logo RUBRIQUE

  • Enseignement
  • Lu dans la presse
  • - Conventions
  • - Petits mots du pasteur
  • - Magazine "Résurrection"
  • - Actions communautaires
  • - Actions missionnaires
  • - Enfants
  • - Jeunes
  • - Vie d’église
  • Liens et Ressources
  • - Annonces hebdomadaires
  •  

    Zoom Arrière

    logo ARTICLE 804Alfred Kuen (1921-) décembre 2013
    Auteur prolifique de livres d’étude chrétiens, il a été professeur à l’Institut biblique et missionnaire Emmaüs, ainsi que directeur des Editions Emmaüs. Avec d’autres, il est à l’origine de la traduction de la Bible dite "Bible du Semeur".
    logo ARTICLE 63La valeur de l’âme novembre 2003
    MÉDITATION • Jésus a dit : « Que sert-il à un homme de gagner le monde entier, s’il perd son âme ? Que donnerait un homme en échange de son âme ? ».

    Dans la même rubrique

    Maladies et guérison de l’âme (2)


    | Volet 3 : Jean 5:1-9
    | Volet 4 : Psaumes 42.1-12 - 1 Timothée 6.3-5
     

    Prédication en quatre volets
    ALLER A LA PARTIE 1

    VOLET 3
    ALLER AU VOLET 4

    Le mal de l’âme

    Dans son livre tristement célèbre “Le hasard et la nécessité”, le professeur Jacques MONOD a écrit un dernier chapitre particulièrement philosophique intitulé : “Le royaume et les ténèbres”. Il y affirme : “Les sociétés modernes sont exposées à des menaces autrement puissantes et graves. Je ne parle pas ici de l’explosion démographique, de la destruction de la nature, mais d’un mal bien plus profond et plus grave, un mal de l’âme ... L’homme moderne se tourne vers, ou plutôt contre la science dont il mesure maintenant le terrible pouvoir de destruction, non seulement de son corps mais de l’âme elle-même.”

    On est étonné d’entendre un athée parler de cette façon, en faisant mention de l’âme. Il faut toutefois préciser que l’auteur (matérialiste) n’utilise pas le terme « âme » dans son sens chrétien.

    Parmi les maladies de l’âme examinées dans nos deux articles précédents, nous avons cité :

    A chacune de ces maladies, nous avons vu le remède proposé par l’Ecriture, par le Divin Médecin. Malheureusement, beaucoup de chrétiens ne prennent pas soin de leur âme et ne suivent pas les conseils de Dieu.

    Faisons la comparaison sur le plan de la santé physique, avec notre corps. Quand notre corps est malade, le docteur nous prescrit tel ou tel médicament, à prendre à des moments bien précis de la journée. Nous suivons alors scrupuleusement les conseils prodigués et la posologie adéquate. Si nous, chrétiens, étions aussi appliqués à suivre les recommandations du Divin Médecin, notre âme serait beaucoup moins souvent malade et tout le monde s’en porterait mieux. Soyons donc vigilants et attentifs, les uns et les autres, pour notre bien-être spirituel.

    Pourquoi n’écoutons-nous pas les bons conseils du seigneur, le divin médecin ? Ecoutons et pratiquons ce que Dieu nous dit avant que les choses ne se gâtent davantage, et que notre situation ne se complique irrémédiablement. Evitons d’atteindre des circonstances impossibles à dénouer dans lesquelles notre âme restera malade pendant des années. Dès notre jeunesse, prenons donc garde et suivons les bons conseils du Médecin. Souvent, dès que la maladie atteint notre âme, elle se maintient pendant toute la vie. Dieu est puissant pour nous préserver de toute chute, de toute maladie de l’âme (Jude 24). De l’avis de beaucoup de docteurs, nous pourrions éviter bien des maladies dont nous souffrons. Nous ne pouvons tout écarter mais certaines affections peuvent être évitées en surveillant notre alimentation, nos habitudes, notre mode de vie. Il en est de même en ce qui concerne le domaine spirituel. Si nous nous appliquions à respecter les conseils du médecin, l’enseignement de la Parole de Dieu, nous pourrions ainsi éviter bien des maladies de l’âme et nous porter beaucoup mieux. Dans son ouvrage “Maladie ou santé à votre choix”, le docteur MACMILLAN démontre que bien des maladies du corps sont les reflets, les symptômes des maladies de l’âme. Les deux domaines sont liés.

