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    logo ARTICLE 513ISRAËL : actualité essentielle novembre 2011
    Faits importants de l’actualité concernant Israël.
    logo ARTICLE 783Paradoxes divins juillet 2012
    Grégoire de Nazianze, père de l’Eglise, exprime avec des mots simples des faits singuliers et apparemment contradictoires, qui heurtent ainsi le sens commun et interpellent le lecteur.

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    Pour être premier

     | Matthieu 20.20-28 ; 1 Pierre 5.1-7
     

    Une mère bien intentionnée

    Les disciples Jacques et Jean sont très connus dans les évangiles. Ceux que Jésus a appelés “Boanergès”, ce qui signifie “fils du tonnerre” (Marc 3:17), à cause de leur impétuosité, ont été choisis par le Seigneur, pour vivre certains événements particuliers que d’autres disciples n’ont pas vécu.

    Pierre, Jacques et Jean étaient présents (Marc 9:2) sur la montagne de la transfiguration pour voir Jésus dans la gloire. Ils étaient aussi avec Jésus dans le jardin de Gethsémané (Marc 14:33) quand Jésus les prit à part pour prier avec eux, laissant les autres disciples un peu en arrière.

    Zébédée, le père de Jacques et Jean, avait une entreprise de pêche au bord du lac de Galilée (Marc 1:19). Comme ils réparaient les filets, ses deux fils vont entendre l’appel de Jésus-Christ, répondre à l’invitation du Seigneur et quitter l’entreprise familiale.

    Dans notre lecture, nous découvrons la femme de Zébédée, mère de Jacques et Jean. Elle vient auprès de Jésus pour lui présenter une requête en faveur de ses deux garçons. C’est une maman pleine de projets merveilleux pour ses enfants. Elle voudrait l’honneur, la gloire, le succès pour ses deux fils. Pour cette raison, elle vient auprès de Jésus. En d’autres termes, elle veut les pistonner. Ce mot est à la mode, mais le principe n’est pas nouveau. Convaincue, comme toutes les mamans, que ses fils sont les meilleurs, elle veut pour eux une belle place et pense qu’ils méritent d’être à la droite et à la gauche de Jésus-Christ. Ne se rendant pas compte de la tempête qu’elle va soulever auprès des disciples, cette maman est au fond très humaine et ... naïve. Si l’on poursuit davantage la réflexion, on peut se dire que cette maman n’est pas si drôle que cela. En fait, elle vient auprès du Maître, elle se prosterne et elle prie pour ses deux fils. La prière, c’est demander. Lorsque nous prions, nous demandons à Jésus-Christ. C’est ce que cette dame vient de faire.

    Il est utile de rappeler ici le rôle important que les mamans jouent auprès de leurs enfants. L’histoire de l’Eglise nous donne quelques exemples de mères qui ont joué un rôle essentiel dans la conversion, la vocation et la consécration de leurs enfants.

    C’est le cas d’Augustin (Ve siècle après Jésus-Christ), qui deviendra l’un des plus grands théologiens de toute l’histoire. Sa mère a prié avec ferveur pour sa conversion et sa consécration. Le théologien en parle clairement dans ses "Confessions". Sa mère, Monique, prie, désespérée de voir la vie de débauche menée par son fils avant sa conversion. Augustin a connu une vie bouillonnante de péchés, de passions, de désobéissances pendant que sa mère prie et donne l’exemple à son fils. Puis un jour, vient la conversion. Augustin se convertit et sa vie est bouleversée. Grand intellectuel, il consacre alors sa vie à Jésus-Christ, et devient un éminent théologien.

    John et Charles Wesley sont un autre exemple. Le caractère des fondateurs du méthodisme (en Angleterre au XVIIIe siècle), a été modelé par leur mère. Tous les biographes sont d’accord pour reconnaître qu’elle a joué un rôle capital dans la conversion et la consécration de ses deux fils qui, à leur tour, ont eu et ont encore une influence énorme dans le monde aujourd’hui.

    Le rôle d’une maman est capital dans un foyer.

    L’Ecriture nous rappelle ici que Dieu écoute les mères qui prient pour leurs enfants.

    Que voulait cette maman ? La gloire, l’honneur, le succès ! Elle voulait qu’ils soient tous les deux, premiers ministres dans le royaume de Dieu.

    Mais madame Zébédée se trompe deux fois. D’abord, elle fait une erreur sur le sens du rôle de chef, de responsable. Etymologiquement, premier ministre veut dire premier serviteur. Tous les premiers ministres dans le monde ont oublié ce sens ! Premier ministre signifie premier serviteur et non premier servi !

