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    Conserver l’unité de l’Esprit

     | Evangile de Jean 17.20-23 - Epître aux Ephésiens 4.1-3
     

    Cette prédication est à rapprocher de la prédication intitulée ”L’unité dans la vérité”.

    UNITÉ

    Depuis quelques années on parle sans cesse, en Europe Occidentale, d’unité. Il est question de l’unité sociale, de l’unité économique. On parie aussi de plus en plus d’union politique, d’union monétaire, d’union militaire. Et cette notion d’union a tendance à prendre même une dimension mondiale. Depuis la chute du mur de Berlin [9-11-1989] est apparue l’expression : le “nouvel ordre mondial”. Les sociétés multinationales ont aujourd’hui des buts de dimensions planétaires. Des marchés à l’échelle mondiale sont envisagés par ces grosses entreprises.

    Ce même mouvement d’unité se fait aussi ressentir au niveau des églises. Depuis de nombreuses années maintenant, on parle d’œcuménisme. Dans le texte susmentionné de Jean 17, Jésus parle de l’unité. Il prie pour l’unité des chrétiens. Mais la question est de savoir dans quel sens Jésus a prié pour l’unité. Dans quelle limite convient-il de travailler à l’unité des enfants de Dieu, à l’unité du peuple de Dieu ?

    Citons d’abord trois grands efforts réalisés durant ces 50 dernières années pour encourager l’unité parmi les chrétiens. D’emblée il faut dire que ces efforts ont été posés sur de mauvaises bases.

    1) D’abord cette unité construite sur le slogan : “Tout le monde est beau, tout le monde est gentil, tout le monde a raison.” Il en découle donc que sur cette base, tout le monde est invité à l’unité. En 1986, à Assise, l’Eglise catholique a invité tous les croyants à une grande rencontre. Le journal LE MONDE relatait cet événement en ces termes : Jean-Paul II vient de prendre une initiative sans précédent en invitant à Assise les représentants de toutes les religions du monde pour une réunion de prières en faveur de la paix.” D’autre part LE FIGARO MAGAZINE écrivait : “Le pape invente et préside l’ONU des religions : ceux qui croient en l’Eternel, ceux qui croient en mille dieux et ceux qui ne croient en aucun dieu précis. Vision stupéfiante. Jean-Paul II admet spectaculairement la relativité de la foi chrétienne qui n’est plus que l’une entre d’autres.” Beaucoup sont venus des quatre coins du monde à ce rendez-vous, prier pour la paix. Ainsi se sont réunis des bouddhistes prosternés devant la statue de Bouddha placée sur un autel de l’église Saint-Pierre à Assise, des prêtres fétichistes qui ont conjuré les esprits, des gourous de tout poil, des Indiens qui ont fumé le calumet de la paix, etc. Mais se pose la question : est-ce là l’unité dont Jésus parlait ? Il est bien difficile de le croire. Jésus disait : « Je suis le chemin, la vérité et la vie. Nul ne vient au Père que par moi. » (Jean 14.6).

    2) Un autre effort réalisé dans les milieux protestants pour favoriser l’unité, s’est créé en 1948 par la fondation du Conseil œcuménique des Eglises (C.O.E.). Ce mouvement, dont le siège est à Genève, regroupe aujourd’hui environ trois cents églises protestantes de diverses dénominations. Ce Conseil se targue d’être l’organe représentant officiellement l’unité chrétienne face à l’Eglise catholique, non reprise dans cette organisation protestante. Ce nombre de 300 églises varie selon que l’une ou l’autre église s’ajoute ou se retire, suite à certaines pratiques inacceptables ou dérapages inadmissibles. Par exemple, à une époque, le Conseil œcuménique drainait des millions de dollars destinés à l’achat d’armes utilisées par certains mouvements révolutionnaires en Afrique du Sud. D’autre part, le C.0.E. était infiltré par le K.G.B., la police secrète de l’ex U.R.S.S. Ici aussi se pose à nouveau la même question : est-ce bien là l’unité que le Christ demande ? Est-ce pour cette forme d’unité que Jésus aurait prié ? Est-ce cela l’exaucement de la prière du Christ pour l’unité des enfants de Dieu ?