    La lèpre du mensonge

    Parmi les maladies de l’âme citons encore la lèpre du mensonge. Dans son ouvrage mentionné ci-dessus, le professeur Jacques MONOD écrit : “Le mal de l’âme moderne, c’est le mensonge”. L’auteur n’est ni évangéliste, ni chrétien. Il est matérialiste et athée. Jésus a dit : « Le diable est menteur et le père du mensonge. » (Jean 8.44). Depuis le jardin d’Eden il répand cette maladie sur tous les continents. Le mensonge est semblable à la lèpre qui progresse, se développe, gagne du terrain. Cette maladie ne dit jamais : “Assez !”

    Le mensonge en appelle un autre, et ainsi de suite. L’âme en est alors malade. Dès lors le menteur se demande ce qui ne va pas dans sa vie. On ment à son mari ou à son épouse. On ment à ses parents, à ses enfants. On ment à son patron. On ment à ses ouvriers. On ment à son pasteur. Le mensonge empoisonne ainsi l’âme entière. Comme la lèpre détruit le corps, le mensonge ronge notre être intérieur.

    Ton âme n’est-elle pas atteinte de la lèpre du mensonge ? La réponse, il faut la donner à Jésus-Christ. C’est Lui le Médecin de l’âme. Le Seigneur veut guérir ton âme. Sois courageux. Aie le courage de regarder ton âme en face. N’est-elle pas rongée par cette lèpre du mensonge ?

    Avez-vous déjà vu des lépreux ? Oui probablement, grâce à des photos rame¬nées par des missionnaires. Généralement on nous montre de beaux lépreux, pas trop défigurés ni mutilés. Mais en fait bien des lépreux sont horribles à voir. Ils ressemblent à de véritables cadavres sortis de terre. Il est pratiquement insoutenable de les regarder. Le mensonge peut être comparé à cette lèpre effrayante et destructrice. Le menteur doit avoir le courage de dire : “Voilà l’état de mon âme”.

    Celui qui dit des mensonges parle la langue du diable. Il n’y a pas de “petit mensonge”, ni de “mensonge pieux”. Il n’y a pas de “mensonge qui sert le bien”, ni “d’obligation de mentir”. Cela s’entend parfois chez les chrétiens ! Il ne doit pas en être ainsi. Le mensonge est une lèpre qui ronge et qui détruit une vie, un foyer, une Eglise, une entreprise, la société, la terre entière.

    Pourquoi insister si lourdement sur le mensonge ?

    Es-tu assez courageux pour regarder en face ton âme et dire devant Dieu : “C’est vrai ! Mon âme est couverte de la lèpre du mensonge.” Ne fais-tu pas partie de ces “bons et braves chrétiens” qui pratiquent allègrement le mensonge ? Dans ce cas, ton âme se ronge et se détruit ! Que le Saint-Esprit puisse plonger son épée, la Parole, dans notre âme et sonder notre cœur.

    Dans le récit biblique choisi, Jésus pose une question étrange à cet homme malade depuis trente-huit ans : « Veux-tu être guéri ? » (Jean 5.6), Quiconque lit ce texte se demande pourquoi Jésus pose cette question. Tous les malades ne souhaiteraient-ils pas être guéris ? Il semble que non. Sinon Jésus n’aurait pas posé la question. Le Seigneur ne pose jamais de question pour rien.

    Spirituellement la question “Veux-tu être guéri ?” n’est-elle pas aussi justifiée ? Il existe en effet des frères et des sœurs en la foi, dont l’âme est malade et qui refusent d’être guéris. C’est la triste réalité ! Ils préfèrent ainsi rester lépreux, l’âme rongée par le mensonge, la vie abîmée par cette horrible maladie.

    Le livre des Proverbes nous cite sept choses que hait l’Eternel, que Dieu a en horreur (Proverbes 6.16). Dans cette liste apparaît deux fois la langue menteuse.

    Le remède existe.