    Ensuite, Madame Zébédée fait une seconde erreur. Elle attendait du Christ un règne immédiat et terrestre. Comme les apôtres, les ennemis du Christ et beaucoup d’autres, elle pensait que Jésus-Christ, le Messie, allait repousser l’envahisseur romain, expulser les troupes de César hors d’Israël, instaurer le royaume, faire d’Israël la première nation du monde, de laquelle toutes les autres seraient les servantes. Telle est sa conception du règne messianique de Jésus-Christ. Madame Zébédée voyait Jésus instaurer son règne de suite et installer ses fils, l’un à sa gauche, l’autre à sa droite. Madame Zébédée n’a pas compris, tout comme les disciples d’ailleurs.

    L’autorité dans l’Eglise, aujourd’hui

    Aujourd’hui, à notre tour, nous prenons souvent “de travers” les paroles du Christ ! Jésus répond à cette dame, et à ceux qui commettent la même erreur : « Vous ne savez pas ce que vous demandez. » (Matthieu 20:22). Jésus explique qu’il n’est pas venu pour mettre en place son royaume immédiatement. Il est venu pour boire la coupe de colère, la coupe des souffrances, pour vivre l’agonie à la croix et verser son sang sur le bois du calvaire. « Le Fils de l’homme n’est pas venu pour être servi (comme un roi), mais pour servir et donner sa vie comme la rançon de plusieurs. » (Matthieu 20:28). Personne n’avait compris le ministère du messie de cette façon. Personne ! Ni les disciples, ni les docteurs de la loi, ni sa mère, ni la maman des fils de Zébédée. Le messie venait pour servir, souffrir, mourir, et pas encore, à l’époque, pour imposer son règne.

    Cette demande de la mère des fils de Zébédée est une grande leçon pour les chrétiens de tous les siècles. Jésus dit : « Vous savez que les chefs des nations les tyrannisent, et que les grands les asservissent. » (Matthieu 20:25).

    C’est la première partie de la leçon.

    Les choses n’ont pas changé depuis que Jésus a prononcé ces paroles. Notre génération a sous les yeux d’affolants exemples de tyrannie et d’asservissements. Le plus grand pays au monde, la Chine, un milliard d’habitants, vit encore sous un régime d’oppression et de persécution, caractérisé par l’absence de liberté philosophique et religieuse. D’autres pays peuvent aussi malheureusement être cités : le Tibet, l’Angola, le Zaïre, beaucoup de pays d’Amérique du Sud. L’ancienne U.R.S.S. vient à peine de sortir de 70 années de tyrannie et de cauchemar. Tel est le cas de la Roumanie, la Pologne, les Philippines, et bien d’autres régions qui sortent lentement et péniblement de tant d’années de dictature, d’horreur et de torture. Jésus avait raison en disant : « Vous savez que les chefs des nations les tyrannisent et que les grands les asservissent. »

    Il n’y a rien de nouveau sous le soleil ! Nous ne devons pas nous leurrer. Ces paroles du Christ s’appliquent aussi à nos démocraties. Nous sommes aussi gentiment asservis par nos dirigeants politiques, tant au niveau national que régional ou communal. Si chacun de nos élus remplissait honnêtement le mandat qui lui a été assigné, avec désintéressement et sérieux, en écartant les pots-de-vin, les combines politiciennes, le gaspillage, les magouilles en tous genres, le profit personnel et la cupidité, notre pays et nos communes deviendraient un petit paradis ! Le taux de chômage baisserait, la petite et la grande criminalité se réduiraient, les impôts seraient moindres, le patrimoine national mieux réparti, la pollution davantage jugulée, etc.

    D’autre part, Jésus ajoute, et c’est la seconde partie de la leçon : « Il n’en sera pas de même au milieu de vous. » (Matthieu 20:26). L’Eglise de Jésus-Christ doit vivre une autre dimension, une autre relation.

    Ainsi, l’Eglise n’est pas régie par des rapports dominants-dominés, mais par les principes de soumission et de service réciproque. Ceci signifie que Jésus refuse toute hiérarchie et primauté entre les apôtres. C’était l’objet de la demande de Madame Zébédée : mettre ses fils en première place. Il n’y a pas de première place à prendre, mais il y a un service à accepter. Selon la Bible (Matthieu 20:26), celui qui veut être le premier doit être le premier serviteur. Ainsi Jésus refuse de nommer un chef sur les apôtres, et aborde en quelque sorte la question de l’autorité.

    La véritable autorité est celle du service et de l’exemple.

    Cette autorité ne pourra jamais être que consentie et, en aucun cas, imposée par la force. Ces principes doivent régir la vie de l’Eglise. Ceci signifie que le pasteur n’a aucun pouvoir sur les membres, paroissiens ou chrétiens. Le pasteur n’a pas autorité sur l’Eglise et ne doit jamais obliger ou forcer qui que ce soit. Le pouvoir d’imposer et de contraindre n’a jamais été donné dans l’Eglise.

