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    Zoom Arrière

    logo ARTICLE 804Alfred Kuen (1921-) décembre 2013
    Auteur prolifique de livres d’étude chrétiens, il a été professeur à l’Institut biblique et missionnaire Emmaüs, ainsi que directeur des Editions Emmaüs. Avec d’autres, il est à l’origine de la traduction de la Bible dite "Bible du Semeur".
    logo ARTICLE 63La valeur de l’âme novembre 2003
    MÉDITATION • Jésus a dit : « Que sert-il à un homme de gagner le monde entier, s’il perd son âme ? Que donnerait un homme en échange de son âme ? ».

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     LE PROPHETE ÉLIE

    Le style de Dieu

     | 1 Rois 19.1-18 - Luc 17.20-21
     

    Attardons-nous au prophète Elie. Qui est-il ? Dans le Nouveau Testament (Jacques 5.17) nous apprenons qu’il est de la même nature que nous. Le grand prophète Elie n’est pas un surhomme mais un simple homme. Dieu ne cherche pas des surhommes. Il n’en trouverait du reste pas. Cette race n’existe pas sur notre terre. Il y vit seulement des hommes. Dieu ne cherche pas des surhommes mais des hommes sûrs. Ils sont rares ! Par le prophète Esaïe Dieu posait cette question : « Qui enverrai-je, et qui marchera pour nous ? » (Esaïe 6.8). Parmi nous et dans toutes les églises, Dieu cherche des hommes, des femmes, des jeunes filles, des jeunes gens sûrs pour en faire un grand ancien, un grand prédicateur, une grande monitrice d’école du dimanche, un grand intercesseur, etc.

    Elie est un homme de la même nature que nous. Certaines traductions disent : “avec les mêmes passions que nous.” Nous pensons facilement que tous ces grands hommes de Dieu dont l’Ecriture nous parle sont des hommes à part, un peu surnaturels, d’une nature différente de la nôtre. Nous imaginons volontiers qu’ils ne sont pas vraiment humains, ou s’ils le sont, ils constituent des êtres exceptionnels. C’est une erreur. Ces hommes sont de la même nature que nous. Abraham est juste un homme. De même Jacob, Moïse, l’apôtre Paul, l’apôtre Pierre, Luther, Calvin, Moody, Wesley, Spurgeon, Billy Graham et bien d’autres sont de simples hommes.

    Mais Elie est aussi prophète. Cela signifie qu’il est choisi par Dieu et parle au nom de l’Eternel. Il va rappeler au peuple la Parole de Dieu. Le prophète appelle le peuple à la repentance et redit l’amour de Dieu pour le peuple de l’alliance. Il redit les promesses et les exigences de Dieu. Il donne en quelque sorte, le point de vue de Dieu sur une foule de sujets : l’histoire, la famille, l’âme, l’homme, les enfants, le mariage, le travail, l’argent. Parfois le prophète annonce de la part de Dieu des choses à venir. Le Nouveau Testament nous parle des prophètes et nous enseigne qu’il s’agit d’un don du Saint-Esprit. La Bible nous explique ce qu’est le don de prophétie : « Celui qui prophétise parle aux hommes, les édifie, les exhorte, les console. » (1 Corinthiens 14.3). Telle est la définition du prophète dans le Nouveau Testament. Il n’est pas question ici de celui qui annonce l’avenir.

    Mais qu’a-t-il fait ce prophète Elie ? On peut résumer son ministère en disant qu’il a affronté le roi Achab et sa femme Jézabel, ainsi que les faux prophètes de Baal attirés à la cour royale. Achab est le plus mauvais roi de l’Ancien Testament, et sa femme Jézabel sera son mauvais génie, sa mauvaise conseillère.