    3) Enfin, un troisième effort réalisé en faveur de l’unité est le Mouvement charismatique qui traverse l’Eglise catholique, autant que l’Eglise protestante. Il invite en quelque sorte à laisser la doctrine de côté pour ne retenir que l’expérience, la vie en commun. La devise appliquée est : “la doctrine divise mais l’expérience unit ; laissons donc la doctrine de côté et expérimentons ensemble l’unité des croyants.” Ce mouvement revendique l’action du Saint-Esprit comme initiatrice de cet effort vers l’unité. Mais alors se trouvent côte à côte des protestants qui prient le Père au nom de Jésus-Christ par le Saint-Esprit, et des catholiques qui prient Marie, les saints et les morts. Et certains voudraient prétendre que tout cela se fait sous l’action du Saint-Esprit ! Encore une fois se pose la même question : est-ce cela l’unité dont Jésus a parlé ? L’aspiration à l’unité doit-elle faire le sacrifice de la vérité ? S’il doit y avoir unité, ce n’est que dans la vérité qu’elle peut se construire. Aujourd’hui dans beaucoup d’églises on se trouve prêt à sacrifier la vérité pour faire semblant de vivre l’unité.

    Nous ne devons jamais oublier que l’Esprit Saint est aussi appelé l’Esprit de vérité. En parlant de la sorte, nous serons probablement accusés de manquer d’amour. Cela nous blesse, en tant qu’enfants de Dieu. Certains disent que l’amour doit passer au-dessus de tout, et couvrir toutes les différences. Mais si nous voulons suivre le Christ et les apôtres, il faut nous souvenir que l’amour ne gomme jamais la vérité. Un amour sans vérité est un amour dangereux. L’amour se construit sur la vérité.

    L’apôtre Paul fait en Ephésiens 4.15 l’éloge du couple “amour et vérité”. Nous sommes invités à professer la vérité dans l’amour. On peut dire en quelque sorte que le couple “amour et vérité” est marié pour toujours. Dans la pensée du Seigneur, selon l’Ecriture, amour et vérité ne divorceront jamais. Rempli d’amour, le Christ n’a jamais cédé un pouce sur la vérité. Pour toujours, l’amour est joint à la vérité. L’unité est le fruit de la vérité. L’unité pousse sur l’arbre de la vérité. Il n’y a pas d’unité véritable sans la vérité. Toute unité construite aux dépens de la vérité est vouée à l’échec et ne peut venir de Dieu. L’unité du peuple de Dieu ne peut donc se faire à n’importe quel prix, ni n’importe comment, ni sur n’importe quelle base, ni avec n’importe qui.

    UNITÉ OU UNIFORMITÉ ?

    Il est important de faire une distinction entre unité et uniformité. Certains s’imaginent parfois que si dans toutes les églises, on chantait dans les mêmes cantiques, en suivant la même liturgie, en faisant les mêmes prières pour des sujets communs, autour de la même version de la Bible, alors se serait vraiment l’unité ! C’est une erreur de penser cela. Ces conditions identiques conduiraient à l’uniformité mais pas à l’unité. Il existe une différence entre l’unité et l’uniformité.

