur peut tout porter, un pasteur peut tout supporter.

    La famille du pasteur, elle, devait tout accepter et vivre, bien entendu, dans l’ultra-sainteté.

    Elle devait considérer comme normales toutes les interruptions de son rythme de vie, supporter avec joie les soucis et les tensions du père comme de la mère, ne se plaindre de rien et évidemment vivre de l’air du temps. Certes, tout cela n’est jamais demandé à notre pasteur aussi ouvertement que je viens de le faire, mais es-tu bien sûr, ami lecteur, que cela ne sommeille pas au cœur de beaucoup d’entre nous ? (inconsciemment peut-être).

    Oui, notre pasteur est un guide, mais il ne peut pas cheminer seul ; voulons-nous un guide solitaire ? S’il l’est, c’est nous les paroissiens qui en portons la triste responsabilité. Nous, paroissiens, avons le devoir d’accompagner notre pasteur, de l’encourager, de le soutenir. Certes, il en sait plus que nous mais cela ne fait qu’augmenter notre responsabilité à son égard : c’est nous qui devons lui donner la possibilité de mettre en valeur les talents qui lui ont été confiés.

    Oui, notre pasteur est un berger, mais un berger n’est rien s’il ne peut s’appuyer sur ses brebis. Enfant des Cévennes, j’assistais chaque année à la transhumance. Les troupeaux arrivaient en fin de journée avec leurs bergers et les chiens, s’installaient pour la nuit sur la place du marché ; les bergers à l’arrivée comme au départ, marchaient devant le troupeau. Pour la nuit cependant, ils s’enveloppaient dans leur houppelande et s’endormaient à même le sol avec les bêtes autour d’eux, tout contre eux. Ce n’étaient pas les bergers qui donnaient leur chaleur aux moutons, mais les bêtes qui transmettaient pour la nuit leur chaleur aux bergers. Je n’ai jamais vu le berger s’éloigner du troupeau, certes parce qu’il en était responsable mais aussi, et souvent cela m’a frappé, parce qu’il avait, lui le berger, besoin de la chaleur, de la vie, du support du troupeau. Il en va de même pour notre berger ; il a besoin de nous, de notre soutien, de savoir que non seulement nous le suivons mais que nous sommes prêts à l’entourer et à lui donner notre chaleur.

    Oui, notre pasteur est un conseiller mais lui, vers qui se tournera-t-il ? Certes les anciens sont là, très concrètement présents, mais avons-nous le droit de nous reposer entièrement sur eux en leur laissant toute le responsabilité ; en effet, nous aussi devons être disponibles pour lui.

    Oui, notre pasteur est un ami. Nous savons que sa porte est ouverte et que nous pouvons aller frapper chez lui à toute heure du jour et de la nuit. Mais lui, n’a-t-il pas droit à notre amitié ? Sommes-nous sûrs d’être disponibles s’il frappe à notre porte au milieu de la nuit parce que lui aura besoin à ce moment là d’un ami, d’un frère.

    Oui, notre pasteur est un confident ; nous savons que rien de ce qu’il pourra connaître de notre vie, de nos drames, de nos bassesses, de nos manquements, de nos (rares pour moi) grandeurs, ne sera trahi ou divulgué. Sommes-nous prêts à agir de même vis-à-vis du pasteur et de sa famille ? A ne pas juger sans connaître, à admettre que le pasteur est un être parfaitement humain qui a droit à ce que sa vie et celle de sa famille soient protégées et à n’avoir pas à évoluer constamment sous l’œil de la critique. Si nous avons quelque sujet d’insatisfaction, allons-nous à lui directement en évitant la place publique ; s’il nous arrive d’être le confident, volontaire ou non d’éléments qui appartiennent en propre à notre pasteur et à sa famille, taisons-nous.

