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    logo ARTICLE 283Où trouver la paix ? décembre 2006
    Je vous ai dit ces choses afin que vous ayez la paix en moi. (Jean 16.33) + poème de Racine
    logo ARTICLE 253Alphonse Karr (1808-1890) août 2005
    Romancier et journaliste français.

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    Une censure nécessaire

     | 2 Timothée 3.16 à 4.5
     

    L’apôtre Paul rappelle le fondement de notre foi et de l’Eglise : l’Ecriture Sainte. Toute l’Ecriture est inspirée par l’Esprit de Dieu. A partir de cette affirmation, l’apôtre va enseigner, exhorter, encourager son jeune collègue Timothée à prêcher la Parole. Dieu accorde non seulement beaucoup d’importance à sa Parole mais aussi à la prédication, à la proclamation orale du message biblique. C’est le média que Dieu a choisi pour transmettre le message de la vie. L’apôtre Paul écrit en effet que Dieu a choisi de sauver les hommes par la folie de la prédication de la croix (1 Corinthiens 1.21). Et dans sa lettre à l’église de Rome, ce même apôtre écrira : « La foi vient de ce qu’on entend, et ce qu’on entend vient de la Parole de Dieu. » (Romains 10.17). En d’autres termes, « ce qu’on entend vient de la prédication du Christ ». On peut favoriser cette seconde traduction, tout aussi valable, parce que dans le contexte de cette affirmation, l’apôtre pose bien la question : « Mais comment se convertiront-ils s’il n’y a personne qui prêche, s’ils n’entendent pas ? » (Romains 10.14). Paul souligne ainsi l’importance du message transmis oralement.

    La Parole de Dieu énonce ensuite quatre verbes sur lesquels nous allons nous arrêter : « insiste, censure, reprends, exhorte ». Deux qualificatifs caractérisent la tâche : « avec douceur (patience) et en instruisant » (2 Timothée 4.2).

    Les deux verbes « reprendre » et « censurer » sont des mots honnis au 20e siècle. Ces termes sont maudits et voués à l’exécration par notre société. Elle a ces deux verbes en horreur. Aujourd’hui, on ne veut plus de contrainte ni de censure. On n’a plus le droit de reprendre, ni de censurer. Certains trouvent même inadmissible que des parents reprennent leurs propres enfants quand ils font ce qui n’est pas correct. Sous prétexte du sacro-saint droit à la liberté d’expression, il faut tout laisser passer et tout laisser faire. Tout devient ainsi permis, que ce soit en littérature, au cinéma, dans la publicité, ou tout autre domaine. Et pourtant, il y a en Belgique et dans bien d’autres pays démocratiques des comités de censure dont les membres rémunérés sont chargés d’exercer la censure sur ce qui va être transmis au public. Le corps de la femme est souvent utilisé de façon irrespectueuse à des fins publicitaires. Bien des films contiennent des scènes inadmissibles et des images trop osées que ces comités auraient dû censurer. C’est comme si le droit à la censure n’existait plus. Sous le prétexte de la liberté d’expression, tout le monde a le droit de s’exprimer comme il veut. Ces comités de censure inefficaces permettent ainsi de donner une fausse image de la femme. Les enfants, les adolescents, les jeunes et les adultes qui regardent de telles choses sont ainsi imprégnés d’une fausse conception de la vie. Dès leur jeunesse les enfants démarrent dans la vie avec un esprit tordu. Sans s’en rendre compte, leur vie va être marquée par cette perception erronée distillée astucieusement par ces images trompeuses.