    Quand Elie intervient-il ? Il le fait en pleine apostasie. Le peuple est en recul. Il a abandonné le Dieu vivant et vrai pour se tourner vers l’idolâtrie, vers des statues incapables de se bouger, de parler et qui ne peuvent rien faire. Elie parle à un peuple qui a délaissé la vérité de la Parole de Dieu pour se tourner vers les mensonges des prophètes de Baal. Elie s’adresse à un peuple qui a oublié les commandements de Dieu pour se tourner vers l’immoralité. Elie a devant lui un peuple qui méprise la justice de Dieu afin d’exploiter le pauvre. Les prophètes de Baal avaient entraîné le peuple dans l’erreur et c’était le désastre en Israël. C’est une calamité sur les plans politique, économique, social et religieux. A ce moment, le prophète Elie est envoyé. Aujourd’hui dans notre monde, il y a encore de la place pour de tels prophètes, au milieu du marasme politique, économique, social et religieux.

    Mais le texte choisi (1 Rois 19.1-18) nous présente le prophète complètement à plat, au dernier stade de la déprime. Il est tellement à bout qu’il souhaite la mort. Il dit à Dieu (v.4) : « C’est assez ! Laisse-moi mourir. Eternel, prends mon âme. » Ne cherchons pas trop les raisons pour lesquelles le grand prophète en est arrivé là, (nous aborderons ce sujet une autre fois) mais considérons plutôt la réponse de Dieu.

    Après un long voyage Elie va passer la nuit dans une grotte à Horeb, cette montagne où Moïse a reçu les Dix commandements, où il a rencontré Dieu dans le buisson ardent. L’Eternel vient à la rencontre de son serviteur Elie pour lui poser cette question (v.9) : « Que fais-tu ici, Elie ? »

    Si on réfléchit, on se demande pourquoi Dieu pose cette question. Dieu sait pourquoi Elie est là puisqu’il sait toutes choses. Alors pourquoi cette question ? Remarquons que Dieu ne donne pas que des commandements ou des ordres pour être obéi. Il sait aussi poser des questions ! Dieu parle ainsi à Elie pour ouvrir le dialogue avec son serviteur, pour parler à son enfant. Souvenez-vous de cette parole du prophète Esaïe qui disait de la part de Dieu au peuple d’Israël : « Venez et plaidons. » (Esaïe 1.18). Ceci est synonyme de “Venez et parlons.” Dieu nous invite à nous approcher de lui pour lui dire ce qui ne va pas, lui expliquer notre découragement, lui exposer nos inquiétudes, nos soucis.

    Le premier pas que Dieu fait vers Adam et Eve après leur révolte dans le jardin d’Eden est de poser une question : « Où es-tu ? » (Genèse 3.9). Adam se cache : il a peur, suite à sa désobéissance.

    Dieu sait pertinemment ce qu’Elie fait à Horeb. Et il savait aussi ce qu’Adam faisait quand il se cachait dans le jardin d’Eden. Dieu pose cette question pour rétablir le contact avec le fautif, pour faire parler le coupable. Si l’on veut exprimer cette invitation sous une forme familière, on peut dire : “Alors, raconte à ton Dieu. Dis-lui ce qui ne va pas. Ne t’enferme pas dans le silence. Explique clairement à l’Eternel ce que tu ressens, comme tu le ferais à un ami véritable.” Elie raconte à Dieu ce qui s’est passé et “vide son cœur”. Elie explique qu’il a fait éclater son zèle et donné toutes ses forces pour servi r Dieu. Elie est alors seul contre tous et on veut le tuer. Mais vient la voix de l’Eternel adressée à Elie qui se demande où est Dieu, pourquoi Il n’agit pas : « Sors Elie, je vais te donner ma réponse. » (1 Rois 19.11). Alors, quand Elie se tient devant l’Eternel se lève un vent violent qui déchire les montagnes et brise les rochers. Dieu n’est pas dans la tempête. Ensuite il y a un tremblement de terre. Dieu n’y est pas non plus. Alors suit un feu. Dieu n’y est toujours pas. Finalement souffle un murmure doux et léger. “Le silence d’un souffle qui s’évanouit.” Alors Elie se cache le visage. Il a compris. C’est Dieu !

