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    Zoom Arrière

    logo ARTICLE 804Alfred Kuen (1921-) décembre 2013
    Auteur prolifique de livres d’étude chrétiens, il a été professeur à l’Institut biblique et missionnaire Emmaüs, ainsi que directeur des Editions Emmaüs. Avec d’autres, il est à l’origine de la traduction de la Bible dite "Bible du Semeur".
    logo ARTICLE 63La valeur de l’âme novembre 2003
    MÉDITATION • Jésus a dit : « Que sert-il à un homme de gagner le monde entier, s’il perd son âme ? Que donnerait un homme en échange de son âme ? ».

    Dans la même rubrique

    Foi ou religion ?

     | Volet 1 : Actes 26 : 1 à 29 - Philippiens 1 : 21
     | Volet 2 : 2 Corinthiens 13 : 5 - Hébreux 11 : 1 à 3, 6
     

    Partie 1

    Le chapitre 26 du livre des Actes des apôtres contient le récit de la conversion de l’apôtre Paul, sa rencontre personnelle avec Jésus-Christ. Cet événement va bouleverser sa vie. L’apôtre ne sera plus jamais le même. Paul est l’illustration vivante de l’affirmation reprise dans 2 Corinthiens 5.17 : « Si quelqu’un est en Christ, il est une nouvelle créature ses choses anciennes sont passées ; voici, toutes choses sont devenues nouvelles. » On peut considérer cette expérience de Paul, non seulement comme sa conversion, mais aussi comme son passage de la religion à la foi. Nous allons établir les différences qui séparent la religion et la foi.

    Le Nouveau Testament utilise très peu le mot “religion”. Il le fait trois fois, à deux reprises par l’apôtre Paul (Actes 25.19 et 26.5), et une fois par Jacques (Jacques 1.26-27). Si le terme religion n’est cité que trois fois dans le Nouveau Testament, notre société contemporaine par contre l’emploie souvent. Nous, chrétiens, pouvons déjà tirer une leçon de cette première constatation : veillons dans notre témoignage, dans nos conversations, à éviter l’usage du mot religion au profit d’autres expressions utilisées à profusion dans l’Ecriture. Le Nouveau Testament emploie fréquemment les mots “vie”, “vie nouvelle”, “conversion”, “repentance”, “croire”, “nouvelle naissance”, “marcher avec Christ”, “suivre Christ”, “aimer Christ”. Si nous utilisons aussi ces expressions, nous sommes alors beaucoup plus près du texte biblique, de la Parole du Seigneur et de ses apôtres. Nous ne prêchons pas une religion, ni le protestantisme, ni l’évangile des évangéliques, mais une personne : Christ. Ainsi donc évitons de dire que “nous pratiquons notre religion” et parlons plutôt de “notre vie avec Christ”. Dans Philippiens 1.21, l’apôtre Paul dit bien « Christ est ma vie. », et non pas “Christ est ma religion.” A propos de sa rencontre avec Jésus-Christ, Paul n’a jamais parlé de “religion”, mais de “vie”.

    Dans notre pays, beaucoup de personnes ont une religion mais pas la foi. Enormément de gens ne savent en fait pas ce qu’est la foi. Ils ne savent du reste pas non plus expliquer ce qu’est leur religion. En Belgique, beaucoup de catholiques n’ont pas la foi. De même dans d’autres pays, beaucoup de protestants n’ont pas non plus la foi. Dans certains pays, il peut y avoir un nombre non négligeable de protestants, mais très peu de chrétiens. C’est le cas notamment aux Etats-Unis où beaucoup de gens religieux forment de grosses églises qui ne comportent en fait que peu de chrétiens. Beaucoup d’Américains sont religieux, mais peu ont la foi.

    Première différence entre foi et religion : la religion est faite de pratiques extérieures, mais la foi est l’œuvre de l’Esprit à l’intérieur de l’être humain. Jésus a fustigé les Pharisiens parce qu’ils ne soignaient que l’extérieur.

