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    Zoom Arrière

    logo ARTICLE 804Alfred Kuen (1921-) décembre 2013
    Auteur prolifique de livres d’étude chrétiens, il a été professeur à l’Institut biblique et missionnaire Emmaüs, ainsi que directeur des Editions Emmaüs. Avec d’autres, il est à l’origine de la traduction de la Bible dite "Bible du Semeur".
    logo ARTICLE 63La valeur de l’âme novembre 2003
    MÉDITATION • Jésus a dit : « Que sert-il à un homme de gagner le monde entier, s’il perd son âme ? Que donnerait un homme en échange de son âme ? ».

    Dans la même rubrique

    Le plan de Dieu pour Israël (2/2)

    | Volet 3 : Epître aux Romains 2.17-29 ; 9.6 - Epître aux Galates 3.6-9
    | Volet 4 : Epître aux Romains 9.30-33 ; 11.11-15, 28-36
     

    Prédication en quatre volets
    ALLER A LA PARTIE 1

    VOLET 3
    ALLER AU VOLET 4

    (3) Il y a Israël et Israël !

    Nous poursuivons notre série consacrée à Israël, et plus précisément au plan de Dieu pour le peuple élu. L’élection d’Israël et l’appellation “peuple élu” ne lui sont pas attribuées grâce à des qualités exceptionnelles, mais trouvent leur cause dans la grâce souveraine de Dieu.

    Il est important de noter la nature de l’élection d’Israël. Sinon l’on comprend mal ce choix. En effet, une mauvaise compréhension de la réalité conduit Israël à se croire meilleur que les autres peuples et à en tirer gloire. Israël se fourvoie et devient alors vaniteux, puisqu’au lieu de rendre gloire à Dieu, il s’attribue la gloire à lui-même. Les antisémites se fourvoient aussi. En effet, en constatant la vanité du peuple élu qui s’attire à lui la gloire, ils veulent dès lors le sanctionner et le punir. Les chrétiens s’égarent eux aussi quand cette doctrine de l’élection d’Israël est mal comprise. En effet, au lieu de glorifier Dieu qui choisit souverainement, certains chrétiens portent leurs éloges sur Israël. Ils devraient pourtant les porter sur Dieu seul. Ainsi donc si l’élection d’Israël est mal comprise, tout le monde y perd et fait fausse route, tant les Juifs, que les antisémites, et que les chrétiens.

    Le but de cette élection est précis : Dieu voulait faire de ce peuple, un peuple serviteur. Israël devait être un peuple au service de Dieu d’une part et d’autre part au service des nations. Israël devait être un peuple chargé d’une mission spéciale. Il n’y a donc aucune raison de jalouser l’élection d’Israël. En effet, quand Dieu choisit ce peuple, il le fait pour bénir Israël mais aussi pour nous bénir, pour bénir le monde !

    Quelle était la mission de ce peuple élu ? Il devait à la fois transmettre la Parole de Dieu aux nations, et être l’instrument de l’Eternel pour le salut du monde. Dieu s’incarnera dans ce peuple. C’est dans cette nation que Christ le Messie, le Fils de Dieu, viendra au monde. Dans le peuple juif, Dieu prendra forme humaine, en la personne de Jésus-Christ, pour sauver le monde.

    Nous avons souligné, comme les prophètes n’ont pas manqué de le faire, qu’Israël a manqué à sa mission. Pourtant malgré cela, Dieu n’a pas rejeté Israël. Malgré la désobéissance et l’infidélité du peuple choisi, Dieu continue d’accomplir son plan au travers de cette nation. Malgré tous les manquements du peuple juif, Dieu a donné sa Parole au monde, et le Fils de Dieu est venu parmi les hommes. La nation d’Israël reste dans le plan de Dieu.

