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    Zoom Arrière

    logo ARTICLE 804Alfred Kuen (1921-) décembre 2013
    Auteur prolifique de livres d’étude chrétiens, il a été professeur à l’Institut biblique et missionnaire Emmaüs, ainsi que directeur des Editions Emmaüs. Avec d’autres, il est à l’origine de la traduction de la Bible dite "Bible du Semeur".
    logo ARTICLE 63La valeur de l’âme novembre 2003
    MÉDITATION • Jésus a dit : « Que sert-il à un homme de gagner le monde entier, s’il perd son âme ? Que donnerait un homme en échange de son âme ? ».

    Dans la même rubrique

    Le plan de Dieu pour Israël (1/2)

     | Volet 1 : Epître aux Romains 9.1-5 ; 10.1-4 ; 11.1-6
     | Volet 2 : Epître aux Romains 9.1-5 ; 10.1-4 - Jean 1.40-51
     

    Prédication en quatre volets
    ALLER A LA PARTIE 2

    VOLET 1
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    (1) Israël, mon amour

    1998 fêtait le 50e anniversaire de la naissance de l’État d’Israël, dont l’existence a en effet été proclamée le 14 mai 1948.

    Que signifie “peuple élu” ?

    Cette expression est souvent utilisée quand nous parlons du peuple d’Israël. Que signifie donc cette “élection” du peuple de Dieu ? Une définition courante dans les milieux évangéliques consiste à dire : Israël a été élu parce que ce peuple est meilleur que les autres. Cette idée est familière et bien répandue dans les milieux évangéliques protestants. Ceux-ci affirment que le peuple élu est particulièrement courageux, intelligent, plus obéissant, plus spirituel et davantage fidèle que d’autres nations. Ce serait donc pour toutes ces raisons que Dieu l’a choisi.

    Ces arguments sont totalement faux. Pas un seul verset de la Bible ne tient ce langage. Au contraire, les prophètes envoyés de Dieu ont critiqué, dénoncé, la mauvaise conduite du peuple élu qui n’est pas meilleur que les autres peuples. Certains prophètes iront même jusqu’à dire que ce peuple choisi est pire que les autres. A cause de leurs affirmations, bien des prophètes ont été persécutés, lapidés et mis à mort en dénonçant la mauvaise conduite du peuple d’Israël. Le grand prophète Esaïe dénonce ainsi dès le début de son livre les péchés du peuple élu et le compare à Sodome et Gomorrhe. D’emblée le prophète inspiré par Dieu, rempli du Saint-Esprit, pose sur Israël un diagnostic bien sombre. Il qualifie Israël de peuple révolté, ignorant l’Eternel, entièrement malade (Esaïe 1.2-6). Esaïe rappelle ainsi au peuple qu’il a désobéi, qu’il s’est mal conduit.

    L’élection d’Israël n’est pas une question de mérite. Le peuple élu n’a jamais, en aucun temps, mérité son élection. Les prophètes Esaïe, Jérémie, Ezéchiel ont souvent dénoncé l’attitude ingrate et méchante du peuple élu. En Ezéchiel 16, le prophète parle de l’amour de Dieu pour Israël. Il compare cet amour à l’amour d’un mari pour sa femme. Le mari lui fait les plus beaux cadeaux, il la comble des meilleurs produits. Et puis un jour, elle le quitte, elle part. Le prophète parle ainsi d’Israël qui abandonne son Dieu.

    Dans sa défense devant le sanhédrin, Etienne, avant d’être lapidé, retrace toute l’histoire d’Israël en faisant le procès du peuple élu (Actes 7). Le réquisitoire est implacable. La conclusion est sans appel : « Vous vous opposez toujours au Saint-Esprit. » (Actes 7.51). Ainsi donc de nombreux textes de l’Ecriture montrent que le choix de Dieu pour ce peuple ne réside certainement pas dans un quelconque mérite d’Israël.

