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    logo ARTICLE 207Jean Jaurès (1859-1914) mars 2003
    Homme politique français, assassiné à Paris le 31 juillet 1914.
    logo ARTICLE 716Léopold 1er de Saxe-Cobourg et Gotha, Roi des Belges (1790-1865) janvier 2012
    Prince, fils du duc souverain François de Saxe-Cobourg-Saalfeld (1750-1806). Il est élu premier Roi des Belges le 4 juin 1831 et prête serment sur la Constitution belge le 21 juillet 1831.

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     RÉFORME

    Des loups en vêtements de brebis

     Galates 1 :3-10 • 1 Timothée 6 :11-16
     
    Dans le domaine religieux, le grand mot à la mode aujourd’hui est le verbe « dialoguer ». Il faut dialoguer. Et ce verbe est conjugué à tous les temps, à tous les modes et à toutes les personnes.

    Un jésuite écrivait récemment dans un journal religieux régional un article intitulé : « Dialoguer ou rivaliser ». On y lisait : « le dialogue interreligieux sera sans doute le grand défi pour toutes les religions du 21e siècle. L’heure du dialogue et du respect a sonné, et heureusement. »

    PERSÉCUTION

    On est consterné de lire ces lignes alors que l’Église romaine a du sang innocent sur les mains pour ne pas dire jusqu’aux épaules. Le sang de milliers de martyrs qu’elle a condamnés et exécutés au nom de Jésus-Christ. Des milliers d’hommes, de femmes, d’enfants, de vieillards, des familles entières qui n’avaient d’autres torts que de croire la parole de Dieu ont été exécutés. Ces martyrs n’avaient qu’un seul tort : croire que la Bible dit la vérité et qu’elle constitue la seule autorité infaillible pour l’Église.

    C’est ce que nous croyons nous-mêmes aujourd’hui. En d’autres termes cela signifie que si nous avions vécu en ces périodes de persécutions durant le 16e siècle, nous y aurions certainement aussi laissé notre vie, avec nos enfants et nos familles. Des personnes pourraient rétorquer que toutes ces considérations ne sont que du passé et que les temps ont changé. Dans un sens heureusement. Mais si les temps ont changé, le même combat pour la vérité demeure.

    Il n’y a plus dans nos pays occidentaux de persécutions ni de salles de torture. Les mutilations, décapitations, pendaisons n’existent plus dans nos contrées. Les bûchers et échafauds ont disparu de la Grand-Place de Bruxelles. Il n’y a plus de supplices, de galères, d’angoisses ou de terreurs.

    SÉDUCTION

    Le mode d’action a changé. Aujourd’hui ce n’est plus le temps de la persécution mais celui de la séduction. La persécution n’est plus possible, alors on change de registre. En cette phase de séduction, il faut faire le beau. Quand Jésus a parlé de la fin des temps, il a parlé de séduction. Dans le grand chapitre de Matthieu 24 où Jésus traite des choses relatives à la fin des temps, trois fois, il va mettre en garde l’Eglise contre la séduction. La séduction est sans conteste la note dominante « Prenez garde que personne ne vous séduise. » (Matthieu 24:4, 5, 24). L’apôtre Paul reprendra cette même mise en garde. « Que personne ne vous séduise par de vains discours. » (Ephésiens 5:6). « Que personne ne vous séduise d’aucune manière. » (2 Thessaloniciens 2:3). « Satan viendra avec toutes les séductions de l’iniquité. » (2 Thessaloniciens 2:10). Et dans le livre de l’Apocalypse, l’apôtre Jean parlera de Satan comme celui qui séduit toute la terre (Apocalypse 12:9).

    Les temps ont changé, mais l’ennemi de nos âmes, l’adversaire de la vérité n’a lui pas changé. Ses desseins et ses objectifs restent les mêmes. Sa tactique a évolué, mais son intention reste la même. Les persécutions n’étant plus possibles aujourd’hui dans notre monde occidental, on se tourne dès lors vers la séduction. La Bible nous enseigne que Satan est en quelque sorte un caméléon. Il se déguise. L’apôtre Paul dira même que Satan lui-même se déguise en ange de lumière (2 Corinthiens 11:14). C’est le sommet de la séduction. Dans le but de tromper et de tricher, le diable s’adapte comme un caméléon. Et la haine de l’ennemi pour le Christ et l’Eglise reste inchangée. Jésus a dit : « Ils m’ont haï, et ils vous haïront aussi. ». La haine de l’ennemi n’a pas changé. Il a juste adapté sa technique de combat. Il a en fait choisi l’arme de la séduction, du compromis, du dialogue.

    Plus que jamais l’Eglise de Jésus-Christ a besoin du don de discernement. Les églises, les pasteurs, les collèges d’anciens ont besoin du discernement pour ne pas se laisser séduire. Soyons donc fidèles, courageux, humbles et sans crainte sous l’autorité de la parole de Dieu. Pour qu’il en soit ainsi, il faut savoir payer le prix. La fidélité a toujours un prix. Sommes-nous prêts à payer ce prix ? Etre méprisé, être montré du doigt, être accusé de manquer d’amour, être accusé de ranimer le spectre des guerres de religion et même d’intégrisme religieux. Il faut savoir payer le prix pour obéir à la Parole de Dieu.