    Le peuple élu porte une part de responsabilité dans la mort du Christ, comme les Romains, comme tout homme. En effet, la véritable cause de la mort du Messie est spirituelle : c’est le péché de tous les hommes. Et comme nous avons tous péché, nous avons tous une part de responsabilité dans ce qui s’est passé à Golgotha. Personne n’a le droit de charger le peuple juif de tous les maux de la terre, ni de le montrer du doigt en tant que peuple déicide.

    Cette doctrine doit être clairement comprise. Cette compréhension exige un effort, mais ce sujet est tellement passionnant ! Bien comprendre la réalité permet de saisir correctement le sens de ce qui doit encore arriver dans le monde. Dans Romains 9.6, l’apôtre Paul, conduit par le Saint-Esprit, nous donne une clé importante pour comprendre le plan de Dieu au travers du peuple d’Israël. L’apôtre écrit : « Tous ceux qui descendent d’Israël ne sont pas Israël. » Cela signifie en quelque sorte qu’il existe deux Israël. Il y a un Israël selon la chair et un Israël selon l’esprit.

    La distinction se fait entre l’Israël national, le peuple, la nation, et l’Israël spirituel. Le premier englobe tous les rouages de l’État, le gouvernement, l’armée, la législation, la monnaie, la constitution, les diverses autorités civiles et politiques. Le second Israël, existant au sein du précédent, est spirituel, selon l’Esprit de Dieu. Il est constitué par les Israélites nés de nouveau, qui croient en Jésus-Christ. Cet Israël spirituel comprend notamment les Juifs messianiques, c’est-à-dire les Juifs qui ont reconnu Jésus comme le Messie et qui croient en Christ. Ils ont mis leur foi, leur confiance dans le sacrifice de Jésus-Christ.

    Mais la Parole de Dieu va encore un peu plus loin. En effet, Paul écrit que tous les chrétiens de par le monde qui croient en Jésus-Christ sont eux aussi appelés “l’Israël de Dieu”. Dans l’Epître de Paul aux Philippiens, l’apôtre déclare : « Car les vrais circoncis (les vrais Juifs, le vrai peuple de Dieu) c’est nous, qui rendons à Dieu notre culte par l’Esprit de Dieu, qui nous glorifions en Jésus-Christ, et qui ne mettons point notre confiance en la chair. » (Philippiens 3.3). Il ne faut pas en déduire qu’il y a un vrai et un faux Israël.

    En fait, d’une part il y a un Israël selon la chair (on est juif par naissance) via la chair et le sang. D’autre part, il y a un Israël selon l’Esprit, constitué par tous ceux et celles qui, à travers le monde, croient en Jésus-Christ le Seigneur. Nous trouvons dans la Parole cette expression : « l’Israël de Dieu ». (Galates 6.16). Cet Israël selon l’Esprit comprend tous ceux, Juifs ou non, qui croient en Jésus-Christ. Ainsi Abraham est présenté comme le père du peuple juif, mais avec deux postérités : une descendance selon la chair, et une autre selon l’Esprit. Conduit par le Saint-Esprit, l’apôtre Paul écrit : « Le Juif, ce n’est pas celui qui en a les dehors ; et la circoncision, ce n’est pas celle qui est visible dans la chair. Mais le Juif, c’est celui qui l’est intérieurement ; et la circoncision, c’est celle du cœur. » (Romains 2.28). La vraie circoncision est le résultat de l’œuvre de Dieu en nous, lorsqu’il nous sauve et nous rachète. Les véritables circoncis sont ceux dont le cœur a été changé et qui sont convertis. Selon la Parole, le Juif n’est pas celui qui est circoncis dans la chair, mais bien celui qui a connu la circoncision du cœur. Cette dernière se produit quand un cœur se convertit à Jésus-Christ, quand une vie change par l’action du Saint-Esprit. Ainsi donc si vous êtes né de nouveau, converti, vous faites partie de l’Israël de Dieu. Vous êtes alors juif selon l’Esprit de Dieu. Les chrétiens convertis à Jésus-Christ sont la postérité d’Abraham selon l’Esprit parce qu’ils croient en Christ. L’apôtre Paul écrira dans l’Epître aux Romains, qu’Abraham est le père de tous les incirconcis (les non-Juifs) qui croient, et le père de tous les circoncis (les Juifs) qui croient. Ce qui nous unit, c’est notre foi en Jésus-Christ. Voilà l’Israël de Dieu. C’est l’ensemble de tous ceux et toutes celles qui croient en Jésus-Christ, qu’ils soient Juifs de naissance ou pas. La transcription moderne de Philippiens 3, par Alfred Kuen dit : « Car nous sommes maintenant le vrai peuple de Dieu, nous qui le servons et lui rendons notre culte par son Esprit, nous qui nous glorifions en Jésus-Christ et qui ne mettons pas notre confiance dans la chair. » La postérité d’Abraham est donc double : les Juifs par naissance, et en même temps les enfants de Dieu (Juifs et non-Juifs) qui croient comme Abraham a cru.

