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    PRÉDICATION • Tout chrétien doit pouvoir faire la distinction entre le bien et le mal, ce qui devient très difficile dans notre société actuelle qui a inversé les pôles du bien et du mal.

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    Réformer l’Eglise, réformer notre vie

     | Marc 7 : 1 à 13 - 1 Timothée 6 : 12
     

    L’anniversaire de la Réforme est un mélange de larmes et de joie, de souffrances et d’allégresse.

    Rappelons qu’au 16e siècle, l’Esprit de Dieu a soufflé avec force sur toute l’Europe. On peut parler à ce sujet du plus grand mouvement de Réveil de toute l’histoire de l’Eglise. Le Réveil spirituel de la Réformation va faire découvrir à des milliers d’hommes, de femmes, de jeunes gens et de jeunes filles, la grâce de Dieu, les vérités de la Parole de Dieu et du glorieux Evangile de Jésus-Christ.

    Rappelons aussi que nos églises protestantes évangéliques sont héritières spirituelles de ce Réveil, de ce mouvement de l’Esprit de Dieu qui remettait à l’honneur la Parole de Dieu.

    Rappelons enfin la mémoire de ceux qui nous ont précédés, qui ont lutté pour que la vérité triomphe. Nous nous souvenons de leurs souffrances, des tortures endurées, de leur sang versé, de leurs vies brisées, de leurs corps calcinés sur le bûcher.

    L’auteur de l’Epître aux Hébreux parle de ceux qui furent « lapidés, sciés, torturés, tués par l’épée, persécutés, maltraités, eux dont le monde n’était pas digne. » (Hébreux 11.38). L’auteur évoque ainsi ces héros de l’Ancienne Alliance, les prophètes, les témoins de la vérité. Mais ce texte s’applique aussi à ce qui s’est passé voici environ 500 ans dans nos pays. La Belgique compte aussi de ces héros, martyrs de la foi. C’est notre devoir de le rappeler.

    En 1523, deux Belges, Henri VOEST et Jean VAN ESSEN sont brûlés vifs sur la Grand-Place de Bruxelles. L’historien Michel TILLEUR rapporte en quelques phrases les derniers moments de ces témoins de l’Evangile : “On alluma le bûcher. Pendant que les flammes montaient, l’un d’eux s’écria « Il me semble voir des fleurs répandues. » Ils chantèrent tous deux le Te Deum. Ils récitèrent la profession de foi des apôtres. L’un d’eux tomba sur ses genoux, la corde qui l’attachait au poteau d’exécution ayant brûlé. il s’écria encore : « Seigneur Jésus, Fils de David, aie pitié de nous. » La flamme alors les étouffa. Le supplice avait duré 4 heures.”

    En 1535, Guillaume MULART est décapité pour sa foi en Jésus-Christ. En 1537, plusieurs responsables de communautés chrétiennes étaient brûlés vifs à Anvers. En 1538, M. WANGENS était brûlé vif à Gand. En 1541 Wouters VAN STOELWIJK était exécuté à Bruxelles. En 1567, le pasteur Guy DE BRÉ était pendu. En 1569, Jacques DEROOR était brûlé vif à Bruges. En 1597, Anna UYTENHOVE était enterrée vive. Le même historien, Michel TILLEUR relate en ces termes les derniers moments de cette sœur en Christ : “Espérant toujours qu’elle se rétracterait, on ne l’enterra que progressivement, d’abord jusqu’aux genoux, ensuite jusqu’à la poitrine, puis jusqu’au cou. A chaque étape de cette mort horrible, les religieux lui demandaient si elle ne renonçait pas à ses « erreurs ». Enfin on lui recouvrit la tête de terre, et tandis que le bourreau entassait celle-ci du pied, elle rendit un dernier soupir.”

    Ce ne sont que quelques noms parmi les nombreux martyrs.

    Mais à l’occasion de cet anniversaire de la Réforme, ce n’est pas encore ce qu’il y a de plus choquant. Le plus choquant, n’est-ce pas l’attitude de certains protestants aujourd’hui, qui veulent étouffer l’Histoire, ignorer la réalité, et ainsi renier le passé. Ils collaborent aujourd’hui à ce mouvement appelé “œcuménisme”, et piétinent ainsi la mémoire de l’Histoire, le sang des martyrs de la foi, et la vérité de la Parole de Dieu. L’un d’entre eux écrivait récemment dans un périodique officiel du protestantisme belge : “Au souvenir de la Réforme, ... se complaire par exemple dans le jugement et la polémique d’un esprit agressif pour éveiller et attiser de vieilles querelles, si justifiées qu’elles aient pu être, ne convient guère, c’est évident, à un climat d’œcuménisme. Une telle attitude serait absolument déplacée et franchement indigne. Mais heureusement, écrit cet auteur, ce n’est pas dans cet esprit que les fidèles des églises issues de la Réforme s’attachent à commémorer ce grand événement historique dont ils se réclament.”