    Cette remarque peut être transposée à l’Eglise. La Bible dit aussi que ceux et celles qui sont rachetés par Jésus-Christ ont été choisis, élus. Pourquoi cette élection ? Certainement pas parce que le chrétien est plus fidèle, plus juste, plus obéissant ou plus spirituel que les autres ! C’est dans son amour que Dieu nous a aimés et pardonnés. A quoi devons-nous donc l’élection divine ? A sa grâce, à sa bonté mais pas à nos mérites. Nous sommes sauvés par la grâce de Dieu. C’est un don de Dieu. Ce n’est pas à cause de nos bonnes œuvres, afin que personne ne se glorifie.

    A quoi Israël doit-il son élection ? A la grâce de Dieu. Il la doit à la bonté souveraine de l’Eternel, à l’amour de Dieu, au choix souverain que Dieu a fait de ce peuple. Ce n’est donc certainement pas à cause des qualités d’Israël. Moïse dit à Israël : « L’Eternel ton Dieu, t’a choisi pour que tu fusses un peuple qui lui appartînt entre tous les peuples qui sont sur la face de la terre. Ce n’est point parce que vous surpassez en nombre tous les peuples, que l’Eternel s’est attaché à vous et qu’il vous a choisis, car vous êtes le moindre de tous les peuples. Mais, parce que l’Eternel vous aime, parce qu’il a voulu tenir le serment qu’il avait fait à vos pères, l’Eternel vous a fait sortir par sa main puissante, vous a délivrés de la maison de servitude, de la main de Pharaon, roi d’Egypte. Sache donc que c’est l’Eternel, ton Dieu, qui est Dieu. Ce Dieu fidèle garde son alliance et sa miséricorde. » (Deutéronome 7.6-9). Déjà sous la plume de Moïse, nous découvrons que Dieu a choisi Israël par amour. L’Eternel ne cherche pas en son peuple élu une raison à cette élection. Il n’y en a pas. La seule raison est en Dieu dans sa grâce, dans sa bonté, dans son amour, et nulle part ailleurs. Le peuple élu n’a donc aucun mérite d’avoir été choisi. Dieu agit ainsi pour que personne n’en tire gloire, que ce soit pour Israël ou pour l’Eglise. Toute la gloire revient à Dieu, à lui seul, car il est le Souverain.

    En fait si l’on veut aller un peu plus loin, Israël n’existait pas encore quand Dieu l’a choisi. Dieu l’a créé en le choisissant. Israël n’existait pas encore quand Dieu l’appelle. Dieu a créé Israël à partir d’Abraham. L’Eternel avait dit à Abraham : « De toi sortira une grande nation. Je multiplierai ta postérité comme les étoiles du ciel et comme le sable qui est sur le bord de la mer. » (Genèse 12.2 et 22.17a). Le prophète Esaïe a rappelé cette promesse avec force au peuple d’Israël. Dieu a créé Israël, et non l’inverse. « Ainsi parle maintenant l’Eternel qui t’a créé, celui qui t’a formé, ô Israël ! » (Esaïe 43.1). Esaïe poursuit : « Israël, vous que j’ai créés, que j’ai formés et que j’ai faits. » (Esaïe 43.7). « Je suis l’Eternel, votre Saint, le Créateur d’Israël, votre roi. » (Esaïe 43.15). « Ainsi parle l’Eternel, qui t’a fait et qui t’a formé dès ta naissance. » (Esaïe 44.2). Avant même qu’Israël n’existe, Dieu l’avait choisi, en choisissant Abraham. Cela fait partie du plan de Dieu. C’est l’Eternel qui mettra en place le peuple, qui l’appellera à l’existence.

