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    Zoom Arrière

    logo ARTICLE 283Où trouver la paix ? décembre 2006
    Je vous ai dit ces choses afin que vous ayez la paix en moi. (Jean 16.33) + poème de Racine
    logo ARTICLE 253Alphonse Karr (1808-1890) août 2005
    Romancier et journaliste français.

    Dans la même rubrique

    Le prophète Michée

     | Volet 1 : Michée 1 : 1 à 9
     | Volet 2 : Michée 2 : 1 à 3 et 7 à 9 ; 3 : 1 à 12
     
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    VOLET 1
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    UN PÉCHÉ A LA MODE

    Les prophètes et leurs messages

    Le livre de Michée reste moderne et d’une actualité vivante : c’est la Parole de Dieu.

    Le rôle du prophète est d’être le porte-parole de Dieu. Sa mission est d’être la bouche de Dieu : le prophète dit ce que Dieu dit. Nous avons donc dans l’Ecriture les mots de Dieu lui-même. Nous croyons à l’inspiration verbale de l’Ecriture : dans les textes originaux, les prophètes ont donné la parole de Dieu avec précision. Les prophètes ont donc pour rôle de transmettre les mots de Dieu à toutes les générations. C’est en particulier la mission du prophète Michée.

    Nous devons noter le caractère permanent des messages des prophètes. Leurs paroles sont bien la Parole de Dieu qui demeure permanente. Ces paroles de Michée ne sont pas seulement destinées aux gens de sa génération mais aussi à ceux de toutes les générations. Les messages de chaque prophète sont tous construits sur les quatre mêmes piliers : la dénonciation du péché, l’annonce du jugement de Dieu, l’appel à la repentance, ensuite la promesse de restauration et du pardon. L’ensemble des messages prophétiques repose sur ces quatre fondements. Il en est de même des enseignements de Christ et de l’Eglise.

    Le coeur de Dieu face au coeur de l’homme

    Comment expliquer ce caractère permanent des messages prophétiques ? Pourquoi ne changent-ils pas ? Pour deux raisons simples : d’abord parce que l’homme ne change pas, ni son cœur, et ensuite parce que Dieu ne change pas non plus. Dieu n’a pas changé d’avis avec les années. Malgré le temps qui passe, Dieu reste toujours le même et sa Parole aussi. Nos ancêtres n’ont pas connu la télévision, l’ordinateur ou le téléphone mobile. Toutefois ils étaient confrontés aux mêmes problèmes que nous. Ils devaient aussi choisir entre le bien et le mal, entre la vérité et le mensonge, entre l’amour et la haine, entre la vengeance et le pardon. Ils étaient placés entre la pureté et l’immoralité, entre l’altruisme et l’égoïsme. Depuis le jardin d’Eden, les mêmes choix sont devant l’homme. L’apparence peut changer, mais le fond reste et restera toujours le même.

    C’est pourquoi le message prophétique reste identique et encore d’actualité aujourd’hui. La Parole de Dieu reste la même au travers des siècles. La connaissance, la science, le savoir enseigné dans les universités ont contribué à faire profiter l’homme moderne dans bien des domaines, mais ne l’ont toutefois pas rendu meilleur. L’éducation et le progrès n’ont pas réussi à changer le cœur de l’homme. Un grand quotidien belge mentionnait dernièrement en évoquant la récente guerre dans l’ex-Yougoslavie : « On voit au Kosovo combien est mince la couche de vernis de civilisation recouvrant nos sociétés développées. Satan est en chacun d’entre nous et cela va plus vite qu’on ne le pense : une querelle de voisins, un accident de circulation, des conflits conjugaux, des tentations communautaires ou politiques ... ». Et ces lignes ne sont pas écrites dans un journal chrétien ! Toute notre science n’a pas changé notre cœur. La couche de vernis de notre civilisation est très mince. Dès que l’on gratte un peu, la haine et la barbarie explosent, non seulement en Afrique ou en Amérique du Sud, mais aussi au cœur de notre vieille Europe. Malgré notre niveau de civilisation, notre sauvagerie n’a aucune limite. Le cœur de l’homme reste le même, et toute notre instruction ne nous a pas rendus meilleurs.

