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    Zoom Arrière

    logo ARTICLE 804Alfred Kuen (1921-) décembre 2013
    Auteur prolifique de livres d’étude chrétiens, il a été professeur à l’Institut biblique et missionnaire Emmaüs, ainsi que directeur des Editions Emmaüs. Avec d’autres, il est à l’origine de la traduction de la Bible dite "Bible du Semeur".
    logo ARTICLE 350Faire taire les critiques février 2011
    Nous pouvons résister aux moqueries si nous avons la conviction de faire la volonté de Dieu.

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    Ralenti sur une chute

     | Matthieu 4.17-22 ; 26.69 - 1 Corinthiens 10.13
     

    Nous avons tous déjà eu l’occasion de regarder, sur un écran de télévision, une compétition sportive. La technologie moderne permet d’examiner certaines phases au ralenti, et ce découpage est utile pour détailler et mieux apprécier la difficulté de l’effort ou la beauté du geste. Mais cette technique de l’image permet aussi de voir les moins belles choses, notamment la chute d’un athlète. Cependant cette possibilité de visionner certains détails, sur une autre base de temps est intéressante. Elle permet à l’entraîneur d’étudier l’origine et le mécanisme de la faute qui a provoqué la chute.

    Nous allons revivre ensemble la chute de l’apôtre Pierre, au ralenti, image par image. Nous savons que Pierre a renié son Maître trois fois, avant que le coq ne chante, comme le Seigneur l’avait d’ailleurs prophétisé (Matthieu 26.34). Il est utile pour nous chrétiens, de repérer les différentes phases de la chute de ce grand apôtre. Il n’est pas tombé d’un coup. Sa chute a été amenée progressivement. Il en est de même de nos chutes dans la vie chrétienne. Faisons d’abord un rapide survol sur la vie de Pierre.

    Il est certainement le plus connu des apôtres, peut-être le plus sympathique. Très attachant, il a été appelé, avec son frère, parmi les premiers disciples. Tous deux, de suite, ont répondu. Ainsi commence pour Pierre un grand ministère. Il va vivre, avec le Seigneur, la plus grande aventure qu’un homme ait jamais vécue. La traversée de l’Atlantique, le débarquement lunaire des Américains, la découverte par Pasteur du vaccin contre la rage sont des faits extraordinaires et remarquables. Mais vivre avec Jésus de Nazareth, avec le Fils de Dieu, trois ans, jours et nuits, est une aventure plus grande encore. Les disciples mangeaient, parlaient avec le Seigneur. Ils priaient et chantaient avec lui. Ils écoutaient le Seigneur prêcher, enseigner notamment le Sermon sur la montagne. Quand Jésus ressuscite Lazare, Pierre est là. Il est aussi présent quand le Maitre guérit l’aveugle de Jéricho. De la bouche même du Seigneur, Pierre entend de nom¬breuses paraboles. Avec Jacques et Jean, Pierre est sur la montagne de la transfiguration (Matthieu 17.1). Ils ont vécu ensemble la Cène, le Repas du Seigneur (Matthieu 26.20-30). Ils ont été les témoins de l’arrestation du Seigneur, de sa mort, de sa résurrection. Quelques jours plus tard, à la Pentecôte, Pierre va prêcher pour la première fois l’Evangile de Jésus-Christ, à Jérusalem. Pierre ira aussi porter l’Evangile au Juifs, chez les Samaritains, et en Europe. Pierre est le plus attachant des apôtres. Très touchant, on l’a surnommé “le gaffeur”. Mais ses gaffes, il les fait, en quelque sorte, au nom de tous les apôtres, parce qu’il est toujours le premier. Pierre est très spontané. Pourtant si Pierre a bien commencé, il s’est trouvé, à certains moments, dans bien des difficultés. Nous allons, en effet, examiner la chute de Pierre, avec, à certains moments, “arrêt sur l’image”.

    Première étape : Pierre n’accepte pas la volonté de Dieu.

    Cette scène se passe lorsque Jésus commence à annoncer qu’II va devoir monter à Jérusalem, être rejeté par le peuple, crucifié, devoir mourir et ensuite ressusciter. Et l’Ecriture nous dit que Pierre prit Jésus à part pour lui dire que tous ces événements ne lui arriveraient pas : « A Dieu ne plaise, Seigneur. Cela ne t’arrivera pas. Et Jésus de répondre : “Arrière de moi, Satan ! tu m’es en scandale ; car tes pensées ne sont pas les pensées de Dieu, mais celles des hommes.” » (Matthieu 6.21-23). La première étape de la chute de Pierre est sa désobéissance à la volonté de Dieu.

    Déjà le prophète Esaïe disait de Dieu : « Car mes pensées ne sont pas vos pensées, et vos voies ne sont pas mes voies. » (Esaïe 55.8). Il y a souvent contradiction entre notre manière de voir les choses et celle de Dieu. Il arrive souvent que nous n’acceptons pas les voies de Dieu, le chemin par lequel il veut nous conduire. Pierre ne comprendra pas la pensée du Seigneur. Il refuse la volonté de Dieu, en n’acceptant pas ce qui va se passer, ce que le Seigneur annonce. De telles situations se présentent aussi dans notre vie. Nous refusons la volonté de Dieu.