    Ils avaient une religion, mais pas la foi. Et Jésus leur dira : « Malheur à vous, scribes et pharisiens hypocrites ! Parce que vous nettoyez le dehors de la coupe et du plat, et qu’au dedans ils sont pleins de rapine et d’intempérance. Pharisien aveugle ! Nettoie premièrement l’intérieur de la coupe et du plat, afin que l’extérieur aussi devienne net. Malheur à vous, scribes et pharisiens hypocrites ! Parce que vous ressemblez à des sépulcres blanchis, qui paraissent beaux au dehors, et qui, au dedans, sont pleins d’ossements de morts et de toute espèce d’impuretés. Vous de même, au dehors, vous paraissez justes aux hommes, mais au dedans, vous êtes pleins d’hypocrisie et d’iniquité. » (Matthieu 23.25-28). Jésus fait réellement preuve d’une extrême sévérité quand II parle à ces gens religieux. En fait quelles que soient les religions, elles soignent toutes l’extérieur, l’apparence, le dehors, le superficiel, ce qui frappe les yeux. Mais la foi, au contraire, traite l’homme de façon différente, par l’intérieur. C’est l’intérieur qui doit être soigné, en quelque sorte tout ce qui n’apparaît pas. La conversion est l’œuvre de l’Esprit-Saint à l’intérieur de l’homme. La Bible parle de « Christ en nous » et de « notre homme intérieur qui se renouvelle de jour en jour. » (2 Corinthiens 4.16). L’apôtre Paul dit aux chrétiens de l’Eglise d’Ephèse « d’être puissamment fortifiés par le Saint-Esprit dans l’homme intérieur. » (Ephésiens 2.16). Telle est l’œuvre de l’Esprit, celle que Dieu veut accomplir dans chacun de nos cœurs.

    Seconde différence entre foi et religion : les religions ne produisent aucun changement dans l’homme. Aucune religion ne peut transformer l’être humain. Par contre, la foi, cette œuvre de Dieu à l’intérieur de l’homme, bouleverse les vies. C’est l’expérience de l’apôtre Paul, et la nôtre si nous sommes venus à Jésus-Christ. Tant que les choses restent au stade de la religion, rien ne change ! Mais dès que l’œuvre de l’Esprit s’accomplit dans notre cœur, alors tout devient différent. Entre la foi et la religion, il n’y a plus qu’une nuance.

    L’apôtre Paul parle de son éducation religieuse (Actes 26.5). Celle-ci, pourtant fondée sur la Bible, n’avait rien changé dans sa vie. Dès sa jeunesse, Paul a vécu en pharisien, selon la secte la plus rigide. C’était du sévère... Mais ce n’était que de la religion sévère. Ces années de judaïsme ne l’avaient pas changé du tout. Que du contraire, les défauts de son caractère n’étaient qu’accentués Paul avait en ce moment un tempérament colérique, emporté, brutal, cruel, comme il le dit lui-même dans son témoignage. Il avait des excès de fureur et persécutait les chrétiens. Telle était la pratique de la religion de Saul de Tarse. Il approuvait le meurtre d’Etienne (Actes 8.1) et respirait la menace et le meurtre contre les disciples du Seigneur (Actes 9.1). Mais regardons quelques instants après sa rencontre avec Jésus-Christ. Quelle tendresse ! Quelle affection chez Paul ! Il garde toujours son caractère et son tempérament bouillant, mais contrôlé par le Saint-Esprit. Il écrit en effet aux Thessaloniciens qu’il s’est occupé d’eux comme un père, comme une mère : « Nous avons été pleins de douceur au milieu de vous. De même qu’une nourrice prend soin de ses enfants, nous aurions voulu, dans notre vive affection pour vous, non seulement vous donner l’Evangile de Dieu, mais encore nos propres vies, tant vous nous étiez devenus chers. » (1 Thessaloniciens 2.7-8) et : « Vous savez aussi que nous avons été pour chacun de vous ce qu’un père est pour ses enfants. » (1 Thessaloniciens 2.11). Il écrit aussi aux Corinthiens : « C’est dans une grande affliction, le cœur angoissé, et avec beaucoup de larmes, que je vous ai écrit, non pas afin que vous soyiez attristés, mais afin que vous connaissiez l’amour extrême que j’ai pour vous. » (2 Corinthiens 2.4). Quelle transformation dans la vie de Paul !

    Qu’en est-il de chacun de nous ? Sommes-nous des religieux dans la vie desquels il n’y a rien de changé ? De quel côté sommes-nous ? Du côté des religieux ou du côté de ceux qui ont la foi ? Il existe parfois de “bons vieux Protestants” qui n’ont jamais été transformés par la grâce de Dieu. Dans toutes les églises protestantes, on rencontre des gens religieux qui n’ont jamais été transformés intérieurement. Certains sont réguliers chaque dimanche, ont été baptisés, lisent la Bible, prient, mais n’ont cependant jamais changé un seul iota dans leur conduite. Ils sont religieux certes mais ils n’ont pas la foi. Il y a une différence entre la religion et la foi. C’est la différence qui existe entre l’enfer et le paradis. La foi en Christ nous conduit à la vie éternelle. Le qualificatif le plus utilisé par Jésus pour parler des pharisiens est “hypocrite”. Il est utilisé 8 fois dans le redoutable chapitre 23 de l’Evangile selon Matthieu : « Malheur vous, scribes et pharisiens hypocrites ! » Dans Luc 12.1, Jésus disait : « Avant tout, gardez-vous du levain des pharisiens, qui est l’hypocrisie. » En fait, puisque le religion ne transforme pas un être humain, l’homme est donc obligé de tricher, de jouer la comédie et de tomber dans l’hypocrisie. Ainsi donc, devant les hommes il fait le mouton mais à la maison c’est un lion. Publiquement, il a l’apparence d’un ange mais en privé c’est un démon. Le comportement hypocrite est un produit de la religion. C’est pourquoi Jésus était si sévère envers les Pharisiens, tout en les aimant.