    Pour que le cœur soit changé, il faut vraiment l’œuvre puissante du Saint-Esprit de Dieu. Alors seulement les choses peuvent changer. C’est cela que nous prêchons, que nous proclamons et que nous expérimentons en tant que chrétiens si nous avons fait l’expérience de la nouvelle naissance qui est l’œuvre du Saint-Esprit. L’Esprit de Dieu nous transforme, il change notre cœur, notre caractère et nos intérêts. Ce que nous étions, nous ne le sommes plus, même s’il y a toujours en nous les pulsions ou les tentations d’antan. L’œuvre du Saint-Esprit a changé notre cœur sans que nous ne soyons devenus des anges. Cette œuvre divine est une transformation en profondeur qui descend jusqu’aux racines de notre être intérieur. Ce n’est pas un travail superficiel qui consiste simplement à déposer une couche de vernis en surface. C’est un changement qui descend jusqu’aux racines de notre âme. Telle est l’œuvre du Saint-Esprit. Nous prêchons un Dieu vivant qui veut et peut changer les cœurs, pour autant que nous laissions agir en nous l’esprit de Dieu et sa Parole.

    Le prophète Michée

    Faisons connaissance davantage avec le prophète Michée.

    C’est un homme de village, issu de la campagne. Contrairement à Esaïe provenant d’une certaine bourgeoisie vivant à la capitale, Michée fait partie des petites gens aux revenus modestes, victimes de l’injustice sociale et de la spoliation. Michée vient du village de Moréscheth situé à une dizaine de kilomètres de Jérusalem. C’est le prophète de la justice sociale. Cela l’amène au préalable à dénoncer l’idolâtrie. Les deux vont de pair : en effet l’idolâtrie engendre l’injustice. La statue, l’idole est conciliante. Elle ne dit rien. C’est la religion de la facilité. La statue reste muette même si l’on se conduit mal, même si l’on parle mal. Elle ne contredit jamais.

    Tel n’est pas le cas de celui qui adore le Dieu vivant et vrai. Ce Dieu parle par sa Parole et son Esprit. Il travaille notre conscience. Dans ce cas, face à ce Dieu vivant, c’est beaucoup moins facile. Le Dieu qui voit, qui entend, qui parle et qui agit nous propose un chemin qui n’est pas celui de la facilité. Croire en Dieu et aimer Jésus-Christ est une voie peu aisée. Augustin, théologien du 5e siècle disait : “C’est un chemin dur mais c’est un chemin sûr.” La marche avec Dieu, au 8e siècle avant Jésus-Christ pour les contemporains de Michée ou à l’aube du 21e siècle pour nous, n’est jamais facile. C’est au contraire l’enjeu des défis lancés par le Dieu vivant et vrai qui parle. Le Dieu de la Bible ne nous propose pas un chemin facile, parce qu’on ne s’arrange pas avec ce Dieu qui ne change pas. Jésus a bien demandé à ses disciples de réfléchir pour voir s’ils étaient prêts à aller jusqu’au bout. Jésus leur a soumis l’image de celui qui veut bâtir une tour et s’assied d’abord pour calculer la dépense pour voir s’il a de quoi la terminer (Luc 14.28). Il y a en effet un prix à payer pour suivre le Seigneur. Ce n’est pas facile, c’est un chemin dur, mais sûr. Mais même si cette voie est dure et difficile, c’est le bon chemin à ne pas délaisser pour préférer davantage de facilité, comme beaucoup le font autour de nous.

