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    Zoom Arrière

    logo ARTICLE 804Alfred Kuen (1921-) décembre 2013
    Auteur prolifique de livres d’étude chrétiens, il a été professeur à l’Institut biblique et missionnaire Emmaüs, ainsi que directeur des Editions Emmaüs. Avec d’autres, il est à l’origine de la traduction de la Bible dite "Bible du Semeur".
    logo ARTICLE 350Faire taire les critiques février 2011
    Nous pouvons résister aux moqueries si nous avons la conviction de faire la volonté de Dieu.

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     MENÉ, MENÉ, TEQEL, PARSÎN

    La dernière boum

     | Daniel 5.1-31
     

    Cette histoire se déroule une vingtaine d’années après la mort du roi Nebucadnetsar. Daniel a vieilli. Belschatsar, petit-fils de Nebucadnetsar, règne. En fait, il n’est pas roi de Babylone, il s’agit plutôt d’une régence. Voilà pourquoi le verset 16 parle pour Daniel de la troisième place dans le gouvernement du royaume, Belschatsar n’ayant lui-même que la deuxième.

    Ce passage de l’Ecriture a été choisi afin de dresser un parallèle avec notre société. Beaucoup de points communs lient la société babylonienne et la nôtre. Il est important de dresser le portrait de notre génération, afin de mieux la connaître lorsque nous lui apportons l’Evangile.

    Premier élément cité pour caractériser Belschatsar : « Le roi donna un grand festin. » (Daniel 5.1). Son père et son grand-père ont travaillé et combattu pour affermir le royaume babylonien. Maintenant que le résultat est acquis, on va s’enivrer, s’amuser parce qu’on s’ennuie à Babylone. Déjà la société est matérialiste à outrance. Mais le matérialisme ne peut apporter ni le bonheur, ni la satisfaction. Beaucoup plus encore que cette antique civilisation, nous sommes aujourd’hui une génération hyper matérialiste. Les valeurs spirituelles n’ont plus la cote. Nous sommes indifférents au spirituel et, par conséquent, une société dépressive. Ceci n’est pas seulement une appréciation des pasteurs, mais aussi une constatation des écrivains, des journalistes, des hommes politiques qui perçoivent la déprime dans cette civilisation de l’ennui. En Belgique, la dépression tue plus que la route ! Plus de dix pour cent des Belges se nourrissent de tranquillisants. Notre génération a misé sur le matérialisme.

    Les théories de Freud, Marx, Sartre et Darwin ont influencé notre société. Mais nous ne sommes pas que matière, nous sommes aussi esprit. Il y a une autre dimension en nous, que l’on ne retrouve pas chez l’animal, ni dans la nature parce que nous avons été créés à l’image de Dieu (Genèse 1.17). Pour cette raison, Jésus rappellera cette parole de Moïse : « L’homme ne vivra pas de pain seulement, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu. » (Matthieu 4.14).

    Nous ne pouvons nous satisfaire avec les bibelots de la vie moderne. Il y a une autre dimension en nous. L’apôtre Paul parlait de « l’être entier, l’esprit, l’âme et le corps. » (1 Thessaloniciens 5.23). Nous ne sommes pas que de la chair ! Nous avons un esprit et une âme qui cherchent la communion avec Dieu, sans parfois en être conscient ou sans que l’homme de la rue s’en rende bien compte. Nous avons besoin de cette dimension spirituelle. Nous avons besoin de Dieu.

    Notre génération a un point commun avec celle de Belschatsar. Nos parents et grands-parents ont combattu pour que nous puissions jouir de tous les avantages sociaux dont nous bénéficions. Les plus âgés parmi nous savent de quoi il s’agit. Certains ont travaillé dix, douze et même quatorze heures d’affilée. Ils ont connu deux guerres mondiales et se sont battus pour obtenir la liberté dont nous profitons aujourd’hui. Et maintenant, notre génération qui a tout, s’ennuie. Elle gaspille son temps, son argent, ses forces dans les futilités et les folies de ce monde. C’est cela notre société d’aujourd’hui. Pas seulement notre jeunesse, mais bien notre génération toute entière.

    Belschatsar possède tout. Il est riche, puissant, célèbre, et maintenant il s’ennuie ! Et que fait-on quand l’ennui est là ? On organise une grande boum ! Mille invités ! On va boire et essayer d’oublier l’absurdité d’une vie sans Dieu, d’une existence sans but. Ce qui tue notre génération aujourd’hui, c’est l’absence de sens. Ayant rejeté Dieu, plus rien n’a de sens. Le roi le plus puissant du monde s’ennuie et va boire, comme le plus misérable des hommes, pour essayer d’oublier.

