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    PRÉDICATION • La prédication est l’instrument choisi par Dieu pour sauver tous les hommes. C’est vrai qu’il y a quelque chose de “fou” dans le moyen que Dieu a choisi pour sauver un être qui peut ainsi passer des ténèbres à la lumière en entendant la prédication.
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    Entre montagnes et vallées

     | Psaumes 23 - Actes des apôtres 12.1-17
     

    Cheminer en gardant confiance en Dieu

    Ce récit du livre des Actes est étonnant à plus d’un titre. La première idée retenue de cette lecture est la délivrance extraordinaire de l’apôtre Pierre, miraculeusement libéré de la prison par l’ange du Seigneur. Mais cette libération ne constitue qu’une partie du récit. En effet, il existe une autre partie : ce sont les deux premiers versets. Actes 12.1-2 raconte le martyre de Jacques, frère de Jean. Il a été arrêté et décapité. La juxtaposition de ces deux événements dans le même chapitre illustre bien le titre de la prédication : “Entre montagnes et vallées”. Notre réflexion abordera les fondements de notre pèlerinage chrétien. Elle touche ces interrogations troublantes, souvent sans réponse, suite à ces expériences tristes, incontournables, mélangées à des moments glorieux que le Seigneur nous a accordés.

    L’histoire de l’Eglise est en quelque sorte faite de “montagnes et de vallées”. De même notre vie chrétienne chemine entre des instants de gloire et des jours de peine et de pourquoi où l’on ne comprend plus. Ainsi donc nous traversons tantôt de grands moments de bénédiction où l’on se sent tout près de Dieu, et tantôt des moments de larmes pendant lesquels on crie : “Comment est-ce possible ? Mais où est Dieu ? Pourquoi ?” Dans ce cheminement entre monts et vallées, selon que te Seigneur nous conduit, il convient de continuer le combat, de ne pas se décourager, de garder confiance. La foi consiste à garder confiance en Dieu, même quand on ne comprend plus. Si nous marchons avec le Seigneur uniquement quand nous comprenons ce qui se passe, et si nous arrêtons dès que nous ne comprenons plus ce qui nous arrive, cela signifie que nous manquons de foi ou peut-être que nous n’avons pas la foi ou que nous avons mal compris ce qu’est la foi. La foi est fidélité, elle va jusqu’au bout. La foi ne se vit pas seulement sur les montagnes, mais également dans la traversée des déserts et des vallées. Toute l’Ecriture est remplie de récits rapportant la vie de ces hommes et de ces femmes de foi avançant entre “montagnes et vallées”.

    Dans la Bible

    Prenons quelques exemples dans la Parole de Dieu.

    ABRAHAM. Il reçoit du Seigneur cette grande promesse (Genèse 15.5), Tu auras un fils, et ta postérité va remplir la terre, elle sera aussi nombreuse que les étoiles dans le ciel. Abraham, tu es vieux et ta femme Sara est vieille mais la promesse s’accomplira. Et la Bible dit : « L’Eternel se souvint de ce qu’il avait dit à Sara, et l’Eternel accomplit pour Sara ce qu’il avait promis. Sara devint enceinte, et elle enfanta un fils à Abraham dans sa vieillesse : Isaac. » (Genèse 21.1-2). C’est la joie, la bénédiction, le miracle. Et puis un jour, dans la vie d’Abraham, vient une autre parole de Dieu : « Dieu dit : Prends ton fils, ton unique, celui que tu aimes, Isaac, et offre-le en sacrifice. » (Genèse 22.2). Abraham ne comprend plus rien ! Quand nous lisons pour la première fois le récit de l’épreuve d’Abraham, sans connaître la suite, nous ne comprenons pas non plus. Après avoir promis à Abraham une descendance par Isaac, Dieu demande au père de tuer le fils de la promesse ! Abraham ne comprend plus Dieu. L’épître aux Hébreux (Hébreux 11.19) nous explique comment Abraham raisonne pour réconcilier la promesse de Dieu et la demande en sacrifice. Ce raisonnement est le suivant : Dieu m’a promis une postérité, donc Isaac vivra. Dieu le demande en holocauste, donc Isaac doit mourir. Par conséquent, se dit Abraham, Dieu va ressusciter Isaac après le sacrifice. Cet enchaînement d’idées aide Abraham à accepter ce qu’il ne comprend plus de Dieu. Malgré cette incompréhension, Abraham va préparer son fils Isaac, le bois pour le sacrifice, prendre le couteau, et marcher perdant trois jours jusqu’au pays de Morija, où enfin il va comprendre. Dieu ne demande pas le sang d’Isaac, ni la mort de cet enfant. Dieu veut tester la foi d’Abraham. L’Eternel permet ces événements et ainsi « Il sait alors qu’Abraham craint Dieu. » (Genèse 22.12). Dans la vallée des larmes, de l’ombre de la mort, des pourquoi, nous devons garder confiance en Jésus-Christ.