    Michée va donc quitter son petit village et se tourner vers les grandes villes de Samarie et Jérusalem. C’est dans ces lieux que se trouve la plus forte concentration de péchés. Le mal y atteint des sommets culminants. Tel est encore le cas dans le monde entier aujourd’hui. Le taux de criminalité est toujours plus élevé dans les grandes villes que dans les villages. Là où il y a beaucoup d’habitants se trouve davantage de mal. Les villes ont un caractère corrupteur. Elles ont aussi un côté impersonnel dont les jeunes souffrent. Les villes, c’est l’anonymat : on n’y est plus personne. Plus la cité est grande plus ce sentiment d’anonymat est prononcé. On y est comme isolé au milieu des gens circulant dans tous les sens. Plus la ville est grande, plus la personne disparaît et se dissout. Les jeunes en particulier souffrent de ce sentiment parce qu’ils ont l’impression qu’ils ne sont plus rien, qu’ils n’existent pas. En réaction contre cet anonymat et ce constat de non-existence ils peuvent avoir des actes de rébellion et de violence. Les jeunes tentent alors de se faire remarquer, d’attirer sur eux les regards, de capter l’attention d’autrui par diverses formes d’excentricité. Toutes ces frustrations sont encore accentuées quand l’enfant rentre à la maison et que celle-ci est vide, ou que si les parents sont là, c’est comme s’ils étaient absents. Alors le jeune n’existe plus pour personne. La ville est la concentration des prédateurs en tout genre, c’est le rendez-vous de toutes les convoitises, c’est le carrefour de tous les dangers.

    La ville de Jérusalem ne fait pas exception. C’était vrai à l’époque de Michée et rien n’a changé aujourd’hui. La ville de Samarie n’a pas non plus échappé à cette triste règle. De la part de Dieu, le prophète Michée va dénoncer dans ces villes, l’idolâtrie. Peut-être allez-vous rétorquer qu’au début de ce nouveau millésime, ce sujet n’affecte plus l’homme moderne si évolué. Détrompons-nous ! L’idolâtrie a encore aujourd’hui une très belle place dans notre monde. Le message du prophète n’est donc pas démodé et vient à propos pour nous instruire et nous corriger. Tout au début de la loi que le Seigneur a donnée à Moïse, Dieu dira : « Je suis l’Eternel, ton Dieu, tu n’auras point d’autres dieux devant ma face, tu ne te feras pas de statue, ni de représentation quelconque ... Tu ne te prosterneras point devant elles, et tu le leur rendras pas un culte ; car moi, l’Eternel, ton Dieu, je suis un Dieu jaloux ... » (Exode 20.2). A la fin de sa première lettre, l’apôtre Jean va aborder le thème de l’idolâtrie qui semble bien pâle face à l’élévation spirituelle du reste de la lettre. C’est comme une symphonie qui vient de ravir nos oreilles pour ensuite se terminer par quelques notes courtes et brutales. « Petits enfants, gardez-vous des idoles. » (1 Jean 5.21). On se demande vraiment ce que ces quelques mots viennent faire là. Mais ils sont bien à leur place. L’idolâtrie reste un danger de tous les siècles. Le Saint-Esprit a conduit l’apôtre Jean, face à cette réalité qu’est aujourd’hui encore le danger de l’idolâtrie.

    L’idolâtrie

    On pourrait répertorier 4 types d’idolâtrie.

    1°- L’idolâtrie du premier degré. On se prosterne devant la statue en plâtre, en bois, en cuivre ou en or. On la touche, on la caresse, on l’embrasse, on la prie. C’est toujours d’actualité. Notre Occident moderne est envahi par beaucoup de religions qui nous viennent d’Orient, toutes idolâtres. Ces pratiques poussent leurs adeptes à adorer, à se prosterner, à prier, à brûler des parfums devant les statues de Bouddha, Brahma ou d’autres dieux. Les plus grands pays aujourd’hui sont des nations idolâtres où la religion conduit à l’idolâtrie : la Chine ou l’Inde en sont des exemples. Les pays les plus modernes sont des pays idolâtres : le Japon, si présent dans les technologies avancées et les industries de pointe, est plongé dans les pratiques et les parfums de Bouddha. Infrastructures modernes et pagodes sont mélangées et le peuple est idolâtre. Aujourd’hui bien des magazines et des hebdomadaires ne se privent pas de montrer des photos de tel acteur ou telle vedette à côté d’une statue orientale. C’est à la mode. D’autre part notre bonne vieille Belgique est un des pays les plus idolâtres d’Europe. Les statuettes de Saint-Joseph sont apposées sur le tableau de bord de nombreuses voitures belges, la vierge Marie est présente dans bien des chapelles au milieu de nos campagnes, les statues et représentations de saints sont souvent présentes dans la pièce près de la cheminée, Beauraing possède des commerces de statuettes très florissants, etc. Les petites médailles sont encore pendues au cou de beaucoup d’enfants ou présentes sur les tables de nuit. Comme le prophète, il faut dénoncer avec courage et fidélité à la Parole de Dieu, toutes ces pratiques idolâtres que Dieu a en horreur. Dès que l’on est conscient que Dieu désapprouve totalement ces choses, il faut sans tarder les abandonner et les délaisser.

