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    Zoom Arrière

    logo ARTICLE 804Alfred Kuen (1921-) décembre 2013
    Auteur prolifique de livres d’étude chrétiens, il a été professeur à l’Institut biblique et missionnaire Emmaüs, ainsi que directeur des Editions Emmaüs. Avec d’autres, il est à l’origine de la traduction de la Bible dite "Bible du Semeur".
    logo ARTICLE 350Faire taire les critiques février 2011
    Nous pouvons résister aux moqueries si nous avons la conviction de faire la volonté de Dieu.

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    Quel christianisme pour le 21e siècle ?

     | Exode 32 : 1-8 - 1 Thessaloniciens 2 : 3-7 ; 4 :1
     

    Deux mille années d’action chrétienne

    L’an 2000 est arrivé et cela n’a rien changé de fondamental dans notre vie. Comme nos anniversaires ne modifient pas les données de notre existence, ce passage tant médiatisé n’a rien bouleversé dans notre vie quotidienne. Ce jalon nous rappelle que le temps ne s’arrête pas et qu’il est parfois utile de faire certains bilans ou de se poser quelques questions.

    Ainsi donc après 2000 ans de chrétienté, on pourrait s’interroger et réfléchir sur ce propos touchant l’histoire de l’Eglise : “Mais quelle Eglise pour l’an 2000 ?”. Ou encore : “Quel christianisme pour le 21e siècle ?” En fait on pourrait de suite apporter cette petite correction. Nous n’avons pas derrière nous 2000 ans de christianisme, mais plutôt 2000 ans d’efforts de christianisation. Ce n’est pas la même chose. En fait c’est 2000 ans de refus du christianisme, de rejet de l’amour de Dieu. En réalité, c’est 2000 ans de haine à l’égard du Christ et de l’Evangile. Des millions d’hommes, de femmes et d’enfants ont entendu l’évangile et reçu une bible. Mais une faible minorité a accepté la grâce de Dieu. Ce n’est donc pas une période de 20 siècles de christianisme qui s’est imposée sur l’Histoire, mais bien des efforts de christianisation qui ont été soutenus pendant 2000 ans. Si le monde a peu changé en 2000 ans de christianisme c’est parce que le monde a rejeté le Christ et son message, et non pas parce que le christianisme est sans force. Jésus a dit : « La lumière est venue dans le monde, mais les hommes ont préféré les ténèbres à la lumière, parce que leurs œuvres étaient mauvaises. » (Jean 3.19). L’apôtre Jean écrira : « Jésus-Christ est venu chez les siens, et les siens ne l’ont pas reçu. » (Jean 1.11). Nous nous souvenons de ces paroles criées par la foule devant Pilate qui avait la responsabilité de condamner le Christ : « Nous ne voulons pas que cet homme règne sur nous. » (Jean 19.14). Durant ces 2000 ans d’histoire, c’est le même cri qui résonne au milieu de chaque génération : “Nous ne voulons pas que Christ règne sur nous !” Ainsi donc on ne doit pas parler de 2000 ans de christianisme, mais plutôt de 20 siècles d’efforts de christianisation.