    Mais qu’est-ce que la volonté de Dieu ? Elle s’exprime dans ses commandements :

    Tous ces commandements font partie de la volonté de Dieu. Nous refusons si souvent la volonté de Dieu. Nous mentons, nous ne voulons pas pardonner, nous convoitons, nous maudissons nos frères, et nous voulons continuer à désobéir. Comme Pierre, nous voulons garder nos pensées, avec lesquelles nous cherchons à nous “arranger”.

    La deuxième étape de la chute de l’apôtre réside dans l’absence de la prière.

    Pierre ne prie plus. Dans le jardin de Gethsémané, Jésus prend avec lui Pierre, Jacques et Jean. Dans ces moments terribles d’angoisse et de pression sur le Christ, Jésus demande à ses disciples : « Mon âme est triste jusqu’à la mort ; restez ici, et veillez avec moi. » (Matthieu 26.38-40). Puis Jésus fait quelques pas pour s’éloigner, se jette la face contre terre et supplie Dieu. Ensuite Jésus revient vers les disciples qu’il trouve endormis. Au lieu de prier avec le Seigneur, Pierre dort. Le Seigneur les quitte à nouveau, s’éloigne et revient, une seconde, et une troisième fois. Chaque fois, Pierre dort et ne prie plus. Pierre oublie et délaisse la prière.

    La prière est la respiration de l’âme. Dès que le chrétien cesse de prier, sa vie intérieure se meurt parce que son âme étouffe. Privée d’air et d’oxygène, une telle vie spirituelle devient suffocante. Nous savons qu’un athlète veille à prendre de grandes bouffées d’air avant de réaliser son effort. C’est aussi vrai pour le croyant. Sans cesse le chrétien est appelé à lutter, à combattre. Nous avons aussi besoin d’oxygène, de prière, pour faire face à ces difficultés. Il est donc capital de prier avec persévérance et patience. La Bible dit : « Priez sans cesse. » (1 Thessaloniciens 5.17). Pierre "glisse" parce qu’il ne prie plus, et qu’il s’éloigne ainsi de plus en plus de Dieu. Il fait un nouveau pas en arrière. Ainsi donc, après avoir refusé la volonté de Dieu (première étape), il cesse de prier (deuxième étape).

    Il existe un lien étroit entre la tentation et la prière. Une des grandes faiblesses de nos Eglises est le manque de prière. S’il nous arrive, dans notre vie chrétienne, de chuter et si nous examinons le ralenti de notre chute, nous pourrons découper certaines séquences et des scènes caractérisées par l’absence de prière. Ne soyons pas étonnés s’il nous arrive de tomber, alors que nous avons manqué de prier. En priant, nous pourrions être souvent plus forts et victorieux. La prière n’est sans doute pas absente de votre vie, mais elle est insuffisante. Pour s’en convaincre, écrivons sur un feuillet le nombre de minutes passées, chaque jour, dans la prière, week-end compris. Nous serions étonnés ! Nous pourrions avoir une vie plus puissante, un foyer plus solide, un témoignage plus efficace. Pourquoi ne pas nous y mettre, sans attendre d’être "à terre" ? Avant de crier “Au secours, pasteur, demandez à l’Eglise que l’on prie pour moi..., ça va mal ...” Afin de ne pas être jeté à terre, il faut savoir se mettre à genoux. Quand on a renié et chuté, c’est bien tard...

    Troisième étape de la chute de l’apôtre Pierre : il suit Jésus ... de loin.

    Il est important de suivre Jésus de près. On peut venir au culte tous les dimanches, et cependant suivre Jésus de loin, même de très loin !

    Dans la Bible, il nous est donné certaines raisons pour lesquelles Jésus a choisi ses disciples. L’une d’elles est que le Seigneur voulait avoir les disciples près de lui (Marc 3.14). Le Seigneur nous a choisis, nous a appelés pour que nous soyons près de lui. Non pas seulement pour qu’il soit près de nous, mais aussi que nous soyons près de lui. Jésus a dit : « Demeurez en moi, et je demeurerai en vous. » (Jean 15.4). De plus : « Si vous demeurez en moi et que mes paroles demeurent en vous, demandez ce que vous voudrez, et cela vous sera accordé. » (Jean 15.7). Si nous suivons de loin, de très loin parfois le Seigneur, ne nous étonnons pas que nos prières restent sans réponse.

    Quatrième étape : l’apôtre s’assied avec les ennemis de Jésus-Christ, et reste en leur compagnie.

    Dans notre vie, nos fréquentations et nos amitiés ont une très grande importance. L’apôtre Paul dit : « Les mauvaises compagnies corrompent les bonnes mœurs. » (1 Corinthiens 15.33). Nous ne pouvons éviter certaines compagnies : nos collègues de bureau et d’atelier, nos voisins, nos professeurs, nos élèves, etc. Mais lorsque nous pouvons choisir notre compagnie, avec qui nous allons passer nos soirées, nos vacances, nos loisirs, quel est notre choix ? Choisissons-nous des ennemis de Christ pour chercher à leur plaire, pour vivre, rire et ... pécher avec eux ? L’Ecriture dit que : « Le juste ne s’assied pas en compagnie des moqueurs. » (Psaumes 1.1). Nous avons à témoigner autour de nous et à fréquenter ceux qui ne connaissent pas Jésus-Christ, mais pas à vivre en leur compagnie.

