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    Zoom Arrière

    logo ARTICLE 804Alfred Kuen (1921-) décembre 2013
    Auteur prolifique de livres d’étude chrétiens, il a été professeur à l’Institut biblique et missionnaire Emmaüs, ainsi que directeur des Editions Emmaüs. Avec d’autres, il est à l’origine de la traduction de la Bible dite "Bible du Semeur".
    logo ARTICLE 350Faire taire les critiques février 2011
    Nous pouvons résister aux moqueries si nous avons la conviction de faire la volonté de Dieu.

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    Vraie ou fausse tolérance

     | Jean 15.18-21 ; 14.6 - Actes 4.12
     

    Jésus dit : « Je suis le chemin, la vérité et la vie. Nul ne vient au Père que par moi. » Quelle autorité, quel poids dans ces paroles du Christ ! Mais aussi quelle implication !

    A la fin de sa vie, Bouddha disait : “Je cherche encore la vérité.” Gandhi a déclaré : “Je suis un chercheur de vérité.” Mais Jésus a dit : « Je suis la vérité, et celui qui est de la vérité écoute ma voix. » Quelle différence entre ces déclarations !

    Certains pourraient dire que les paroles du Seigneur sont prétentieuses. Si le Roi Baudouin déclarait à la presse qu’il est le Roi des Belges, serait-il prétentieux ? Non, parce qu’il dit la vérité, et personne ne penserait l’accuser d’être prétentieux.

    Sur l’affirmation de Jésus, d’autres pourraient encore discuter et dire : “Christ manque de tolérance.” Le mot tolérance est très à la mode aujourd’hui. Le terme est, de nos jours, un mot d’ordre, c’est le refrain, la prière, le commandement qui plaît.

    Beaucoup de gens disent : “Il faut être tolérant.” et ce, dans le sens : “tout le monde a raison, personne n’a tort.” Pour être au goût du jour, il ne faut plus dire à quelqu’un qu’il a tort, qu’il se trompe, ou même l’inviter à réfléchir sur une autre opinion que celle qu’il professe. Il ne faut surtout pas essayer de convaincre qui que ce soit. On s’est du reste servi de ce mot pour accuser les religions d’intolérance et, par là-même, d’avoir généré des guerres. On entend ainsi aujourd’hui des phrases stéréotypées du genre : “Regardez en Yougoslavie les orthodoxes et les musulmans.”, “Voyez au Liban les chrétiens et les musulmans.” Mais ces guerres soi-disant religieuses sont, en fait, des luttes politiques. En réalité dans ces drames, s’affrontent des partis politiques sur lesquels on a collé une étiquette religieuse.

    Un chrétien ne va pas placer de la dynamite sous une voiture pour la faire exploser et tuer des innocents, des vieillards, des femmes, des enfants qui passent à cet endroit par hasard. Ces scènes horribles en Ulster, à Beyrouth, en Croatie n’ont strictement aucun lien avec Jésus-Christ et la religion. L’utilisation malhonnête du label « chrétien » est très répandue aujourd’hui. Et nous savons que, dans notre pays comme dans d’autres, les partis dits « chrétiens » n’ont plus rien de chrétien !

    Il est évident que l’appel « à la guerre sainte » du dictateur iraquien lancé voici plus d’un an n’avait rien de religieux. C’est une grande « farce » qui n’a trompé personne ! Les croisades du Moyen Âge ne visaient certainement pas, en premier lieu, la libération des Lieux Saints mais, en réalité, cherchaient à satisfaire des intérêts nationaux pour enrichir des États et des hommes avides de gloire et de puissance. Ainsi, on peut dire que l’étiquette « religion » sert souvent de « couvercle » de casserole, dans laquelle bouillonne un mélange empoisonné de politique, d’argent, d’orgueil personnel, d’intérêts égoïstes et de désirs de puissance. Mais si l’on veut être honnête, on sait que derrière cette apparence, il ne s’agit plus de questions religieuses, et que cela n’a plus rien à voir avec la religion.

    Nous sommes avant tout chrétiens, rattachés à la famille protestante. Nous devons rappeler que le protestantisme s’est toujours montré très tolérant et qu’il n’a jamais été du côté des persécuteurs mais bien plus souvent du côté des persécutés. L’histoire du protestantisme est marquée et jalonnée par des récits de martyrs. La tolérance a toujours été l’une des valeurs défendues par les protestants.