    L’apôtre Paul, en écrivant à l’Eglise de Corinthe, compare l’Eglise à un corps humain. Il tire de cette illustration deux vérités appliquées à l’église locale. Notre corps est un. Il est uni. Toutefois les membres sont différents. Il y a donc à la fois unité et diversité. Ces deux notions ne sont pas antagonistes. Elles sont à vivre toutes deux devant le Seigneur. L’unité du peuple de Dieu n’est pas le fruit d’une organisation humaine. C’est l’œuvre de Dieu. C’est une unité intérieure spirituelle. Nous sommes unis par l’Esprit de Dieu qui habite en tout véritable chrétien, né de nouveau. Il s’agit d’une unité spirituelle. Elle n’est pas à faire ; elle est ! L’apôtre Paul écrit : « Nous avons tous été baptisés dans un seul Esprit pour former un seul corps. » (l’Eglise de Jésus-Christ) (1 Corinthiens 12.13). Ainsi, la prière de Jésus : « Que tous soient un. » (Jean 17.21) a été exaucée par le Père. Ce n’est pas à l’Eglise d’exaucer la prière que Jésus adresse à son Père. Ce n’est pas à l’Eglise de réaliser l’unité. C’est l’œuvre de Dieu dans son peuple, l’Eglise. Par-dessus toute étiquette religieuse, et au-delà de toute dénomination d’Eglise, Dieu lui-même unit ses enfants.

    Dans Jean 17, il est intéressant de se demander pour qui Jésus prie quand il demande l’unité : « Que tous soient un. » (Jean 17.21). La réponse se trouve dans les paroles du Christ lui-même :

    Voilà tous ceux pour qui Christ prie afin qu’ils soient un.

    Ceci nous permet de dénoncer tout semblant d’unité que Christ aurait demandé pour les hommes de bonne volonté, quelles que soient leurs croyances, du moment qu’ils sont sincères. En fait le Christ a prié pour ses enfants, pour ses disciples afin qu’ils soient vraiment un. Cette prière est exaucée par le Père. Jésus dit en effet : « Pour moi, je sais, Père, que tu m’exauces toujours. » (Jean 11.42). Interpréter ainsi la prière du Christ est donc la ligne sur laquelle il convient d’avancer. Si l’unité entre chrétiens existe bien, alors il n’y a plus rien à faire ? Tout est bien, tout est beau, tout est fait, merci Seigneur ? Si l’unité entre chrétiens existe bien, il existe toutefois une œuvre à laquelle nous sommes appelés les uns et les autres en tant qu’enfants de Dieu. L’apôtre Paul déclare : « Efforçons-nous de conserver l’unité de l’Esprit par le lien de la paix. » (Ephésiens 4.3).

    Cela signifie, en d’autres mots, que l’unité a besoin d’être entretenue. De même que l’amour. Nous sommes invités à conserver l’unité. C’est un peu comme si Dieu nous faisait le cadeau d’un terrain dans lequel nous avons à travailler, d’un jardin que nous devons entretenir pour le mettre en valeur. Et là, il ya du travail. Il faut se rappeler que l’unité est là, que la bénédiction de Dieu est présente, que le peuple de Dieu est une réalité. A nous en tant qu’enfants de Dieu d’entretenir ce qu’il nous a accordé, et ainsi conserver l’unité de l’Esprit par le lien de la paix.

    COMMENT CONSERVER CETTE UNITÉ ?

    Plusieurs actions peuvent être définies. Notons d’abord que des efforts sont à faire. Cela ne vient pas tout seul. De même que l’amour s’entretient, l’unité ne vient pas spontanément. Cela doit se nourrir. L’unité doit être entretenue et cela ne se fait pas facilement. Il existe pour chacun d’entre nous une part d’efforts à réaliser. Il y a aussi pour chaque église une part d’efforts à faire pour maintenir cette unité construite par l’Esprit de Dieu entre ses enfants. Puisqu’il y a des efforts à faire, travaillons-nous à l’unité ?

    Avant de penser de façon générale à l’unité des chrétiens dans le monde, travaillons-nous à l’unité des chrétiens dans notre église, à l’unité de l’Esprit dans notre communauté ? Faisons-nous des efforts entre nous, pour être vraiment un ? Comme le disait Jésus dans sa prière, le monde voit-il que nous sommes un ? Le monde voit-il que nous sommes attachés à une même Parole, que nous avons une même vision ? Le monde autour de nous sait-il que nous sommes unis ? Quand le monde nous voit séparément en semaine, quand il entend nos propos lorsque nous sommes à notre travail, à l’atelier, au bureau, au jardin, sent-il que nous sommes unis ? Chacun doit faire des efforts pour conserver l’unité de l’Esprit par le lien de la paix.