    Certains vont par conséquent avancer un faux raisonnement en disant que c’en est donc terminé pour la nation d’Israël, aujourd’hui remplacée par l’Eglise. Par conséquent selon eux il y aurait lieu de spiritualiser toutes les promesses faites par Dieu pour l’Israël de l’Ancien Testament. Prenons garde ! Il n’est nullement question de suivre cette démarche erronée. Dieu n’a pas changé d’avis. Il n’a pas changé ses plans. Il n’a pas modifié le destin d’Israël. Dieu n’a pas rejeté son peuple. Il a toujours pour la nation d’Israël, les Juifs selon la chair, un dessein particulier au milieu des nations, un plan qui s’accomplit. Ainsi, Dieu avait annoncé par les prophètes que cette nation serait dispersée parmi tous les autres peuples. Cela s’est produit en l’an 70 quand le peuple élu a été dispersé par les troupes de l’empereur romain Titus. Cette dispersion à travers le monde a été appelée “diaspora”. Le pays d’Israël est alors devenu un désert, un repaire servant de gîte aux chacals (Esaïe 35.7). Moïse avait déjà annoncé pour la nation d’Israël ce destin de la diaspora : « L’Eternel vous dispersera parmi les peuples, et vous ne resterez qu’un petit nombre au milieu des nations où l’Eternel vous emmènera. » (Deutéronome 4.27).

    Mais les prophètes avaient aussi annoncé que la nation juive reviendrait un jour sur la terre promise. Ils avaient annoncé que Dieu ramènerait son peuple dans son pays. Ils avaient affirmé que ce pays refleurirait, que ce désert redeviendrait comme un jardin, que ce pays aride verrait jaillir des sources d’eaux. Le prophète Esaïe écrit : « Sur la terre de mon peuple croissent des épines et des ronces jusqu’à ce que l’esprit soit répandu d’en haut sur nous, et que le désert se change en verger, et que le verger soit considéré comme une forêt. Le désert et le pays aride se réjouiront, la solitude s’égaiera, et fleurira comme un narcisse, elle se couvrira de fleurs et tressaillira de joie. L’Eternel mettra dans le désert le cèdre, l’acacia, le myrte et l’olivier. Il mettra dans les lieux stériles le cyprès, l’orme et le buis, tous ensemble. Il rendra son désert semblable à un Eden et la terre aride à un jardin de l’Eternel. La terre dévastée sera cultivée, tandis qu’elle était déserte aux yeux de tous les passants et l’on dira : cette terre dévastée est devenue comme un Jardin d’Eden. »

