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    Zoom Arrière

    logo ARTICLE 804Alfred Kuen (1921-) décembre 2013
    Auteur prolifique de livres d’étude chrétiens, il a été professeur à l’Institut biblique et missionnaire Emmaüs, ainsi que directeur des Editions Emmaüs. Avec d’autres, il est à l’origine de la traduction de la Bible dite "Bible du Semeur".
    logo ARTICLE 63La valeur de l’âme novembre 2003
    MÉDITATION • Jésus a dit : « Que sert-il à un homme de gagner le monde entier, s’il perd son âme ? Que donnerait un homme en échange de son âme ? ».

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    IDEES FAUSSES SUR L’EVANGILE

    La religion est l’opium du peuple !

     | 1 Pierre 3.15 et 2 Pierre 1.16-21
     

    A rapprocher de la prédication
    "La foi, opium du peuple"

    Méfaits de la religion

    Nous désirons aujourd’hui apporter une réponse à la phrase restée célèbre : "La religion est l’opium du peuple". Cette formule provient d’un ouvrage de Karl Marx intitulé Critique de la philosophie du droit de Hegel (1843-1844). Le texte exact du passage concerné est le suivant : "La religion est le soupir de la créature opprimée, l’âme d’un monde sans cœur, comme elle est l’esprit de conditions sociales dont l’esprit est exclu. Elle est l’opium du peuple."

    Le sens de la formule est clair. La religion tendrait à empêcher les exploités de prendre conscience de l’oppression dont ils sont victimes. La religion conduit le peuple à vivre dans l’illusion. Bien que sa formule soit devenue célèbre, Marx n’accordait pas à la critique de la religion une place prioritaire. D’abord parce qu’il pensait que, pour l’essentiel, cette critique avait déjà été faite.

    On entend une autre forme d’objection : "Votre foi, la foi chrétienne, n’est-elle pas une fuite devant la réalité, une sorte d’opium qui endort l’esprit et fait rêver d’un autre monde, un monde meilleur ! "

    Le clergé de l’Église orthodoxe et le pouvoir politique des tsars se servaient de la religion pour calmer le peuple et étouffer les révoltes ouvrières. La religion ne cherchait pas à alléger les souffrances de la classe ouvrière, mais laissait cette dernière gémir dans l’injustice et la souffrance, tout en promettant une vie future meilleure. "Vous souffrez ici-bas, mais là-haut vous serez bien ! Ici-bas, c’est l’enfer, dans l’au-delà, se sera le paradis !" La religion était donc un moyen de maintenir le peuple dans la soumission. Elle était au service des privilégiés. En Russie, le clergé orthodoxe prit le parti des riches, se vautrant dans l’abondance. C’est l’opulence, le luxe. Une des causes de la Révolution russe de 1917 et de la naissance du communisme qui produisirent de 50 à 60 millions de morts.

    La France a connu une situation identique. L’Église catholique et le clergé se sont placés à côté des rois, des princes, des riches, tenant le peuple dans la misère avec des paroles de consolation. "Vous avez froid et faim ? Vous êtes dans la misère ? Prenez patience ! Là-haut, on vous fera justice et vous connaîtrez le bonheur." Ce qui a amené le peuple à se rebiffer et provoqua l’explosion de la Révolution française de 1789.

    Cette hypocrisie irritait Voltaire qui dénonça l’hypocrisie de l’Église. De même Victor Hugo l’auteur des Misérables. On refusa de célébrer à l’église ses obsèques. Le cercueil passa devant l’église du Sacré-Cœur sur la butte Montmartre à Paris. Hugo avait dit : "Je crois en Dieu mais pas à l’Église." Donc, historiquement, il y a une part de vérité dans la critique du système religieux qui peut servir à tromper l’homme pour l’exploiter. De ce point de vue, la religion peut être considérée comme de l’opium.

    Lorsque le philosophe français Raymond Aron (1905-1983) intitula l’un de ses ouvrages L’opium des intellectuels (1955), il faisait évidemment allusion à la formule de Marx. Mais l’opium dont il parlait était cette fois le marxisme. Pour Raymond Aron, cette philosophie s’était réduite à une simple croyance ayant surtout pour résultat de troubler les facultés de jugement des intellectuels. Le communisme était devenu une forme de religion et de drogue qui berçait la classe ouvrière de vaines promesses faisant croire un jour à l’inexistence des classes (riches/pauvres) et de la pauvreté.

    La religion n’est pas la foi

    Nous ne pouvons que redire avec force la différence entre la foi et la religion. Le christianisme enseigne autre chose qu’une religion.