    Voici quelques années, au temps où il occupait encore les antennes de la télévision, le journaliste Michel Polac avait consacré une émission au fléau de notre société qu’est l’alcoolisme. Ce mal touche tous les milieux et toutes les couches sociales de notre société où tout est occasion pour boire : au bureau, à l’atelier, à l’école, à l’hôpital, au club de sport. Le pauvre et le riche, l’ouvrier et l’avocat essayent de se gonfler le moral au moyen de l’alcool. Comme c’est étrange : lorsque le cœur de l’homme est vide, il cherche alors à gaver son corps !

    Saint Augustin, grand théologien du cinquième siècle, disait avec raison cette parole reprise par Pascal : "Il y a dans le cœur de l’homme un vide en forme de Dieu, et l’homme n’a de cesse que lorsque Dieu remplit son cœur."

    Regardons autour de nous. Il n’y a que des gens au cœur vide, et ce vide a la forme de Dieu mais ils ne savent pas, ou ne veulent pas le savoir. Ils essayent de remplir ce vide avec les valeurs matérialistes proposées par notre société. Mais le vide s’agrandit et reste vide, parce que Dieu seul peut le combler.

    Le cœur du roi Belschatsar est vide. Et donc, il va gaver son corps en mangeant en buvant.

    Voici une vingtaine d’années [octobre 1971], le Shah d’Iran [ Mohammad Reza Pahlavi ] avait organisé un festin et invité tous les grands de la terre. Rois, chefs d’État, présidents, princes, princesses : tout le gratin de la planète était venu dans les ruines de Persépolis, ancienne capitale fondée par Darius le Grand. Cela a été le plus grand festin de l’histoire. Des mesures de sécurité exceptionnelles avaient été mises en place. On y fêtait le 2500e anniversaire de l’Empire perse. Telle était la gloire de l’Iran. Le Shah voulait montrer la gloire de son empire et faire savoir qu’il était parmi les hommes les plus riches et les plus puissants du monde. Aujourd’hui nous savons comment, quelques années plus tard [1979], il a dû fuir son pays comme un misérable et mourir en exil du cancer.

    A Babylone, le festin de Belschatsar va dégénérer, comme c’est en général le cas pour les boums d’aujourd’hui, gâchées par la violence et les bagarres. La cérémonie du roi va mal tourner. On a bu, les esprits s’échauffent et tout doucement on va glisser sur le terrain religieux. On va parler religion, et l’on va se moquer de Dieu.

    Nebucadnetsar avait conquis Israël, et ramené les vases d’or et d’argent du temple de Jérusalem qui servaient au culte de Yahvé. Le roi Belschatsar va faire chercher ces ustensiles pour y boire. La profanation est double. Ces vases sacrés vont être utilisés pour une orgie païenne, et les participants vont, de plus, boire à la louange de leurs faux dieux. Belschatsar est rempli d’orgueil. Il boit avec ses femmes, ses concubines et ses copains pour se moquer de Dieu. “Mais où est-il ce Dieu d’Israël ?” “Que pourrait-il nous arriver à Babylone ?” Mais l’Ecriture nous dit que Dieu se moque des moqueurs (Proverbes 3.34). Elle affirme aussi qu’on ne se moque pas de Dieu (Galates 6.7), et que les châtiments sont prêts pour les moqueurs (Proverbes 19.29). Le châtiment de Belschatsar est prêt. C’est sa dernière nuit. Ce sont ses dernières moqueries. C’est son dernier festin, sa dernière saoulerie.

    La Bible nous affirme aussi que le châtiment de ce monde est prêt, ce monde qui se moque de Dieu et refuse de se repentir. Nous devons partager cette vérité avec notre société : le jugement de Dieu pèse sur ce monde. Nous ne pouvons annoncer l’Evangile sans parler du jugement de Dieu.

    Il est certain que Dieu est amour dans son pardon lorsqu’il sauve et rachète l’âme qui se tourne vers lui dans la repentance. La Bible dit : « Dieu n’a pas envoyé son Fils dans le monde pour qu’il juge le monde, mais pour que le monde soit sauvé par lui. » (Jean 3.17).

