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    Zoom Arrière

    logo ARTICLE 804Alfred Kuen (1921-) décembre 2013
    Auteur prolifique de livres d’étude chrétiens, il a été professeur à l’Institut biblique et missionnaire Emmaüs, ainsi que directeur des Editions Emmaüs. Avec d’autres, il est à l’origine de la traduction de la Bible dite "Bible du Semeur".
    logo ARTICLE 350Faire taire les critiques février 2011
    Nous pouvons résister aux moqueries si nous avons la conviction de faire la volonté de Dieu.

    Dans la même rubrique

    Une vie en équilibre (2)


     | Volet 3 : Proverbes 3.13-23 - 1 Pierre 4.7
     | Volet 4 : Actes 6.7 - Apocalypse 19.1-2
     
     ALLER A LA PARTIE 1

    VOLET 3
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    DANS LA FAMILLE ET DANS L’ÉGLISE

    Lors de précédentes prédications, nous avons abordé le thème de la sagesse. Elle est synonyme d’équilibre. Le sage, en effet, est celui qui trouve dans sa vie l’équilibre. Le fou est celui qui vit comme ... un déséquilibré.

    Nous avons comparé l’existence à une marche sur un câble tendu entre deux points : la naissance et la mort. Entre ces deux moments, nous devons progresser en gardant notre équilibre. Le fondement de la sagesse est la foi en Dieu. La base de l’équilibre est la crainte de Dieu. La Bible dit : « La crainte de l’Eternel est le commencement de la sagesse (équilibre). » (Psaumes 111.10). Après leur conversion, beaucoup de personnes doivent chercher à rééquilibrer toute leur vie. En effet pendant tout le temps où ils ont vécu sans Dieu, ils ont déséquilibré tous les domaines de leur existence. Les uns et les autres, par Jésus-Christ, notre Sagesse, notre Equilibre, nous essayons de trouver et de garder notre stabilité.

    Certains peuvent penser que l’argent aide à trouver l’équilibre. Il peut y contribuer, mais ne constitue certainement pas le fondement d’une vie équilibrée. Des gens très riches connaissent souvent le chaos et le désordre dans leur vie, et se retrouvent chaque semaine chez le psychiatre. D’autres peuvent s’imaginer que l’intelligence et les diplômes favorisent l’équilibre d’une vie. Pas nécessairement et bien des exemples le confirment.

    Nous avons aussi remarqué que nous n’avons pas qu’un seul équilibre à maintenir dans notre existence. La stabilité doit être assurée dans plusieurs domaines de notre vie. Lors de notre dernière étude, nous avons trouvé une application de ce principe de la sagesse - de l’équilibre - au niveau de la vie de l’Eglise. La Bible (Actes 2.42) nous apprend que l’Eglise persévérait dans l’enseignement des apôtres, la communion fraternelle, la fraction du pain et les prières. Sur ces quatre piliers, une Eglise peut se construire et garder sa stabilité. Nous avons imaginé cette notion en disant que l’Eglise doit être simultanément une école, un club, un restaurant et un lieu de prières.

    Nous poursuivons aujourd’hui par de nouvelles applications de ce principe de la sagesse - équilibre -, d’abord dans le domaine de la famille, et ensuite nous reviendrons encore à celui de l’Eglise.

    Rapports parents-enfants

    Nous savons tous que ces rapports, dont l’enjeu est capital, sont particulièrement difficiles et délicats. Une maladres¬se peut déformer toute la vie d’un enfant. Dans ces rapports, il est important de trouver l’équilibre entre le "oui" et le "non".

    Remarquons que ceci n’est pas une contradiction avec la Parole : « Que votre oui soit oui, et que votre non soit non. » (Jacques 5.12). Il est clair, comme Jésus le disait (Matthieu 5.37), que nous devons éviter un double langage.

    Les générations précédentes de parents ont pensé qu’il était bon, dans l’éducation de leurs enfants, de toujours dire "non". C’était "la loi du non". Nos aïeux ont cru que l’exercice de l’autorité parentale consistait avant tout à dire non. C’était en quelque sorte la règle du ’’tout est interdit". Cela était certainement excessif et une erreur.

    Les nouvelles générations de parents semblent tomber dans l’excès contraire.

