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    Zoom Arrière

    logo ARTICLE 804Alfred Kuen (1921-) décembre 2013
    Auteur prolifique de livres d’étude chrétiens, il a été professeur à l’Institut biblique et missionnaire Emmaüs, ainsi que directeur des Editions Emmaüs. Avec d’autres, il est à l’origine de la traduction de la Bible dite "Bible du Semeur".
    logo ARTICLE 63La valeur de l’âme novembre 2003
    MÉDITATION • Jésus a dit : « Que sert-il à un homme de gagner le monde entier, s’il perd son âme ? Que donnerait un homme en échange de son âme ? ».

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    Quand le Maître nous parle

     | Matthieu 5.1-20
     

    Le texte de référence est une partie du plus grand sermon jamais prêché : le Sermon sur la montagne. Jésus est sur la montagne avec ses disciples et la foule. Il prêche, il enseigne, il dit les vérités de Dieu. Ce sermon est redoutable. Si l’on prend la peine de réfléchir à ce qui est dit, on comprend que c’est un véritable défi. On note toutefois la douceur des paroles, des mots tellement paisibles : « Heureux les ... , heureux ceux qui ... » On dirait de la crème ! En fait, c’est de l’acide, du vitriol, qui décape et veut enlever les croûtes, les masques. Le sommet de la montagne correspond à un sommet spirituel dont les exigences sont implacables.

    Les Evangiles nous racontent que Jésus étonnait par ses miracles. Mais le Seigneur étonnait aussi par son enseignement. En effet, l’enseignement du Christ est étonnant. La fin du Sermon sur la montagne est marquée par l’étonnement des auditeurs : « Après que Jésus eut achevé ces discours, la foule fut frappée de sa doctrine ; car il enseignait comme ayant autorité et non pas comme les scribes. » (Matthieu 7.28). Les gens diront de Jésus : « Jamais homme n’a parlé comme cet homme. » (Jean 7.46). Vingt siècles plus tard, cette affirmation est encore vraie : jamais homme n’a parlé comme cet homme. Pour quelle raison ? Parce que ce ne sont pas seulement les paroles d’un homme. C’est plus qu’un homme. C’est Dieu fait homme. Ce sont les paroles d’un Dieu, ce sont les Paroles de Dieu. Jamais aucun discours humain ne pourra atteindre de tels sommets.

    Ces paroles de Jésus sont celles dont chacun a besoin. Notre ville, notre pays, notre monde en ont besoin. Les résultats de nos divers efforts d’évangélisation et distributions de la Parole n’appartiennent pas à nos réflexions ou notre appréciation. Si l’on considérait les résultats, on ne ferait jamais rien, et l’on serait souvent découragé. Tel n’est pas le service du Christ. Au fait, travaillons-nous vraiment pour le Christ, oui ou non ? L’histoire d’un missionnaire en activité en Chine nous décrit son œuvre apparemment infructueuse durant 34 ans : pas un seul fruit, pas un baptême, rien ! Mais de suite après sa mort, se lève un vent de réveil spirituel sur son champ d’action, sur cette contrée si longtemps décourageante. Ainsi donc n’oublions jamais : nous ne travaillons pas pour des résultats ou en fonction d’une récolte à exhiber. Nous servons Jésus-Christ. Notre part est de nous mettre à son service. Les résultats lui appartiennent. Soyons sûrs et convaincus que les paroles de Jésus sont celles dont le monde a besoin.

    Jésus travaille les cœurs par sa Parole et son Esprit. Chacun alors ouvre ou ferme son cœur à la grâce de Dieu. Nous devons inlassablement semer, sachant que le fruit appartient au Seigneur. Il est de notre responsabilité de répandre la Parole du Christ et de favoriser la prédication de l’Evangile. Si nous demandons à Dieu de sauver des âmes, sans nous mettre au travail, qui donc va amener ces cœurs à l’écoute de la prédication de la croix ? Qui ? Les anges ? Jésus n’enverra jamais les anges pour faire notre travail. C’est à l’Eglise du Christ que le Seigneur a confié cela. « Que celui qui a des oreilles pour entendre, entende, ce que l’Esprit dit à l’Eglise. » (Apocalypse 2.7).

