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    La Laïcité organisée reçoit plus de subsides publics que les autres “religions” pour ses officiants, ses activités et ses bâtiments. Elle a aussi des exigences : le retrait des crucifix, la débaptisation...
    logo ARTICLE 58Que reste-t-il à découvrir ? mars 1996
    Le magazine ‘Le Vif - L’Express’ a eu la bonne idée de poser cette question à dix scientifiques renommés dans leur discipline. Ce dossier est paru dans le numéro du 6 octobre 1995.

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    La famille

     


    Valeur des sociétés primitives ou bourgeoises, la famille a été durement ébranlée par le déclin de l’esprit religieux, une compromission historique avec le régime de Vichy, la révolution culturelle de Mai 68 et, bien évidemment, par la généralisation du divorce et la pratique de plus en plus répandue du célibat. A ces éléments de désagrégation, il faut ajouter le travail des femmes, qui confient leurs enfants à des crèches et ne jouent plus guère chez elles leur rôle traditionnel de gardiennes du foyer, aussi bien que l’essor de la vie sociale, qui empêche la famille de se refermer sur elle-même comme autrefois. En résumé, la famille a cessé d’être une valeur de référence, l’autorité du père n’est plus qu’un souvenir, et la mère n’exerce plus la domination de fait qui était la sienne autrefois, car si la loi lui refusait bien des pouvoirs, la nature lui en accordait beaucoup. Il semble donc que l’on puisse passer la famille par les profits et pertes des temps modernes, et la jeunesse y gagne beaucoup en liberté.

    Cependant, la famille est une institution naturelle.

    1. L’habitude de marcher sur deux pieds est également une habitude primitive avec laquelle personne n’a encore songé à rompre, bien qu’elle ait été adoptée par la bourgeoisie.

    2. Il est exact que le gouvernement de Vichy avait inscrit la Famille, avec le Travail et la Patrie, au fronton de son édifice constitutionnel, à la place de la devise républicaine “Liberté, Egalité, Fraternité”. Mais de ce qu’un mauvais régime s’arroge la défense d’une valeur, il ne s’ensuit pas que celle-ci soit mauvaise aussi.

    3. Comme toujours, on attribue à la religion ce qui existait avant elle et qu’elle n’a fait que codifier : le sens de la famille existe chez beaucoup d’animaux qui ne vont pas à la messe, et les animaux sont loin de donner le mauvais exemple aux humains.

    4. La “révolution” de Mai 68 a fait l’objet d’un chapitre particulier. On notera simplement ici que ce ne sont pas les enfants de Mai qui ont causé les pires déprédations dans l’institution familiale ; ce sont les adultes, avec leurs incertitudes morales et leur propension à fuir leurs responsabilités.

    5. Il est exact que la famille pâtit de plus en plus de la multiplication des divorces, mais chacun reconnaît que ce sont les enfants qui souffrent le plus de cet état de choses, ce qui plaide moins pour l’abolition des valeurs familiales que pour leur restauration.

    6. Les conclusions que l’on tire du travail des femmes sont fausses. Les femmes portent la double charge du travail et du foyer avec un courage dont bien peu d’hommes seraient capables, et qui devrait, par l’admiration et la reconnaissance qu’il mérite, resserrer plutôt que distendre le lien familial.

    7. La famille n’est nullement l’invention de l’Eglise ou de l’Etat bourgeois dénoncée, depuis un siècle ou deux, par de piètres écrivains acharnés à combattre toute forme de morale qui pourrait faire apparaitre leur médiocrité. C’est au contraire, en même temps qu’un refuge contre l’adversité, une cellule de résistance à l’oppression, si forte et si bien constituée que la première tâche que les tyrannies totalitaires s’assignent est de la faire voler en éclats, en enrôlant les enfants dans de tristes bataillons de culottes courtes et en s’efforçant d’introduire la délation dans les foyers. "Le véritable aventurier des temps modernes est le père de famille", disait Péguy. La famille ressemble moins à une institution bourgeoise qu’une petite association de réfractaires, unis contre toutes les formes de pression extérieure, et le non-conformisme consiste aujourd’hui à la défendre plutôt qu’à l’attaquer.

    André FROISSART
    de l’Académie Française
    Extrait de « L’homme en questions »

    Post-scriptum

    In bulletin “Résurrection” d’avril 1994.

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