    2°- L’idolâtrie idéologique. C’est l’adoration d’un personnage, d’une doctrine religieuse, politique, philosophique, ou scientifique. L’homme moderne s’est aplati devant nos idoles du 20e siècle : Karl Marx, Mao Tsé-Toung, Lénine encore vénéré aujourd’hui au mausolée de la place Rouge à Moscou, Darwin, Hitler, Staline. Il y a 20 ans, toute l’intelligentsia parisienne, l’élégance intellectuelle de l’Europe était à plat ventre devant les thèses marxistes et son idolâtrie idéologique. Et aujourd’hui, ces gens n’ont même pas honte du ridicule de leur antique adoration des maîtres du Kremlin.

    Dans ce groupe on peut classer le culte des idoles de la chanson, du cinéma ou de la télévision. Certains concerts regroupent des milliers de jeunes ivres d’idolâtrie pour l’une ou l’autre vedette. L’idolâtrie n’est pas encore dépassée. Elle est encore bien présente au cœur de notre 20e siècle.

    Relevons aussi l’idolâtrie moderne de la science. Nous sommes tous évidemment pour les progrès scientifiques mais contre le culte de la science élevée au rang de divinité. Cette science fait bien partie des idoles de notre 20e siècle. | Voir l’article SCIENTISME |

    3°- L’idolâtrie ajoutée. A côté du culte rendu au Seigneur, on ajoute une idole. On adore Dieu bien sûr mais on considère en plus d’autres idoles, d’autres faux dieux. C’est la forme la plus fréquente d’idolâtrie. Jésus a dénoncé cela quand il a dit : « On ne peut servir deux maîtres. On ne peut adorer Dieu et Mammon. » (Matthieu.6.24). A côté du culte du vrai Dieu, on a en plus sa petite idole. Telle est l’idolâtrie ajoutée. Sans renoncer au grand Dieu, on a toutefois en plus sa petite chapelle pour y mettre son dieu avec lequel on s’arrange. Cette forme d’idolâtrie est tellement bien décrite dans la loi de Moïse : « Tu ne fixeras aucune idole de bois à côté de l’autel que tu élèveras à l’Eternel, ton Dieu. » (Deutéronome 16.21). C’est le même témoignage proposé par Elie quand il vient devant le peuple d’Israël rassemblé sur le mont Carmel en présence des prophètes de Baal : « Jusques à quand clocherez-vous des deux côtés ? Si l’Eternel est Dieu, allez après lui ; si c’est Baal, allez après lui ! » (1 Rois 18.21). Comme Israël, nous avons notre Dieu, et de plus nous nous rallions à nos propres idoles.

    4° - L’idolâtrie de confusion : le syncrétisme. Le principe consiste à tout mélanger, à tout mettre ensemble. On veut adorer Dieu à la manière des païens. C’est le culte du veau d’or. Quand Israël sort d’Egypte, le peuple va se fondre un dieu en or pour se prosterner. Israël a voulu adorer comme les Egyptiens adoraient. Comme ces derniers avaient des idoles, le peuple élu va donc faire la même chose. Ainsi on mélange le culte du vrai Dieu et le culte des idoles. On fait une salade avec tout. C’est l’idolâtrie de syncrétisme. Israël était sorti d’Egypte, mais l’Egypte n’était pas encore sortie de leur cœur. Cela peut aussi être vrai pour les chrétiens d’aujourd’hui. Jésus a dit : « Je les ai sortis du monde. », mais bien des chrétiens sont encore dans le monde. Le chrétien est sorti du monde, il n’est plus du monde, mais le monde est encore trop souvent dans son cœur. Partagé, le chrétien veut faire comme les autres. C’est pourquoi il est important de revenir sans cesse à l’Ecriture Sainte qui veut nous décaper de tout ce qui est faux évangile. Quand quelqu’un s’approche du Seigneur, l’œuvre de Dieu va être de le délivrer de cette idolâtrie. Quelle que soit la forme de cette idolâtrie, c’est toujours un esclavage, un affront à Dieu. L’Evangile libère. La vraie foi est toujours marquée par l’abandon des idoles. Tel est le témoignage de la véritable foi. L’apôtre Paul écrit aux chrétiens de Thessalonique : « Vous vous êtes convertis à Dieu en vous détournant des idoles pour servir le Dieu vivant et vrai. » (1 Thessaloniciens 1.9).