    Il y a un dessein pour la nation d’Israël. C’est ce que nous avons sous les yeux aujourd’hui. Nous en sommes les témoins par le biais de la presse et de la télévision. Il y a encore pour la nation d’Israël un dessein de Dieu qui s’accomplit. L’Eternel n’a pas rejeté son peuple, mais au contraire il promet : « Je vous rassemblerai du milieu des peuples, je vous recueillerai des pays où vous êtes dispersés, et je vous donnerai la terre d’Israël. » (Ezéchiel 11.17). « Je les retirerai d’entre les peuples, je les rassemblerai des diverses contrées, et je les ramènerai dans leur pays. » (Ezéchiel 34.13). Esaïe, Jérémie et Michée diront : « Je vous ramènerai dans Sion, à Jérusalem. » Pourquoi toutes ces promesses ? Certainement pas parce qu’Israël est meilleur que les autres. Mais parce que Dieu garde un plan pour la nation d’Israël. Dieu est fidèle. Il tient ses promesses, malgré la désobéissance du peuple élu. Tout cela nous montre que Dieu continue à accomplir son plan pour la nation d’Israël.

    Il y a certes un destin pour l’Eglise, l’Israël de Dieu. Mais il reste aussi un dessein de Dieu pour la nation d’Israël. Le magnifique chapitre 37 du livre d’Ezéchiel devient Histoire. Les mots de l’Ecriture deviennent Histoire. Les promesses du Seigneur pour la nation d’Israël se réalisent parce que Dieu n’a pas rejeté son peuple. Dieu continue encore d’accomplir aujourd’hui ses desseins pour la nation d’Israël, les descendants d’Abraham selon la chair.

    Aujourd’hui, massivement, la nation d’Israël refuse encore le Messie. Elle refuse, dans sa grande majorité, de reconnaître Jésus-Christ comme le Messie. Mais le plan de Dieu est en train de se réaliser. C’est pourquoi il faut garder un œil attentif sur Israël. Par ce peuple, Dieu réalise son plan ici sur la terre, malgré l’Incrédulité de la nation. L’accomplissement des prophéties est indépendant de la fidélité du peuple élu. La réalisation des promesses annoncées dépend du Dieu souverain, qui a dit et qui fera en sorte que les choses se déroulent conformément à ce qu’il a promis. Dieu n’a pas rejeté son peuple même si la nation d’Israël reste rebelle et incrédule.

    Notre prière pour Israël, à nous chrétiens, reste la même que celle prononcée au temps de l’apôtre Paul. Ce dernier disait : « Le vœu de mon cœur et ma prière à Dieu pour Israël, c’est qu’ils soient sauvés. » (Romains 10.1). Nous devons prier pour qu’Israël se tourne vers Jésus-Christ et qu’il reconnaisse Jésus de Nazareth comme le Messie. Nous devons prier Dieu afin qu’ils accueillent celui qui est mort à la Croix pour leurs péchés, qu’ils reconnaissent que Jésus est bien Dieu fait homme, qu’ils sachent que cet enfant de Marie est “Dieu parmi nous”, Dieu en chair parmi les hommes. Telle doit être notre prière. Nous devons prier pour qu’ils se convertissent et qu’ils croient en Jésus-Christ.

    De plus, ce ne doit pas être notre prière seulement pour eux. Elle doit s’étendre à tout homme. Notre prière, à nous chrétiens, est que tout homme se convertisse et soit sauvé. Paul écrit dans l’épître aux Galates : « Ce qui compte, ce n’est pas d’être circoncis ou incirconcis, (ce n’est pas d’être Juif ou non-Juif). Ce qui est important, c’est d’être une nouvelle créature en Jésus-Christ. » (Galates 6.5). Ce qui compte c’est de mettre notre foi en Jésus-Christ, c’est d’être sauvé pour l’éternité, c’est d’avoir nos péchés pardonnés et effacés. Si vous n’êtes pas encore converti, si vous n’appartenez pas encore à Christ, le plus important pour vous est de venir à Jésus. Notre vœu et notre prière est de vous voir venir à Jésus-Christ pour devenir une nouvelle créature. Il y a un seul chemin, un seul Sauveur. Il faut le reconnaître comme tel et se repentir.

    Que les desseins de Dieu se réalisent pour la nation d’Israël et pour l’Israël de Dieu. Que sa volonté soit faite !

