logo RUBRIQUE

  • Enseignement
  • Lu dans la presse
  • - Conventions
  • - Petits mots du pasteur
  • - Magazine "Résurrection"
  • - Actions communautaires
  • - Actions missionnaires
  • - Enfants
  • - Jeunes
  • - Vie d’église
  • Liens et Ressources
  • - Annonces hebdomadaires
  •  

    Zoom Arrière

    logo ARTICLE 804Alfred Kuen (1921-) décembre 2013
    Auteur prolifique de livres d’étude chrétiens, il a été professeur à l’Institut biblique et missionnaire Emmaüs, ainsi que directeur des Editions Emmaüs. Avec d’autres, il est à l’origine de la traduction de la Bible dite "Bible du Semeur".
    logo ARTICLE 350Faire taire les critiques février 2011
    Nous pouvons résister aux moqueries si nous avons la conviction de faire la volonté de Dieu.

    Dans la même rubrique

    Belgique pour Christ

     | Ezéchiel 37.1-14 - Luc 18.18-27
     

    Sur le plan spirituel, notre pays est l’un des plus pauvres au monde. Des statistiques montrent qu’il existerait moins de 0,5% de chrétiens en Belgique. Certains vont peut-être contester ces chiffres. Mais même en multipliant par quatre, cela ne fait toujours au mieux que 2%, ce qui est très peu ! La Belgique peut être considérée comme le “Sahel spirituel” de l’Europe. Notre pays connaît, dans ce domaine une grande famine. C’est un désert, une sorte de vallée d’ossements.

    Dans une mission américaine travaillant en Belgique, notre pays est appelé le “cimetière des missionnaires” : ceux-ci viennent chez nous “s’enterrer”, tellement le résultat de leur travai1 est décourageant, démoralisant, à tel point que ces missionnaires sont enclins à regagner les Etats-Unis. Ces gens disent de la Belgique : “C’est une terre brûlée pour l’Evangile.”

    Pourtant au 16e siècle, notre pays a bénéficié du plus grand réveil spirituel de toute l’histoire de l’Eglise. La Belgique a été l’un des premiers pays à profiter des idées de la Réforme. Nous avons ainsi été au bénéfice de ce mouvement, œuvre de Luther, Calvin, Zwingli et bien d’autres encore. C’était en fait l’œuvre de l’Esprit de Dieu dans notre pays.

    Notre premier roi Léopold 1er était protestant. Mais que s’est-il passé pour avoir aujourd’hui un aussi faible pourcentage de chrétiens en Belgique ? Comment expliquer une situation spirituelle aussi pauvre ? Pourquoi l’Evangile ne perce-t-il donc pas dans notre pays ?

    Quelques raisons peuvent expliquer cette constatation et nous aider à ne pas nous décourager, mais au contraire à mieux travailler à l’évangélisation dans notre pays. (Cette liste n’est pas exhaustive.)

    1. La première raison est historique.

    Si notre pays a bénéficié de ce grand mouvement de réveil au 16e siècle, la Belgique a été aussi le cadre de persécutions effroyables. En raison de l’entrée des idées de la Réforme dans notre pays, des dizaines de milliers de Belges avaient saisi la grâce de Dieu, s’étaient détournés des fausses doctrines de l’Église romaine pour recevoir le pardon gratuit par la foi en Christ. Ceci concernait toutes les classes sociales, depuis les paysans jusqu’aux nobles, en passant par les bourgeois, les intellectuels, les artisans, etc.

    Mais suite à ce grand mouvement de réveil, le Vatican a mis en place la Contre Réforme. C’est la naissance des tribunaux de l’Inquisition et l’apparition des persécutions cruelles et barbares qui ont alors ravagé notre pays. Beaucoup ont été décapités, étranglés, enterrés vivants, pendus, emprisonnés, envoyés aux galères, brûlés sur le bûcher, torturés. En raison de ces persécutions, beaucoup de Belges ont dû fuir le pays. Selon les chiffres donnés par les historiens, près d’un demi-million de concitoyens ont connu cet exode. Cela représentait au 16e siècle une importante tranche de la population belge. Suite à cet exode vers d’autres pays restés ouverts à l’Evangile (Amérique, Hollande, Suisse, Allemagne), des usines se sont vidées et bien des activités ont cessé dans nos contrées. Dans ces circonstances, ce sont des chrétiens belges wallons qui ont posé les premières bases de la ville de New York. Ces enfants de Dieu, fuyant les persécutions, se sont implantés sur le territoire entourant cette métropole des Etats-Unis appelé à l’époque la Nouvelle Belgique. Ainsi au 16e siècle, les racines de l’Evangile ont été coupées dans notre pays. Evidemment des chrétiens nés de nouveau sont restés, mais la grande majorité des croyants ont quitté la Belgique. Dans ces faits réside certainement une première cause qui explique la difficulté qu’a l’Evangile de percer dans notre pays. Imaginons un instant que tous ceux ainsi chassés soient restés en Belgique et aient eux-mêmes répandu la Bonne Nouvelle de Jésus-Christ au cours des siècles ! Malheureusement ils ont dû fuir la persécution féroce et le carnage organisés par l’Église romaine et le pouvoir séculier.