    Pourquoi aussi cette insistance de la part du Seigneur ? Pourquoi tous ces rappels au peuple élu ? Parce que, de son élection, Israël en avait tiré une gloire personnelle. Israël se disait : “Nous sommes les favoris de Dieu parmi toutes les nations. Parmi tous les peuples, c’est nous que Dieu a choisis.” De cette élection, Israël en a fait par orgueil un sujet de gloire et de vanité. Israël n’a pas compris la souveraineté de l’amour de Dieu. Israël s’était imaginé que Dieu serait pour lui plus indulgent, moins sévère que pour les autres nations. Israël se voyait plus sage, plus intelligent, plus spirituel et meilleur que les autres peuples. La gloire qui devait revenir à Dieu, Israël se l’appropriait. Il la tirait sur lui au lieu de la rendre au Dieu qui l’avait créé et qui l’avait choisi. En envoyant les prophètes, Dieu frappe en quelque sorte du poing sur la table. Il rappelle à Israël que c’est lui Dieu, le Créateur, le Premier et le Dernier. Dieu dira en quelque sorte à son peuple : “J’étais là avant vous, et c’est à moi que revient la gloire, et pas à vous ; vous êtes là pour ma gloire, et non l’inverse !” Israël n’a pas compris que l’élection divine, avant d’être un privilège, est une responsabilité.

    Quelle était la responsabilité pour Israël ? Quelle tâche importante lui avait été confiée ? Quel ministère devait-il remplir ? Qu’est-ce que Dieu attendait de son peuple ? Quelle était la raison de son élection ? La réponse à toutes ces questions est simple : servir Dieu ! Israël devait être un peuple dont la tâche est de servir Dieu et en particulier porter le message de Dieu aux autres nations. Israël devait être un peuple modèle, lumière au milieu des nations. Israël avait comme ministère de respecter Dieu et d’obéir à ses commandements. C’est ce que le Seigneur avait dit par la plume du prophète Esaïe : « Souviens-toi de ces choses, ô Israël, car tu es serviteur ; je t’ai formé, tu es mon serviteur. » (Esaïe 44.21). L’Eternel dit : « Toi, Israël, mon serviteur que j’ai choisi, race d’Abraham que j’ai aimé, tu es mon serviteur, et je suis ton Dieu. » (Esaïe 41.9). Mais au lieu de remplir sa tâche, de prendre ses responsabilités, d’être obéissant et conséquent dans son élection, Israël se détourne de Dieu. Il ne respecte pas les commandements divins, et ne veut pas aimer son Dieu de tout son cœur, de toute son âme et de toute sa force. Il ne pratique guère les commandements de Dieu, se tourne vers les idoles comme les autres nations. Il offre aussi ses enfants à Moloch en les faisant passer par le feu. Israël ne cesse de transgresser la loi de Dieu. Il se crée et s’invente des faux dieux. Il fait alliance avec les autres peuples.

    Tous les prophètes feront le procès de cette conduite. Ils dénonceront les abominations du peuple élu et lui rappelleront que ce n’est pas pour commettre de tels péchés que Dieu a mis Israël en place. Les prophètes rappelleront à Israël sa vocation, ce pourquoi Dieu l’a appelé. Mais Israël préfère se boucher les oreilles, faire taire les prophètes, les tuer pour ne pas entendre les reproches. Dans le cinquième chapitre d’Esaïe, la Bible compare Israël à une vigne plantée et soignée par Dieu. Mais le prophète dit : « [Dieu] espérait qu’elle produirait de bons raisins, mais elle en a produit de mauvais. » (Esaïe 5.2). Les prophètes dénoncent ces fruits infects : l’injustice, la haine, la cupidité, l’idolâtrie, les compromis, l’immoralité, l’orgueil, la rébellion, le mensonge, les yeux hautains, etc.