    Aujourd’hui, Dieu veut encore nous libérer de toutes les idoles. Même pour le peuple de Dieu, l’idolâtrie reste toujours moderne et séduisante. Israël avait reçu la révélation du vrai Dieu, de sa loi, de ses commandements et de son amour, et il a été pourtant séduit par l’idolâtrie. Sans cesse Israël a été confronté à l’idolâtrie, comme nous le sommes encore aujourd’hui. Cette tentation ne change pas, elle est peut-être dans notre maison ou dans notre cœur. Elle est présente sous forme d’une idole secrète que l’on adore, que l’on vénère et qui pourtant nous rend esclave. Le Dieu qui libère Israël est encore aussi le Dieu qui veut nous libérer de toutes nos chaînes, de notre idole secrète que le Saint-Esprit pointe du doigt. Dieu veut nous délivrer et nous appeler à la vie. Jésus a dit : « Si le Fils vous affranchit, vous serez réellement libres. » (Jean 8.36). Christ peut en effet nous rendre libres de toute idolâtrie et de tout esclavage. Telle est la liberté des enfants de Dieu.

    Que le message des prophètes et de la Parole de Dieu résonne en chacun d’entre nous et fasse de nous des hommes et des femmes libres, libérés de l’esclavage et de l’idolâtrie, pour ne rendre un culte qu’à Dieu seul, au Père, au Fils et au Saint-Esprit. Qu’ainsi libres, nous puissions rendre gloire seulement à Dieu, et à rien ni à personne d’autre. ■


    VOLET 2
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    ÉCOUTEZ !

    Dieu nous invite à l’écouter

    Michée est le prophète de l’Eternel. C’est le porte-parole de l’Eternel, la bouche de Dieu. Il est issu du village de Moréscheth. Au nom de l’Eternel, il dénonce l’idolâtrie du peuple d’Israël et par conséquent l’injustice.

    La première démarche de Dieu auprès du peuple d’Israël, comme auprès de tout homme, est de nous inviter à l’écouter. A cinq reprises, ce verbe reviendra dans le texte de Michée. Le discours du prophète s’ouvre avec cet impératif : « Ecoutez ». « Ecoutez, vous tous peuples ! Sois attentive, terre, ... » (Michée 1.2). Mais un drame existe : le peuple d’Israël ne veut pas écouter, la terre non plus. Cela fait le chagrin de Dieu et la tristesse du prophète. Ils ont des oreilles et ne veulent pas entendre. Jérémie décrit très bien cette situation quand il parle au nom du Seigneur : « Nous avons notre honte pour couche, et notre ignominie pour couverture ; car nous avons péché contre l’Eternel, notre Dieu, nous et nos pères, dès notre jeunesse jusqu’à ce jour, et nous n’avons pas écouté la voix de l’Eternel, notre Dieu. » (Jérémie 3.25). Jérémie et Michée résument bien la transgression du peuple : « nous n’avons pas écouté ».