    Daniel va être appelé. Il est connu à Babylone. La famille royale le connait pour l’avoir déjà invité au temps du grand-père Nebucadnetsar. Daniel lui a déjà parlé de la grâce et de la bonté de Dieu. Mais le petit-fils Belschatsar a tout oublié, ne se souvient de rien. Il est rempli d’orgueil. La première chose que Daniel va dire est : « Belschatsar, tu n’as pas humilié ton cœur, tu t’es élevé contre le Seigneur des cieux. » (Daniel 5.22).

    Le plus grand péché, celui qui nous menace le plus les uns et les autres : l’orgueil. Ceci ne concerne pas seulement les incroyants. Cette maladie de l’orgueil persiste encore dans nos cœurs même après notre conversion. En tant que chrétien, à cause de l’orgueil, nous résistons encore souvent à Dieu, parfois même avec plus de force et d’opiniâtreté que l’incroyant !

    L’orgueil du roi Belschatsar va le perdre. « Dieu résiste aux orgueilleux mais Il fait grâce aux humbles. » (Jacques 4.6). Dieu résiste à Belschatsar. Puisque le roi est orgueilleux et se moque de Dieu, Dieu va tonner de la voix ! Quand Dieu tonne de la voix, il est temps que nous prenions garde !

    Daniel 5.5 nous dit : « En ce moment, apparurent les doigts d’une main d’homme, et ils écrivirent, en face du chandelier, sur la chaux de la muraille du palais royal, quatre mots : compté, compté, pesé et divisé. Le roi change alors de couleur. Ses pensées se troublent, les jointures de ses reins se relâchent et ses genoux se heurtent l’un contre l’autre ! » L’homme le plus puissant du monde tremble parce que Dieu écrit quatre mots sur un mur !

    Comme le monde va trembler quand viendra le jugement dernier ! Les plus grands, les plus riches, les plus puissants trembleront. Tous ceux qui se seront rebel¬lés contre Dieu toute leur vie et qui auront dit non à l’Evangile trembleront. « Notre Dieu est un feu dévorant. » (Hébreux 12.29).

    La grande fête de Belschatsar tourne au cauchemar. Dieu se plaît à parler avec douceur. Jésus disait : « Je suis doux et humble de cœur. » (Matthieu 11.29). Le "style" du Seigneur, c’est la douceur. Dieu aime s’approcher de nous avec délicatesse. Mais il tonne de la voix quand notre cœur s’endurcit, si nous nous entêtons à faire la sourde oreille, à vivre dans la rébellion, à persévérer dans le péché, à refuser de nous repentir. Si Dieu tonne de la voix dans ta vie, ne tarde pas à obéir, ne traîne pas à mettre en ordre ce qui doit l’être. N’attendons pas pour obéir que la voix de Dieu tonne dans notre vie.

    Le roi veut trouver l’explication parce qu’il est troublé. On appelle les astrologues (censés tout savoir mais qui, au moment où justement ils doivent savoir, ne savent plus rien), les voyants, les devins, mais personne ne peut aider le roi. Daniel va donner l’explication gratuitement : la grâce, la bonté, les richesses, le pardon de Dieu ne sont pas à acheter. On est loin du commerce des voyants, magiciens, charlatans qui profitent de la crédulité des gens pour s’enrichir. Le service de Daniel est gratuit.

    Le roi le plus puissant du monde à cette époque, va recevoir une redoutable leçon. Jamais il n’a entendu ses quatre vérités ; il va les entendre : “Tu es rempli d’orgueil, tu t’es dressé contre Dieu, tu t’es moqué de Lui, il a mis fin à ton royaume.” L’explication est donnée. La réaction du roi est bouleversante. Au lieu de se repentir, de se ressaisir, de changer de voie, il couvre Daniel d’or et de puissance.

    La Bible nous enseigne qu’à la fin des temps, une fois pour toutes, Dieu va tonner de la voix et écraser l’orgueil des hommes. C’est ce que révèle le livre de l’Apocalypse avec des scènes terribles, où revient en refrain cette parole : « Et les hommes blasphémèrent le Dieu du ciel, ils ne se repentiront pas pour lui donner gloire. » (Apocalypse 16.9).

    Belschatsar n’a rien compris. Daniel vient de lui dire : “C’est la fin.”, et il n’entend pas. L’explication a été donnée au roi, sa curiosité est satisfaite et il continue son festin !

    Dans notre vie, il est des jours où l’orgueil nous empêche d’entendre la voix de Dieu, même quand Dieu parle fort.