    VOLET 4
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    (4) Israël bute contre la Croix

    Nous abordons la quatrième et dernière partie de notre série consacrée au plan de Dieu pour Israël. Notre attention doit être focalisée non pas sur le peuple élu, objet de l’élection divine, mais sur Dieu lui-même qui a choisi souverainement. Israël a été élu, non pas sur base de qualités exceptionnelles que Dieu aurait trouvées chez ce peuple, mais grâce au choix souverain de Dieu. Le but de cette élection est de communiquer sa grâce, son pardon, son amour, sa sagesse, par Israël, au monde entier. Israël devait être instrument et serviteur de Dieu. Malgré l’infidélité et la désobéissance d’Israël, Dieu réalise son plan.

    Dieu communique sa Parole (la Bible) au monde, et c’est dans !e peuple juif que Dieu s’incarne en la personne de Jésus de Nazareth. La responsabilité de la mort de Christ n’incombe pas seulement à Israël, mais à toutes les nations, à tous les hommes. Il y a en quelque sorte deux Israël. Il y a un Israël selon la chair, constitué par le peuple, la nation juive, dont on est membre par la naissance. Mais l’Écriture nous enseigne qu’il y a un autre Israël, selon l’Esprit. “L’Israël de Dieu” est composé de tous ceux, issus de tous les peuples, qui ont été rachetés par Jésus-Christ, qui croient en Jésus le Messie ; ils constituent l’Eglise, le Corps de Christ. Les enfants de Dieu, nés de nouveau, font partie de l’Israël de Dieu, non par la naissance, mais par la nouvelle naissance. On entre dans cet Israël spirituel par la foi en Jésus-Christ. L’apôtre Paul dit aux chrétiens nés de nouveau : « Si vous êtes à Christ, vous êtes donc la postérité d’Abraham. » (Galates 3.29). « Dieu n’a pas rejeté son peuple qu’il a connu d’avance. » Il y a encore pour la nation d’Israël, pour le peuple juif, un destin. La prière de l’Eglise pour la nation d’Israël doit être la même que celle faite par l’apôtre Paul : « Le vœu de mon cœur et ma prière à Dieu pour Israël, c’est qu’ils soient sauvés. » (Romains 10.1).

    Notre prière pour le peuple juif est qu’ils reconnaissent Jésus de Nazareth comme le Messie, Dieu fait homme, le Sauveur du monde. Notre vœu est qu’ils puissent se repentir et se convertir pour recevoir de Dieu par la foi en Jésus-Christ le pardon de leurs péchés. L’apôtre Paul dit : « En Jésus-Christ il n’y a plus ni Juif ni Grec, il n’y a plus ni esclave ni libre, il n’y a plus ni homme ni femme ; car vous êtes tous en Jésus-Christ. » (Galates 3.28). En Jésus-Christ (après notre conversion), Dieu nous voit tous égaux. Nous avons tous péché et la cause véritable de la mort du Christ, c’est notre péché.

    Nous formons un même corps. Cela est vrai dans le cadre de notre relation avec Dieu. Par contre, en ce qui concerne nos relations humaines, les distinctions demeurent. Ainsi chacun garde sa nationalité, reste un homme ou une femme. Les distinctions sont abolies dans notre rapport avec Dieu, quand il nous voit au travers de Jésus-Christ. Mais ces différences de race, de classe sociale, de sexe, demeurent dans notre fraternité les uns avec les autres. Cela nous permet aussi de souligner qu’il n’y a pas de conditions spéciales, ou de priorités en Jésus-Christ pour un Juif qui se convertit. Il n’y a pas de privilèges spéciaux pour un Juif né de nouveau. Nous sommes tous un en Christ. L’apôtre Paul dira : « Jésus-Christ a renversé le mur de séparation. » entre le Juif et le non-Juif qui se convertissent (Ephésiens 2.14).