    Troisième différence : la religion conduit à l’hypocrisie, la foi conduit à la vérité. Qu’y-a-t-il dans notre cœur ? La religion ou la foi ? La foi produit la vérité. La Bible dit : « La vérité demeure en nous, et sera avec nous pour l’éternité. » (2 Jean 1.2). Dès que le Seigneur habite notre cœur, cela produit la vérité. Avez-vous la foi ? Êtes-vous seulement religieux ? Aux chrétiens de l’église de Corinthe, l’apôtre Paul écrit : « Examinez-vous vous-mêmes, pour savoir si vous êtes dans la foi. Éprouvez-vous vous-mêmes. Ne reconnaissez-vous pas que Jésus-Christ est en vous ? À moins peut-être que vous ne soyez réprouvés. » (2 Corinthiens 13.5). Peut-être avez-vous une bonne religion mais pas la foi qui sauve. La Bible dit : « Sans la foi il est impossible d’être agréable à Dieu. » (Hébreux 11.6).

    Nous ne prêchons donc ni une religion, ni le protestantisme, mais le Christ et la foi qui transforme, qui sauve, qui conduit à la vérité et qui la produit. Le meilleur des protestants au monde peut n’avoir qu’une simple religion, mais sans Christ.

    Votre vie a-t-elle été transformée par la foi en Christ et l’action du Saint-Esprit ? Y a-t-il des changements tangibles dans votre vie, que votre épouse voit, que votre mari constate, que vos enfants peuvent apprécier, que vos voisins, collègues de travail ou amis ne peuvent nier ? La foi a-t-elle accompli en vous un travail intérieur et produit la vérité ? Chassons la religion et saisissons la foi !

    Partie 2

    Le livre des Actes des Apôtres nous raconte, au chapitre 9, le récit de la conversion de l’apôtre Paul, son passage de la religion à la foi. L’apôtre Paul est un fervent religieux jusqu’au jour où il rencontre le Seigneur Jésus-Christ. A partir de ce moment, il devient un homme de foi.

    Nous traitons les différences qui séparent la religion et la foi. Nous en avons déjà précédemment relevé trois :

    1. la religion est faite de pratiques extérieures. La foi, au contraire, est l’œuvre du Saint-Esprit à l’intérieur de l’homme.
    2. la religion ne change personne. La foi transforme l’être humain.
    3. la religion conduit à l’hypocrisie. La foi conduit à la vérité.

    Nous allons examiner d’autres différences entre la religion et la foi, dans le but de nous aider à nous situer afin de savoir si nous sommes simplement religieux, ou si nous avons réellement la foi. L’apôtre Paul invite les chrétiens de l’Eglise de Corinthe à faire le point : « Examinez-vous vous-mêmes, pour savoir si vous êtes dans la foi ; éprouvez-vous vous mêmes. Ne reconnaissez-vous pas que Jésus-Christ est en vous ? A moins peut-être que vous ne soyez réprouvés. » (2 Corinthiens 13.5). Et vous ? Etes-vous religieux ou avez-vous la foi ?