    Mais souvent cette question de tolérance a été mal comprise. Etre tolérant, ce n’est pas dire que tout le monde a raison ou que personne n’a tort. Paul Henri Spaak disait : “La tolérance ne fait renoncer à aucune idée et ne fait pas pactiser avec le mal. Elle implique simplement qu’on accepte que l’autre ne pense pas comme vous, sans le haïr pour cela.” Ainsi, je peux être très ferme sur mes convictions et en même temps très tolérant.

    On retrouve la même attitude dans l’enseignement de Jésus-Christ. Jésus-Christ pouvait déclarer : « Je suis le chemin, la vérité et la vie. Nul ne vient au Père que par moi. », et en même temps se laisser flageller, frapper, crucifier.

    Ou encore Pierre pouvait dire : « Il n’y a de salut en aucun autre ; car il n’y a sous le ciel aucun autre nom qui ait été donné parmi les hommes, par lequel nous devions être sauvés. » (Actes 4.12), et en même temps accepter de mourir martyr.

    De même Paul pouvait dire : « Car il y a un seul Dieu, et aussi un seul médiateur entre Dieu et les hommes, Jésus-Christ homme. » (1 Timothée 2.5), et en même temps, lui aussi, accepter de mourir martyr. Ferme sur les convictions, sans concession aucune, mais simultanément rempli de tolérance, acceptant l’avis contraire, différent, opposé sans pourtant haïr.

    Il est bien vrai que Jésus s’est proclamé unique, sans possibilité de partager son monopole avec quiconque.

    AINSI LA FOI EN CHRIST SE PRÉSENTE COMME LE SEUL CHEMIN POUR PARVENIR À DIEU. AUCUNE CONCESSION NE PEUT ETRE FAITE DANS CE DOMAINE SANS QUE L’ACCUSATION DE HAUTE TRAHISON NE SOIT PORTÉE SUR QUICONQUE TIENDRAIT UN TEL DISCOURS.

    De prime abord une telle affirmation de Jésus-Christ semble dure, intransigeante, intolérante. Mais après réflexion, n’en est-il pas ainsi de toute vérité ?

    Tous, nous savons que 1 + 1 = 2. Parfois nous aimerions que cela fasse un peu plus ... surtout à la fin du mois ! C’est dur, “sec”, parfois douloureux, redoutable, mais c’est la réalité.

    Imaginons qu’à votre baptême de l’air, le pilote vous affirme que l’avion vole à 600 mètres et que l’altimètre, par contre, indique 500 mètres, vous ne pouvez que devenir inquiet. Et cette crainte ne disparait certainement pas si le responsable aux commandes vous répond : “Bah ! il faut être tolérant, ce n’est quand même pas à 100 mètres près !”

    Il en est de même de la vérité. La vérité est exclusive. En dehors de l’égalité 1 + 1 = 2, tout le reste est faux. Il n’y a qu’une bonne réponse et pas deux, ni trois, ni trente-six !

    Quotidiennement, nous sommes confrontés à cette réalité de la vérité. Il n’est plus question de tolérance à ce sujet. C’est vrai ou c’est faux. Il s’ensuit que les affirmations du Christ rendent inconciliable l’Evangile avec toute autre religion. L’Evangile ne permet aucun syncrétisme, aucun mélange, et cela à la différence de toutes les autres religions. L’hindouisme accepte, par exemple, très volontiers, d’ajouter le nom de Jésus-Christ au panthéon de ses divinités, un dieu de plus ou un de moins !

    Il n’est pas possible de mettre Jésus-Christ « à toutes les sauces » et de l’intégrer dans tout autre système religieux. L’Evangile est exclusif. Jésus-Christ dit : « Je suis le chemin, la vérité et la vie. Nul ne vient au Père que par moi. » (Jean 14.6).

    Nous pourrions citer le bouddhisme ou l’islam qui ont aussi intégré Jésus comme prophète dans leur système. Chacun de nous est placé devant un choix. Il faut bien comprendre que s’il y a une vérité, elle ne peut se mélanger avec le mensonge. Le choix est à faire !

    Ou l’hindouisme a raison en affirmant qu’il existe des millions de dieux et de divinités, ou bien l’Evangile a raison en affirmant qu’il y a un seul Dieu en trois personnes.