    Daniel 5.30 nous rapporte : « Cette même nuit, Belschatsar, roi des Chaldéens, fut tué. Et Darius, le Mède, s’empara du royaume. » Les historiens Hérodote et Xénophon racontent dans leur livre "Histoire ancienne de l’Orient" combien la forteresse de Babylone était puissante et fortifiée. L’assaut était impossible à donner, les flèches des archers ne pouvaient atteindre le sommet des murailles, les vivres entreposées dans la ville permettaient de tenir un siège de vingt ans et pourtant, en une nuit, la ville a été prise. Babylone était traversée par l’Euphrate. Darius va faire construire des barrages pour assécher le fleuve dans le lit duquel il va engager son armée. L’envahisseur pénètre ainsi dans la ville pour y trouver les murailles vides. Tout le monde est à la fête. Les sentinelles ont quitté leur poste pour se rendre à la boum, et la foule sera surprise, en pleine euphorie, pour être massacrée sans défense et sans résistance. Le roi Belschatsar mourra dans le combat.

    Pour terminer le parallèle entre notre société actuelle et la civilisation de Babylone, notons que l’homme moderne construit aussi des murailles, qu’il pense insurmontables. Le progrès technologique nous permet de nous croire en sécurité, et l’homme moderne se croit invulnérable. Il s’imagine que la science pourra tout arranger. Assis sur ses connaissances, l’homme moderne nargue l’Eternel sans cesse, en proclamant que Dieu n’existe pas.

    Les théologiens d’aujourd’hui parlent de la “mort de Dieu”. Ils répandent l’idée d’un Dieu mort, qui n’a rien créé ; ils affirment que l’Eternel est un mythe, le résultat de cogitations d’autres théologiens, grenouilles de bénitier, une invention sortie de l’imagination de Moïse, comme l’écrivait un auteur français [Marcel Haedrich] dans un livre intitulé : "Et Moïse créa Dieu". Le monde moderne ricane, il nargue et rejette l’existence de Dieu. Par la voix des psychanalystes, Freud en tête, le monde actuel prétend que “Dieu n’est que le fruit d’une névrose infantile de l’humanité, ou qu’une projection irréelle de l’image du père.” Par la voix de Karl Marx, le monde nargue Dieu en le proclamant “revendeur de drogue, dealer divin vendant aux hommes de la religion, opium des peuples, pour les endormir.”

    Le libéralisme économique nargue Dieu en s’appuyant sur la puissance de l’argent et en disant, comme toutes les civilisations qui nous ont précédés : “Nous sommes puissants, qu’avons-nous encore besoin de Dieu ? Que pourrait-il nous arriver ?” Déjà parlait ainsi la génération de Noé. C’est aussi ce que disaient les hommes qui construisaient la tour de Babel, les gens de Sodome et Gomorrhe, les Babyloniens dans leur forteresse, les Juifs de Jérusalem en l’an 70, les empereurs romains assis sur leur trône. “Que pourrait-il nous arriver, qu’est•ce que Dieu pourrait nous faire ?” Ainsi s’expriment les philosophes anciens et modernes, Voltaire, Camus, Sartre, Engels : “Mais qu’est-ce Dieu pourrait nous faire, il n’existe même pas.” Mais la Bible affirme : « Dieu se moque des moqueurs. » (Proverbes 3.34). Il a déjà préparé leur jugement.

    Nous voulons dire ces vérités dans notre message d’évangélisation avec, de pair, la promesse de la grâce pour celui qui se repent, qui change de voie et qui croit en Dieu, en Jésus-Christ. La porte de la grâce est ouverte toute grande pour celui qui veut venir. La patience de Dieu n’est pas encore à son terme. Il garde les bras ouverts. Il est encore temps mais il est grand temps de venir et de croire.

    Que Dieu nous pousse, par son Esprit et par sa grâce, pour faire de nous des gagneurs d’âmes. Que ces vérités soient pour nous l’occasion de nous reconsacrer.   
     

    LE FESTIN DE BELSCHATSAR
    peint par Rembrandt

    Fêtes de Persépolis
    14 et 15 octobre 1971

    Ce reportage (en noir et blanc) de l’ORTF
    (l’ancienne radio-télévision française)
    permet d’illustrer la partie historique de cette prédication.

    Lien 1

    Lien 2

    Post-scriptum

    Prédication de Philippe Hubinon, résumée par Jean-Pierre Baudouin - Bulletin “Résurrection” de mars 1992.

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