    Le premier mot du Sermon sur la Montagne est : « Heureux... » (Matthieu 5.3). Jésus parle du bonheur. Et l’Eglise qui veut être fidèle à Jésus-Christ doit aussi parler du bonheur. Elle ne doit pas seulement parler du péché, de l’enfer, du jugement, de la prière, de la sanctification, de la sainteté, des commandements, mais aussi du bonheur. Certains d’entre nous ne sont pas intéressés par le sport, la musique, la littérature, mais chacun, chrétien ou pas, l’est par le bonheur. Ainsi donc le Seigneur veut accrocher l’attention des auditeurs en abordant son sermon avec ce sujet particulier du bonheur. Un récent sondage effectué en France permet de dire que la majorité des Français estiment que la première condition au bonheur est la santé. Si la santé est effectivement un élément important de notre vie, il faut toutefois savoir que 90% des gens qui se suicident sont en bonne santé. La condition première à leur bonheur est donc bien remplie et pourtant ces gens se donnent la mort !

    Jésus parle du bonheur, mais il le fait à contresens des idées reçues. On est vraiment surpris quand on lit ce qu’il dit à ce sujet. C’est étonnant ! Si aujourd’hui l’homme de la rue devait rédiger huit béatitudes, elles ne ressembleraient en rien à celles du Sermon sur la montagne prononcé par Christ. Elles seraient sans doute proches des formules suivantes : “- Heureux celui qui peut vivre de ses rentes car il ne doit plus travailler ! - Heureux celui qui arrive à ses fins par n’importe quel moyen ! - Heureux celui qui peut vivre l’été à la plage et l’hiver à la montagne, car toute l’année il sera bronzé ! - Heureux celui qui triche sans se faire prendre car il pourra ainsi mieux profiter de la vie ! ­ Heureux celui dont la conscience est élastique car il pourra dormir en paix ! - Heureux les durs et les brutes qui distribuent les coups car ils seront respectés !” Telle est la définition du bonheur selon l’esprit du monde.

    Quand Jésus parle du bonheur, on est étonné car cela ne coïncide pas du tout à ce que l’on attendait. Lorsque le Christ dit : « Heureux ceux qui sont persécutés pour la justice. » (Matthieu 5.10), on a difficile de comprendre. De même on est étonné quand on lit : « Heureux serez-vous quand on dira faussement de vous toute sorte de mal, à cause de moi. » (Matthieu 5.11). Tout cela va à l’encontre des idées reçues et des pensées du monde. En quelque sorte, le bonheur décrit par le Christ n’est pas un bonheur qui attire. Aujourd’hui nous sommes sans cesse inondés par des images de “faux bonheur”. Dans les magazines, à la télévision, dans la presse, ces images de faux bonheur ont une puissance de séduction inouïe, même sur le chrétien. En effet, souvent, nous façonnons notre conception du bonheur de moins en moins selon l’enseignement du Christ, et de plus en plus selon l’esprit du monde. Voilà pourquoi sans cesse nous avons besoin que la Parole et l’Esprit de Dieu corrigent nos pensées et notre conception de la vie et du bonheur. Ainsi, l’apôtre Paul écrivait : « Soyez transformés par le renouvellement de l’intelligence. » (Romains 12.2). Jésus dit : « Heureux les pauvres en esprit. », les modestes, ceux qui sont petits à leurs propres yeux, ceux qui se sont reconnus comme pauvres, qui ne se prennent pas pour le centre du monde. « Heureux ceux qui pleurent. » parce qu’il y aura un temps de consolation. On apprend souvent beaucoup plus dans les pleurs que dans les rires. « Heureux les débonnaires, les doux. » Curieuse affirmation pour un monde qui promet le bonheur aux casseurs, aux durs. « Heureux ceux qui ont le cœur pur. » Aujourd’hui on se moque de ceux qui ont un tel cœur, qui sont honnêtes, qui ne trichent pas, qui voient le mariage avec un cœur pur. « Heureux ceux qui procurent la paix. », alors qu’il y a tant de guerres dans les foyers, dans les maisons, dans les couples. Jésus a dit : « Heureux serez-vous quand vous serez outragés à cause de moi. » Une des notes dominantes, communes à tant de récits de martyrs c’est une joie mystérieuse qui les anime au moment du supplice. Devant la mort, ils chantent des cantiques.