    1. Confesse à Dieu tes mensonges. Toutes ces faussetés dont nous gardons le triste souvenir, et qui sont gravées dans notre pensée, nous devons les confesser à Dieu, dans la prière. Nous devons demander le pardon à Dieu à cause du mensonge dit à telle ou telle occasion. La Bible dit : « Si nous confessons nos péchés, Dieu est fidèle et juste pour nous les pardonner, et pour nous purifier de toute iniquité. » (1 Jean 1.9). Chrétien, si tu es sorti du droit chemin pour tomber dans le piège du mensonge, il faut le confesser à Dieu. C’est le premier pas vers la guérison.

    2. Là où tu le peux, répare le mensonge. Ce n’est pas suffisant, dans une prière à Dieu exprimée en chambre, de demander au Seigneur de réparer le mal causé. Il est nécessaire de dire à la personne trompée que l’on a menti et ensuite restaurer la vérité. Il ne faut pas essayer de continuer si la vérité initiale n’a pas été rétablie et la juste correction apportée. Certaines choses ne sont pas réparables, mais d’autres le sont. Nous devons nous efforcer, en tant que chrétiens, de réparer de telles situations.

    3. Choisis la vérité. Le Psalmiste disait : « Je hais toute voie de mensonge. » (Psaumes 119.104, 128, 163). Il a pris cette décision dans son cœur. C’est la décision du cœur, la décision de la foi, c’est la décision de l’amour. Parce que je suis chrétien, qu’un jour je suis venu à la croix, que j’aime Jésus-Christ, je dois faire le choix de la vérité. Ce n’est pas simplement de la morale, mais c’est de la foi et de la foi mise en pratique. C’est la foi agissante dont parle l’Ecriture (Galates 5.6). Elle nous permet de faire des progrès. Elle est la victoire qui triomphe du monde (1 Jean 5.4). C’est la foi qui répare, qui agit, qui rétablit la vérité.

    4. Prie pour avoir toujours la force de dire la vérité. Le Psalmiste disait : « Eloigne de moi la voie du mensonge. » (Psaumes 119.29).

    Tel est le traitement divin que Dieu prescrit dans sa Parole. Il est efficace si nous prenons la peine de le mettre en pratique soigneusement. David disait : « Conduis-moi dans ta vérité. » (Psaumes 25.5). Il ne s’agit pas seulement de la vérité, la révélation de la Parole, mais aussi de la vérité chaque jour. Vérité avec mon mari, mon épouse, avec mes parents, mes enfants, avec mon patron, avec mes ouvriers, avec ma famille, avec mes amis.

    L’apôtre Paul écrivait aux Ephésiens : « Renoncez au mensonge, et que chacun de vous parle selon la vérité à son prochain. » (Ephésiens 4.25). Le Psalmiste disait encore : « Dieu veut que la vérité soit au fond du cœur. » (Psaumes 51.8). D’autre part, l’Ecriture est précise et sévère quand elle dit : « Dehors quiconque aime et pratique le mensonge. » (Apocalypse 22.15). Dans l’épître aux Ephésiens, l’apôtre Paul écrivait aussi : « Ayez à vos reins la vérité pour ceinture. » (Ephésiens 6.14). Enfin la Bible affirme : « Celui qui ne livre pas son âme au mensonge obtiendra la bénédiction de l’Eternel. » (Psaumes 24.4).

    Quelle bénédiction et quelle joie pour celui qui repousse le mensonge et parle selon la vérité à son prochain. Quelle bénédiction et quelle joie pour le couple qui a choisi de dire la vérité. Quelle bénédiction et quelle richesse pour l’enfant, le père, la mère, le patron, l’ouvrier, l’ami qui fait ce choix de la vérité.

    Jésus te pose cette question : « Veux-tu être guéri ? » Que cette lèpre du mensonge ne fasse plus jamais de dégâts dans ta vie !

    VOLET 4
    ALLER AU VOLET 3

    Dans ce quatrième et dernier exposé, nous allons encore considérer deux autres maladies de l’âme. Cette liste n’est pas exhaustive. Il existe d’autres affections spirituelles.

    La maladie des questions oiseuses

    Il n’y a aucun mal à se poser des questions relatives à la foi, à la Parole de Dieu, au Seigneur, au Saint-Esprit. Il est bon de réfléchir à notre foi pour progresser. Du reste, la science progresse en se posant sans cesse de nouvelles questions. Les questions ne sont pas mauvaises en soi, pour autant qu’elles ne bloquent pas notre croissance spirituelle. Elles ne doivent pas nous arrêter sur le chemin de la vie chrétienne.