    A la lecture de cet article, une question se pose : que devons-nous respecter ? Le climat d’œcuménisme ou l’autorité de la Parole de Dieu ? Dans notre attitude, il n’est pas question de “jugement”, ni de “polémique”, ni “d’agressivité”. Il ne s’agit pas de se “complaire dans des querelles”, mais il s’agit d’une contrainte qui nous pousse à protester par amour pour le Christ et la Parole de Dieu, et par hommage à l’égard de ces martyrs qui ont connu des souffrances que nous n’affronterons probablement jamais. Nous voulons simplement rappeler des réalités de l’Histoire et des vérités de la Parole de Dieu. Avec calme, sérénité, sans haine, sans agressivité, sans aucune violence, sans prendre les armes, nous voulons défendre les vérités de la foi.

    Dans la lecture biblique proposée ci-avant, Jésus a dénoncé le péché des pharisiens. Il a dénoncé la racine du mal de ces pharisiens et la source de leur erreur : les pharisiens annulaient la Parole de Dieu au profit de leur tradition (Marc 7.8). Ils remplaçaient la Parole de Dieu par la parole des hommes. Le combat mené par les réformateurs demeure et reste d’actualité. Rien n’a changé, sinon que beaucoup de chrétiens protestants ont démissionné, renié leurs origines et en quelque sorte tué une seconde fois les martyrs de la foi et tous ceux qui sont morts par fidélité à la Parole de Dieu.

    Que chacun comprenne bien ce dont il s’agit. Il ne s’agit pas de défendre le protestantisme, mais de défendre l’autorité de la Parole de Dieu, seul guide pour notre foi, seul moyen par lequel Dieu veut conduire son Eglise. Il n’y a pas d’autre autorité que l’autorité de la Parole de Dieu. Tout ce qui serait ajouté serait tradition humaine et annulerait la Parole de Dieu. Jésus a dit : « Ta Parole est la vérité. » (Jean 17.17), L’apôtre Paul écrit : « Toute Ecriture est inspirée de Dieu et utile pour le peuple de Dieu. » (2 Timothée 3.16). L’apôtre Pierre écrira : « C’est poussés par le Saint-Esprit que des hommes ont parlé de la part de Dieu. » (2 Pierre 1.21). Ainsi donc, tout discours qui ne correspond pas à l’Ancien ou au Nouveau Testament constitue des paroles d’hommes et des commandements d’hommes qui ne doivent jamais supplanter l’autorité de la Parole de Dieu.

    Se taire aujourd’hui, c’est en quelque sorte dire à ceux et celles qui ont souffert, qui ont agonisé sous la torture, qui sont morts brûlés vifs, enterrés vivants, noyés, égorgés, pendus, épuisés aux galères : “Vous êtes morts pour rien !” N’est-ce pas cette attitude-là qui serait déplacée et indigne ?

    Revenons sur un terrain plus personnel pour chacun d’entre nous. L’historien Gabriel MUTZENBERG mentionnait dans son ouvrage consacré à l’un des réformateurs : “Fêter la Réforme et ne pas réformer nos vies serait un non-sens.” La vraie Réforme se produit dans les cœurs. Ce n’est pas seulement un fait d’Histoire qu’il faut rappeler. Ce que Dieu attend c’est que nous réformions nos cœurs. Le grand prophète Ezéchiel disait de la part de Dieu : « Réformez vos cœurs. » (Ezéchiel 18.31). La véritable réforme est une réforme personnelle. La Bible nous y invite : « Revenez chacun de votre mauvaise voie, réformez vos voies et vos œuvres. » (Jérémie 18.11). Nous avons en effet besoin de réformer nos cœurs et notre conduite. Nous devons changer notre manière de vivre, notre manière de penser. Telle est la vraie réforme que Dieu attend, celle que nous devons célébrer. La vraie fête de la Réforme, nous la célébrons en réformant nos vies, en nous mettant les uns et les autres au diapason de l’Ecriture, en nous conformant à ce que le Seigneur a dit par ses prophètes, ses apôtres et son Fils Jésus-Christ. La vraie Réforme que nous avons à célébrer les uns et les autres, consiste à nous incliner devant l’autorité de la Parole, à nous appliquer à faire ce que le Christ a enseigné.