    Malgré l’adversité, l’indifférence et l’opposition, beaucoup de choses ont été faites dans le monde au nom de Jésus-Christ. Ce sont des chrétiens engagés qui ont travaillé à l’abolition de l’esclavage et lutté contre le racisme. Le nom du pasteur Martin Luther King sera pour toujours associé à ce combat pour le droit et l’intégration des Noirs. Ce sont des chrétiens qui sont à l’origine des luttes sociales pour le droit des travailleurs et des ouvriers exploités. Ce sont des chrétiens qui ont lutté contre l’exploitation des prostituées. Ce sont des chrétiens qui ont travaillé à l’amélioration des conditions pénitentiaires. Ce sont des chrétiens qui ont collaboré au développement de la santé publique. Il n’y a pas que des chrétiens certes à la base d’initiatives remarquables, mais un grand nombre de chrétiens, de par le monde, ont participé à la création des œuvres telles l’Armée du Salut, la Croix Bleue, la Croix Rouge. Aujourd’hui, des millions d’hommes, de femmes et d’enfants sont au bénéfice de tout ce qui a été fait au nom du Christ. Les premiers « Médecins sans frontières » étaient des chrétiens. Les pionniers constructeurs d’hôpitaux soucieux de porter la guérison à travers le monde entier, étaient des chrétiens. Ces gens sont partis sans aucun support médiatique, avec leurs simples valises, au nom du Christ. Certains d’entre eux ne sont jamais revenus. Ils étaient partis, non seulement pour apporter la Bonne Parole, mais aussi pour prodiguer les soins à ceux qui étaient dans le besoin. Ils ont entrepris ces tâches sans aucun financement de la part des gouvernements. Ils ne connaissaient pas cette hypocrisie de beaucoup de gouvernements qui d’un côté, apportent une aide humanitaire hautement médiatisée, et qui d’un autre côté dans les coulisses du pouvoir, sous la pression des contraintes économiques, fabriquent et vendent des armes utilisées pour mutiler et appauvrir ces mêmes personnes que l’on feint d’aider devant les caméras. Les missionnaires chrétiens qui sont partis au péril de leur vie ne jouaient pas ce double jeu. Ils apportaient seulement de l’aide au nom de Jésus-Christ.

    Ce n’est pas inutile de rappeler que d’autres religions dans le monde comme l’hindouisme, très prisé par tant de célébrités aujourd’hui, prônent la grande tolérance et le pacifisme, mais ne font strictement rien sur le plan social pour améliorer les conditions de vie des populations. La religion hindoue n’organise rien pour le pauvre, parce qu’elle l’interdit. Selon cette religion il faut respecter le karma, le destin. Ainsi, celui qui est pauvre, doit rester pauvre, et il ne faut rien faire pour l’aider. Celui qui est malade, c’est qu’il doit être malade ; il ne faut donc rien faire pour l’aider. L’enfant qui a faim, c’est qu’il doit avoir faim ; il faut donc le laisser avoir faim. Ces raisonnements absurdes sont aussi rencontrés dans l’islam qui enseigne le principe de fatalité : « Dieu l’a voulu comme cela ». Ainsi donc, celui qui est dans la saleté, reste dans la saleté. De même le pauvre doit rester dans la pauvreté. L’ignorant doit se cantonner hors des cercles éducatifs. Ce ne sont pas des musulmans qui ouvrent des hôpitaux ou des orphelinats. Ils achètent des armes et inaugurent des mosquées en Occident.

    Il est donc vraiment faux de dire que toutes les religions se valent. Dire cela c’est oublier ce que le christianisme a apporté au monde. Des millions d’hommes, de femmes, d’enfants et de vieillards sont soignés, logés, nourris par des chrétiens qui collaborent à des œuvres au nom de Jésus-Christ. Des millions ont ainsi été guéris de la lèpre et de la tuberculose, grâce au fait que des chrétiens se sont levés et sont partis au nom de Christ. Ils ne l’ont pas fait pour apporter seulement l’Evangile, mais aussi de l’aide à ceux qui en avaient besoin. Une missionnaire qui a travaillé plus de 30 ans en Angola et en Guinée affirme que les meilleurs hôpitaux dans ces pays sont des établissements chrétiens. Cette constatation est reconnue de façon incontestable. Les malades viennent se faire soigner dans ces hôpitaux chrétiens, et non pas dans les centres gouvernementaux. La qualité et la compétence des soins dispensés par ces organisations chrétiennes sont au bénéfice des populations malheureuses et délaissées.

    Exemple biblique : Israël au désert

    Ces 2000 ans d’histoire auraient pu encore être bien plus beaux et beaucoup moins tristes si le monde avait prêté attention à la voix de Jésus-Christ. Mais le passage à l’an 2000 ne consiste pas seulement à regarder brièvement en arrière. On se doit de jeter les regards en avant, et de poser la question : “Mais quelle église pour l’an 2000 ?”. “Quel christianisme pour le 21e siècle ?”. Ou encore en d’autres termes : “Quelle église : une église qui va plaire aux hommes ou une église qui va plaire à Dieu ?”. Ce mot “église” devant être compris dans les deux sens : d’abord selon la signification Eglise Universelle de Jésus-Christ dans le monde et aussi selon la définition de l’église locale.