    Nous retrouvons chacun ce problème dans notre vie de tous les jours. Nous voulons nous faire écouter, par notre épouse, par notre mari, par nos enfants. Or notre devoir en tant que créature est d’écouter le Créateur, notre Dieu. Lors de ce grand moment de la transfiguration, lorsque Jésus apparaît dans la gloire à ses disciples, avec Moïse et Elie, la voix du ciel fit entendre ces paroles : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui j’ai mis toute mon affection : écoutez-le ! » (Matthieu 17.5). Quand Jésus parle aux Sept églises de l’Apocalypse, ce refrain revient régulièrement : « Que celui qui a des oreilles écoute, entende ce que l’Esprit dit aux Eglises. »

    Quand Dieu s’approche de nous, c’est pour nous parler. Bien des chrétiens vont sans doute rétorquer qu’ils écoutent le Seigneur. Mais est-ce vraiment le cas ? Sommes-nous sûrs d’écouter le Seigneur quand certains sont convertis depuis des années et ne sont toujours pas baptisés ? Est-ce cela écouter ce que l’Esprit dit à l’Eglise ? Quand une invitation est lancée dans l’église pour participer à une rencontre de prières ou à une étude biblique, écoutons-nous ? Quand on parle de libéralité, entendons-nous ? Quand le Seigneur nous invite dans sa Parole à renoncer à la calomnie, à la médisance, écoutons-nous ? Quand la Sainte Parole nous parle de fidélité conjugale et nous demande de fuir l’impudicité, écoutons-nous ? Quand la Parole de Dieu nous dit de ne pas nous enivrer de vin, sommes-nous respectueux ? Ecoutons ce que l’Esprit dit à l’Eglise, et si nous entendons sa voix, n’endurcissons pas notre cœur. Aujourd’hui encore Dieu nous dit : « Jésus est mon Fils bien-aimé, en qui j’ai mis toute mon affection : écoutez-le ! ».

    Dieu s’adresse aux responsables politiques

    Par son prophète, porte-parole de Dieu, l’Eternel va donc s’adresser aux chefs du peuple, aux responsables de la nation, aux chefs de Jacob et aux princes de la maison d’Israël. Dieu va s’adresser à ceux qui avaient la responsabilité politique du peuple d’Israël. Si nous transposons dans le langage actuel, c’est comme si Dieu s’adressait aux ministres, aux gouverneurs de province, aux bourgmestres et échevins, aux parlementaires et magistrats, bref à tous ceux qui ont un certain pouvoir. Ces responsables de la maison d’Israël usaient de leur autorité pour se remplir les poches et favoriser leurs intérêts personnels. C’est encore le cas de nos jours ; les contrats et projets sont signés et entraînent la ville et le pays vers le gouffre financier. Mais peu importe puisque les pots-de-vin sont alléchants et hautement profitables pour les décideurs politiques capables d’offrir alors les plus beaux cadeaux à leurs maîtresses. Mais le prophète résume son réquisitoire contre les chefs d’Israël en disant : « Vous haïssez le bien et vous aimez le mal. » (Michée 3.2). Il est étonnant de constater combien ce message est moderne, juste, toujours d’actualité, pertinent. C’est la Parole de Dieu. Ces mêmes paroles devraient être adressées aujourd’hui aux grands et aux décideurs de nos pays. Beaucoup d’entre eux sont des magouilleurs et jouent les innocents en trompant les citoyens dans bien des domaines. Michée est moderne. La Parole de Dieu est permanente et éternelle.

    Dieu s’adresse aux responsables religieux

    Le prophète s’adresse non seulement aux chefs politiques du pays, mais aussi aux chefs religieux. A cette époque, les deux étaient liés et proches. Michée s’adresse aux prêtres, aux prophètes et aux sacrificateurs « qui égarent le peuple et qui annoncent la paix s’ils ont quelque chose à se mettre sous la dent. » (Michée 3.5). Ces chefs religieux qui avaient pour rôle d’être les bergers et de conduire le peuple, en fait l’égaraient, et étaient devenus de mauvais pasteurs.