    Le devoir de censurer est pratiquement inexistant. Pourtant, au milieu de cette société, la Parole de Dieu ne change pas. Et ce qui était vrai il y a deux mille ans au temps de l’apôtre Paul, est encore valable et vrai aujourd’hui. Sous la plume de l’apôtre Paul, le Saint-Esprit ordonne l’exercice de la censure. L’Eglise demeure un lieu où tout n’est pas permis. C’est un lieu où il y a des limites, des interdits et une censure. Il faut reconnaître que la mise en pratique de cet ordre biblique n’est pas facile. C’est un des exercices les plus difficiles dans une église, pour les responsables de la communauté. C’est un devoir peu aisé de savoir dire « non » à partir d’une certaine limite. C’est pourtant ce qui fait la grandeur d’un homme, d’une femme, d’une famille, d’une Église ou d’une nation : oser dire non. Chaque chrétien est appelé pour lui-même à exercer une autocensure. Ici l’apôtre s’adresse à un des responsables de l’église, à Timothée. Paul encourage son jeune collègue à exercer la censure, à reprendre et corriger. Nous ne devons pas avoir peur de dire non, de censurer. Les autorités de l’Église ne doivent pas éviter de dire non par crainte de choquer, par peur de perdre un membre ou même une famille. Il faut, à partir d’une certaine limite, savoir dire non, sinon c’est le chaos, la pagaille et le désordre. Et chaque responsable connaît la peur d’oser dire non, la crainte de censurer. Mais l’apôtre dit : « Reprends, censure, exhorte ». Il est étonnant de constater que quand on a peur de dire non ou de censurer par crainte de perdre un membre ou un jeune dans l’église, c’est alors qu’on le perd.

    On peut transposer cela au niveau de la famille. La Bible fait du reste des parallèles entre la famille et l’Église. Les parents qui ont peur de dire non à leurs enfants, vont un jour perdre l’estime de leurs enfants. Et quand de tels enfants grandissent, ils n’ont finalement que du mépris pour leurs parents qui ont laissé tout faire sans jamais oser censurer. De tels parents sont étonnés en pensant que leurs enfants ont toujours eu tout ce qu’ils voulaient, et qu’en retour c’est le mépris et l’ingratitude. A vrai dire, nous sentons qu’au fond de nous-mêmes, nous avons besoin de limites, de barrières, de frontières, d’interdits, de censure. Et cela est vrai dès le jardin d’Eden. Dans ce jardin, tout était permis, sauf une seule chose. Dieu avait dit à Adam : « Tu pourras manger de tous les arbres du jardin ; mais tu ne mangeras pas de l’arbre de la connaissance du bien et du mal. » (Genèse 2.16). Quand nos premiers parents ont passé outre de cette censure, cela a été le chaos dont notre monde entier souffre terriblement aujourd’hui. Quand Satan a fait croire à Adam et Eve qu’ils pouvaient oublier la censure et vivre sans interdit, cela a été le début de tous nos malheurs. Dieu nous a créés ainsi, avec des frontières et des interdits à respecter.

    L’Église et la vie chrétienne sont des domaines où la censure s’exerce. Chaque chrétien pour lui-même doit respecter certaines limites, et se dire : « non, ça je ne regarde pas », « non, là je ne vais pas », « non, je ne lis pas cette revue », « non, ça je n’achète pas », « ces mots, je ne dis pas ». Sur le plan familial, il faut savoir dire : « non, cela on ne fait pas à la maison ». Au niveau de l’église locale, les responsables ont le devoir d’exercer une certaine discipline qui évite de faire, de dire, d’organiser, de vendre, de chanter, de pratiquer certaines choses dans la communauté. Il y a des limites. Paul dit à son jeune collègue Timothée : « Je t’en conjure devant Dieu et devant le Seigneur Jésus-Christ, reprends, censure, exhorte, avec douceur et en instruisant. » Ce principe doit être appliqué par tout responsable d’activité à l’intérieur de l’église. Il est aussi valable pour la famille. Il est évident que ceci ne signifie pas qu’il faille dire non à tout. Ce serait un autre travers, encore plus dangereux qui conduirait à faire dire à l’Evangile non à tout. Ce ne serait pas le vrai Evangile. En reconsidérant le texte de la Genèse relatif au jardin d’Eden, on constate qu’il n’y avait qu’un interdit. Tous les arbres étaient accessibles mais il était interdit de manger le fruit d’un et un seul d’entre eux. Dans la Bible, le « oui » est toujours beaucoup plus large que le « non ». En Eden, il y avait beaucoup de permissions et un seul interdit. Adam et Eve se sont fixés sur le seul « non ». Le Dieu de la Bible n’est pas un Dieu qui censure tout. Il faut souligner cette réalité de l’Evangile. Hélas notre attention se focalise sur le « non ». On se plaint alors que Dieu dise « non », et on est incapable d’apprécier tous les « oui » divins qui nous sont accordés pour notre bien et notre bonheur.