    COMBAT DE LA FOI

    Mais le paradoxe de l’histoire de l’Eglise est le suivant : chaque fois qu’il y a eu danger de mort et de supplice, l’Eglise de Jésus-Christ parlait et combattait. Aujourd’hui il n’y a plus de danger ni de menace ni de supplice, et très souvent l’Église se tait et ne veut plus parler. Pourtant le combat demeure et l’exhortation de l’apôtre n’est pas démodée, « Combat le bon combat de la foi. » (1 Timothée 6:12). Si cette exhortation est uniquement adressée à Timothée par l’apôtre Paul, elle peut être retirée de l’Ecriture. Et s’il y a combat, cette exhortation est d’actualité et ce combat est celui de la foi.

    Que penserait l’apôtre s’il revenait aujourd’hui ? Lui qui était si attentif à la sainte doctrine, lui qui avait proclamé anathème quiconque prêchait un autre Evangile que l’Evangile de Christ (Galates 1:8). Que penserait l’apôtre Paul du dialogue qui nous est proposé aujourd’hui ? Que penserait l’apôtre du dialogue avec l’Église qui enseigne que son chef est infaillible, que la mère de Jésus est co-médiatrice avec Jésus-Christ et qu’elle est, comme le Christ, sans péché ? Mais que penserait Paul ? Ecrirait-il comme ce jésuite : « dialoguer ou rivaliser » ? Que choisirait l’apôtre ? Que penserait Paul du dialogue avec l’Église qui enseigne que le prêtre a pouvoir de pardonner et de remettre les péchés ? Que penserait Paul d’un purgatoire entre le ciel et l’enfer où l’on peut y racheter ses péchés ? Que penserait l’apôtre de l’Église qui enseigne que les morts prient pour les vivants et que les vivants peuvent prier tes morts ? Que penserait Paul du dialogue avec une telle Église ? Quelle serait l’opinion de Paul à propos du dialogue avec une Église qui enseigne que la sainte cène est un véritable sacrifice et que le prêtre actualise le sacrifice de Jésus pour l’offrir à Dieu le Père ? Que penserait l’apôtre du dialogue avec l’Église qui enseigne que les bébés doivent être baptisés et qu’au moment de leur baptême leur péché est effacé, ce qui leur permet de devenir enfants de Dieu. Que penserait Paul de l’Église qui a utilisé la hache, l’épée, le feu, la torture pour anéantir ceux qui refusaient d’accepter ces dogmes ? Que penserait l’apôtre Paul du dialogue avec l’Église qui a annulé la vérité de la Parole de Dieu pour la remplacer par les mensonges des papes, des cardinaux et des évêques ?

    ŒCUMÉNISME

    Paul ne nous inciterait certainement pas à dialoguer avec une telle Église. L’apôtre a dit ce qu’il pensait et il l’a précisé, poussé par l’Esprit de Dieu. « Nous l’avons dit précédemment, et je le répète à cette heure : si quelqu’un vous annonce un autre Évangile que celui que vous avez reçu, qu’il soit anathème. » (Galates 1:9). Déjà au temps des apôtres un tel langage n’était pas bien accueilli. Et les mêmes critiques formulées aujourd’hui ont été entendues par Paul. L’apôtre a été certainement méprisé, montré du doigt, accusé de manquer d’amour, de faire preuve de fanatisme et d’intégrisme religieux. En effet Paul poursuit : « Et maintenant, est-ce la faveur des hommes que je désire, ou celle de Dieu ? Est-ce que je cherche à plaire aux hommes ? Si je plaisais encore aux hommes, je ne serais pas serviteur de Christ. » (Galates 1:10). Il y a un choix à faire : ou on plaît aux hommes, ou on plaît à Dieu. Certes on ne cherche pas à déplaire aux hommes par plaisir. Mais recherchons-nous la faveur des hommes ou celle de Dieu ? Choisir la voie conforme à la Parole de Dieu en irrite plus d’un, même dans les milieux protestants qui se réclament de la Réforme, de Luther, de Calvin, de tous ces grands Réformateurs connus et moins connus, qui ont combattu pour la vérité. Essayons de nous remettre en question et supposons que nous admettions le principe du dialogue. Considérons cette hypothèse de travail, et réfléchissons pour savoir toutefois si ce n’est pas le chemin qu’il faudrait choisir. Mais quelle serait alors la finalité du dialogue ? Quelle serait son utilité ? Sur quoi déboucherait ce dialogue ? La réponse est certaine : sur rien !