    Pour répondre à ces questions, il faut évoquer cet épisode du veau d’or (Exode 32) qui constitue l’un des passages les plus tristes de l’Ancien Testament. Après la délivrance apportée par Dieu à Israël, les miracles particuliers et les grâces extraordinaires du Seigneur, il est désolant de constater qu’en quelques instants, le peuple bascule dans l’idolâtrie. Cet épisode malheureux permet de comparer deux types d’église, deux types de christianisme à partir de deux types de personnalité, deux hommes, deux frères : Moïse et Aaron. Israël vient à peine de sortir d’Egypte. Les Hébreux sont poursuivis par Pharaon, traversent à sec la Mer Rouge dont les eaux se referment ensuite pour engloutir les armées égyptiennes. Israël avance après dans le désert, arrive à la montagne de Sinaï. Dieu donne au peuple les Dix commandements, les lois sur le respect de la vie, sur le droit à la propriété, sur les mœurs, sur le mariage, sur le tabernacle, sur les prêtres, etc. Mais Moïse reste longtemps sur la montagne de Horeb : quarante jours. Le peuple s’impatiente au bout de ces six semaines. Il perd patience et se tourne vers Aaron, le frère de Moïse. Israël demande à Aaron de lui faire un dieu qui marche devant le peuple parce qu’ils ne savent ce que Moïse est devenu. Aujourd’hui quand nous prononçons le mot Moïse, ou d’autres noms de personnages de l’Ancien Testament, nous les prononçons avec respect et admiration. Mais du temps de Moïse, ce n’est pas le cas. De son vivant, Moïse est contesté, méprisé. Il est presque lapidé par le peuple. Pourquoi cette contestation et ce mépris ? Moïse n’est pourtant ni dur, ni cruel, ni cupide, ni orgueilleux, ni injuste. Il veut conduire le peuple dans la voie de Dieu sans compromis. C’est le grief que le peuple lui adresse. Pendant l’absence de son frère, Aaron va répondre immédiatement au vœu du peuple. Le souhait d’Israël est alors de pratiquer une religion plus facile, moins exigeante, similaire à celle des peuples voisins. Israël veut une religion qui lui convienne mieux, avec des idoles. De suite Aaron organise la récolte des bijoux en or pour les mettre dans le four et en faire un veau qui sera dressé au milieu d’une fête religieuse. Israël veut ainsi faire à sa manière une fête en l’honneur de l’Eternel. Cela signifie que le peuple ne veut pas renier Dieu ou devenir athée. Il souhaite rendre un culte à Dieu, mais à sa manière. Et en quelques instants, Aaron va conduire Israël dans une catastrophe qui coûtera la vie à des milliers d’hommes parmi le peuple.