    2. La deuxième raison tient au développement de l’occultisme et du spiritisme dans notre pays.

    L’exode des persécutés expatriés a laissé la place vide, ce qui a favorisé le développement des sciences occultes. Aujourd’hui encore, notre pays est infecté par le spiritisme. Pas une seule famille en Belgique n’a été épargnée par les influences directes ou indirectes de l’occultisme. Les sciences occultes sont présentes partout et dressent un obstacle à la diffusion de l’Evangile dans notre pays.

    3. La troisième raison réside dans l’influence néfaste de l’enseignement de l’Église romaine, qui avait décrété l’interdiction des écrits bibliques.

    Plusieurs papes ont donné l’ordre de brûler les Ecritures et les traductions de la Bible pour éviter que la Parole de Dieu ne se répande. En chaire, des prêtres interdisaient la lecture de la Bible et la présentaient comme le livre du diable. Cette interdiction a pesé sur notre pays jusqu’à la fin du 19e siècle et même le début du 20e. Le peuple était ainsi tenu à l’écart de la Bible et ne pouvait être informé de la vérité de l’Evangile. Trois siècles d’inaccessibilité à la vérité ont inévitablement influencé l’état spirituel de notre pays. L’Église romaine a ainsi ôté la semence de la vie spirituelle. Le peuple belge a de ce fait été maintenu dans les ténèbres et privé de la lumière de l’Evangile. Des millions de Belges ont été tenus dans l’ignorance des vérités bibliques pendant plus de trois cents ans. L’amour et la grâce de Dieu ont ainsi été cachés pendant des siècles.

    Aujourd’hui quand on parle de Dieu et de Jésus-Christ, les gens ont une réaction de répulsion parce que tout cela n’évoque en eux rien de chaleureux. La plupart des Belges perçoivent Dieu comme un gendarme toujours prêt à punir, menacer et sanctionner. Pour eux, il s’agit d’un Dieu que l’on doit payer, qui parle latin et qui est avant tout ennuyeux. Luther a lui-même éprouvé ces sentiments. Il était moine, pieux, et déclarait dans ses écrits, avant de connaître la lumière de l’Evangile, qu’il haïssait ce Dieu dépeint par l’Église romaine. Avant de découvrir la vérité biblique, le grand réformateur ne connaissait qu’un Dieu vengeur, effrayant, terrifiant, qui n’appelle aucun sentiment d’amour ou de joie, mais au contraire suscite la peur et la répulsion. Un tel enseignement absurde et erroné, prodigué par l’Église romaine pendant des siècles, a laissé une influence néfaste et négative sur la mentalité de notre pays. La culture de la Belgique est pétrie de la doctrine catholique romaine. C’est pourquoi ces erreurs sont très difficiles à déraciner.

    Considérons le Belge moyen qui ne croit plus à rien. Il va quand même faire baptiser son enfant pour être conforme à la mentalité du pays. Il va ensuite prendre ses dispositions pour que son enfant fasse sa petite et sa grande communion. Il agit de la sorte par tradition, parce que c’est la culture du pays. L’enfant se mariera plus tard à l’église, sans conviction religieuse. Les pressions familiales et sociales pèsent lourdement sur le couple qui doit prendre cette décision. La tradition est fortement enracinée dans notre culture.

    Voilà une difficulté supplémentaire à la propagation de l’Evangile. Il faut lutter contre une mentalité enchâssée, ancrée dans l’Histoire belge. Changer cette culture et cette mentalité constitue un énorme défi. C’est aussi une des causes qui explique la difficulté rencontrée par l’Evangile pour pénétrer le tissu de la société belge dont la mentalité et la culture plongent leurs racines dans les siècles passés.

    Certains vont sans doute rétorquer que ces conditions hostiles existaient déjà auparavant, au temps de Luther et de la grande Réforme spirituelle. Rome avait en effet déjà envahi l’Europe. Les empereurs, les princes et les rois étaient à ses pieds. Toute grande décision était prise après avoir consulté le Vatican. Pourtant en ce 16e siècle, dans des circonstances semblables à celles que nous connaissons aujourd’hui, Dieu a suscité le plus grand réveil de toute l’histoire de l’Église. Ce grand mouvement a secoué toute l’Europe, l’Allemagne, la France, l’Angleterre, la Belgique, la Hollande, l’Espagne, la Suisse, l’Italie. Les empereurs, les rois, les princes, les papes en perdaient le sommeil. Luther était devenu l’un des personnages les plus populaires dans toute l’Europe. Quand il se rend à la diète de Worms, convoqué par l’empereur Charles Quint pour y être confondu à toutes les autorités de l’Église romaine et invité à se rétracter de ses écrits, il y a plus de monde sur la route que lorsque l’empereur lui-même se déplace. En ce 16e siècle l’Esprit de Dieu a vraiment bouleversé les nations dans toute l’Europe.