    Le célèbre prédicateur John Wesley fut, au 18e siècle, l’instrument du réveil en Angleterre. Doué, intelligent, né dans une grande famille protestante, il suit les cours à l’université renommée d’Oxford, avant de se consacrer à la théologie. Pasteur à 22 ans, il prêche dans les églises. C’est vraiment un homme religieux, mais il n’a pas encore la foi. A 32 ans, il prend le navire pour aller évangéliser les nouvelles tribus découvertes en Amérique. Il veut ainsi gagner des âmes à Jésus-Christ. Sur le champ missionnaire, ça ne va pas. Il décide alors de revenir, et pendant le retour, sur le bateau, il fait la connaissance de gens qui eux ont la foi. Wesley est tout étonné. Bien qu’il soit pasteur, théologien, religieux, il ne connaît pas cette foi. Il est étranger à cette foi vécue par ces gens qui chantent, qui parlent du Christ, qui croient au Seigneur Jésus, qui aiment le Seigneur. Cette rencontre est une première étape sur le chemin de la conversion du pasteur Wesley. C’est un jalon qui le conduit de la religion à la foi. Wesley est troublé. A ce moment, il n’a pas le Christ, il n’a pas la Vie. Il est déçu. Un soir, il rentre dans une église écouter la prédication d’un pasteur... “Dans la soirée, je me rendis à contrecœur à une petite réunion. Là j’entendis lire l’introduction de Luther à l’épître aux Romains. En entendant la description du changement que Dieu opère dans le cœur par la foi en Christ, je sentis que mon cœur se réchauffait étrangement. Je sentis que je me confiais en Christ seul pour mon salut, et je reçus l’assurance qu’il avait ôté mes péchés, qu’il me sauvait de la loi du péché et de la mort. Je me mis alors à prier de toutes mes forces pour ceux qui m’avaient le plus outragé et persécuté. Puis je rendis témoignage ouvertement devant les personnes présentes de ce que j’éprouvais en mon cœur pour la première fois.” Que se passait-il donc ? John Wesley quittait le terrain de la religion pour entrer sur celui de la foi. A partir de ce jour, il allait devenir un des plus grands prédicateurs de l’Histoire de l’Eglise. Il était passé de la religion à la foi.

    Poursuivons et examinons une quatrième différence entre la religion et la foi. La religion conduit un jour ou l’autre au fanatisme, mais la foi elle, produit la tolérance. C’est l’expérience de l’apôtre Paul. Il est passé du fanatisme à la tolérance. Paul le dit lui-même dans son témoignage (Actes 26.9-11). Le dictionnaire définit le mot “fanatique” comme suit : “qui est animé d’un zèle aveugle et intransigeant, pour une doctrine ou pour une opinion.” Le fanatisme religieux envahit notre monde. Il occupe la première place dans l’actualité. L’intégrisme met en péril des gouvernements. Il met en danger la stabilité de plusieurs pays. Le fanatisme des Sikhs en Inde a conduit au meurtre de Madame Indira Gandhi [31 octobre 1984]. Le fanatisme catholique et protestant a troublé cruellement l’Irlande depuis bien des années. Ce conflit ne relève pas de la foi. Il concerne des fanatiques religieux. Le fanatique s’enferme dans son système, et le défend sans réfléchir, sans raisonner, sans écouter. La religion va conduire le fanatique à l’ignorance et à l’obscurantisme.

    A l’inverse, la foi produit la tolérance, l’acceptation de l’autre avec ses différences. Cela ne signifie en aucun cas que “tout le monde a raison, et personne n’a tort”, mais la tolérance conduit à respecter l’avis de notre prochain. Le fanatique est celui qui n’accepte pas l’avis différent et qui impose par la force ses propres idées. Le monde juge souvent mal à propos les chrétiens. Il qualifie les supporters très engagés d’un club de football de “sportifs” ou de “gens enthousiastes”. Mais il taxe le chrétien de fanatique s’il donne simplement un traité, appose un petit autocollant sur sa voiture ou témoigne de sa foi !

    La religion rend aveugle. La foi ouvre les yeux. C’était l’expérience de l’apôtre Paul. Avant sa conversion c’était l’aveuglement. Ce n’est pas un hasard si Paul resta aveugle trois jours lors de sa conversion sur le chemin de Damas (Actes 9.9). Il y a dans ces événements non seulement une réalité physique mais aussi un contenu symbolique : “Voilà Saul, ce que tu connais jusqu’à ce jour. Tu as été aveuglé par ta religion.” Saul avait jusque là agi par ignorance (1 Timothée 1.13). Il dira : « J’agissais par ignorance, dans l’incrédulité. » Saul était fanatique, aveugle sur lui-même et sur les autres. Il ne percevait rien du Christ, de la Vie. Le jour où il rencontre Jésus, ses yeux s’ouvrent, il voit son état de pécheur, il comprend son besoin d’un Sauveur et l’amour de Dieu. Il comprend alors seulement le Christ et la croix. Il devient un homme nouveau. « Examinez-vous vous-mêmes, pour savoir si vous êtes dans la foi ; éprouvez-vous vous-mêmes. » (2 Corinthiens 13.5). Etes-vous dans la foi ou dans la religion ?