    On débouche ainsi sur la loi du "toujours oui". Les nouveaux psychologues ont contribué à ce comportement parental en insinuant qu’un refus imposé à l’enfant pouvait générer chez lui la formation de complexes pouvant freiner son épanouissement. Ainsi donc s’est installé aujourd’hui le principe diamétralement opposé du "tout est permis".

    On retrouve dans ces relations parent-s­enfants, l’image du balancier de l’horloge. Un excès conduit très loin dans un sens, et ensuite, pour corriger cette exagération, on repart à l’opposé vers un autre extrême ! La sagesse consiste à trouver l’équilibre.

    Voici quelques années, certaines églises prêchaient le "non" absolu. Non à la radio, non à la télévision, non au cinéma, non à l’alcool, non à la presse. Cela a conduit les chrétiens à l’écoute en cachette de la radio, à regarder secrètement la télévision, à boire de la bière en se dissimulant, à aller au cinéma sans être vus. Tout cela était une conséquence de cette loi excessive du "non" imposée par ces églises spécialisées en ... hypocrisie !

    Ce principe extrême n’est certainement pas la loi de Dieu. L’Evangile ne nous impose pas de devoir dire non à tout. Parfois nous présentons la Bonne Nouvelle d’une façon erronée à nos contemporains en affirmant que l’Evangile est synonyme de "non à ceci, non à cela". C’est donner l’occasion à ces gens de réagir en disant "Malheur, quel évangile !"

    La difficulté dans l’éducation des enfants est de trouver ce bon équilibre et cette sagesse entre le oui et le non. Certains pensent que la difficulté serait moins grande s’il existait une liste pour connaître les diverses situations où l’on doit dire oui et celles où l’on doit dire non. On pourrait ainsi se retrancher derrière ce choix préétabli. En un certain sens, Dieu nous a donné ces listes en ses commandements précis : non au mensonge, non à l’égoïsme, non à la jalousie, non à la vengeance, mais oui à la vérité, oui au partage, etc. Si Dieu a donné des listes très précises, il nous a en outre donné, dans sa sagesse, des principes qui permettent de trancher entre le oui et le non. Si Dieu nous avait établi seulement des listes à respecter, il nous aurait considérés comme des robots. Ainsi donc Dieu veut nous faire réfléchir pour mettre en œuvre ses principes, applicables à travers toute l’Histoire et en toutes circonstances. Pour tout parent chrétien, il est important de savoir soi-même se poser la bonne question pour définir sa position. Dois-je dire oui ... dois-je dire non ? Si l’on ne s’interroge plus, alors commence la perte d’équilibre.

    Le but final recherché dans ces relations parents­enfants est de gagner ces jeunes âmes à Jésus-Christ. Il faut absolument éviter, en leur disant toujours non, de dégoûter les enfants de l’Evangile. Les parents doivent donc rechercher cet équilibre et trouver, à bon escient, une attitude sage pour dire tantôt oui, tantôt non. De cette sagesse peut dépendre toute la vie de nos enfants. Allons-nous rendre nos enfants stables ou déséquilibrés ? Gardons-nous de les bombarder maladroitement de versets bibliques, et veillons à les éduquer avec sagesse. Soyons donc des parents équilibrés pour former des enfants équilibrés. C’est une grande responsabilité, d’autant plus importante que les parents appartiennent à Jésus-Christ.

    Nous allons maintenant envisager un autre terrain d’application.

    La vie de l’Église

    De la vie de famille à celle de l’Eglise, il n’y a pas passage du coq à l’âne. En effet, l’Eglise est constituée d’un ensemble de cellules : les familles. Quand celles-ci vont bien, l’Eglise se porte bien. L’Eglise est à la fois un organisme vivant et une organisation.

    De tout temps, des conflits ont existé entre différentes tendances. Les unes envisagent l’Eglise en tant "qu’organisation", les autres la considèrent comme "organisme vivant". Il n’y a en fait pas opposition entre ces deux notions, mais au contraire, la sagesse réside dans le bon équilibre entre ces deux concepts. Pour vivre et se développer, l’Eglise a besoin à la fois d’ordre et de liberté. Il faut veiller d’une part à ce que l’organisation ne tue pas la vie, et d’autre part éviter que la liberté n’engendre le désordre. L’équilibre est délicat à maintenir. Sur ce terrain, nous avons besoin de sagesse.

