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    logo ARTICLE 589Louis Pasteur (1822-1895) mai 2009
    Biologiste français ; créateur de la microbiologie. Le premier, il découvrit que la fermentation était due à des organismes vivants, les microbes, et que ceux-ci étaient aussi à l’origine de certaines maladies appelées infectieuses.
    logo ARTICLE 620Denis Lane mai 2010
    Pasteur baptiste, prédicateur et missionnaire de la “Overseas Missionary Fellowship”.

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    Les manuscrits de la mer Morte

     

    La Bible n’a pas été trafiquée

    Le professeur André Lamorte, docteur en théologie et ès lettres (Université de Strasbourg) a écrit : “L’état de conservation des manuscrits de la mer Morte (Israël - Musée du livre à Jérusalem) : on est confondu quand on se penche sur le rouleau d’Esaïe, vieux de plus de 2.000 ans, qui n’accuse que quelques petits trous, quelques traces de réparation et quelques marques de doigts. On est confondu quand on songe que ce manuscrit, qu’on peut lire sans presque aucune difficulté, pourrait être celui que Jésus lisait dans la synagogue de Nazareth, et qu’il a touché de ses mains (Luc 4.16-20). Une telle conservation est absolument unique dans les annales paléographiques.”

    In : Les découvertes archéologiques de la mer Morte - Fantaisie ou Histoire ? (1968)

    Source : Site Web de Biblequest

    La grande énigme

    Depuis cent cinquante ans, la science officielle des Ecritures saintes date les Evangiles de la fin du premier siècle au milieu du deuxième. Des fragments de l’Evangile de Marc retrouvés à Qumrân prouvent qu’ils sont antérieurs à 68. Voire à l’an 41, affirment certains historiens. Une querelle des datations qui pourrait transformer notre lecture du Nouveau Testament.

    Les manuscrits de la mer Morte n’ont pas fini de réserver des surprises. Les papyrologues affirment que les premiers textes connus des Evangiles remontent, au plus tard, à l’an 68 de notre ère. D’autres savants, philologues cette fois, datent les Evangiles de l’an 36 à l’an 50, alors que la science officielle les repoussait à l’an 90, voir 150. Une nouvelle datation qui pourrait révolutionner notre lecture du Nouveau Testament. Et si, loin d’être un récit hagiographique tardif, les Evangiles constituaient un authentique récit biographique ?

    Tout commence en 1947 avec un certain Mohammed ed-Dib, bédouin de la tribu nomade Ta’âmireh qui de temps à autre passe, avec ses troupeaux efflanqués, à proximité de Khirbet Qumrân - ruine - , site désolé à une douzaine de kilomètres de Jéricho, entre mer Morte et désert de Juda. Un jour du printemps 1947, tandis qu’il poursuit une de ses brebis perdue entre les roches de Qumrân, dans une grotte Mohammed ed-Dib découvre des jarres, scellées pour la plupart, brisées parfois et qui révèlent alors des rouleaux de peau manuscrits enveloppés de lin fin. La prodigieuse aventure des manuscrits de la mer Morte, miraculeusement exhumés après un sommeil de vingt siècles, vient à peine de commencer.

    Depuis, dix autres grottes ont été mises au jour, livrant leurs trésors sous la forme de papyrus, parchemins de cuir et rouleaux de cuivre. Au total deux rouleaux de cuivre et près de huit cents manuscrits ont été arrachés à l’oubli par les missions archéologiques qui, de 1947 à 1958, ont fouillé assidûment le site.

    Mais ces manuscrits intéressent trop de monde. Si la plupart sont actuellement répartis entre le Rockefeller Museum (qui jusqu’en 1967, se situait en territoire jordanien) et l’Israël Museum, tous deux à Jérusalem, de nombreux fragments ont été perdus pendant ces années houleuses où le trafic international a largement profité de l’état de guerre. Fouilles clandestines, enlèvements, interventions de la CIA... Si l’on ajoute à ces faits rocambolesques les querelles passionnée entre chercheurs, opposant notamment la communauté scientifique internationale au « cartel », cette Ecole biblique de Jérusalem qui pendant quarante ans s’est réservé l’accès aux précieux documents, ralentissant leur publication et monopolisant leur interprétation : c’est un livre tout entier, digne des meilleurs romans policiers, que l’on pourrait consacrer aux aventures des manuscrits de la mer Morte.

    L’essentiel est ailleurs dans les manuscrits eux-mêmes. Dans ce qu’ils nous révèlent sur la Bible, le Nouveau Testament, et la vie des communautés juives d’il y a deux mille ans.

    Datés de la fin du IIIe millénaire avant notre ère à l’an 68 après Jésus-Christ, les huit cents manuscrits sont contemporains, en effet, d’une époque d’effervescence religieuse intense. La quelle englobe, notamment, l’apparition de ceux qui ne s’appellent pas encore les « chrétiens », mais les « juifs messianiques », qui ne rédigent pas encore leur Ecriture sainte sur des codex (ces ancêtres du livre) mais, comme les Hébreux, sur des rouleaux. Pour les juifs, comme pour les chrétiens, c’est donc une découverte à même de déchaîner les passions les plus vives. D’où les empoignades entre scientifiques, et la guerre des interprétations qui perdure aujourd’hui encore.