    Jésus termine les béatitudes en disant : « Réjouissez-vous et soyez dans l’allégresse, parce que votre récompense sera grande dans les cieux. » (Matthieu 5.12). Tout ne se passe pas sur la terre. Si la Parole de Dieu est vraie, cela n’est pas de l’opium, contrairement à la déclaration de Marx qui affirmait : “La religion est l’opium du peuple.”, elle endort les gens en leur faisant croire que si tout va mal ici, là-haut tout ira bien. Jésus ne veut pas nous endormir. Si la Parole est la vérité, alors il faut reconnaître que nous devons apprendre effectivement à ne pas tout attendre ici-bas. Telle est la différence entre le chrétien et celui qui ne l’est pas. Le non chrétien attend tout ici-bas, et de suite. Le chrétien vit une autre dimension. Il n’attend pas tout là-haut, plus tard. Il attend aussi ici : la paix dans le cœur, la joie du Seigneur, la grâce et de pardon de Dieu, une conscience pure et propre. Il attend aussi plus tard une récompense qui sera grande dans les cieux.

    Ensuite Jésus utilise deux métaphores très connues. Ces deux images du chrétien nous enseignent : « Vous êtes le sel de la terre. » (Matthieu. 5.13) - « Vous êtes la lumière du monde. » (Matthieu. 5.14). A l’époque du Christ, le frigidaire et le congélateur n’existant pas encore, le sel jouait un rôle très important. Il conservait les aliments. Jésus utilise l’image du sel conservateur en parlant du chrétien. Le sel freine et ralentit la corruption. Le christianisme est l’un des derniers remparts contre la corruption dans le monde. Mais le drame en Occident, c’est que cette muraille se fissure parce que le sel perd sa saveur. Le monde devient sans doute de plus en plus méchant, les moyens de faire le mal étant de plus en plus évolués, puissants et sophistiqués. Mais cela n’explique pas tout. N’y a-t-il pas du côté du sel, une perte de saveur ? N’y a-t-il pas quelque chose de disparu du côté de l’Eglise, des chrétiens et même des pasteurs ? La différence entre le chrétien et le non chrétien s’amenuise de plus en plus. Beaucoup de chrétiens ne sont plus tout à fait aujourd’hui contre l’avortement, le divorce, l’adultère, la fraude fiscale. Bien des croyants de nos jours ne sont plus tout à fait pour la fidélité, l’honnêteté, la prière, la Parole de Dieu, et ne sont plus vraiment d’accord avec le Christ ! C’est aussi vrai pour certains pasteurs dont l’enseignement est contraire à la doctrine du Christ. Ces pasteurs sont consultés pour donner la réponse de Dieu, et ils donnent la réponse du monde. Beaucoup d’églises perdent leur saveur et n’ont plus le bon goût de l’Evangile, de la vérité, de la doctrine de Christ, de la droiture et de l’amour fraternel. Avons-nous encore chacun de la saveur ? Avons-nous encore du goût ? Donnons-nous encore du goût à la vie, à ces gens autour de nous qui ne savent plus pourquoi vivre, pourquoi mourir ? Avons-nous encore le goût de l’Evangile, le bon goût de Jésus-Christ, la bonne odeur de Christ ?

    Seconde image utilisée par Jésus-Christ, celle de la lumière du monde. Jésus dit : « Vous êtes la lumière du monde. » (Matthieu 5.14) et il ajoute : « Que votre lumière luise devant les hommes. » (Matthieu 5.16).

    Ensuite Jésus fait courtement une mise au point d’une importance capitale. Il précise : « Ne croyez pas que je sois venu pour abolir la loi ou les prophètes, je suis venu non pour abolir, mais pour accomplir. » (Matthieu 5.17). Le Christ donne la raison de sa venue, il dit pourquoi il est venu. Au temps de Christ, beaucoup pensaient sans doute qu’il venait tout révolutionner, et provoquer un grand chambardement.