    Il n’y a pas une voie de salut privilégiée pour le peuple d’Israël. Le chemin qui mène à Dieu est le même pour tous les hommes. Il y a un seul chemin : Jésus-Christ, le Messie, qui a dit : « Je suis le chemin, la vérité, et la vie. Nul ne vient au Père que par moi. » (Jean 14.6). L’apôtre Paul quand il prêche à Athènes, à l’aréopage devant les philosophes, dit : « Dieu annonce maintenant à tous les hommes (Juifs et non-Juifs) qu’ils aient à se repentir, parce qu’il a fixé un jour où il jugera le monde selon la justice, par l’homme qu’il a désigné, ce dont il a donné à tous une preuve certaine en le ressuscitant des morts. » (Actes 17.30). Il y a un seul chemin pour tous les hommes, quelle que soit leur nationalité. Paul, converti à Jésus-Christ, écrit : « Quoi donc ! Sommes-nous plus excellents ? (C’est-à-dire : sommes-nous supérieurs ? Constituons-nous une race meilleure, supérieure, grâce à l’élection divine ?). Nullement. Car nous avons déjà prouvé que tous, Juifs et non-Juifs, sont sous l’empire du péché, selon qu’il est écrit : il n’y a point de juste, pas même un seul ; nul n’est intelligent, nul ne cherche Dieu ; tous sont égarés, tous sont pervertis. » (Romains 3.9). Paul, inspiré par l’Esprit, affirme que tous sont pécheurs. Par conséquent, nous avons tous besoin du salut, que nous soyons Juifs ou pas. Paul dit : « Il n’y a aucune différence entre le Juif et le non­Juif. » (Romains 10.12). Il n’y a qu’un Seigneur, il n’y a qu’un Sauveur, il n’y a qu’un baptême, il n’y a qu’une Eglise, il n’y a qu’un Messie, il n’y a qu’un médiateur. « Ils ont tous un même Seigneur. Car quiconque (Juif ou non-Juif) invoquera le nom du Seigneur sera sauvé. » (Romains 10.13). Mais quel était le reproche fait par le Seigneur, par l’apôtre Paul, au peuple d’Israël ? Cette désapprobation est précise : « Que conclure ? Des païens, qui ne se souciaient pas de plaire à Dieu, ont été agréés par lui sans le chercher, ils ont trouvé comment être justes devant lui : en lui faisant confiance. Israël par contre, qui a fait de grands efforts pour obtenir l’agrément divin en accomplissant les prescriptions de la Loi, a manqué son but. Pourquoi ? Parce qu’au lieu de faire confiance à Dieu, les Israélites ont tenu à présenter des œuvres méritoires, ils ont voulu être sauvés grâce à leurs efforts. Ils ont buté contre la pierre dont parle l’Ecriture : « Voici, je place en Sion une pierre sur laquelle on tombera, un rocher auquel on se heurtera ; mais celui qui placera sa confiance en lui ne sera pas déçu. » (Romains 9.30-53 - version Alfred Kuen).

    Israël a suivi le chemin de Caïn. Ce dernier offrait à Dieu en sacrifice, en culte, le fruit de son travail, le fruit de ses efforts. Abel son frère va, lui par contre, égorger un agneau. Il verse le sang, il donne la vie pour le pardon de ses péchés. Si nous avions été les compagnons de ces deux frères, nous aurions sans doute été scandalisés par le sacrifice d’Abel, et aurions certainement taxé ce berger de sauvage sanguinaire. Peut-être aurions-nous fait l’éloge du courageux Caïn qui lui, apporte quand même le fruit de son labeur. Mais Dieu, quel regard porte-t-il, lui ? L’Ecriture nous dit : « L’Eternel porta un regard favorable sur Abel et sur son offrande. » (Genèse 4.4). Caïn et Israël ont ainsi choisi le chemin de l’orgueil et de l’autojustification. Ils ont suivi la voie du “Je peux me racheter par mes propres efforts. Je peux payer à Dieu la dette de mon péché. Je serai juste devant Dieu par moi-même, en respectant tous les commandements de Dieu.” Tel est le raisonnement orgueilleux de Caïn, telle est la démarche erronée d’Israël. Ils ont cherché la justice qui provient de l’obéissance à la Loi. Abel a choisi la voie du sang du sacrifice qui préfigurait déjà (dès le début de la Bible) pour Israël le sacrifice suprême de l’Agneau de Dieu qui ôte le péché du monde. Dieu a porté un regard favorable sur l’offrande d’Abel qui avait choisi le chemin du sang, le chemin de la croix de Golgotha. Nos offenses ne pourront jamais être pardonnées malgré tous nos efforts.