    Jésus n’a jamais essayé de faire rêver ses auditeurs, de les manipuler, de les pousser à fuir un présent douloureux en faveur d’un futur heureux et facile. Il a au contraire voulu ouvrir les yeux des siens pour faire face à la réalité. Exemples. Matthieu 26.38 : « Restez ici et veillez avec moi. » Marc 13.33 : « Prenez garde. Veillez et priez. » Marc 13.37 : « Je le dis à tous, veillez ! » Luc 22.46 : « Pourquoi dormez-vous ? Levez-vous et priez. »

    Dans les lettres des apôtres, on relève le même thème. Exemples. Ephésiens 5.14 : « Réveille-toi, toi qui dors et Christ t’éclairera. » 1 Thessaloniciens 5.6 : « Ne dormons donc pas comme les autres, mais veillons ! » 1 Pierre 5.8 : « Soyez sobres et veillez. » Jésus a toujours placé ses disciples devant les faits, la vérité, la réalité. Il les a sans cesse appelés à être courageux, à prendre leur responsabilité. Il les a prévenus : « On vous livrera aux tourments et l’on vous fera mourir, et vous serez haïs ... » (Matthieu 14.9).

    Jésus ne s’est pas contenté de parler, d’enseigner. Il a montré l’exemple. Sur la croix, il a subi le plus inhumain des supplices et Il a refusé tout calmant. Les soldats lui présentèrent du vin mêlé de fiel (un anesthésiant) avant d’enfoncer les clous dans ses mains et ses pieds pour atténuer sa souffrance (Matthieu 22.34). Tous les suppliciés en prenaient de larges gorgées pour s’étourdir. Mais « Jésus l’ayant gouté ne voulut pas en boire. » (Matthieu 27.34). Il choisit d’assumer totalement sa mission sur la croix. Le Christ voulu garder toute sa lucidité. Non l’Évangile de Jésus-Christ n’est pas un opium.

    La foi en action

    Le pasteur Wilfred Monod a dit : "L’Évangile n’est pas une morphine de l’âme." Le chrétien n’est pas un fuyard réfugié dans la promesse d’un au-delà meilleur. Oui, un au-delà meilleur est promis à celui qui croit. Mais ce n’est pas une fuite. C’est ici et maintenant que, Dieu nous invite à vivre l’Évangile, notre foi. C’est ainsi que beaucoup de chrétiens de par le monde se sont levés pour faire face.

    Le pasteur Martin Luther King s’est levé pour s’opposer à l’injustice qui frappait les Noirs aux USA. Il ne voulait pas étouffer les souffrances des Noirs avec un Évangile-opium. Il s’est battu ici-bas au prix de sa vie.

    Qui a fondé la Croix-Rouge, la plus grande et la plus connue des œuvres humanitaires ? Un chrétien protestant, Henry Dunant, en 1863 à Genève. Il ne s’est pas contenté de se promener sur les champs de bataille disant aux blessés et aux mourants "Courage ! Croyez en Jésus et vous irez au Paradis". Non, il a fondé une œuvre rayonnante dans le monde entier.

    Qui a combattu pour l’abolition de l’esclavage aux USA ? Abraham Lincoln, un président qui fut aussi un chrétien plein de foi et de piété. Il ne se contenta pas de prononcer des discours consolateurs promettant aux esclaves la liberté dans l’au-delà et les exhortant à la patience. Il lutta contre l’esprit de son temps et cela au prix de sa vie. Depuis des dizaines de siècles des chrétiens partent dans le monde : évangélistes, prédicateurs, pasteurs, enseignants, médecins, infirmières, ... pour obéir au Christ et annoncer l’Évangile, et non pas pour dire aux gens : "Vous souffrez ici-bas, mais là-haut vous connaîtrez le bonheur ! "

    Dans le sud de la France, au 19e siècle, il n’y avait pas d’asiles d’aliénés. En Dordogne, John Bost, pianiste de grand talent, renonça à sa carrière, et jeune pasteur, il fonda un centre où il accueillit des handicapés mentaux et moteurs, personnes âgées, etc. John Bost ne s’est pas présenté avec l’opium de la religion, mais avec la foi en Christ qui ne l’a pas amené à dire : "Pauvres gens ! Prenez patience dans vos souffrances. Au ciel vous trouverez le bonheur."

    Citons encore William Booth, fondateur de l’Armée du Salut, qui vécut sa foi en Christ selon l’enseignement des Ecritures.

    On pourrait multiplier les exemples. La foi chrétienne réveille les croyants et les pousse à l’action ici-bas. Tous les chrétiens qui croient fermement en l’au-delà sont de fervents ouvriers pour l’ici-bas. La foi ne nous plonge pas dans l’attente d’un monde imaginaire, mais dans la réalité du service à la gloire de Dieu "hic en nunc" ! (ici et maintenant). ●

    Post-scriptum

    Prédication apportée le 2 décembre 2012 par Philippe HUBINON et résumée par Odette GALANTE et Marie-Rose GERARD — Parue au bulletin “Résurrection” de novembre-décembre 2013.

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