    Un autre exemple : JEAN-BAPTISTE, le dernier des grands prophètes de l’Ancien Testament. C’est lui le premier qui reconnaît le Christ quand le Seigneur vient pour se faire baptiser. Jean-Baptiste dit : « Voici l’Agneau de Dieu, qui ôte le péché du monde. C’est celui dont j’ai dit : Après moi vient un homme qui m’a précédé, car il était avant moi. » (Jean 1.29). C’est celui dont Moïse, Esaïe, David et d’autres prophètes ont parlé. Jean-Baptiste est à ce moment-là sur une montagne spirituelle. Pour lui ce sont des moments exceptionnels. Mais un jour Jean-Baptiste se fait arrêter par les soldats d’Hérode et est jeté en prison. En captivité Jean-Baptiste se pose beaucoup de questions et se demande : “Ne me suis-je pas trompé ?” Jean envoie alors ses disciples pour demander à Jésus s’il est bien celui qui doit venir. Et Jésus leur répond : « Allez rapporter à Jean ce que vous entendez et ce que vous voyez : les aveugles voient, les boiteux marchent, les sourds entendent, les lépreux sont purifiés, les morts ressuscitent, et la Bonne nouvelle est annoncée aux pauvres. » (Matthieu 11.4-5). Jean est rassuré. Oui le Messie est bien là. Et puis un soir il entend du bruit dans sa prison ; ce sont des gardes qui quelques instants plus tard vont le décapiter. Le glaive tombe, la tête de Jean-Baptiste roule. Les soldats la mettent sur un plat pour la porter à une femme perverse, cupide, adultère, mondaine. Dans sa prison, peu avant sa mort, Jean-Baptiste n’a plus rien compris ! “Mais où est le Messie, le Fils de Dieu ? Pourquoi ne vient-il pas me délivrer ? Où sont donc toutes les promesses ? Le Christ est tout près, rempli d’autorité, auteur de tant de miracles ! Va-t-il me laisser mourir dans ma prison ? Que se passe-t-il ?” Les disciples de Jean-Baptiste qui avaient rapporté à Jean que Jésus était bien le Messie, le Sauveur du monde, celui qui vient d’en haut, viennent chercher le corps du prisonnier décapité. Dans leur esprit, que de questions et que de pourquoi !

    Nous avons d’autres exemples dans le Nouveau Testament, (notamment l’apôtre Paul) ou encore dans l’histoire de l’Eglise, qui chemine elle aussi entre montagnes et vallées, entre des instants de gloire où les portes du ciel sont ouvertes et ces moments pénibles remplis de questions pénibles et de pourquoi douloureux.

    Dans l’histoire de l’Eglise

    Nous sommes au 16e siècle en Espagne. Francisco del Encina, un des grands réformateurs (bien que peu connu), a étudié à l’université de Louvain. Il se convertit et adopte les idées de la Réforme. Il séjourne à l’université de Wittenberg, où Luther enseigne. Il traduit le Nouveau Testament en espagnol pour que tous les Espagnols puissent lire la Parole de Dieu dans leur propre langue. Quand sa traduction est achevée, il demande audience à Charles Quint. Pour bénéficier de son appui et de sa protection il lui dédie la traduction du Nouveau Testament. L’empereur refuse de recevoir le réformateur et envoie son confesseur pour avis. En sortant de l’une de ces réunions, Francisco del Encina se fait arrêter. Après avoir connu la montagne, la gloire, il est jeté en prison pour de longs mois. Et puis un jour, dans sa prison, il trouve toutes les portes ouvertes. Comme Pierre, il sort alors libre. Il se rend à Wittenberg pour retrouver Luther. Il revient ensuite à l’université de Cambridge où il enseigne le grec du Nouveau Testament. Il est de nouveau sur la montagne. En 1548, il revient à Strasbourg et meurt malade : il a 32 ans, il laisse une femme et deux enfants. Quelques années plus tôt, son frère avait été exécuté par le feu à Rome. Montagnes et vallées, triomphes et détresses se succèdent ainsi pour le réformateur espagnol.