    Dans une Eglise, certains disent que le Nouveau Testament ne parle jamais de liste de membres, ni d’assemblée générale. Ils prônent une conduite libre sous l’Esprit de Dieu. Mais à ce propos justement, l’Esprit de Dieu est un Esprit d’ordre ! L’apôtre Paul dit : « Dieu n’est pas un Dieu de désordre, mais de paix. » (1 Corinthiens 14.33).

    Là où il y a l’ordre, là est la paix. Là où règnent l’ordre et la paix, là règne la liberté. Quand, dans un pays, le désordre s’installe, la liberté disparait. Ordre et liberté sont parfaitement compatibles.

    Notre corps est un excellent exemple de coexistence entre l’ordre et la liberté. Tout mouvement des membres est possible grâce à l’ordre présent dans le corps (dans les systèmes nerveux, respiratoire, circulatoire, musculaire, etc.). Parce qu’il y a ordre, il y a liberté dans les mouvements. Quand le corps est malade, cela signifie que le désordre, le déséquilibre, s’est installé dans une des fonctions du corps. La conséquence en est le manque de liberté : on doit alors rester à la maison, éventuellement alité, restreint dans les mouvements, limité dans les déplacements. Notre corps est un modèle de la combinaison ordre et liberté.

    Dans les affaires, une entreprise ou un commerce ne peut se développer sans ordre, sans structure. Sans organisation, toute société est vouée à la faillite. Une Eglise vivante, en développement, se caractérise par l’ordre.

    Dieu est un Dieu d’ordre

    Certains pasteurs et anciens ont parfois été l’objet de la critique de chrétiens parce que ces conducteurs empêchaient, interdisaient ceci ou cela, et intervenaient dans telle ou telle affaire. En dehors de tout caprice, de tout esprit de domination, ces responsables n’ont pourtant d’autre but que de veiller au bon ordre dans l’Eglise. Il est dangereux, dans une Eglise, que chacun fasse ce qu’il veut, reste incontrôlé dans des initiatives personnelles pas toujours heureuses. Cela n’engendre pas la bénédiction, ni le développement d’une Communauté et encore moins la liberté. C’est la porte ouverte au chaos et au désordre. La responsabilité des conducteurs de l’Eglise est de veiller au bon ordre parce qu’un jour, l’Ecriture affirme (Hébreux 13.17) qu’ils auront à en rendre compte devant Dieu. C’est dans cet esprit de fidélité à Dieu et de recherche d’épanouissement de la vie de l’Eglise que les anciens et pasteurs veillent au bon ordre dans l’assemblée.

    D’autre part, il est certain que ces mêmes autorités de l’Eglise locale veillent à ne pas tuer la vie, de sorte que l’organisation ne tue l’organisme, ne paralyse les dons et n’étouffe les ministères.

    Au contraire, il est du devoir des responsables de l’Eglise de veiller à l’épanouissement des dons de chacun dans cet équilibre de la sagesse. Chacun doit donc veiller, et c’est la responsabilité de tout chrétien dans l’Eglise, à œuvrer pour assurer cet équilibre de la sagesse.

    Ensemble, nous devons avancer avec sagesse en veillant au développement de l’Eglise, pour que la gloire de Jésus-Christ puisse se manifester au milieu de nous. ■

    VOLET 4
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    QUANTITÉ ET QUALITÉ

    Nous poursuivons notre étude sur le thème de la sagesse (synonyme d’équilibre). Prenons l’exemple de la vie de l’Eglise où l’équilibre entre la QUALITÉ et la QUANTITÉ est nécessaire. Par la grâce de Dieu, notre Eglise se développe progressivement depuis 60 années. Dieu a veillé à faire croître l’Eglise.

    Il est évident qu’en parlant de la croissance de l’Eglise, le pasteur n’en tire aucun sujet de gloire mais bien de joie. En effet, aucun homme ne peut faire grandir une Eglise. Dieu seul le fait. L’apôtre Paul dit : « J’ai planté, Apollos a arrosé, mais Dieu a fait croître. » (1 Corinthiens 3.6).

    Nous savons semer des haricots, les arroser mais nous sommes incapables de les faire pousser ! C’est Dieu qui fait croître. C’est pourquoi à lui seul revient la gloire, lorsque nous mentionnons le progrès de l’Eglise.

    Si nous parlons du développement de l’Eglise, c’est pour que chacun soit encouragé et prenne conscience que Dieu est à l’œuvre parmi nous. Chacun donc devrait se dire : "s’il se passe quelque chose dans l’Eglise et si cela vient de Dieu, alors moi je ne veux pas rester en arrière, mais je dois aller au combat, m’engager, me consacrer et prendre une place active dans ma Communauté".