    Un épisode de la vie d’Abraham nous servira d’illustration (Romains 15.4). Il reçoit la promesse de Dieu : « Ta femme Sara enfantera un fils dans sa vieillesse. » (Genèse 17.16). Les années passent, et Sara enfante un fils à Abraham : Isaac (Genèse 21.1-3). Au travers de cet enfant, l’Eternel fait aussi la promesse à Abraham : « Ta postérité sera aussi nombreuse que les étoiles du ciel. » (Genèse 15.5). Dieu promet à Abraham : « Je rendrai ta postérité comme le sable de la mer, si abondant qu’on ne saurait la compter. » Genèse 32.12). Et puis un jour vient une autre parole du Seigneur : « Abraham, prends ton fils, ton unique, celui que tu aimes, Isaac ; va-t’en au pays de Morija, et, là offre-le en holocauste sur l’une des montagnes que je te dirai. » (Genèse 22.2). Dès lors Abraham va se poser beaucoup de questions : Que se passe-t-il ? Dieu a-t-Il changé d’avis ? Ne me suis-je pas trompé ? N’ai-je pas rêvé ? Pourquoi cet ordre ? La promesse de la bénédiction au travers d’Isaac, et maintenant le sacrifice d’Isaac ? Mais quelle est la volonté de Dieu ? Comment harmoniser ces deux paroles de Dieu apparemment contradictoires ? Ce fils de la promesse, pourquoi l’offrir en sacrifice ? Dans le Nouveau Testament (Hébreux 11.17-19), nous trouvons la mauvaise réponse qu’Abraham avait imaginée : « Il pensait que Dieu est assez puissant pour ressusciter les morts. » Pour Abraham, la réponse à toutes ces questions résidait dans la résurrection d’Isaac après son sacrifice. Abraham n’a pas trouvé la bonne réponse, mais il a eu une bonne attitude. Il n’est pas resté bloqué a Beer-Schébah en disant : “Tant que je ne comprends pas ce qui se passe, je n’avance pas d’une semelle. J’attends que Dieu m’explique ses deux paroles que je ne peux harmoniser. Sinon je ne bouge pas d’ici.” Les questions sans réponse d’Abraham ne l’ont pas bloqué dans sa foi, dans son obéissance. Au contraire, il va avancer et continuer à progresser. La réponse n’est pas à Beer-Schébah. La réponse est à trois jours de marche sur le mont Morija. Là il va recevoir la réponse de Dieu qui lui dit : « Arrête, n’avance pas ta main sur l’enfant, et ne lui fais rien ; car Je sais maintenant que tu crains Dieu, et que tu ne m’as pas refusé ton fils, ton unique. » (Genèse 22.12).

    Souvent, nous nous posons beaucoup de questions. Nous n’avons pas toujours les réponses à ces questions ! D’ou vient la femme de Caïn ? Est-il possible que des hommes cités dans la Genèse aient pu vivre aussi longtemps ? Comment le serpent a-t-il parlé à Eve ? Qu’était ce fruit défendu ? Comment Noé a-t-il construit l’arche ? Comment Dieu, par sa Parole, a-t-Il créé le monde ? Comment l’Eglise sera-t-elle enlevée ? Comment Jésus pouvait-il être à la fois parfaitement homme et parfaitement Dieu ? Comment... ? Comment... ? Pourquoi ... ? Mille questions ! Si nous attendons d’avoir toutes les réponses à toutes nos questions pour continuer notre marche chrétienne, nous n’avancerons plus jamais. Certains s’arrêtent quand ils se posent des questions sans réponse. Ils restent ainsi bloqués. C’est la maladie des questions oiseuses. Elles freinent et arrêtent notre progression.

    Quand nous nous posons ces questions, nous devons pouvoir continuer notre chemin. Pour chacun de nous, il viendra un jour, dans la présence de Dieu, où nous comprendrons et nous connaîtrons comme nous avons été connus (1 Corinthiens 11.12). Alors et seulement alors nous aurons toutes les réponses. Mais en attendant, que la maladie des questions oiseuses, sans réponse, ne nous bloque pas dans notre vie chrétienne.