    A côté de lui, et de beaucoup d’autres qui perdent la vie à cause de leur foi en Jésus-Christ, certains vont échapper, comme Luther, sans que l’on ne sache trop bien pourquoi. Pourtant le célèbre réformateur de l’Allemagne ne s’est jamais caché pour dénoncer les hérésies de Rome. Luther n’a jamais ménagé ses efforts pour défendre ouvertement la Vérité, la Parole de Dieu. A la Diète de Worms, il comparaît devant l’empereur Charles Quint et les autorités religieuses et séculières. Il ne se rétracte pas, il reste ferme sur ses opinions malgré les menaces du bûcher, de la condamnation et de l’excommunication. Luther est excommunié, mis au ban de l’Empire et peut donc être tué par n’importe qui, sans que l’assassin ne soit inquiété. Mais Luther prêche, enseigne à l’université de Wittenberg, il traduit la Bible, compose des cantiques, se marie, a des enfants et meurt paisiblement dans son lit.

    A côté de cela, d’autres croyants fidèles seront arrêtés, jetés en prison, pour être condamnés et exécutés. Comment expliquer cela ? Certains ont pu échapper, sous la protection de la main du Seigneur, d’autres iront jusqu’au martyre. L’histoire de l’Eglise est faite de monts et de vallées. A côté des grandes victoires du réveil de la Réforme, combien de vallées ont dû être traversées par les martyrs de la foi, comme les deux Belges, Henri Voest et Jean Van Essen, brûlés vifs sur la Place de Bruxelles. En parlant des Jean Hus, Marie Durand, et de beaucoup d’autres martyrs, pendus, jetés au bûcher, tués, emprisonnés, torturés, enterrés vivants, exécutés sur l’échafaud, noyés, on pourrait évoquer bien d’autres vallées, tristes vallées.

    Dans notre vie

    A un niveau différent, chacun de nous passe par “vallées et montagnes”. Tous traversons tantôt des moments de “gloire”, tantôt des épreuves ; nous demandant alors : “Mais où est Dieu ? Que fait-il ?”

    De même dans notre église nous avons vécu des moments forts où nous avons connu la joie de voir des conversions bouleversantes, des vies transformées, des couples sauvés par l’Evangile, de remarquables exaucements à la prière, des chrétiens sortir de situations inextricables, une jeune maman stérile mettre au monde un enfant, des bénédictions vraiment particulières. Mais à côté de ces moments bénis sur les montagnes, il y a des vallées à traverser. Ce sont des cœurs endurcis à l’extrême, des couples qui perdent un enfant, une jeune maman terrassée par une maladie incurable, un jeune homme qui abandonne l’Evangile pour plonger dans le monde, une épouse qui trahit son mari, ou l’inverse, un jeune couple sans enfant, un bébé mal formé.

    Entre montagnes et vallées, il faut pourtant continuer le chemin acceptant les questions sans réponse. Dans l’histoire de l’Eglise, comme dans la vie chrétienne, il n’y a pas que des montagnes et des moments de gloire. Il ya aussi des vallées et des déserts où nous n’entendons que les échos de nos pourquoi. Le combat de la vie chrétienne est constitué de victoires et de défaites, de roses et d’épines, de prières exaucées et de silences de Dieu, de joies et de peines, de conversions et de rébellions, de moments glorieux où l’on comprend tout et de temps douloureux où l’on ne comprend plus rien. Il faut mener le combat. Si en tant que chrétiens, nous ne nous attendons qu’à des moments de gloire, sur la montagne 365 jours par an, nous serons déçus et nous lâcherons prise. Le chrétien n’est pas celui qui marche la tête haute en comprenant tout. Il est celui qui marche parfois le dos voûté, sans plus comprendre, mais ... qui continue d’avancer.

    Dans un des messages que le roi George VI d’Angleterre a transmis à son peuple pendant la Seconde Guerre mondiale, il disait : “J’ai dit à Dieu : Donne-moi la lumière afin que je ne marche pas dans l’obscurité. Mais Dieu m’a répondu : Mets ta main dans la mienne et je te conduirai à travers l’obscurité.” Voilà parfois ce que Dieu répond. L’Eternel nous accorde parfois une pleine lumière sur la montagne, et parfois il nous laisse dans la vallée sur des chemins qui s’assombrissent. Nous marchons par la foi et non par la vue. Entre montagnes et vallées, il faut continuer le chemin.

    Que Dieu nous aide, les uns et les autres à savoir traverser la vie, sans lâcher prise, même quand il fait sombre et que l’on ne voit pas devant soi. Que Dieu nous donne la force de pouvoir continuer en gardant toute notre confiance en Jésus-Christ. La foi va jusqu’au bout, même s’il y a des “comment”, des “pourquoi” sans réponse. La foi tient bon. Celui qui nous tient debout, c’est le Seigneur qui nous dit : "Mets ta main dans la mienne et je te conduirai à travers l’obscurité.” ■

    Post-scriptum

    Prédication apportée par Philippe Hubinon, et résumée par Jean-Pierre Baudouin - Bulletin “Résurrection” de janvier 1996.

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