    La croissance de l’Eglise est, pour ses conducteurs, non seulement un sujet de joie mais aussi de crainte, parce que ce développement entraîne une augmentation de leurs responsabilités. Plus une barque est chargée, moins elle est stable. Il faut alors davantage veiller à assurer son équilibre. Le grand nombre de personnes “embarquées” dans notre Eglise ne doit pas être une cause de déséquilibre. Il faut noter encore que les responsables de l’Eglise ne pensent pas qu’à la quantité, mais aussi à la qualité. A quoi servirait une "grosse Eglise", creuse, sans contenance, sans qualité. La sagesse consiste à trouver un équilibre entre quantité et la qualité.

    Nous voulons réfuter les thèses hyper spiritualistes selon lesquelles, pour Dieu, seule la qualité compte. Notre Dieu est un Dieu sage, équilibré, qui veille autant à la qualité qu’à la quantité.

    Examinons ce que la Bible dit. Combien d’hommes Dieu veut-il sauver ? « Dieu veut que tous les hommes soient sauvés. » (1 Timothée 2). Dieu vise donc aussi la quantité, le nombre de ceux et de celles qui sont rachetés.

    Lorsque nous prenons attention à certains passages du livre des Actes, nous apercevons des détails quantitatifs relatifs à la croissance de l’Eglise. Il s’agit presque de statistiques. Le jour de la Pentecôte, « le nombre des disciples s’augmente d’environ trois mille. » (Actes 2.41) Quelques jours plus tard, « le Seigneur ajoutait chaque jour à l’Eglise ceux qui étaient sauvés. » (Actes 2.47). Et encore : « La multitude de ceux qui avaient cru n’était qu’un cœur et qu’une âme. » (Actes 4.32). De plus : « Le nombre de ceux qui croyaient au Seigneur, s’augmentait de plus en plus. » (Actes 5.14). Enfin : « La Parole de Dieu se répandait de plus en plus, le nombre des disciples augmentait beaucoup à Jérusalem, et une grande foule de sacrificateurs obéissaient à la foi. » (Actes 6.7).

    Il est clair que le Saint-Esprit se préoccupe donc aussi de la quantité, du nombre de ceux qui sont gagnés à Jésus-Christ. Mais le Saint-Esprit se préoccupe également de la qualité de la vie de ceux qui sont sauvés. Où trouvons-nous cela dans la Bible ? DANS TOUTES LES ÉPITRES.

    Les apôtres sont soucieux de la qualité de vie des chrétiens. Que d’exhortations relatives à cette qualité de la vie chrétienne !

    Dans notre Eglise, les responsables veillent à la qualité de vie de chaque chrétien. Nous exhortons, prêchons la sanctification, la fidélité conjugale, la droiture dans les affaires, l’obéissance aux parents, la générosité, le pardon, la patience, la douceur, l’hospitalité, etc. Tout cela représente la qualité.

    On peut affirmer que dans l’ensemble, le niveau moyen de la qualité de la vie chrétienne de l’Eglise monte. Toutefois dans la foule, quelques-uns ne progres¬sent pas en qualité. C’est ce à quoi faisait allusion l’apôtre Paul quand il écrivait aux Eglises : « Il y en a parmi vous qui ... » De même : « Il s’est glissé parmi vous certains hommes dont... » (Jude 4).

    Certains, en effet. ne recherchent pas la qualité, le progrès, la sanctification. Tout en profitant de l’ambiance et du progrès général, eux-mêmes piétinent !

    Les responsables d’Eglise veillent à améliorer la qualité de l’enseignement, des activités de l’Eglise, des différents ministères répartis dans l’Eglise. Outre le nombre, ils se préoccupent aussi de la qualité et en particulier de la qualité de chaque membre... qui le souhaite et le désire. Les pasteurs souhaitent toujours que chaque chrétien soit “de meilleure qualité”, “du premier choix”, mais les conducteurs spirituels ne peuvent forcer personne. Toutefois, ces responsables ne veulent certainement pas exclure ceux qui ne sont pas de la meilleure qualité, au contraire, ils souhaitent aider les plus faibles, les aimer, les encourager ; parfois les secouer, les exhorter pour augmenter la qualité de vie chrétienne de chacun.