    Quand l’apôtre Pierre est avec les ennemis de Jésus-Christ, on pourrait dire : “Mais il ne fait rien de mal ! Il se chauffe.” Certains peuvent dire : “J’ai été au bistrot avec des amis, mais on n’a rien fait de mal. Je suis allé au dancing avec des copines d’école, mais on n’a rien fait de mal.” Effectivement, Pierre ne fait rien de mal, mais ça va venir ! Dans la compagnie de ces moqueurs, des ennemis de Christ, Pierre va tomber. Il va craquer !

    Cinquième étape : Pierre va renier son Seigneur.

    Assis avec les ennemis de Jésus-Christ, il est reconnu. Les gens insistent auprès de l’apôtre : “Mais si Pierre, tu es de ces gens-là.” et pour la seconde fois, Pierre dit “Non, je ne connais pas Jésus.” Ainsi Pierre va renier trois fois Jésus ! Pierre ne faisait rien de mal, il se chauffait... avec les ennemis de Jésus-Christ. Arrive le moment où Pierre ne peut plus faire marche arrière.

    Au bistrot avec les copains, on ne fait rien de mal, ... on peut boire quand même, ... il ne faut pas être aussi bigot et ne rien tolérer ! Hélas, dans ces conversations de bistrot, à la surboum d’un bon copain, on commence à jurer, à raconter des blagues sur les Juifs, les Noirs, les femmes, le sexe, puis ... sur le Christ. Le chrétien ne dit rien, il n’ose plus se retirer, c’est trop tard pour sortir, pour quitter les ennemis du Seigneur. L’ambiance monte, et comme on est là où on ne doit pas être, on est pris par l’ambiance et on renie Jésus-Christ !

    Pierre n’est pas arrivé là en une seule fois, mais il a glissé phase par phase. C’est aussi le danger qui nous guette. On se met à boire et on n’ose plus dire : “Moi j’arrête, je ne vais pas plus loin, un verre suffit. Je suis fort et j’arrête parce que ce n’est pas ma place, et je n’ai rien à faire ici.” Pierre n’avait rien à faire là-bas, dans la cour du souverain sacrificateur qui allait décider de la mort du Christ. Pierre renie le Christ. Il est “sorti des rails” lentement, de façon imperceptible.

    Quand on suit les phases successives de la chute de Pierre, on pourrait estimer que chaque séquence n’est vraiment pas si grave que cela. Pourtant, chaque étape ajoutée à la précédente prépare la chute de l’apôtre. Un train qui déraille ne fait pas un bond de vingt mètres à côté des rails. Il glisse tout doucement. D’abord un centimètre, puis cinq, ensuite dix centimètres, un mètre ... et s’écrase finalement dans le ravin. Une évidence : le train a commencé à dérailler quand il était à moins d’un petit centimètre à côté des rails !

    L’Evangile nous relate : « Le Seigneur s’étant retourné, regarda Pierre. Et Pierre se souvint de la parole que le Seigneur lui avait dite : Avant que le coq chante aujourd’hui, tu me renieras trois fois. Et étant sorti, il pleura amèrement. » (Luc 22.61).

    Mais quelques jours plus tard, après la croix et la résurrection, deux anges apparaissent aux femmes près du sépulcre où Jésus a été enseveli et disent : « Vous cherchez Jésus de Nazareth, qui a été crucifié ; il est ressuscité, il n’est pas ici, voici le lieu où on l’avait mis. Mais allez dire à ses disciples et à Pierre qu’il vous précède en Galilée : c’est là que vous le verrez, comme il vous l’a dit. » (Marc 16.6). En d’autres mots, le Seigneur dira : “Pierre, tu peux revenir, je ne te ferme pas la porte.”

    Nous avons probablement chacun, à un moment ou l’autre de notre vie, glissé dans la désobéissance, et tombé dans le péché. Mais la porte de la grâce est toujours ouverte. Le Seigneur nous invite encore aujourd’hui à revenir et comme il disait à cette femme adultère : « Je ne te condamne pas, va et ne pèche plus. » (Jean 8.1). Jésus ne nous repousse pas. « Il ne nous traite pas selon nos iniquités. » (Job 11.6), mais il nous dit : “Repens-toi et reviens...”

    Le Seigneur nous fait cette promesse : « Aucune tentation ne vous est parvenue qui n’ait été humaine, et Dieu, qui est fidèle, ne permettra pas que vous soyez tentés au-delà de vos forces ; mais avec la tentation il préparera aussi le moyen d’en sortir, afin que vous puissiez la supporter. » (1 Corinthiens 10.13). ■

    Post-scriptum

    Prédication de Philippe Hubinon, résumée par Jean-Pierre Baudouin - Parue au bulletin “Résurrection” d’avril 1992.

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