    Cinquième différence entre la religion et la foi : la religion va produire ces bourreaux. La foi elle, engendre des martyrs. Encore une fois, l’apôtre Paul est l’exemple de cette différence. Avant sa conversion, quand il était dans la religion, il était le bourreau des chrétiens : « Quand on mettait à mort les chrétiens, je joignais mon suffrage à celui des autres. » (Actes 26.10). Paul était donc, avant sa conversion, prêt à tuer ceux qui ne pensaient pas comme lui. Il le dit lui-même : « Je jetais les chrétiens en prison, je les châtiais, et je les forçais à blasphémer. Dans mes excès de fureur contre eux je les persécutais même jusque dans les villes étrangères. » A sa conversion, c’est le bouleversement. De bourreau, Paul devient victime et martyr de sa foi. Il rencontre le Christ vivant. Au lieu de faire souffrir les autres, il va désormais accepter de souffrir pour les autres. Après avoir fait fuir les autres, il va à son tour devoir fuir devant bien des dangers. Dans la religion, il était lion. Dans la foi, il devient mouton. Il dira : « Nous supportons avec beaucoup de patience les tribulations, les calamités, les détresses, les cous les prisons, les travaux, les veilles et les jeûnes. » (2 Corinthiens 6.4). En 2 Corinthiens 11.26, il parle des dangers qu’il va rencontrer à cause de sa foi : danger de mort, les coups, les naufrages, les lapidations, les périls sur les fleuves, dans les déserts, sur la mer, les attaques de la part des brigands, sans parler de la faim, de la soif, des jeûnes multipliés, du froid, de la nudité. Quand il prêche l’Évangile à Thessalonique, il doit fuir, poursuivi par une bande de fanatiques qui ont promis de ne plus manger ni boire jusqu’à ce que l’apôtre Paul soit tué. Paul est informé par son neveu qui le presse de fuir devant le fanatisme aveugle de gens qui pratiquent son ancienne religion. Paul n’est plus bourreau. Il est martyr. Dans son testament, peu avant de mourir, à Rome, dans l’attente d’être jugé devant César à cause de sa foi, il écrit dans sa dernière lettre : « Pour moi je sers déjà de libation. » (2 Timothée 4.6) c’est-à- dire : “Je suis déjà sur le point d’être offert en sacrifice.” Paul n’est plus bourreau. Il est maintenant victime, martyr parce qu’il a la foi.

    Le Seigneur a mis en garde ses disciples contre l’utilisation de la force : « Vous savez que les chefs des nations les tyrannisent, et que les grands les asservissent. Il n’en sera pas de même au milieu de vous. » (Matthieu 20.25). En d’autres mots, cela signifie que parmi les gens qui ont la foi, il ne doit y avoir ni bourreau, ni inquisiteur, ni tortionnaire, ni tueur. La foi ne torture pas. Elle ne tue personne. L’homme de foi supporte, souffre et meurt. Jamais il ne prend en main le glaive pour oppresser, imposer ou convaincre. La religion conduit à la haine de celui qui est différent. Elle débouche sur le crime, l’inquisition, le meurtre, la persécution. En effet, la religion oublie la personne au profit du système.

    C’est pourquoi nous ne prêchons pas une religion. Nous prêchons la personne de Jésus-Christ. Jamais la force ne sert l’Evangile du Christ. La Bible dit : « Ce n’est ni par le puissance ni par la force, mais c’est par mon Esprit, dit l’Eternel. » (Zacharie 4.6).

    Sixième différence entre la religion et la foi : la religion conduit à l’insatisfaction. En effet un système, quel qu’il soit, ne peut satisfaire le cœur. Nous n’avons pas été faits pour une religion mais pour un Dieu. La foi produit l’épanouissement, par le Christ.

    Septième différence : la religion produit, tôt ou tard, l’orgueil. La foi produit l’humilité.

    Huitième différence : la religion produira des esclaves (“il faut... ; il faut...”). La foi produit des hommes libres (“je veux, je choisis de faire le bien, d’être fidèle, honnête...”).

    Neuvième différence entre la religion et la foi : la religion se transmet de père en fils, de génération en génération. Ce n’est pas le cas de la foi, qui reste un choix individuel, un acte personnel. On reçoit personnellement Jésus-Christ. C’est un choix à faire par chacun, et nos parents ne peuvent le faire à notre place. Chacun est responsable pour lui-même.

    Où êtes-vous aujourd’hui ? Dans la foi ou dans la religion ? Entre les deux, il existe une grande différence ! L’Esprit Saint fera cette différence dans notre cœur. 

    Post-scriptum

    Prédication en deux volets apportée par Philippe HUBINON et résumée par Jean-Pierre BAUDOUIN - Bulletin “Résurrection” de février et mars 1996.

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