    Et l’on entend dire alors : “Ah ! Voilà donc pourquoi Dieu les a rejetés.” Qui a dit qu’Israël était rejeté ? Qui a dit qu’Israël était repoussé à cause de sa mauvaise conduite et parce qu’il n’avait pas accompli sa mission ? La Parole de Dieu ne dit jamais cela ! L’apôtre Paul écrit : « Dieu a-t-il rejeté son peuple ? Loin de là ! » (Romains 11.29). Dieu reste le même et ne change pas d’avis. Israël est un peuple au milieu des autres peuples. Israël est différent des autres nations, non pas à cause de ses qualités, mais à cause du choix souverain de Dieu. Déjà le prophète Esaïe avait lui-même dit de la part du Seigneur : « Quand les montagnes s’éloigneraient, quand les collines chancelleraient, mon amour ne s’éloignera point de toi, Israël, et mon alliance de paix ne chancellera point. » (Esaïe 54.10). Au sujet d’Israël, Dieu ne change pas d’avis. En Esaïe 41.9, l’Eternel dit à Israël : « Je te choisis, et ne te rejette point ! » Tous ceux qui affirment le contraire, en disant que Dieu a rejeté le peuple élu, mentent et trahissent le texte sacré. Malgré la désobéissance du peuple, en dépit de la déception de Dieu, l’Eternel garde son amour pour Israël. L’Eternel dit à son peuple : « Je t’aime d’un amour éternel. » (Jérémie 31.3). “Malgré le mal que tu m as fais, je t’aime encore !” L’Eternel aimera toujours Israël, parce qu’il est Dieu et qu’il ne change pas. Israël portera le fruit de sa désobéissance, il connaîtra les épreuves, de terribles souffrances et bien des persécutions, mais il gardera pour toujours l’amour de Dieu. Dieu est fidèle. Il tient ses promesses. Il ne renie pas ses alliances.

    Cet enseignement appliqué à l’Eglise est repris dans le Nouveau Testament. Dieu est fidèle à ses promesses. Jésus dit : « En vérité, en vérité, je vous le dis, celui qui écoute ma parole et qui croira celui qui m’a envoyé, a la vie éternelle et ne vient point en jugement, mais il est passé de la mort à la vie. » (Jean 5.24). Dieu est fidèle à chacune de ses promesses.

    Nous avons pris notre décision pour Jésus-Christ il y a peut-être bien des années. Nous n’avons pas toujours été comme nous aurions dû être. Mais Dieu nous a-t-il oubliés ? Va-t-il cesser de nous aimer ? Loin de là ! Nos désobéissances ont porté des fruits amers dans notre vie. Nous connaissons tous la tristesse qui survient quand nous désobéissons. Nous avons souffert de la misère et des peines qui s’attachent à notre désobéissance. Mais l’amour de Dieu reste le même. Les alliances qu’il a faites avec nous sont gardées et maintenues pour l’éternité. Dieu ne change pas. La confiance que nous avons mise en Dieu, et l’amour que nous avons manifesté en réponse à sa grâce et à sa bonté, ne sont pas vains parce que l’amour de Dieu envers nous ne changera jamais.

    Sommes-nous venus dans son amour ? Avons-nous reçu Jésus-Christ ? Avons-nous accepté sa grâce ? Avons-nous fait confiance à ses promesses ? Sommes-nous un jour venus à Jésus-Christ ? Avons-nous déjà répondu à l’amour immuable de Dieu ?

    VOLET 2
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    (2) Israël, peuple déïcide ?

    L’élection d’Israël trouve sa cause en Dieu. Ce choix ne trouve donc pas son origine en de prétendues qualités que l’Eternel aurait trouvées dans ce peuple, et qui auraient ainsi justifié cette élection. Le but de l’élection d’Israël est de faire de ce peuple un serviteur de la cause de Dieu dans le monde.

    Israël a manqué à sa vocation. Il a désobéi au Seigneur, a vécu dans la rébellion contre Dieu, s’est tourné vers les idoles comme le faisaient les autres nations. Israël a blessé et méprisé l’amour de Dieu.