    Analysons quelques instants ces événements. Pourquoi ce drame ? Premièrement, parce que Aaron cède à la pression du peuple. Le texte nous précise que le peuple se met autour d’Aaron (Exode 32.1). Le frère de Moïse est encerclé, comme pris dans un étau qui se resserre de plus en plus fort pendant quarante jours. Il est harcelé par le peuple qui veut un dieu, en l’absence de Moïse rigoureux et inflexible. Il cède à la pression du peuple, contrairement à Moïse décidé à mener Israël sur la voie de l’Eternel. Deuxièmement parce que Aaron accepte le compromis et « arrange » Dieu. Ce n’est pas de l’idolâtrie grossière ou vulgaire semblable à celle de Babylone ou d’Assyrie. Ce n’est pas le paganisme de l’Egypte. C’est de l’idolâtrie raffinée, de style : ce veau d’or est destiné à Dieu ! Mais la vocation d’Israël est d’être un peuple mis à part pour Dieu, différent des autres peuples. Hélas ici Israël perd son identité. Au lieu de se démarquer des autres peuples, il veut être comme eux et leur ressembler. C’est le compromis. Et au lieu de freiner le mouvement, Aaron le favorise et l’accélère. Troisièmement Aaron choisit de plaire aux hommes plutôt qu’à Dieu. Il reçoit l’approbation, la gloire du peuple. Quatrièmement Aaron plonge dans la désobéissance. Il descend les marches de la transgression de la loi de Dieu. Il bafoue le second commandement : « Tu ne te feras pas d’image taillée, ni de représentation quelconque ... Tu ne te prosterneras point devant elles. » (Exode 20.3). Et Aaron tombe dans le panneau et transgresse la loi de Dieu. Le péché est ainsi consommé, et de plus en communauté. Tout le peuple plonge dans l’idolâtrie. Pour le peuple, Aaron est préféré à Moïse. Avec Aaron, on peut s’arranger, c’est plus drôle, il est compréhensif et moins sévère que Moïse. Ce dernier apparaît au peuple comme intransigeant, difficile, rigoureux. Mais pour Dieu c’est un autre avis. Comment Aaron est-il apprécié par l’Eternel ? Dieu a décidé qu’Aaron ne serait jamais celui qui conduirait le peuple d’Israël. Pour l’Eternel, Moïse est l’homme qui sera placé devant Israël pour le conduire selon la pensée de Dieu. Dans toutes les églises du monde, chaque responsable d’activité, tous ceux et toutes celles qui ont un ministère, doivent se poser la question : “Comment vais-je servir Dieu ? Comme Aaron ou comme Moïse ?” Ce sont des types d’homme. Le choix que proposait Moïse au peuple d’Israël au nom du Seigneur : « J’ai mis devant toi la vie et la mort, la bénédiction et la malédiction. Choisis la vie, afin que tu vives, toi et ta postérité, pour aimer l’Eternel, ton Dieu, pour obéir à sa voix, et pour t’attacher à lui : car de cela dépendent ta vie et la prolongation de tes jours, et c’est ainsi que tu pourras demeurer dans le pays que l’Eternel a juré de donner à tes pères, Abraham, Isaac et Jacob. » (Deutéronome 30.19), ce choix proposé est identique à celui devant lequel Aaron se trouve. En effet du choix d’Aaron et de sa conduite qui va se répercuter sur le peuple, va découler la mort. Et aujourd’hui, quand on voit des églises prendre ce chemin, on peut prédire que ces communautés avancent vers la mort. Il y a des choix qui débouchent sur la mort. Aaron a choisi le chemin de la facilité. Moïse a choisi le chemin de la fidélité. Aaron a choisi de plaire aux hommes. Moïse a choisi de plaire à Dieu. N’en déduisons certes pas que par plaisir il faille déplaire aux hommes pour automatiquement plaire à Dieu. Ce serait en effet absurde de conclure que plus on déplaît aux hommes plus on plaît à Dieu. Aaron a choisi la gloire qui vient des hommes. Moïse a choisi la gloire que Dieu donne. Aaron a décidé d’être approuvé des hommes. Moïse a voulu être approuvé de Dieu. Tout responsable de ministère dans l’église doit se poser la question citée ci-dessus.

    Mais en fait chaque chrétien doit aussi se poser la même question : “Comment vais-je servir Dieu dans ma vie, dans ma famille, dans mon métier, dans mon église ? Vais-je choisir la facilité, ou la fidélité ? Vais-je opter pour les compromis ou les grands défis ? Vais-je choisir la mollesse ou la hardiesse ? Vais-je me comporter comme Aaron ou comme Moïse ? Vais-je choisir d’être plaisant ou exigeant ?”

    Ce choix n’est pas seulement réservé aux pasteurs, anciens, responsables de communauté ou d’activités dans l’église. Chaque chrétien, dans toutes les décisions qu’il doit prendre, doit se poser la question de savoir comment il va parcourir le chemin de sa vie, vivre sa foi, servir Dieu. Comme Aaron, ou comme Moïse ? Plaise à Dieu que chaque enfant de Dieu, dans sa vie personnelle, puisse faire le bon choix, en optant pour la fidélité, et en refusant la facilité. Choisissons chacun le chemin de la hardiesse, des exigences, la voie de plaire à Dieu. Que cela soit vrai pour chacun dans sa vie personnelle, et aussi pour chaque église locale, afin que toute communauté soit menée avec fidélité, discernement et humilité pour la gloire de Dieu. 

    Post-scriptum

    Prédication du 21-11-1999 de Philippe Hubinon, résumée par Jean-Pierre Baudouin - Publiée au bulletin “Résurrection” de juin 2000.

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