    La dépression de l’âme

    La dernière maladie que nous citerons est la dépression de l’âme. Elle est synonyme de dépression spirituelle, de découragement de l’âme. Le Psalmiste posait cette question : « Pourquoi t’abats-tu, mon âme, et gémis-tu au dedans de moi ? » (Psaumes 42.6). C’est la maladie de l’âme, probablement la plus douloureuse. Ceux qui en ont souffert disent : “N’importe quelle maladie, sauf celle-là !” L’âme alors se décourage, elle baisse les bras et abandonne la course.

    Cette affection est particulièrement dangereuse pour deux raisons :

    1° D’abord, comme les précédentes, elle freine la croissance du chrétien. Dans ces conditions, le chrétien cesse de se développer, de grandir, de s’épanouir.

    Ensuite elle est contagieuse. L’Ancien Testament renferme quelques illustrations qui nous aident à comprendre le risque de contagion de cette maladie du découragement. Quand le peuple d’Israël est sorti d’Egypte, libéré de l’esclavage, il est arrivé aux frontières du pays promis, — ce bon pays ou coulent le lait et le miel. Avant d’y entrer Moïse a envoyé douze hommes (Nombres 13) pour explorer le pays de Canaan et faire rapport de ce qu’ils avaient vu. Les douze hommes, un de chacune des tribus d’Israël, vont et reviennent. A leur retour, seulement deux d’entre-eux font un rapport positif : c’est un beau pays ou coulent le lait et le miel, ou poussent des fruits énormes. Ayez bon courage, le Seigneur nous donnera la victoire (Nombres 14.8-9). Les dix autres vont rendre un rapport négatif et ainsi décourager tout le peuple. Moïse n’a rien pu faire contre cette maladie du découragement qui a contaminé tout le peuple d’Israël. A partir de ce moment et pendant quarante années, ils vont tourner en rond dans le désert ! Et cela, parce que quelques-uns avaient découragé tout le peuple. A la fin de sa vie, Moïse écrit en se remémorant ces moments difficiles : « Nos frères nous ont fait perdre courage en faisant le compte rendu des hommes et des villes qu’ils avaient visitées. » (Deutéronome 1.28).

    Autre exemple du pouvoir de contamination de cette maladie, la loi d’Israël relative au service militaire précise : « Les officiers continueront à parler au peuple, et diront : Qui est-ce qui a peur et manque de courage ? Qu’il s’en aille et retourne chez lui, afin que ses frères ne se découragent pas comme lui. » (Deutéronome 20.8). La maladie du découragement de l’âme contamine de suite les autres.

    Notons que cette maladie qui a frappé le peuple d’Israël n’est pas venue de l’extérieur, des Philistins de Moab ou d’autres encore. Elle a pris naissance au milieu même du peuple de Dieu, à cause de quelques hommes qui ont contaminé tout le peuple. Le découragement est certainement une des armes privilégiées de l’ennemi de nos âmes. L’épouse de William BOOTH, fondateur de l’Armée du Salut, a connu avec son mari bien des persécutions de la part des autorités religieuses des églises en place, des pasteurs installés, de l’Eglise officielle. Katherine BOOTH disait : “Le découragement vient toujours du diable.”

    Mais où sont les causes de cette maladie du découragement de l’âme ? En voici quelques-unes :

    — l’épreuve. Elle peut être d’origines diverses. Un problème de santé, matériel, financier, familial, etc., depuis des années. Alors peut naître le découragement.
    — Une prière non exaucée. On ne cesse de prier et rien ne bouge. Comme cette demande reste insatisfaite, la situation nous décourage.
    — Une déception. Elle peut être sentimentale, familiale, ou causée par la vie de l’église.