    Comment donc entretenir cette unité ? Comment mettre en pratique cette exhortation de l’apôtre Paul ?

    1) En favorisant toutes les rencontres dans l’église, en y participant le plus possible. C’est une manière de manifester d’une façon concrète cette unité. Nous devons être là où l’église se rassemble. Il y a bien certainement des circonstances d’âge, de maladie, d’horaire professionnel, d’empêchements véritables, qui ne nous permettent pas toujours d’assister aux rencontres de l’église. La Parole nous encourage à nous rassembler et à nous retrouver le plus possible. Rappelons-nous, le jour de la Pentecôte, quand Pierre a prêché. L’Eglise était réunie. Ils étaient tous ensemble dans le même lieu (Actes 2.1). C’est une des expressions de l’unité. Nous avons chacun des efforts à faire pour participer le plus possible aux rencontres de l’Eglise.

    2) Nous devons entretenir cette unité en travaillant ensemble à l’œuvre de Dieu. Le fait non seulement de se rassembler mais d’œuvrer ensemble renforce les liens de l’unité. Et ce ne doit pas nécessairement être un travail spirituel. Des travaux de nettoyage, de peinture, de maçonnerie contribuent efficacement à renforcer les liens de l’unité. Nous devons nous efforcer de travailler ensemble pour l’œuvre de Dieu.

    3) Nous devons veiller à conserver cette unité précieuse au travers de notre langage, de nos conversations. Qu’est-ce que les gens savent de nous, de notre église quand ils nous entendent parler ? La calomnie ne doit pas avoir de place dans nos cœurs, ni sur nos lèvres. En effet la calomnie divise. Et celui (ou celle) qui parle mal d’un frère (ou d’une sœur), qui le (la) salit, divise l’Eglise et ne travaille certainement pas à entretenir l’unité de l’Esprit dans l’Eglise. Travaillons à cela dans notre communauté. Sachons que si nous sommes remplis de l’Esprit, l’Esprit-Saint va fermer notre bouche quand il s’agira de salir un frère, une sœur, un pasteur, un responsable de l’Eglise. Efforçons-nous de conserver l’unité de l’Esprit. Chassons de nos cœurs et de nos lèvres toute calomnie, toute critique qui salit l’un ou l’autre et qui divise l’Eglise. Portons au contraire les fardeaux les uns des autres. Cela favorise et entretient l’unité.

    4) Quand nous prions les uns pour les autres, cela favorise et renforce aussi l’unité. Dans la prière, nous nous sentons proches et unis les uns aux autres, en portant les fardeaux les uns des autres. N’est-ce pas là vivre l’unité de l’Esprit ? En priant les uns pour les autres, en nous pardonnant, en nous aimant les uns les autres, tous ces efforts vont resserrer les liens que Christa créés entre nous par l’Esprit Saint qu’II nous a donné. Efforçons-nous de conserver l’unité de l’Esprit. Jésus a dit : « Tout royaume divisé contre lui-même est dévasté, et toute ville ou maison divisée contre elle-même ne peut subsister. » (Matthieu 12.25). S’il y a division, critique, médisance ; s’il n’y a pas œuvre en commun, la maison ne peut alors subsister. Dans ce cas, l’Eglise est déchirée et son témoignage anéanti. Joignons donc tous nos efforts pour conserver l’unité de l’Esprit par le lien de la paix, afin que le monde sache que nous sommes disciples de Jésus-Christ à la gloire de Dieu le Père. 

    Post-scriptum

    Prédication apportée le 8-6-1997 par Philippe Hubinon et résumée par Jean-Pierre Baudouin - Bulletin “Résurrection” de février 1998.

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