    Israël a voulu payer le prix du pardon, a choisi la justification qui provient des œuvres. Ils ont refusé la grâce de Dieu, le cadeau divin, la croix de Jésus-Christ, le sang de Golgotha. Le judaïsme dit non à la foi, non à Jésus-Christ, non à la croix, non au sacrifice de Jésus pour nos péchés. Ils ont choisi la justification qui vient de l’orgueil, au lieu de choisir celle qui nous conduit vers l’humilité, pour nous agenouiller devant le Christ.

    Ce n’est pas seulement Israël qui a refusé le chemin de la grâce. Le frère d’Israël, Ismaël le premier fils d’Abraham, celui qui a donné naissance à la grande nation arabe, a aussi choisi la voie de l’orgueil. Tout le monde musulman se réclame aussi d’Abraham. Par Ismaël, Abraham est également leur père (Genèse 16.15). Le premier fils d’Abraham est Ismaël, le second, Isaac, qui donnera naissance à Jacob-Israël. Les deux frères ont tous deux toujours cherché la justification qui vient de la Loi. Le coran, l’Islam, le judaïsme enseignent que la justification vient des propres efforts de l’homme et de ses œuvres. Si nous voulons nous-mêmes payer notre dette à Dieu, nous tenterons en vain de la payer pendant l’éternité en enfer, sans jamais pouvoir l’acquitter ! Nous ne pourrons jamais être justifiés par Dieu en essayant de remplir les exigences divines. Israël et Ismaël butent contre la pierre, contre la croix, contre le Christ.

    Outre les Juifs et les musulmans, c’est aussi vrai pour tous ceux qui, de par le monde, comptent sur leurs bonnes œuvres pour aller au ciel, en prouvant à Dieu qu’ils sont justes et braves, et qu’ils méritent le pardon divin. Tel était le problème de Luther qui, pendant les quatorze années qu’il fut moine et enseignait la Bible, était très préoccupé par l’idée du salut, il s’astreignait à de sévères mortifications, ajoutait efforts sur efforts, jeûnes, aumônes, nuits de prières, confessions, pèlerinages, etc. Ce chemin le conduisait en fait à la mort, parce qu’il dépérissait littéralement. Il cherchait à plaire à Dieu par ses bonnes œuvres. Il voulait se racheter lui-même et se sauver par ses bonnes œuvres. Il était sur le chemin de la perdition. En étudiant la merveilleuse Epître de Paul aux Romains, il découvre la grâce de Dieu et cette vérité : le juste vivra par la foi. On ne peut plaire à Dieu qu’en mettant toute sa confiance en Jésus-Christ. Lui seul a accompli toute la Loi pour moi. Notons que le chrétien ne peut vivre comme il veut. Loin de là ! Le chrétien est mort au péché. Comment vivrait-il encore dans le péché ? Nous sommes sauvés par la grâce, par la foi. Cela ne vient pas de nous. C’est un don de Dieu. Tous ceux qui se trouvent assez justes pour se passer du sang de Jésus-Christ, s’égarent. Notre fond est mauvais et nous avons tous besoin d’être graciés. Ceux qui rejettent le sang de Jésus-Christ, veulent ignorer que personne devant Dieu ne sera juste par ses bonnes actions.

    Les Juifs non convertis butent contre la pierre (Jésus-Christ), contre le rocher du scandale, contre la croix de Golgotha. Ils ne cherchent pas en effet la justification qui vient de la grâce, mais celle qui vient de l’obéissance à la Loi.