    Toutefois, la question est : Avons-nous le droit de nous décourager pour ces raisons ? N’est-ce pas plutôt au Seigneur de se décourager à cause de nous ? N’est-ce pas plutôt lui qui est déçu de nous si souvent ? Supposons un instant que Jésus ait dit, à un moment donné de son ministère, “Comme je suis déçu par l’apôtre Pierre, j’arrête ma mission, je retourne auprès de mon Père, lui qui ne m’a jamais déçu, ni découragé.” Imaginez que devant l’incrédulité des gens de Capernaüm, témoins de tant de miracles, Jésus décide de stopper son œuvre, abattu et déçu ! Jésus aurait eu motif à se décourager lorsque seulement un des dix lépreux qu’il avait guéris est revenu vers lui (Luc 17.11-19). Un, et un seulement revient dire merci ! Supposons qu’à partir de ce moment, Jésus ait décidé d’arrêter, de ne plus guérir les malades, de ne plus soulager la souffrance ! Imaginez que Jésus ait un jour décidé, devant le peuple d’Israël qui refusait de recevoir son Messie, d’en rester là, trop déçu des hommes ! Supposons que Jésus ait, devant les disciples endormis dans le jardin de Gethsémané dit : “J’arrête, je repars, je suis trop déçu.” Considérons encore Judas, l’un des douze, qui avait suivi Jésus pendant trois ans, côte à côte avec le Seigneur, vu ses miracles, entendu ses messages, pour finalement le trahir. Si Jésus avait alors devant ce traître renoncé à sa mission. Un peu plus tard, si devant la foule qui hurlait : « Crucifie-le, crucifie-le ! », foule dans laquelle certains avaient bénéficié des miracles et des guérisons du Seigneur, Jésus avait décidé d’arrêter son œuvre, trop déçu de tous ces gens. Quelles seraient les conséquences si Jésus s’était laissé décourager dans toutes ces situations décevantes et démoralisantes ? Ou encore devant la croix, si Jésus abandonné de tous les disciples (Matthieu 26.56), avait dit : “J’arrête, je ne fais plus rien, à cause de ma profonde déception.” Jamais le Seigneur ne s’est laissé arrêter par la déception. Même avec nous, avec toi, avec moi, il aurait mille raisons de le faire. Le Seigneur pourtant ne se laisse pas décourager. Quel chrétien devant la croix oserait dire au Maître : “Seigneur, je suis trop déçu, je m’arrête, ne compte plus sur moi.” ? Dans notre pays, trop gâtés, nous n’avons pas le droit de dire : “Je suis découragé.” Si nous considérons la Chine ou d’autres régimes d’oppression, si nous pensons à ces chrétiens qui ont vécu septante ans sous le régime communiste, eux avaient peut-être des raisons d’être découragés. Et pourtant leurs écrits nous encouragent !

    Le remède à cette maladie contagieuse consiste à :

    Considérer l’exemple de Jésus-Christ. La Bible dit : « Considérez, en effet celui qui a supporté contre sa personne une telle opposition de la part des pêcheurs, afin que vous ne vous lassiez point, l’âme découragée. » (Hébreux 12.3). Si nous relisions plus souvent dans la Bible le récit de la passion de Jésus-Christ, de son agonie dans le jardin de Gethsémané, de sa mort sur la croix, de sa résurrection, notre âme serait bien moins souvent découragée. Jésus a dit : « Prenez courage, j’ai vaincu le monde. » (Jean 16.33). L’Épître aux Hébreux dit : « Ne perds pas courage lorsque le Seigneur te discipline. » (Hébreux 12.5).

    Bénéficier de la communion fraternelle. L’exhortation que nous pouvons nous apporter les uns les autres, l’encouragement que nous trouvons par les frères et sœurs que Dieu a placés près de nous, sont rappelés dans Esaïe 41.6 : « Ils s’aident l’un l’autre, et chacun dit à son frère : Courage ! » L’apôtre Paul faisait de même auprès des églises qu’il fondait ou visitait. Ephésiens 3.13 nous dit, en effet : « Je vous demande de ne pas vous décourager. »

    Il est intéressant de lire comment Paul a vécu cette période de dépression spirituelle. Avant d’arriver à Rome où il doit être jugé et condamné, le navire qui le transporte fait naufrage. Les détails de ces circonstances de navigation difficiles sont décrites dans Actes 27. Que va faire l’apôtre, sur ce navire au milieu des marins et des passagers désespérés ? Il encourage les autres en disant : « Le bateau va s’échouer, mais prenez courage, aucun de nous ne perdra la vie. » (Actes 27.22).

    Tel est à chacun notre rôle dans l’Eglise : nous exhorter les uns les autres, entourer et aider ceux qui sont découragés. Ce n’est pas la responsabilité du pasteur seul. Cela est impossible. Mais chacun doit veiller à remplir cette tâche envers les frères et les sœurs qui baissent les bras. Chacun dit à son frère : Courage !