    Aujourd’hui ce n’est pas en notre pouvoir de réformer l’Eglise mais nous pouvons réformer nos cœurs, changer notre manière de vivre, changer d’attitude vis-à-vis de Jésus-Christ. Nous devons quitter le chemin sur lequel nous marchons pour venir sur le chemin de Jésus-Christ qui mène à la vie éternelle. Peut-être avons-nous fait ce pas de la Réforme, de la nouvelle naissance pour ouvrir notre cœur au Saint-Esprit qui agit pour nous transformer.

    Peut-être n’avez-vous encore jamais fait ce pas pour venir à Jésus-Christ. Vous pouvez, à l’écoute de la Parole, être ému ou bouleversé. Mais si ces choses ne produisent pas de réforme en vous, dans vos cœurs, tout cela ne sert à rien et la Parole de Dieu n’a pas d’effet. Or lorsque le Saint-Esprit œuvre, il applique à notre cœur la Parole, et notre vie en est transformée. Tant que nous ne somme pas arrivés là, il n’y a pas de reforme, il n’y a guère de changement et la fête n’en est pas une.

    Voulons-nous vraiment fêter la Réforme ? Voulons-nous vraiment réformer nos cœurs ? Peut-être avons-nous fait le pas de la foi et sommes-nous venus à Jésus-Christ. Nous lui avons confié notre vie et ainsi beaucoup de choses ont été réformées, transformées par la Parole de Dieu. Mais peut-être y a-t-il encore chez nous chrétiens, nés de nouveau, bien des choses à réformer pour nous rendre conformes à la Parole de Dieu. Le combat continue. Voici deux mille ans, Paul écrivait au jeune Timothée : « Combats le bon combat de la foi. » (1 Timothée 6.12). L’Eglise mène un combat. Le chrétien aussi. Nous sommes tous sur un champ de bataille, sur un terrain de combat. Le Christ nous a enseigné que l’Evangile a des ennemis. L’apôtre Paul compare le chrétien à un soldat qui doit se revêtir de toutes les armes de Dieu (Ephésiens 6.11). Ce n’est pas un combat de haine et de violence, mais un combat d’amour, comme celui de la Réforme. Les martyrs sont morts par amour pour le Christ et sa Parole. Cette Parole est la seule arme donnée par Jésus à son Eglise, pour convaincre, pour gagner. C’est l’épée de l’Esprit-Saint. C’est elle qui remporte des victoires dans les cœurs.

    Le combat continue. Que nous puissions utiliser cette seule arme de l’Esprit dans notre témoignage quand nous parlons du Christ, quand nous citons la Parole de Dieu ! Dieu nous aide à combattre par l’amour. C’est un combat d’amour. L’œuvre de Dieu dans nos cœurs est aussi un combat d’amour. Il lutte pour nous gagner, et ce, avec son amour. Jésus dit : « Sanctifie-les par ta vérité : ta parole est la vérité. » (Jean 17.17). En tant que chrétiens, nés de nouveau, convertis à Jésus-Christ, nous avons un combat à mener. Dans nos pays de paix, où la paix règne, la mentalité de l’Eglise est une mentalité pacifique. Beaucoup de chrétiens ont ainsi oublié que la foi est un combat. Par comparaison à des pays qui connaissent chaque jour la guerre, la souffrance, les conflits, ces habitants chrétiens ont un esprit de combat vivant dans leur mentalité : ils combattent le bon combat de la foi. C’est le cas des pays de l’U.R.S.S. où pendent 70 ans cette mentalité a animé l’Eglise et l’a maintenue vivante. Dans nos pays en paix, la tendance ne se caractérise pas par un esprit de combat. Nous perdons de vue qu’il s’agit d’un combat. C’est pourquoi il s’agit de le rappeler, et de redire que Jésus ne nous a jamais invités à une grande promenade. Le Seigneur nous a appelés pour livrer le bon combat de la foi, non pas avec des armes charnelles, mais avec des armes spirituelles. Ces armes viennent de l’Esprit de Dieu : la Parole de Dieu.

    Plaise à Dieu que nous soyons de bons soldats, les uns et les autres. Nous qui proclamons notre foi, qui sommes heureux de connaître Jésus-Christ, qui un jour avons reçu la grâce, que nous soyons de vrais soldats de Jésus-Christ, des soldats de l’amour, pour mener le bon combat de la foi et gagner des âmes à Jésus-Christ ! 

    Post-scriptum

    Prédication apportée par Philippe HUBINON et résumée par Jean-Pierre BAUDOUIN - Bulletin “Résurrection” de novembre 1996.

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