    On peut transposer tout cela dans l’actualité et constater que beaucoup de pasteurs et de théologiens sont responsables de la situation misérable dans laquelle est plongé le christianisme de nos pays occidentaux. Ces théologiens et pasteurs égarent le peuple de Dieu. Ils ne prêchent plus l’Evangile de la gloire de Jésus-Christ. Ils n’annoncent plus la grâce, ni la croix, ni la résurrection de Christ. Ils ne font plus jamais appel à la repentance et à la conversion. Bien des gens fréquentant régulièrement des cultes protestants, n’entendent jamais parler de la nouvelle naissance, de la nécessité de croire en Jésus-Christ, d’être sauvé. Les paroles de Michée sont encore vraies de nos jours : « ils égarent mon peuple et prêchent pour se remplir les poches ». Ces mauvais pasteurs sont conduits par l’intérêt et non plus par les besoins du peuple. Les âmes soupirent après la Parole de Dieu et restent sous la houlette de mauvais bergers.

    Au temps de Michée, les prophètes n’apportent plus la Parole de Dieu ; ils vivent pour l’argent et pratiquent l’injustice. C’est pourquoi Dieu va les punir : « A cause de cela, vous aurez la nuit, ... et plus de visions ! Vous aurez les ténèbres, ... et plus d’oracles ! Le soleil se couchera sur ces prophètes, et le jour s’obscurcira sur eux. » (Michée 3.6). Telle est la punition du Seigneur envers les prophètes qui égarent le peuple de Dieu, qui vident les églises. Dieu dit : « Ne vous y trompez pas : on ne se moque pas de Dieu. Ce qu’un homme aura semé, il le moissonnera aussi. » (Galates 6.7).

    C’est vrai également pour un pasteur. Ce qu’un pasteur a semé, il le moissonnera aussi. Bien des pasteurs ont semé le vent et ensuite récolté la tempête. Comme aujourd’hui encore, des pasteurs, soit modernistes, soit libéraux, ou prônant des tendances contraires à la Parole, ont semé le vent du néant, du doute et de la critique biblique et ensuite récolté la tempête des églises qui se vident. Ceux qui refusent de prêcher la lumière récoltent les ténèbres. Ainsi, l’un des plus grands fléaux pour nos églises contemporaines n’est ni le communisme, ni l’islam, ni les persécutions, ni les sectes. Un des maux les plus dangereux réside parmi les responsables de communauté, pasteurs, théologiens et exégètes qui égarent le peuple de Dieu, pour devenir des fossoyeurs d’églises en tuant des âmes. Michée dénonce le clergé corrompu qui, au lieu de rejeter le péché, profite du mal. Ce clergé vit avec le riche pour exploiter le pauvre. Ces responsables religieux reçoivent de l’argent des gens aisés pour se taire et couvrir leurs mensonges.

    La révolution russe de 1917
    C’est toujours vrai de nos jours. En Russie, la grande révolution d’octobre 1917 a été déclenchée par le peuple qui s’est levé non seulement contre les tsars et les princes, mais aussi contre l’Église orthodoxe qui s’était mise aux côtés des riches. Ainsi, au lieu de dénoncer l’injustice des princes, l’Église s’était rangée avec eux et prêchait au peuple dans la misère noire la soumission aux autorités. Selon les dires de cette Église corrompue, Dieu accorderait aux pauvres et malheureux de grandes bénédictions dans le ciel. Ainsi, dans l’attente des futures promesses célestes, l’Église orthodoxe incitait le peuple miséreux à se soumettre. Donc quand le peuple se soulève, il se rebiffe contre le pouvoir politique et contre le clergé qui a pris le parti du riche. Aujourd’hui la Russie, qui pendant plus de 70 années a été l’un des plus grands pays athées de notre planète, vacille encore. Evitons de faire de la politique, mais sur le plan prophétique et en examinant cette étape de l’histoire à la lumière de la Parole de Dieu, on peut se poser la question : n’y avait-il pas de la part de l’Église orthodoxe et du clergé, une grande responsabilité ? N’était-on pas dans une situation semblable à celle dénoncée par le prophète Michée ? Des prophètes trompeurs égarent le peuple. Ils annoncent la paix s’ils reçoivent des pots-de-vin, et la guerre s’ils n’ont rien à manger. Ces mauvais chefs religieux sont donc asservis au pouvoir de l’argent et s’asseyent sans remords à la table des princes et des rois qui oppriment le peuple et le maintiennent dans la misère.