    COMBAT DE LUTHER

    Déjà au 16e siècle, Luther a essayé de dialoguer avec l’Église romaine. Il a rencontré ses supérieurs. Il a cru naïvement que Rome allait comprendre. Il a pensé (au début) qu’il serait écouté en essayant le dialogue, le débat, la confrontation. Il s’est imaginé dans un premier temps que l’Église romaine allait se réformer de l’intérieur. Il a cru qu’elle s’était éloignée de la vérité révélée, par accident, par erreur, involontairement. Luther était naïf, du moins au début. Il ne pouvait alors imaginer que l’égarement de l’Église était volontaire. L’Église romaine était de mauvaise foi, au propre comme au figuré. Il croyait l’Église sincère, mais une fois qu’il comprit, sa colère alla croissant et son combat n’eut aucun répit jusqu’à son dernier jour. Ne faut-il pas rappeler aux partisans du dialogue que les dés sont pipés, que l’Église s’éloigne volontairement de la parole de Dieu ?

    Quelques mots pour le démontrer. Dieu a donné à Moïse les Dix commandements (Exode 20) repris dans toutes les versions et traductions catholiques et protestantes de la bible. Or dans tous les catéchismes de l’Église romaine, aucun ne reprend le deuxième commandement : « Tu ne te feras point d’image taillée, ni de statue et tu ne te prosterneras point devant elles. » (Exode 20:4). S’il s’agissait d’un oubli ou d’une erreur involontaire, l’Église romaine n’aurait pas manqué de corriger. Or depuis la première édition du catéchisme jusqu’à la dernière parue ces dernières années, on cherche en vain ce deuxième commandement. Il s’agit donc bien d’une volonté délibérée de s’égarer, et non d’une erreur ou d’un faux pas. Il faut que les pasteurs et collèges d’anciens, qui aujourd’hui se laissent séduire et aveugler, sachent qu’il y a 500 ans Luther disait avec beaucoup de lucidité et discernement : « Je suis contre toute tentative faite pour accorder ces deux doctrines, car c’est chose impossible. Pourquoi espérer de les convertir à la vérité ? ». Et dans une lettre adressée à un ami beaucoup plus conciliant, Luther écrivait « Vous verrez si j’ai été un vrai prophète quand je répétais sans cesse qu’il n’y a pas d’accord possible entre les deux doctrines. »

    Que de temps perdu à ne pas avoir écouté ces bons conseils. Et malgré ces prophétiques et judicieux avertissements, l’Église luthérienne, descendante et héritière spirituelle de Luther, dialogue aujourd’hui avec l’Église romaine ! Un comité spécial travaille depuis plus de 15 ans dans un dialogue concernant la justification par la foi. Cette question a donc provoqué pendant de nombreuses années des réunions, des comités, des palabres, des centaines de kilos de rapports papier. En final en sort un document sous forme de compromis dans lequel les deux parties ne disent pas la même chose, mais signent quand même. Le dossier est envoyé à Rome pour examen et approbation, mais stupéfaction des naïfs, le texte ne passe pas et est refusé. Rome n’est pas d’accord et met son veto. Ainsi donc 15 années de labeur sont réduites à néant. Si au lieu de perdre leur temps à dialoguer pendant des années, les théologiens et pasteurs protestants avaient consacré leur énergie à gagner des âmes, à proclamer l’authentique message de la Bible, à nourrir l’Église de la Parole de Dieu, n’était-ce pas plus profitable ? Ces naïfs se sont laissé séduire. Ils se sont fracassés contre un mur d’entêtement. De plus certains annoncent que tout n’est pas perdu, qu’il faut continuer ! Combien de temps encore ? 15 ans ? 100 ans ?

    MISE EN GARDE

    La vérité de la parole de Dieu ne se marchande pas. Ajoutons qu’en parlant de la sorte et en fustigeant le dialogue, personne ne revendique la propriété de la vérité. Cette accusation fait partie des remarques adressées à ceux qui mettent en garde contre la séduction du dialogue. Nous ne sommes pas propriétaires de la vérité, mais bien serviteurs de la parole de Dieu. Notre seule arme contre les mensonges, les tromperies, la séduction et l’hérésie est la Parole de Dieu. Luther disait : « Je n’ai rien fait, j’ai laissé agir la Parole de Dieu. » C’est elle qui est notre épée, notre force, l’épée du Saint-Esprit, celle dont il se sert pour combattre. La force et la violence ne doivent jamais être utilisées pour combattre. Nous n’avons pas dressé de bûchers, d’échafauds et nous n’avons jamais décapité personne. Ce n’est pas nous qui avons envoyé des familles entières aux galères. Et même si nous disons ces choses fermement, cela est dit sans aucune haine, mais avec l’amour de la vérité qui nous a été révélée par le Saint-Esprit de Dieu. Nous ne voulons pas du tout raviver les guerres religieuses.

    Nous voulons toutefois mettre en garde l’Eglise de Jésus-Christ, pasteurs, anciens, frères et sœurs, chrétiens, sur cette parole que Jésus nous a laissée dans le Sermon sur la montagne : « Prenez garde que personne ne vous séduise. Car plusieurs viendront à vous en vêtements de brebis, mais au dedans ce sont des loups ravisseurs. » (Matthieu 7:15). Que les églises et le peuple de Dieu soient attentifs aux mises en garde du Seigneur lui-même.

    Post-scriptum

    Prédication apportée le 31-10-1999 par Philippe Hubinon et résumée par Jean-Pierre Baudouin.
    Publiée dans le bulletin ’Résurrection’ d’octobre 2000.

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