    Actes 27 précise les circonstances du naufrage. Le navire échoue et trois mois plus tard (Actes 28.11) un navire repart et Paul approche de Rome. A cinquante kilomètres de cette destination, « viennent les frères qui avaient entendu parler d’eux. Paul, en les voyant, rend grâce à Dieu, et prend courage. » (Actes 28.15). Ainsi à ce moment, Paul découragé va reprendre courage, suite à la visite de ces frères.

    Une lettre d’encouragement, parfois un simple mot à propos, ou une visite suffit à renouveler les forces d’un frère en train de baisser les bras. Paul, le grand missionnaire, cet apôtre remarquable, en dépression, va retrouver des forces et une santé spirituelle grâce à la visite de ces frères venus prendre de ses nouvelles. Nous avons une tâche à remplir dans l’Eglise. Frère, sœur, jeune homme, jeune fille, courage !

    Que Dieu nous accorde de veiller sur notre santé spirituelle, comme nous veillons sur notre santé corporelle. Et notre âme se portera bien. L’Eternel nous dit : « C’est moi qui te guéris de toutes tes maladies. » (Psaumes 103.3). Dieu nous promet : « Si tu écoutes attentivement la voix de l’Eternel, si tu prêtes l’oreille à ses commandements, je ne te frapperai d’aucune de ces maladies, si tu es obéissant. » (Exode 15.26). Nous pourrions éviter beaucoup de maladies de l’âme, si nous prenions soin de notre être intérieur.

    Nous avons énoncé quelques maladies et leurs causes, ainsi que les remèdes divins associés. Soyons vigilants pour que ces affections ne freinent pas notre croissance spirituelle, et n’infecte notre âme, notre famille, notre Eglise.

    En résumé, quelques maladies et guérison de l’âme :

    1. Le sida de l’incrédulité. C’est la maladie de l’incroyant, de l’athée. Elle est mortelle et conduit à la mort éternelle, à l’enfer. REMEDE : l’écoute de la prédication de la Parole.
    2. Le cancer du doute. L’apôtre Pierre en a été atteint quand il a marché sur les eaux à la rencontre de Jésus. Le Seigneur lui dit alors : « Homme de peu de foi, pourquoi as-tu douté ? » (Matthieu 14-31). Après la résurrection, les disciples ont aussi souffert de cette maladie. Matthieu 28.17 nous relate que « quand ils virent le Seigneur ressuscité, ils se prosternèrent devant Lui. Mais quelques-uns eurent des doutes. » REMEDE : fixons les regards sur Jésus-Christ et sa Parole.
    3. Les eczémas. C’est la démangeaison d’entendre des choses agréables en se donnant une foule de docteurs, pour détourner l’oreille de la vérité et se tourner vers les fables (2 Timothée 4.3). REMEDE : ne détournons pas l’oreille de la Parole de Dieu, la Vérité.
    4. La gangrène de la convoitise. C’est la maladie de l’âme qui n’est jamais contente, jamais satisfaite, et qui ne cesse de désirer toujours plus. REMEDE : contentons-nous de ce que nous avons.
    5. La maladie du sommeil. Elle frappe les chrétiens dont l’âme est somnolente. REMEDE : réveillons-nous, veillons, et mettons-nous à l’œuvre.
    6. La maladie des questions oiseuses. REMEDE : continuons notre chemin avec Dieu, même si nous ne comprenons pas ses voies.
    7. La dépression de l’âme. Elle est synonyme de dépression spirituelle, de découragement de l’âme. REMEDE : considérons l’exemple de Jésus-Christ.
    8. La lèpre du mensonge. Elle détruit et ronge tout notre être intérieur. REMEDE :
      • Confessons à Dieu nos mensonges.
      • Là où nous le pouvons, réparons le mensonge.
      • Choisissons la vérité.
      • Prions pour toujours avoir la force de dire la vérité. ■

    ALLER AU VOLET 3
    ALLER A LA PARTIE 1

    Post-scriptum

    Prédication (en quatre volets) apportée par Philippe Hubinon et résumée par Jean-Pierre Baudouin - Bulletin “Résurrection” de juin 1993 à septembre 1993.

    Copyright © 2005 Eglise Protestante Evangélique de Charleroi. Tous droits réservés.
    Ce site a été créé par Ginger-Nut et est géré avec SPIP + EVA-Web