    La révolution française de 1789
    Plus près de nous en France s’est produite la même réaction en 1789. Parmi les multiples aspects de cette révolution, on peut considérer le côté spirituel. Là aussi le peuple va se lever contre l’injustice sociale organisée par la monarchie et entretenue par l’Église. Le clergé français s’asseyait en effet également à la table des nobles et des riches, et demandait au peuple de se taire dans la misère. Un jour le peuple se lève et sa haine va se déchaîner contre la famille royale, la noblesse et le clergé. Ce clergé qui égare le peuple, qui prêche la paix s’il reçoit de l’argent, et la guerre s’il ne reçoit rien sous la dent.

    Le message du prophète n’est pas un message de gauche ou de droite. Ses paroles ne relèvent pas du domaine politique mais bien spirituel. Elles interpellent les pasteurs, les anciens, les responsables d’églises et l’Eglise elle-même qui jouent un grand rôle dans la société. Le peuple de Dieu possède la Sainte Parole, l’Esprit de Dieu, et est ouvrier et serviteur avec Dieu. Ce peuple racheté joue un rôle dans le plan de Dieu. Le message du prophète n’est pas politique : c’est le message du Droit et de la Justice. Dieu est juste. Il aime la justice et la vérité.

    Conclusion
    Que pouvons-nous faire comme prière à l’Eternel pour notre pays ? Nous pouvons demander pour notre pauvre Belgique, des prophètes comme Michée, des pasteurs et anciens, des serviteurs de Dieu fidèles à la Parole qui, comme l’annonçait le prophète Ezéchiel de la part du Seigneur, vont conduire le peuple de Dieu pour le nourrir, en prendre soin et lui apporter la Parole, pour l’aimer, le faire croître et multiplier. La consécration des serviteurs de Dieu entraîne la bénédiction de l’Eglise. Quand les bergers cessent d’égarer le peuple de Dieu et se consacrent à la Parole, alors la bénédiction de l’Eternel vient sur le peuple, sans mystère, ni truc, ni secret. Le prophète a le droit, le devoir et le courage de dire au peuple la Parole de Dieu. Quand on dit au peuple cette Parole divine, le peuple est béni. Jésus nous a donné quelques sujets de prière. Relevons l’un d’entre eux : « La moisson est grande, mais il y a peu d’ouvriers. Priez donc le maître de la moisson d’envoyer des ouvriers dans sa moisson. » (Luc 10.2). ■

    Post-scriptum

    Prédications des 25.4.1999 et 2.5.1999 de Philippe Hubinon, résumées par Jean-Pierre Baudouin - Bulletin “Résurrection” de février 2000 et mars 2000.


    MICHÉE

    (littéralement : "qui est comme l’Eternel (Yahweh) ?").

    La Bible fait mention de deux prophètes Michée :

    1. Le fils de Yimla ; Achab lui ordonna de révéler, en même temps que les prophètes de Baal, quelle serait l’issue de l’expédition projetée contre Ramoth en Galaad. Michée commença par prédire ce qui plaisait au roi, qui le pressa de dévoiler la vérité. Le prophète annonça alors, au nom de l’Eternel, qu’Achab mourrait dans la bataille. Le roi d’Israël commanda de jeter Michée en prison et de l’y laisser jusqu’à ce que la victoire des Israélites prouve la fausseté de sa prophétie #1 Rois 22.8-28 ; 2 Chroniques 18.6-27 - Il est peut-être le prophète inconnu de #1 Rois 20.35ss.

    2. L’auteur du Livre de Michée ; originaire apparemment de Morécheth-Gath #Michée 1.14 sans doute en Juda non loin de Gath, la cité philistine dont dépendit la ville natale de Michée pendant un certain temps. Il prophétisa durant les règnes de Yotam, d’Ahaz et d’Ezéchias (1.1 ; Jérémie 26.18) ; il commença sa carrière un peu plus tard qu’Osée et Esaïe, ses contemporains. #Michée 1.1 (cf. Esaïe 1.1 ; Osée 1.1) Michée, très proche d’Esaïe, traite les mêmes grands sujets que lui, comme l’a relevé Calvin.

    SOURCE : Dictionnaire biblique Emmaüs, et Dictionnaire biblique pour tous.


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