    Que signifie cette réponse de Dieu à Elie ? Retenons la proposition suivante. Elie aurait probablement voulu un Dieu qui intervienne pour lui de manière fracassante, éblouissante, de façon tonnante. Elie souhaite un Dieu qui soit puissance, force et éclat. Il veut un Dieu qui étourdit, qui broie. En quelque sorte, Elie ne croit à la présence de Dieu que lorsqu’elle est tonnerre, feu et tremblement. Mais l’Eternel lui répond qu’il est aussi le Dieu discret, le Dieu de la tendresse et de la délicatesse. C’est le Dieu qui est là, même si on ne le voit pas, même si on ne le sent pas. Il est là, même si on ne l’entend pas.

    L’écrivain protestant français Jacques Ellul, anciennement professeur à l’Université de Strasbourg écrit : “Il s’agit d’un Dieu infiniment discret qui se révèle dans ce qui n’écrase pas l’homme. Il n’est pas le Dieu de la puissance, bien sûr il est aussi tout puissant mais ce n’est pas ainsi qu’il se révèle, qu’il est pour nous. Il est le Dieu de l’humilité, de la faiblesse. Dans une société vouée essentiellement à la conquête, à la domination et à l’extermination, il est important de se rappeler que Dieu ne vient pas comme une superpuissance pour démolir quelque chose, mais qu’il est le Dieu qui s’infiltre comme le silence d’un souffle qui s’évanouit.”

    Si Cecil B. De Mille, le grand réalisateur du film “Les dix commandements”, avait été présent lors du passage de la mer Rouge, ou lorsque le buisson ardent était tout en feu, ou encore au mont Carmel quand le feu du ciel descendait sur l’autel d’Elie, ou bien ici à Horeb dans la tempête, le tremblement de terre et le feu, il aurait eu chaque fois un spectacle extraordinaire à fixer sur la pellicule. Par contre au moment où Dieu passe, lors du murmure doux et léger, il n’y a rien. Rien à fixer par la caméra, rien à enregistrer sur la bande magnétique du preneur de son. Au montage du film, les techniciens auraient coupé cette séquence, faute d’image et de son. Il n’y a pas de spectacle. Pourtant Dieu est là. Nous aussi, souvent, nous voudrions dans notre vie spirituelle du “spectacle” de la part de Dieu.

    Même si Elie est découragé, il est un homme de Dieu. Elie reconnaît le silence. Il sait que Dieu est présent au milieu du murmure doux et léger, dans le silence d’un souffle qui s’évanouit.

    Quel Dieu attendons-nous ? Un Dieu qui est tempête, feu et tonnerre ? Ne nous plaignons pas si l’Eternel n’agit pas avec force et puissance comme nous le souhaiterions. Quand Dieu agit ainsi, c’est souvent pour punir, quand il n’y a plus d’autre moyen. C’est ainsi qu’il a procédé à Sodome et Gomorrhe, dans ces villes infectées par le péché d’homosexualité. Là il y avait du spectacle, mais c’était pour un jugement. C’est ce qui s’est passé en Egypte quand Pharaon retenait le peuple d’Israël. Lors des Dix plaies, il y avait aussi du spectacle. C’était un jugement de la part de Dieu à cause de la dureté du cœur de Pharaon. C’est aussi le cas quand Dieu a jugé le péché du veau d’or, ou au mont Carmel quand Dieu confond les prophètes de Baal.

    En dehors de ces jugements, le style de Dieu est caractérisé par la douceur, la discrétion et la délicatesse.

    Le plus bel exemple qui pourrait illustrer le style de Dieu est sa venue parmi les hommes. Quand Dieu décide de venir sur la terre, comment vient-il ? Avec le tonnerre, le feu, le vent qui déchire et consume ? Non ! Avec “le silence d’un souffle qui s’évanouit” : un petit enfant dans une crèche, un nouveau-né dans une étable. Tel est le style de Dieu. Lors de cette naissance, le soleil ne s’est pas arrêté, la terre n’a pas tremblé, et pourtant Dieu est là. C’est Emmanuel, Dieu avec nous, dans la faiblesse d’un enfant.