    Pour autant, le Seigneur n’a pas rejeté son peuple. Paul écrit : « Dieu a-t-il rejeté son peuple ? Loin de là ! » (Romains 11.1). Dieu ne se repent pas. Il ne change pas d’avis. « Dieu n’a pas rejeté son peuple qu’il a connu d’avance. » Le prophète Esaïe avait déjà prédit qu’Israël allait désobéir sans cesse, mais que l’amour de Dieu resterait fidèle. L’Ecriture dit : « Quand les montagnes s’éloigneraient, quand les collines chancelleraient, mon amour ne s’éloignera point de toi, et mon alliance de paix ne chancellera point, dit l’Eternel. » (Esaïe 54.10). Dieu dit aussi par ce grand prophète : « Israël, tu es mon serviteur. Je te choisis, et ne te rejette point ! » (Esaïe 41.9). Ainsi donc, Dieu aime Israël d’un amour éternel malgré tout le mal que cette nation élue a fait à son Créateur. Cette promesse de Dieu envers son peuple est encore vraie aujourd’hui au 20e siècle. Dieu reste fidèle à chacune de ses promesses.

    Regardons maintenant pourquoi l’Eternel a choisi ce peuple. En quoi est-il serviteur de Dieu ? Quelle est la mission confiée par Dieu à Israël ? Israël devait servir Dieu et assumer un rôle d’instrument de communication. Par Israël, Dieu voulait communiquer au monde sa Parole et son Salut. Dans sa grâce, Dieu a en effet souverainement choisi de communiquer au monde sa Parole par l’intermédiaire de ce peuple. Tous les auteurs des textes des Ancien et Nouveau Testaments sont juifs. Par ce moyen, Dieu communique aujourd’hui au monde sa Parole. Israël n’avait aucune qualité particulière, mais Dieu en a ainsi décidé.

    Malgré la désobéissance de la masse du peuple, Dieu choisit quand même un reste. Rappelons-nous cet épisode de l’Ancien Testament où Elie, pourchassé par le roi Achab, est sujet à une sévère dépression. Le grand prophète de Dieu est extrêmement découragé. Il a accompli des œuvres éclatantes par le Seigneur. Le peuple n’a pas compris. Elie est abattu. Il est complètement déprimé, veut abandonner le ministère, et souhaite la mort (1 Rois 19.4). Dieu lui fixe rendez-vous à Horeb (le lieu où Dieu a autrefois donné sa Loi). C’est alors pour Elie le grand moment de la rencontre avec Dieu. Le Seigneur engage le dialogue (1 Rois 19.9). Le prophète explique alors le comportement du peuple désobéissant : « J’ai déployé mon zèle pour l’Eternel, le Dieu des armées ; car les enfants d’Israël ont abandonné ton alliance, ils ont renversé tes autels, et ils ont tué par l’épée tes prophètes ; je suis resté moi seul, et ils ont cherché à m’ôter la vie. » L’Eternel lui répond : « Je me suis réservé parmi le peuple d’Israël sept mille hommes qui n’ont pas fléchi le genou devant Baal et les faux dieux. » (Romains 11.4). Elie se croyait seul, mais Dieu lui révèle qu’au milieu du peuple d’Israël, l’Eternel s’est gardé sept mille hommes qui ne se sont pas tournés vers les idoles. Dieu s’est gardé un reste, selon “l’élection de la grâce”. Elie n’était donc pas seul. Dieu s’était gardé un noyau de fidèles. Ainsi Dieu a communiqué sa Parole, non pas grâce à la fidélité du peuple élu, mais grâce à la fidélité de Dieu qui tient ses promesses. Dieu assure la communication de sa Parole malgré l’infidélité et la désobéissance d’Israël.