    Une question d’ordre prophétique se pose : y a-t-il un avenir pour la nation d’Israël ? Dieu n’a pas rejeté la nation d’Israël qui demeure dans son plan, malgré l’infidélité et la désobéissance du peuple élu. Ne jetons pas la pierre à cette nation. Nous-mêmes, enfants de Dieu, restons dans le plan de Dieu, malgré nos nombreux manquements et toutes nos imperfections. En ce qui concerne la nation d’Israël, la Parole annonce des jours de feu. Le prophète parle d’un temps d’angoisse pour Jacob (Jérémie 30.7). Ce sera un temps d’épreuve comme ils n’en ont jamais connu, et comme ils ne connaîtront plus jamais ensuite. Tout cela arrivera à la fin des temps, quand les nations se dresseront contre Israël, quand tous les peuples se rassembleront pour encercler Jérusalem. Il y a quelques dizaines d’années, ces paroles semblaient absurdes, puisque sur cette terre promise, il n’y avait rien. C’était le désert ! Israël était encore à cette époque dispersé partout dans le monde. Six millions de Juifs venaient d’être exterminés dans les fours crématoires. A la fin de la seconde guerre mondiale, cette prophétie semblait de la folie, de l’utopie. Comment auraient-ils pu renaître de leurs cendres ? Mais aujourd’hui pourtant, ils sont rentrés. Cela se passe sous nos yeux ! C’est de l’actualité ! Tout ce que Dieu promet se réalise et s’accomplit, même si à un moment donné, cela paraît étonnant, incroyable.

    Quand toutes les nations, sous la conduite de l’antéchrist, viendront encercler le pays d’Israël pour l’anéantir, alors « ils tourneront les regards vers celui qu’ils ont percé. Ils pleureront sur lui comme on pleure sur un fils unique, ils pleureront amèrement sur lui comme on pleure sur un premier-né. » (Zacharie 12.10). Mais le prophète ajoute : « L’Eternel combattra pour eux ces nations. » (Jérémie 14.3). Alors, tout Israël sera sauvé. Leur réintégration sera comme une vie d’entre les morts. Notre prière pour eux, c’est qu’ils soient sauvés. Notre vœu est qu’ils reconnaissent le Messie, celui qui a été transpercé pour nos péchés. Telle est notre prière pour eux, ainsi que pour le peuple arabe, les descendants d’Abraham selon Ismaël. C’est aussi notre prière pour tout homme, qui ne connaît pas encore le bon Berger.

    Ne cherchons pas la justification par nos propres mérites. Nous ne saurions acquitter notre dette envers Dieu. Il y a un seul chemin pour venir à Dieu, que nous soyons Juif ou non-Juif : par la foi en Jésus-Christ. Ainsi nous recevrons comme un cadeau le pardon de Dieu, par grâce. Si vous avez encore des écailles sur les yeux, vous ne voyez sans doute pas encore le Christ, ni l’amour de Dieu à la croix de Golgotha. Il y a alors un choix à faire, une décision à prendre, une invitation du Seigneur à honorer. Ce serait terrible d’entendre Jésus-Christ frapper à la porte de votre cœur et de ne pas répondre.

    Dieu est fidèle. Continuons, nous les enfants de Dieu, à être fidèles et à garder confiance dans la grâce du Seigneur, qui nous sauve. Oui ! Toute la gloire revient à Dieu seul. « Ô profondeur de la richesse, de la sagesse et de la science de Dieu ! Que ses jugements sont insondables, et ses voies incompréhensibles ! » (Romains 11.33). « C’est de lui, par lui et pour lui que sont toutes choses. A lui la gloire dans tous les siècles ! Amen ! » (Romains 11.36) 

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    Post-scriptum

    Prédication en 4 volets donnée le 9-2-1997, 16-2-1997, 23-2-1997 et 9-3-1997 par Philippe Hubinon, et résumée par Jean-Pierre Baudouin - Bulletin “Résurrection” de juin 1997 à octobre 1997

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