    Si à certaines conditions, au nom du Collège Pastoral, l’une ou l’autre personne a été concernée par des mesures disciplinaires, relatives à la Sainte Cène notamment, j’ai toujours demandé à ce frère ou cette sœur de bien vouloir s’abstenir de prendre le pain et le vin. Jamais je n’ai eu à dire : “Vous êtes interdit de”, ou “Nous vous interdisons de” mais bien plutôt : “Je vous demande de ...” Le plus étonnant, c’est que chaque fois, cette discipline a été consentie, et jamais imposée.

    Le mot “pasteur” rime davantage avec “serviteur” qu’avec “dictateur” ! (Un pasteur prévenu en vaut deux !) La seule autorité que Jésus reconnaît à son Eglise est celle du service et de l’exemple. Dans l’Eglise, je n’ai jamais été celui qui COMMANDE, mais celui qui DEMANDE ... et parfois qui SUPPLIE !

    Jésus dit : « Il n’en sera pas de même au milieu de vous. Mais quiconque veut être grand parmi vous, qu’il soit votre serviteur ; et quiconque veut être le premier parmi vous, qu’il soit votre esclave. » (Matthieu 20:26-27).

    Si un problème d’autorité éclate dans une Eglise, et que l’autorité n’est pas acceptée, c’est peut-être parce que l’exemple n’a pas été donné. L’autorité passe par le service, par l’esprit de sacrifice dans l’Eglise. C’est dans ce cadre d’autorité et de soumission que l’apôtre Pierre, qui avait bien compris la leçon, dira : « Anciens, pasteurs, paissez le troupeau de Dieu ... non comme dominant sur ceux qui vous sont échus en partage, mais en étant les modèles du troupeau. » (1 Pierre 5:3).

    L’autorité viendra par l’exemple, par l’esprit de service. Le Collège Pastoral de chaque Eglise doit s’efforcer d’exercer son autorité en accord avec l’enseignement du Christ, à savoir, dans le cadre d’une autorité librement consentie en contrepartie de l’exemple montré par le Collège Pastoral. C’est dans cet esprit de service qu’un Collège travaille, en attendant à ce qu’en contrepartie, l’Eglise comprenne et accepte cette “autorité”.

    Par extension, on pourrait appliquer ce principe énoncé par Jésus dans d’autres domaines et l’étendre au couple, au foyer, puisque le foyer est une petite Eglise. LÀ AUSSI L’AUTORITÉ DES PARENTS NE SERA VÉRITABLE AUTORITÉ QUE LORSQU’ELLE SERA VOLONTAIREMENT CONSENTIE EN CONTREPARTIE DE L’EXEMPLE DONNÉ. Lors de conflits ou de problèmes d’autorité, chaque parent devrait s’interroger et se demander s’il n’a pas manqué à son devoir d’être un bon exemple.

    Revenons à Jésus-Christ. Comment a-t-il pu asseoir son autorité sur des millions d’hommes, de femmes, de jeunes gens, de jeunes filles, de couleurs de peau différentes, depuis près de deux mille ans ? Par la force, par la peur, la menace, la contrainte ? Oh, que non ! Par l’exemple de service qu’il a donné. Jésus a autorité sur l’Eglise parce qu’il a été pour chacun de nous l’exemple suprême de service, d’abaissement et de renoncement. Ainsi Jésus s’impose comme le plus grand, car jamais personne n’a servi comme lui. Bouddha, Mahomet, Confucius, Gandhi, et bien d’autres fondateurs de religion n’ont jamais servi comme Jésus a consenti à le faire. Au contraire, eux ont souvent cherché à se servir, à être servis par les hommes, et à asservir leurs adeptes, fût-ce même par le moyen des armes et de la force. Ils ne sont en rien comparables au Christ !

    Que tout ceci soit un appel ou un rappel à l’esprit de service qui doit caractériser notre vie à chacun. Nous sommes là pour servir Jésus-Christ. C’est le but et le sens de notre vie. La vie n’est pas absurde, comme le font croire les philosophes modernes. La vie a bien un sens. Nous le trouvons dans le service rendu à Jésus-Christ et celui rendu à notre prochain.

    La Bible déclare : « Le Fils de l’homme est venu, non pour être servi, mais pour servir et donner sa vie comme la rançon de plusieurs. » (Matthieu 20:28).

    Quelqu’un veut-il être le plus grand, le premier ? Qu’il se mette au service du Christ et devienne serviteur des autres. « Que celui qui a des oreilles pour entendre entende. » (Matthieu 11:15). ■

    Post-scriptum

    Prédication de Philippe Hubinon, résumée par Jean-Pierre Baudouin - Bulletin “Résurrection” de juillet 1992.

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