    Ce n’est pas seulement pour transmettre sa Parole que Dieu a choisi le peuple d’Israël parmi les nations. C’est aussi pour donner au monde le pardon. L’Ecriture nous affirme que Dieu a solennellement choisi de pourvoir au salut du monde par l’intermédiaire de ce peuple. C’est au milieu de ce peuple que Dieu a choisi de s’incarner. Les prophètes annonçaient que le Messie viendrait de la nation d’Israël. Dieu a choisi cette nation pour communiquer son salut au monde. Jésus lui-même, envoyé par son Père, prononcera cette phrase étonnante : « Le salut vient des Juifs. » (Jean 4.22). Cela ne signifie pas que le peuple juif va sauver le monde. Cela signifie que c’est par cette nation que Christ le messie, le Fils de Dieu, viendra au monde. Dans le peuple juif, parmi cette nation élue, Dieu prendra forme humaine pour sauver le monde. C’est par ce moyen que Dieu communiquera au monde le salut et le pardon. Le Messie, le Sauveur du monde est venu de ce peuple non pas parce que cette nation était fidèle ou le méritait, mais parce que Dieu l’a ainsi souverainement arrêté. Malgré l’infidélité d’Israël, Dieu a choisi de venir parmi le peuple juif.

    L’apôtre Paul dira en parlant de ce peuple : « Ces Israélites, à qui appartiennent l’adoption, et la gloire, et les alliances, et la Loi, et le culte, et les promesses, et les patriarches, et de qui est issu, selon la chair, le Christ qui est au-dessus de toutes choses, Dieu béni éternellement. » (Romains 9.4). Paul rappelle donc ici le choix de Dieu, de s’incarner dans ce peuple pour sauver le monde. Dieu s’est fait homme au sein de la nation d’Israël. Dieu a choisi de se former un peuple pour qu’il soit serviteur, afin de communiquer et transmettre au monde la Parole de l’Eternel et pour donner à ce monde un Sauveur : Jésus-Christ.

    Le dessein de Dieu n’est donc pas de choisir un peuple pour le chouchouter et tout supporter de sa part. L’Eternel a choisi ce peuple pour en faire un instrument de sa grâce. Dieu veut ainsi communiquer au monde entier sa grâce, son pardon et sa Parole. Et ce, malgré la désobéissance du peuple élu. Tel est l’accomplissement du plan de Dieu, envers et contre tout. Dieu est Dieu. Il conduit l’Histoire. Malgré nos propres désobéissances et l’infidélité du peuple d’Israël, Dieu accomplit son plan.

    Après avoir écrit les chapitres 9, 10 et 11 de son Epître aux Romains (chapitres consacrés à décrire la place d’Israël dans le plan de Dieu), l’apôtre Paul plonge dans l’adoration : « Ô profondeur de la richesse, de la sagesse et de la science de Dieu ! Que ses jugements sont insondables, et ses voies incompréhensibles ! C’est de lui, par lui, et pour lui que sont toutes choses. A lui la gloire dans tous les siècles ! Amen ! » (Romains 11.33-36). C’est comme si l’apôtre avait le vertige devant la grandeur, l’amour et l’intelligence de Dieu. Et Paul ne peut qu’adorer et se prosterner.

    Reste ensuite cette question classique : “Le peuple juif est-il responsable de la mort de Christ ?” Est-ce un peuple déicide ? Peut-on l’accuser d’avoir tué Dieu, d’avoir crucifié le Christ ? N’est-ce pas le devoir des nations de punir ce peuple déicide ? Jamais, à aucun moment, la Bible ne tient ce langage. Il est vrai que les Pharisiens et tous leurs “sympathisants” ont demandé la mort de Jésus-Christ, lorsqu’ils étaient rassemblés dans la cour du gouverneur romain Ponce Pilate.

    Mais examinons ce que dit la Bible. La sentence de mort a été prononcée et exécutée par les Romains. Ce sont eux qui avaient pouvoir de vie et de mort. Les soldats romains ont flagellé le dos du Fils de Dieu. Ils se sont moqués de Jésus en le mettant à nu et en le revêtant ensuite d’un manteau écarlate et d’une couronne (signes de royauté) d’épines. Ce sont les soldats romains qui ont frappé le Christ et lui ont craché au visage. Ce sont les soldats romains qui ont conduit le Fils de Dieu à Golgotha, lui ont enfoncé les clous dans les pieds et dans les mains. C’est un soldat romain qui a planté la lance dans le côté du Crucifié pour vérifier que Jésus était bien mort. Les Evangiles racontent en détail tous ces faits. Nous connaissons ce geste tristement célèbre de Pilate qui se lave les mains. Le gouverneur, après avoir prononcé la sentence de mort, veut donner aux autres la responsabilité. Ainsi donc, dans le procès injuste et la mort de Christ, Israël a bien une part de responsabilité, mais les Romains aussi.