    Ou l’islam a raison en disant qu’il faut (selon le Coran) tuer l’infidèle qui refuse le message de Mahomet, ou l’Evangile a raison lorsque Jésus nous dit : « Aimez vos ennemis, bénissez ceux qui vous maudissent, faites du bien à ceux qui vous haïssent, et priez pour ceux qui vous maltraitent et qui vous persécutent. » (Matthieu 5.44).

    Ou le bouddhisme a raison en enseignant qu’il y a plusieurs réincarnations pour les uns et les autres selon que l’on aura été bon ou mauvais, ou bien il y a une seule résurrection de tous les hommes qui sera suivie du jugement.

    Ou l’hindouisme a raison en affirmant que les vaches sont sacrées ou l’Evangile a raison en disant qu’une seule chose est sacrée, la vie humaine parce que l’homme a été créé à l’image de Dieu.

    Ou le judaïsme a raison en enseignant que Dieu nous pardonnera si nous avons pu nous racheter en faisant suffisamment de bien, selon le principe de “la balance” (plus de bien que de mal), ou l’Evangile a raison lorsque Jésus-Christ nous enseigne (Romains 11.6) que nous sommes uniquement sauvés par grâce, par la miséricorde de Dieu parce qu’il a payé à notre place, sur la croix du Calvaire.

    Il y a un choix à faire, le choix de la vérité. C’est le choix de la foi. Mon choix et mes fermes convictions ne m’empêchent toutefois pas d’être tolérant. A ce sujet, les choses ont été souvent mal comprises. Une fois que quelqu’un est convaincu, ferme et intransigeant sur ses positions, il est catalogué comme intolérant. Cette appréciation est fausse. Les chrétiens acceptent que d’autres aient un avis différent, sans pour autant leur dire qu’ils ont raison.

    La Parole de Dieu nous invite, au lieu de repousser ou haïr celui qui pense différemment, à nous approcher de lui, à lui parler, à lui rendre témoignage et à nous efforcer de le convaincre, avec respect et douceur. L’apôtre Paul disait : « Je m’efforce de convaincre. » (Colossiens 1.28-29) Nous devons respecter notre interlocuteur jusqu’au bout même si jusqu’à notre dernier jour il refuse l’évangile.

    Au sujet de la tolérance, Jésus nous a mis en garde en tant que disciples de Christ, et enfants de Dieu. Jésus nous a dit : « Un jour viendra sur l’Eglise, un temps d’intolérance, où nous serons haïs à cause de Christ, où l’on nous fera toutes ces choses à cause de Christ. » (Matthieu 10.22). La Bible dit : « Il viendra même un temps où ils vous tueront croyant rendre un culte à Dieu. » (Jean 16.2).

    Avant de remonter au ciel, le Seigneur, en parlant à ses disciples et en s’adressant à nous aussi, a laissé cet ordre : « Allez par le monde entier. » Nous devons aller dans les villes, les villages, les maisons, dire la croix, dire la résurrection, dire l’amour de Dieu, mais en même temps ayant l’esprit de tolérance, l’acceptation de l’autre, ce qui doit pour chacun de nous, pour chaque enfant de Dieu, caractériser notre démarche vers l’autre.

    Si vous n’êtes pas encore à Celui qui a dit : « Je suis le chemin, la vérité et la vie. Nul ne vient au Père que par moi. », il y a un choix à faire. Certains vont au culte, ont toutes les apparences du chrétien, mais n’ont en réalité, dans leur cœur, jamais choisi. Pourquoi ne pas choisir maintenant, et venir à Jésus-Christ pour recevoir de lui le pardon par la foi ?

    Pour nous, enfants de Dieu, restons fermes sur nos convictions, sur ce que nous avons reçu. L’apôtre Paul disait au jeune Timothée : « Garde le dépôt. » (1 Timothée 6.20), c’est-à-dire n’y touche pas, ne le découpe pas en morceaux. Transmettons cette bonne nouvelle, chacun là où nous sommes, avec fidélité, avec conviction et assurance tout en respectant notre interlocuteur, quel qu’il soit. ■

    Post-scriptum

    Prédication de Philippe Hubinon, résumée par Jean-Pierre Baudouin - Bulletin “Résurrection” de septembre 1992.

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