    Savez-vous pourquoi les historiens de l’époque ont peu parlé de Jésus ? Parce que les historiens, les journalistes de TF1, RTBF, Canal +, et les grands étaient tous à la cour de César, à Rome, la capitale de l’empire le plus puissant de l’époque, tous pensaient que l’histoire se jouait là. Alors donc, pourquoi faire le déplacement en Israël, dans le désert de Juda, à Bethléhem, pour une jeune fille qui va accoucher d’un bébé ? Pourtant c’est là que l’important se passe, dans cette étable de Bethléhem. « Le royaume ne vient pas de façon à frapper les regards ! » (Luc 17.20b).

    Pourquoi Israël n’a-t-il pas reconnu son Messie ? Parce qu’Israël attendait le tonnerre, le feu, le tremblement de terre, les armées célestes pour renverser les milices de César, l’intervention divine pour pulvériser la puissance de Rome, et ainsi rétablir par la force l’État d’Israël.

    Israël n’a rien vu de tout cela. Le Messie est venu dans “le silence d’un souffle qui s’évanouit”. Israël n’a rien entendu et n’a rien vu. La Bible dit : « Il est venu chez les siens, et les siens ne l’ont pas reçu. » (Jean 1.11). Il fallait du spectacle mais il n’y en a pas eu. Les journalistes étaient à Rome pour enregistrer les guerres de César, les conquêtes de l’Empire romain, les intrigues politiques. Mais pour l’essentiel, les choses les plus importantes, il n’y a personne ! La crèche de Bethléhem n’intéresse pas les historiens inconscients de l’importance de ce bébé.

    L’historien et pasteur Jean-Henri Merle D’Aubigné a écrit : “Un enfant né dans la plus petite ville de la nation la plus méprisée de la terre, un enfant dont la mère n’a pas eu même ce qu’a la plus indigente, la plus méprisable femme de l’une de nos cités, une chambre pour mettre au monde, un enfant né dans une étable, couché dans une crèche. Ô Dieu, je te reconnais et je t’adore.” Comme Elie, il reconnaît Dieu et l’adore.

    Sommes-nous prêts à le reconnaitre et à l’adorer ? Posons-nous la même question quand Dieu vient pour vaincre le mal dans le monde, la pourriture qui infecte notre société. Comment le Seigneur va-t-il venir ? Avec les armées d’archanges équipés de leurs épées flamboyantes pour écraser la puissance du mal et du péché ? Non ! C’est un homme qui meurt sur une croix, qui souffre en versant son sang. Les disciples, les soldats, tous ceux qui sont là à la crucifixion de Jésus n’ont rien compris. Pour eux, c’est la déception parce que celui en qui ils avaient mis leur confiance est mort et déposé dans le tombeau. Pourtant c’est dans ce tombeau que la plus grande victoire est remportée. C’est “le silence d’un souffle qui s’évanouit”. L’avez-vous reconnu ? L’avez-vous entendu ? L’avez-vous vu ? C’est le Dieu qui a créé l’univers, qui nous a donné la vie et qui nous tient aujourd’hui en vie. Il vient dans la douceur, la délicatesse, le calme et l’humilité !

    Un critique musical avait écrit du compositeur russe Sergueï Rachmaninov : “Il sait écouter le silence.”

    Savons-nous écouter le silence de Dieu ? Savons-nous apprécier la discrétion de Dieu ? Attendons-nous de lui des manifestations éclatantes ?

    Si nous voyons Dieu de cette façon, nous serons déçus, parce que ce n’est pas “son style”. Nous devons savoir écouter le silence de Dieu sous peine de ne pas le reconnaître ni le voir. Il ne vient pas de façon à frapper les regards. Sortons des bruits du monde qui cherchent à nous étourdir pour venir dans la présence de Dieu, et savoir le reconnaître dans les petites choses de la vie quotidienne. Comme Elie, que nous puissions nous prosterner devant le Dieu qui passe près de nous. Nous serons alors bénis. 

    Post-scriptum

    Prédication de Philippe Hubinon, résumée par Jean-Pierre Baudouin - Bulletin “Résurrection” d’avril 1994.

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