    Nous avons du reste tous une part de responsabilité dans la mort de Jésus. En effet, l’arme qui a tué Jésus-Christ, nous l’avons tous en main. Nous l’avons tous dans notre cœur : c’est notre péché. Ce sont nos péchés, nos fautes et nos désobéissances qui ont cloué le Christ à Golgotha. Tous, nous avons une part de responsabilité parce que nous commettons chacun le péché. Personne n’est innocent. Nous sommes inclus dans les coupables, sans exception. L’Ecriture affirme : « Tous ont péché. Il n’y a pas de juste, pas même un seul ; tous sont égarés, tous sont pervertis ; il n’en est aucun qui fasse le bien, pas même un seul. » (Romains 3.10). Nous avons tous planté les clous dans les mains du Christ. Nous avons tous transpercé le corps du Seigneur avec notre péché. Quand le Christ a été mis a mort ce sont nos péchés qui le tuaient. Il n’ya pas lieu d’accuser le peuple juif, de le désigner comme bouc émissaire ni de le montrer du doigt en tant qu’assassin du Christ. Nous sommes tous aussi coupables qu’eux parce que nous ne sommes pas moins pécheurs qu’eux.

    L’apôtre Paul a dit : « Nous avons la rémission des péchés par son sang. » (Ephésiens 1.7). Le sang de Jésus a coulé à cause de nous et de nos fautes. Blaise Pascal, le grand savant chrétien, avait bien compris ce mystère de la responsabilité personnelle de tout homme dans la mort de Christ. Dans son livre “Le mystère de Jésus”, le savant français écrit : “Tu as versé telle goutte de sang pour moi.” Pascal avait compris qu’il était coresponsable de la mort du Christ à Golgotha. Chacun devrait dire : “Christ a versé telle goutte de sang pour moi. Je suis responsable de sa mort parce que j’ai péché. Ce sont mes péchés qui ont crucifié le Christ.” C’est ce que l’homme repentant réalise au moment de sa conversion. Il est alors conscient d’être coupable et responsable de la mort du Fils de Dieu.

    Esaïe dénonçait très bien le véritable coupable de la mort du Seigneur. Dans ce grand chapitre 53 où il écrit, conduit par le Saint-Esprit, 700 ans à l’avance : « Il a porté nos souffrances, il s’est chargé de nos douleurs, et nous l’avons considéré comme puni, frappé de Dieu, et humilié. Mais il était blessé pour nos péchés, brisé pour nos iniquités, le châtiment qui nous donne la paix est tombé sur lui, et c’est par ses meurtrissures que nous sommes guéris. » (Esaïe 53.4). Et le prophète ajoute : « L’Eternel l’a frappé pour l’iniquité de nous tous. »

    Nous sommes donc chacun responsable de la mort de Christ. Nous ne devons pas reporter cette responsabilité sur quelqu’un d’autre. Les véritables responsables de la mort de Jésus sont ceux et celle qui ont transgressé la loi et les commandements divins. Sans exception nous en faisons tous partie. Personne n’a le droit d’accuser le Juif de déicide. Le christianisme qui l’a fait dans le passé ou dans le présent commet une grave erreur. Personne n’a le droit de s’accorder le pouvoir de punir le peuple juif, ou de dire que cette nation mérite tous les maux qui l’ont accablée. Trop de fois, le peuple juif a été faussement accusé d’être la cause de tel fléau ou de telle calamité qui a frappé le monde.