    4. Une quatrième raison sera d’ordre économique.

    Il s’agit de l’abondance et de l’aisance dans lesquelles le Belge moyen vit généralement. Nous faisons partie des pays les plus industrialisés du monde. La Belgique fait partie des pays les plus riches de la planète. Certes il ya des pauvres en Belgique, mais notre niveau de vie est très élevé. Nous avons auto, frigo, machine à laver, télévision, vidéo, congés payés, nourriture, vêtements. Nous constatons que nous sommes en Belgique parmi les plus riches. Cette abondance a malheureusement produit l’indifférence. Jésus a dit : « Il est difficile à un riche d’entrer dans le royaume de Dieu. » (Luc 18.25). Le Belge fait partie des plus riches de la terre. Pour cette raison, il a difficile d’entrer dans le royaume de Dieu. Beaucoup de Belges ont la réaction suivante quand on leur présente l’Evangile : “ ... Mais Dieu, pour quoi faire ?” La majorité des Belges possèdent une famille, une maison, une auto, un métier, une mutuelle, une assurance complémentaire, des vacances annuelles ; ils vont au restaurant, au cinéma, et répondent : “... Mais que faire de l’Evangile ?” Il est difficile à un riche, à quelqu’un à qui rien ne manque, d’entrer dans le royaume de Dieu. L’aisance et l’abondance ont produit l’indifférence et l’aveuglement. Le cœur est ainsi devenu orgueilleux. Beaucoup vivent dans cet orgueil de la suffisance qui les écarte de l’Eglise, de la prière et de la lecture de la Parole de Dieu.

    Et nous chrétiens, que faire ? Se décourager ? Baisser les bras ? Quand Jésus a parlé d’une situation semblable, les disciples qui l’écoutaient dirent : « Mais alors, qui peut être sauvé ? » (Luc 18.26). Qui donc va, de nos jours, se convertir ? La réponse de Jésus à ceux qui l’écoutaient peut aussi être la réponse pour nous aujourd’hui : « Ce qui est impossible aux hommes est possible à Dieu. » (Luc 18.27).

    Quand on considère toutes les raisons évoquées ci-dessus et bien d’autres encore, les chrétiens se demandent comment cette situation pourrait changer. A Dieu tout est possible, même en Belgique. Dieu peut changer notre pays et renverser les obstacles qui empêchent l’Evangile de se propager. Le réveil spirituel commence toujours par s’allumer dans le cœur d’une personne. Le feu ensuite se communique à deux, trois, cinq, dix, cent, mille autres. Et alors le feu de l’Esprit peut s’étendre et bouleverser tout ce qui paraissait inexorablement figé.

    Revenons à la vision d’Ezéchiel. Ezéchiel 37 est la résurrection d’Israël. Elle peut se voir aujourd’hui sur nos écrans de télévision. C’est le grand miracle du 20e siècle. L’Eternel pose la question au prophète : « Ces os pourront-ils revivre ? » (Ezéchiel 37.3). Ces morts peuvent-ils revenir à la vie ? Et l’Eternel dit : « Prophétise sur ces os et dis-leur : Ossements desséchés, écoutez la Parole de l’Eternel. [...] Il me dit : Prophétise, et parle à l’esprit ! Prophétise, fils de l’homme, et dis à l’esprit : Ainsi parle le Seigneur, l’Eternel : Esprit, viens des quatre vents, souffle sur ces morts, et qu’ils revivent ! » (Ezéchiel 37.9). Ce miracle de la résurrection d’Israël se déroule aujourd’hui sous nos yeux. Mais ce miracle, vrai pour Israël, peut se transposer en une application à notre pays. La Belgique est remplie de “morts spirituels” qui ne connaissent rien à l’Evangile, qui marchent dans les ténèbres sur le chemin large qui conduit à la destruction. Notre pays pourrait revivre. Ces ossements desséchés dans cette vallée de la tristesse pourraient revenir à la vie. Que faut-il pour cela ? Pour Israël il fallait deux choses : la Parole de Dieu et l’action du Saint-Esprit. Mais nous avons ces deux “choses” : Dieu peut ressusciter notre pays. Dieu peut susciter un nouveau réveil. Il faut que la Parole de Dieu soit prêchée et que l’Esprit souffle des quatre vents. A vue humaine c’est de la folie. Mais si l’Esprit de Dieu agit, ceux qui sont indifférents à l’Evangile peuvent être touchés par la grâce de Dieu et venir à Jésus-Christ.

    A Dieu tout est possible. Qui va y croire ? Qui va se tenir disponible pour Dieu ? Si Dieu a un plan pour la Belgique, sur qui peut-il compter ? Qui est prêt à mettre sa vie, sa maison, ses affaires en ordre ? Qui est décidé à servir l’Eternel ? ■

    Post-scriptum

    Prédication apportée par Philippe Hubinon, et résumée par Jean-Pierre Baudouin - Bulletin “Résurrection” de décembre 1995.

    Copyright © 2005 Eglise Protestante Evangélique de Charleroi. Tous droits réservés.
    Ce site a été créé par Ginger-Nut et est géré avec SPIP + EVA-Web