    Que nous révèlent donc ces fameux manuscrits ? Rédigés en hébreu ou en araméen pour la plupart, en grec pour quelques-uns, « Les Hébreux de ce temps-là étaient bilingues. » confirme Carsten Peter Thiede, papyrologue et paléolographe allemand mondialement connu, un quart de ces textes sont bibliques, le reste étant constitué d’écrits dits « sectaires » d’une prodigieuse variété : psaumes, commentaires bibliques, ’règle de la communauté essénienne de Qumrân à propos de laquelle s’affrontent les historiens - et même, dans la grotte 7, des fragments qu’en 1972 le papyrologue espagnol José O’Callaghar, identifie : ce sont, affirme-t-il, deux versets de l’Evangile de Marc en grec. Un morceau d’Evangile à Qumrân ? Antérieur, donc, à l’an 68 de notre ère ? Voilà qui remet en cause un siècle et demi de « théologie libérale » selon laquelle, et suivant en cela les thèses de Renan, la rédaction des Evangiles fut tardive (entre l’an 90 et l’an 150 de notre ère), entreprise après une longue période de tradition orale. Tempête, donc, dans les milieux théologiques. Et silence retombé sur le travail de Callaghan.

    Jusqu’à ce que Carsten Peter Thiede commence à s’intéresser, vers 1981, au document litigieux de la grotte 7. Seul contre tous, voilà qu’en 1984 il rouvre le débat dans un article de la revue Biblica. Pour lui, l’identification ne fait pas de doute : le papyrus de Qumrân est bien un fragment de Marc (chapitre 6, versets 52, 53) ; et il est antérieur à 50. Longtemps, il est seul à défendre sa thèse. L’été dernier cependant, celle que la communauté scientifique internationale reconnaît comme sa plus fameuse papyrologue, Orsolina Monte Vecchi, président honoraire de l’Association internationale des papyrologues, confirme cette identification. Elle s’apprête même, disent les plus informés, à publier un article scientifique en ce sens. Avec elle, la plupart de ses confrères admettent la thèse de Thiede. Désormais, le vent a tourné.

    D’autant que Thiede pousse plus loin ses révélations. Ses recherches l’ayant mené au Madeleine College d’Oxford, où sont conservés trois fragments d’un codex identifié comme appartenant à l’Evangile de Matthieu (chapitre 26) - daté jusqu’alors de l’an 90 -, voilà qu’il publie ses conclusions en janvier dernier. « Après datation des manuscrits au carbone 14, mais aussi analyse du tracé de l’écriture, de sa calligraphie, de son style, il apparaît que cet Evangile de Matthieu date du début du 1er siècle, « entre 40 et 70 », précise Thiede. « Mais, ajoute-t-il, il s’agit là d’un codex, autrement dit, d’un livre. Et l’on sait aujourd’hui, Qumrân et certaines épîtres de Paul le prouvent, que les Evangiles, avant d’être rédigé sur des codex, furent d’abord écrits sur des rouleaux. [Information confirmée par Jacqueline Genot-Bismuth, professeur d’histoire rabbinique à la Sorbonne, dans “Un Homme nommé Salut. Genèse d’une "hérésie" à Jérusalem”.] Il devait donc exister un rouleau encore antérieur au codex d’Oxford. »

    Cette deuxième révélation fait l’effet d’une bombe dans les milieux concernés. D’autant que les conclusions du papyrologue recoupent celles de savants appartenant à d’autres disciplines : les philologues, linguistes et historiens. Ainsi le pasteur anglican Robinson, dès 1976, puis le père Jean Carmignac, depuis 1983 et le professeur Claude Tresmontant en tiennent pour une rédaction des Evangiles antérieure à la destruction du Temple de Jérusalem - soit avant 70. Voire antérieure à l’an 41, puisque si les évangélistes font allusion à Hérode Anti pas (celui qui fit exécuter Jean-Baptiste, entre 27 et 29), ils ignorent tout d’Hérode Agrippa, roi de Judée de 41 à 44. Pour ces trois savants, la thèse officielle d’une rédaction tardive est un non-sens historique. C’est elle, pourtant, qui continue de faire loi. Et ses tenants accusent Claude Tresmontant de “fondamentalisme”... sans opposer cependant de contre arguments scientifiques à ses propres arguments. Bombe à retardement, les manuscrits miraculés de Qumrân pourraient bien transformer - et fortifier - les fondements même du christianisme : plus les Evangiles sont précoces, directement fidèles aux événements qu’ils retranscrivent, plus leur contenu acquiert un poids biographique, et non hagiographique comme on l’a cru jusqu’alors. D’une datation à l’autre, il y a toute la différence entre une consignation de faits et une chanson de geste, dans cette querelle surréaliste qui oppose les théologiens aux savants, ce sont les représentants de l’Eglise qui interprètent les Evangiles comme des textes tardifs, plus symboliques qu’historiques, et les scientifiques qui affirment une rédaction immédiatement postérieure à la mort du Christ, dont historiquement et biographiquement véridique. Marc et Matthieu, reporters du Christ ? Voilà qui a de quoi révolutionner la lecture des Evangiles.

    Figaro littéraire, jeudi 6 avril 1995

    Post-scriptum

    Publication au bulletin “Résurrection” :

    • La grande énigme : octobre 1995
    • La Bible n’est pas trafiquée : septembre 2012.

    Documents

    logo DOCUMENT 712André Lamorte : Les découvertes archéologiques de la mer Morte (1968), 3 septembre 2012, PDF 487.7 ko


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