    Encore aujourd’hui, on souhaite le bouleversement dans l’enseignement, les institutions politiques et judiciaires, les églises. De tout temps, il en a été ainsi. Dans ce verset 17, Jésus dit en quelque sorte qu’il n’est pas un révolutionnaire. Il affirme qu’il ne vient pas pour tout raser. Les révolutionnaires commencent toujours par détruire tout ce qui a été construit avant eux ... pour rebâtir quelque chose d’à peu près semblable, en prenant cette fois la tête du mouvement. Ils ont remplacé l’ancien par du moderne. Mais le système nouveau n’est pas meilleur que celui qui a précédé. Cet esprit est parfois présent dans les églises. Il faut ainsi changer les vieux cantiques, remplacer les vieux pasteurs, changer les vieux anciens, les vieux chrétiens ! Le Christ est venu pour accomplir, pour prolonger, pour construire l’Eglise. Dans quel camp sommes-nous ? Dans le camp de ceux qui veulent détruire et raser, sans savoir très bien ce qu’on mettra à la place, ou dans le camp qui construit et édifie l’Eglise ? De quel côté es-tu ? Tu détruis ou tu construis ? Jésus n’est pas venu pour abolir les vieux commandements de Moïse, ni pour supprimer les vieux textes des prophètes. Il est venu pour les accomplir, les épanouir, leur faire prendre toute leur beauté. Travaillons à cela dans l’Eglise, pour faire prendre à la Parole toute sa beauté. C’est notre responsabilité à chacun, à chacune, là où Dieu nous a placés.

    Jésus reste sur la voie tracée par ses prédécesseurs, pour accomplir son œuvre selon un double sens :

    1. "Accomplir" dans le sens d’obéir. Jésus a manifesté une obéissance totale, en particulier aux commandements donnés par Dieu à Moïse (Exode 20). Jésus a respecté parfaitement ces Dix commandements, complètement et totalement. Aucun homme n’avait jamais réussi à faire cela. Nous n’avons jamais rencontré un homme qui ait accompli parfaitement un seul de ces commandements. Nous n’y arrivons pas, même pas pour un seul commandement. De plus n’oublions pas que l’Ancien Testament comprend plus de 600 commandements au total. Jésus est venu tout accomplir parfaitement. Il reconnaît ainsi que la Loi est bonne. Christ n’a, par exemple, jamais connu le mensonge, la convoitise, l’adultère en action ou même en pensée, etc.

    2. Ensuite "accomplir" dans le sens où il accomplit les prophéties. La différence entre le Christ et tout autre homme est que lui était annoncé et prédit. Chaque étape importante de sa vie a été prédite et annoncée à l’avance. Sa naissance, sa famille, sa mort, ses paroles sur la croix, le lieu de son ensevelissement, sa résurrection le troisième jour, ont été annoncés par les prophètes bien avant sa venue. Le grand savant Blaise Pascal écrivait dans ses Pensées, avec son sens de la précision et du discernement, ces quelques mots : “Christ, prédit ; Mahomet, non prédit.” Avec ce style si concis, ce savant chrétien avait bien compris la différence fondamentale entre le chrétien et le reste du genre humain. Seul le Christ est venu accomplir ce que Dieu le Père avait annoncé à l’avance à son sujet. C’est pourquoi il est le Christ, le Messie et il a droit à l’adoration. Avec cela aussi, il est venu accomplir une promesse : toutes les prédictions qui ont été faites s’accompliront. La Bible dit : « Il ne disparaîtra pas de la Loi un seul iota ou un seul trait de lettre, jusqu’à ce que tout soit arrivé. » (Matthieu 5.18). Il y a encore des prophéties qui ne sont pas accomplies, et que les chrétiens attendent. Le Seigneur nous fait la promesse qu’il accomplira tout, il ne ment pas ! Christ vient accomplir le plan de Dieu, la croix, le salut du monde.

    Si vous n’êtes pas encore venu à la croix du Calvaire, si vous entendez la voix du Saint-Esprit, venez à Jésus-Christ, à la croix, au tombeau vide, et donnez-vous tout entier à Christ.

    Pour nous qui sommes chrétiens, nés de nouveau, mettons aussi toute notre vie aux pieds de Jésus. 

    Post-scriptum

    Prédication apportée par Philippe HUBINON et résumée par Jean-Pierre BAUDOUIN - Bulletin “Résurrection” de mars 1997.

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