    Que notre pasteur soit notre confident ne nous autorise pas non plus à déverser sur lui toutes nos petites poubelles et les mille misères que nous portons en nous. Prenons en charge nos misères et tout ce que nous pouvons avec l’aide de Dieu, mais ne faisons pas ployer les épaules de notre pasteur-confident avec tout ce par quoi nous nous laissons accabler. Soyons plutôt prêts à porter, si nous le pouvons, les mille misères qui accablent notre pasteur et dont il ne nous parlera jamais si nous ne savons pas les discerner.

    Nous trouvons légitime que notre pasteur prie pour nous et intervienne en notre faveur, mais nous, le faisons-nous pour lui . Le portons nous tous les jours dans nos prières ? Le soutenons-nous par notre intercession pour la préparation de ses messages, de ses interventions, de ses actions ? Demandons-nous à Dieu, avec un ardent désir d’être exaucé, que notre Père lui donne le discernement, la vigilance et le courage nécessaire pour traverser les périodes où il sèmera sans voir lever la moisson ? Nous avons l’obligation de porter notre pasteur, ainsi que nos anciens, dans la prière. Nous avons l’obligation de porter la famille de notre pasteur dans la prière. Pas une fois de temps en temps, pas épisodiquement mais régulièrement, de façon permanente. Il a consacré sa vie à Dieu et aux autres, mais sa famille aussi a besoin de lui. Certes, elle comprendra les sacrifices que cela lui impose en partageant la vocation de cet époux, de ce père. Mais ,nous, qui sommes les bénéficiaires de cette disponibilité, de ce sacerdoce nous avons en contrepartie la responsabilité non-seulement de ne pas abuser de cette disponibilité mais encore de soutenir par tous les moyens à notre disposition, spirituellement et matériellement, la famille de notre pasteur.

    Prier pour le groupe familial, pour l’épouse, qui subissent les contre-coups de la fatigue et du découragement, pour les enfants qui ont un père souvent peu disponible ou dont la disponibilité va d’abord à d’autres, est pour chacun de nous un devoir.

    Notre pasteur ne nous fera jamais part de ses besoins matériels. Ses enfants grandissent comme les nôtres, mais leurs vêtements eux, restent à la même taille ; les vêtements de son épouse ne sont pas plus éternels pour elle que pour nous et ses vêtements s’usent à la même cadence que les nôtres. Il doit dépenser les mêmes sommes que nous pour élever ses enfants et leur donner aussi le superflu nécessaire. Dans ce domaine très terre à terre et matériel nous avons la responsabilité de pourvoir aux besoins de notre berger et de sa famille ; faisons-le discrètement, en sachant que nous le faisons non pour lui en tant qu’homme, mais en sa qualité de serviteur de Dieu, et non parce que nous en attendons une reconnaissance, mais parce que c’est ce que Dieu nous commande dans sa Parole.

    Nous savons que Dieu nous aime et qu’il nous supporte. Nous savons que notre pasteur nous aime, même si souvent nous ne sommes pas aimables, et pourtant il fera tout pour nous supporter.

    Puissions-nous aimer notre berger comme cela nous est commandé et être pour lui et sa famille un réel support.

    Un auditeur chinois dit un jour en pleine réunion d’évangélisation au prédicateur indigène :

    -  N’as-tu rien d’autre à nous dire ? Voilà trois jours que tu nous parles de ce Jésus !
    -  Qu’as-tu mangé ce matin rétorqua le prédicateur ?
    -  Du riz.
    -  Et à midi ?
    -  Du riz.
    -  Et ce soir ?
    -  Du riz.
    -  Que manges-tu depuis des années ?
    -  Du riz.
    -  Pourquoi manges-tu du riz tous les jours ? Pourquoi ne manges-tu pas autre chose ?
    -  Parce que cela me fait vivre.
    -  C’est pour la même raison, répond l’évangéliste que nous prêchons Christ et Christ seulement. Il nous apporte la vie, Il est notre vie et nous ne pourrions vivre sans Lui.

    par Léo Bettex


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