    Conduit par l’Esprit, l’apôtre Paul ajoute deux précisions. Il faut reprendre, censurer et exhorter, mais avec toute douceur et en instruisant (en enseignant). L’éducation doit se faire avec douceur et patience. C’est vrai à l’école, dans la famille, dans l’église. Moïse, qui a conduit le peuple d’Israël, était l’homme le plus patient et le plus doux au monde (Nombres 12.3). Il fallait de la patience pour conduire Israël. Il faut aussi de la patience pour conduire une famille, une église, ou une activité dans l’église. Si la censure doit toujours être accompagnée de patience, il faut aussi reprendre, exhorter et censurer en instruisant, en enseignant selon un procédé didactique. Il faut donc expliquer et faire comprendre, pour que la censure soit comprise, accueillie et bien reçue. Celui qui est repris, censuré et exhorté a besoin de comprendre pourquoi. Et la pire des réponses est de dire : « parce que c’est comme ça ! » ou « parce que j’ai décidé ainsi ». Cela vaut la peine d’expliquer. L’apôtre dit bien à Timothée : « reprends, censure, exhorte, mais en instruisant et en expliquant ». De même dans l’Église, le Saint-Esprit enseigne à tous les responsables des diverses activités qu’ils doivent reprendre et censurer, avec douceur et en expliquant. Les choses alors se comprennent beaucoup mieux.

    Jésus a fait la même chose avec ses disciples. Le Seigneur n’a pas seulement prodigué des grandes théories. Mais il a expliqué, enseigné, donné beaucoup d’exemples pour imager de profondes vérités ainsi rendues compréhensibles. Quand le Christ parle des inquiétudes, du sabbat, de la femme prise en flagrant délit d’adultère, du manque de foi de Pierre qui s’enfonce dans les eaux, du lavage des mains des pharisiens qui n’avaient pas compris l’hygiène ni la pureté du cœur, le Seigneur prend la peine d’enseigner et d’expliquer avec patience. Cela ne signifie pas que tout s’arrange dans les familles, ou dans l’Eglise même si l’on prend la peine d’expliquer avec patience. Des problèmes demeurent, mais on peut éviter beaucoup de dégâts en mettant ces choses en pratique, en instruisant avec patience, en enseignant avec douceur. Très souvent, quand le « non » est expliqué, il est beaucoup mieux accepté. Celui qui est censuré a aussi une intelligence. Il est capable de comprendre pourquoi il a été repris. En enseignant et en instruisant, l’enfant peut comprendre, après son premier moment de colère, pourquoi son papa a dit « non ». Le membre d’église peut comprendre pourquoi le collège pastoral a pris telle ou telle décision à première vue difficile à accepter. Il est ainsi possible de comprendre que ce n’est pas une décision arbitraire, capricieuse, irréfléchie ou charnelle, ou même de nature dictatoriale. En expliquant, il est possible de faire accepter une décision difficile en expliquant cette position comme étant fondée sur la Parole.

    Paul applique à lui-même ce qu’il vient de prêcher. Il explique et il enseigne pourquoi il faut reprendre, censurer, exhorter avec patience et en instruisant : « parce qu’il viendra un temps où les hommes ne supporteront plus la saine doctrine ; mais, ayant la démangeaison d’entendre des choses agréables, ils se donneront une foule de docteurs selon leurs propres désirs, détourneront l’oreille de la vérité, et se tourneront vers les fables. » (2 Timothée 4.3). Aujourd’hui cette parole est accomplie. Les hommes ne supportent plus la saine doctrine. Ils ne supportent plus la vérité. Ils préfèrent des fables qui ne tiennent pas debout. Ils préfèrent le mensonge des faux prophètes et des faux docteurs. Les hommes préfèrent détourner l’oreille de la vérité et écouter les flatteurs et les menteurs. Il y a toujours un choix à faire. Le grand choix que nous, chrétiens, avons fait, de nous confier en Jésus-Christ, implique aussi d’autres choix dans la vie de tous les jours. Comme Moïse disait au peuple d’Israël, le choix est entre la vie et la mort, entre la bénédiction et la malédiction. Et Dieu nous donne toujours la même exhortation : choisis la vie afin que tu vives. Dieu nous exhorte à choisir le chemin de la vérité, le chemin de la Parole, parce que c’est la voie de la bénédiction. ■

    Post-scriptum

    Prédication donnée le 26-9-1999 par Philippe Hubinon, et résumée par Jean-Pierre Baudouin - Bulletin “Résurrection” de janvier 2001.

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