    Que devons-nous souhaiter pour Israël ? Nous trouvons dans l’Ecriture une prière de l’apôtre Paul dans son Epître aux Romains. Il dit : « Le vœu de mon cœur et ma prière à Dieu pour Israël, c’est qu’ils soient sauvés. » (Romains 10.1). Telle est la prière que nous devons aujourd’hui adresser aussi à Dieu pour Israël. Nous devons prier, non pas pour qu’ils aient les meilleurs avions et les armes les plus sophistiquées avec l’appui de leurs alliés américains, mais prier pour qu’ils reconnaissent leur Messie en la personne de Jésus de Nazareth. Nous devons prier pour qu’ils reconnaissent leurs péchés, qu’ils cessent de chercher leur justification en eux. Nous devons prier pour qu’ils cessent de tirer gloire de leur élection et comprennent enfin la mission que Dieu leur a confiée. Nous devons prier pour qu’ils saisissent ce qu’ont écrit Moïse et les prophètes.

    En montant à Jérusalem pour accomplir son œuvre de rédemption, l’Ecriture nous dit que Jésus a pleuré sur l’incrédulité d’Israël (Luc 19.41). Jésus dira : « Jérusalem, Jérusalem, qui tues les prophètes et qui lapides ceux qui te sont envoyés, combien de fois ai-je voulu rassembler tes enfants, comme une poule rassemble ses poussins sous ses ailes, et vous ne l’avez pas voulu ! » (Matthieu 23.7).

    Paul a souffert tous les jours de sa vie à cause d’Israël, à cause de l’incrédulité du peuple élu. L’apôtre dit : « Je dis la vérité en Christ, je ne mens point, j’éprouve une grande tristesse, et j’ai dans le cœur un chagrin continuel. » (Romains 9.2). La peine quotidienne de Paul est causée par sa nation, par ce peuple rebelle à Dieu. Paul va jusqu’à souhaiter d’être lui-même anathème, damné et séparé de Christ pour ses frères, ses parents selon la chair, son peuple (Romains 9.3). Etonnant de la part de cet apôtre qui a si bien chanté la gloire du Christ et l’amour qui nous lie à lui !

    Mais le plan de Dieu ne se limite pas à ce qu’Israël connaisse le salut. C’est aussi que le monde entier connaisse la grâce de Dieu. De par le monde, les enfants de Dieu ont aussi une prière dans le cœur. Ils font aussi un vœu : ils souhaitent vivement que, non seulement Israël, mais aussi le monde et toutes les nations reconnaissent Jésus-Christ. La Parole nous enseigne que « La volonté de Dieu est que tous les hommes soient sauvés et parviennent à la connaissance de la vérité. » (1 Timothée 2.4).

    En tant que chrétiens, c’est notre prière et l’objet de notre intercession devant Dieu. C’est l’objectif de notre travail et de notre œuvre. Nous combattons pour que des hommes et des femmes puissent venir à Jésus-Christ, et le reconnaître comme le Messie, comme le Sauveur du monde. C’est de cela dont le cœur de l’homme a le plus besoin : de Jésus-Christ.

    Notre prière, à nous chrétiens, pour tous ceux qui nous entourent dans la famille, dans le voisinage, au travail, c’est qu’ils soient sauvés et parviennent à la connaissance de la vérité. Ce n’est pas une question de religion. Ce n’est pas le message des protestants. C’est la volonté du Seigneur que vous veniez à Jésus-Christ par la foi, et qu’il change votre vie. Vous découvrirez ainsi ce que vous n’avez jamais découvert auparavant : « la paix de Dieu qui surpasse toute intelligence. » Notre prière, à nous chrétiens, est que tout homme soit sauvé. Que Dieu entende notre prière et que son œuvre s’accomplisse parmi nous et dans le monde entier à la gloire de Jésus-Christ. ■

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    Post-scriptum

    Prédication en 4 volets donnée le 9-2-1997, 16-2-1997, 23-2-1997 et 9-3-1997 par Philippe Hubinon, et résumée par Jean-Pierre Baudouin - Bulletin “Résurrection” de juin 1997 à octobre 1997

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