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    Succès « titanesque »

     

    Titanic

    Pas moins de 11 millions d’entrées pour le film « Titanic » en France. Un record absolu ! Depuis sa sortie en France, le 7 janvier 1999, « Titanic » remporte chaque semaine le record des meilleures entrées...

    Les prouesses techniques de ce film gigantesque, titanesque, ont largement été présentées et commentées ; la recherche du détail historique reconstitué aussi pour ne pas y revenir ici, sauf pour se demander si ce sont là les éléments qui contribuent au succès international du film de James Cameron, réalisateur génial.

    L’histoire d’amour entre Jack et Rose, seule fiction de l’ensemble de l’oeuvre a certainement contribué au succès... Et puis, il y a sans doute aussi la symbolique de l’histoire désespérément vraie pour alimenter la fascination populaire...

    Parabole

    Sur ce paquebot devenu galère, on trouve un monde en miniature, embarqué dans l’aléatoire de la vie et de ses multiples facettes. Le Titanic n’est rien d’autre qu’un modèle réduit d’une société qui vogue dans l’insouciance et la présomption.

    En ce début de siècle, l’homme se sent fort, invulnérable même. Il domestique la machine. Les Temps Modernes - dont bientôt Charlot se moquera de façon prophétique et dramatique - portent en leurs flancs toutes les espérances et toutes les victoires sur les éléments enfin maîtrisés. Lorsqu’il prend la mer pour la première (et dernière) fois, le Titanic est la vision éclatante et arrogante d’une humanité en marche vers la perfection. Même Dieu est défié ! Quel affranchissement ! Quelle liberté ! Quelle puissance !

    Jack, le héros de « Titanic », à la proue du plus beau et du plus puissant bâtiment jamais construit, peut crier aux vents et aux mouettes : « Je suis Dieu ! » et Cameron, la nuit où il a reçu les sept oscars, reprendra d’ailleurs cette réplique. Il avait déjà confié : « II n’y avait pas de meilleur scénario pour parler de l’orgueil et de ses risques ; nous n’avions rien à inventer ! ».

    Une des rares rescapées (il en reste cinq aujourd’hui) reconnaît : « I1 était dangereux de mettre Dieu au défi de couler le Titanic ! » Le film rappelle d’autres réalités confinées dans ce modèle réduit du monde : il y a là plusieurs couches sociales qui partagent le même voyage, mais qui ne cohabitent pas. Les Premières Classes marchent sur la tête des pauvres qui cherchent d’autres horizons pour sortir de leurs situations précaires. La richesse opulente et outrancière écrase la pauvreté à laquelle on ne pense qu’avec dédain ; jusque dans l’horreur ultime, les riches seront supérieurs. En effet, certains chiffres sont éloquents : 75 % des 1500 victimes étaient en Troisième Classe.

    I1 devient facile de voir combien le Titanic devient une caricature honteuse de notre humanité inhumaine ; il faut, sur ce point, rendre hommage à James Cameron de nous l’avoir redit.

    Il n’est plus étonnant dès lors, que le naufrage du Titanic soit devenu quasi mythique.

    Tout cela sans doute.

    Futur incertain

    Quoi qu’il en soit, le télescopage des sens et des pertes de sens est flagrant, les symboles sont nombreux à décrypter.

    Le bateau qui défie les océans et qu’un vulgaire iceberg vient vaincre au coeur de la nuit, est certainement une parabole, voire un avertissement, pour le XXe siècle naissant. Ce siècle qui verra à la fois les progrès technologiques bouleverser son visage, et les actes méprisants de cruauté le déformer.

    Les espérances du Futur sont grandes lorsque le 10 avril 1912, le Titanic quitte Southampton pour New York, mais quatre jours plus tard, alors que l’orchestre s’acharne à jouer, ce Futur s’enfonce à 3800 mètres dans des eaux glaciales. On découvre alors que le lendemain est toujours une inconnue. Les assurances et les certitudes sont autant de compartiments qui devaient garantir l’insubmersibilité du bâtiment. Nous les avons crues suffisantes pour braver notre quotidien. Mais l’imprévisible vient déchirer la coque et crever nos confiances.

    II ne s’agit pas, dès lors, de s’installer dans le fatalisme le plus démotivant, mais de mesurer nos limites pour savoir où chercher et où trouver ce qui nous manque.

    Le film « Titanic », projeté en cette fin de siècle, est encore une parabole pour notre temps. La plupart des spectateurs retiendront l’histoire d’amour entre Rose et Jack, peut-être aussi le coût de la production (200 millions de dollars tout de même !), cependant, qui tirera de la parabole un conseil, voire un avertissement ?

    L’orchestre joue toujours « Plus près de toi, mon Dieu ! », mais pour qui ?

    Eric Denimal
    (Extrait de « Jeunesse libérée » no. 168)

    Post-scriptum

    In bulletin ’Résurrection’ de janvier 1999.

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