    Dans quelle “catégorie” de chrétiens sommes-nous ? Qualité “premier choix”. “deuxième choix” ... ou “produit blanc” ? Cette question s’adresse à chacun et invite chaque chrétien à se situer par rapport au critère de "qualité".

    Ensemble efforçons-nous de faire monter le niveau, d’augmenter la qualité de notre vie chrétienne personnelle, ainsi que le niveau global de l’Eglise, de sorte que la qualité soit proportionnelle à la quantité. Ce serait alors tellement beau.

    Remarquons qu’il existe une relation, une interaction entre la quantité et la qualité. Quand une Eglise se sanctifie, recherche la qualité “premier choix”, elle est attirante parce que c’est alors l’œuvre de l’Esprit de Dieu qui conduit les chrétiens dans la sanctification.

    Une Eglise n’est pas attirante si elle est le théâtre de disputes, s’il existe en son sein de l’immoralité, de la jalousie, de la médisance, de l’égoïsme, de la légèreté, de l’hypocrisie. Par contre, si notre Eglise est un lieu d’accueil où l’on rencontre la gentillesse, la chaleur, la vérité, l’esprit de partage, la générosité, la droiture, l’honnêteté, la justice, le pardon, alors il est certain que des âmes seront attirées en grand nombre. Alors, la qualité de vie de l’Eglise aura comme conséquence la quantité et les deux cohabiteront dans cet équilibre de la sagesse divine.

    Comprenons bien que la qualité de l’enseignement ne peut à elle seule attirer les âmes à Jésus-Christ. Mais il faut encore que la qualité de vie de tous ceux et toutes celles qui compo¬sent cette Eglise soit des meilleures. Chacun de nous est donc concerné et tous ensemble nous faisons le niveau de qualité spirituelle de notre Communauté.

    Nous aurions voulu aborder d’autres thèmes relatifs à la sagesse divine : équilibre entre l’action et la prière, entre l’évangélisation et la sanctification, entre le repos et le travail, entre connaissance et expérience, entre vérité et amour, équilibre entre fraternité et intimité.

    Fraternité et intimité

    A ce sujet, la vie de l’Eglise est un mélange de fraternité et d’intimité. C’est un équilibre entre la vie communautaire et la vie privée.

    Certains pourraient penser en lisant le livre des Actes que dans l’Eglise primitive, les chrétiens avaient tout en commun, et partageaient leurs biens, et ainsi regretter qu’aujourd’hui nous ayons perdu cet exemple de fraternité. Mais dans ce même livre des Actes, on apprend de suite que cette vie communautaire va poser des problèmes.

    N’oublions pas (Actes 5) l’histoire d’Ananias et Saphira, premier coup de canif dans le contrat ! Ensuite (Actes 6) apparaît le problème de la mauvaise répartition des biens. Certaines veuves étaient négligées dans la distribution quotidienne des secours. On est loin de la fraternité idéale et exemplaire !

    La fraternité chrétienne n’implique certainement pas que l’on soit toujours les uns chez les autres. Il est important de trouver le bon équilibre entre la vie communautaire et la vie privée. Si cet équilibre est bafoué, d’une “merveilleuse” fraternité peut naître la pire des haines. Au plus l’intimité aura été grande, au plus l’animosité sera ensuite virulente. Prudence ! Si la frater¬nité doit être partagée, veillons tout particulièrement à respecter l’intimité et la vie privée.

    Ces deux notions ne sont pas contradictoires. Fraternité et intimité sont compatibles mais doivent être vécues en bon équilibre.

    Veillons donc chacun à assurer cet équilibre dans ces différents domaines cités, en toute sagesse. Ne vivons pas dans l’Eglise comme des fous, des déséquilibrés. Prenons garde ensemble à cet équilibre dans l’Eglise. Dieu a donné l’Esprit Saint à tout véritable chrétien. Ensemble œuvrons pour assurer cette stabilité dans la vie de l’Eglise.

    Demandons à Dieu sa sagesse pour maintenir l’équilibre dans notre vie personnelle, dans nos foyers, dans nos familles et dans notre Eglise.

    Le Seigneur sera alors glorifié. ■

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    Post-scriptum

    Prédication apportée par Philippe Hubinon et résumée par Jean-Pierre Baudouin - Bulletin “Résurrection“ de septembre à décembre 1991.

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