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    Médecin de formation, homme politique français, surnommé "le Père la Victoire" et "le Tigre"

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    Johannes Brahms

     Hambourg 1833 - Vienne 1897
     

    Une grande figure du protestantisme

    Johannes Brahms est un des trois grands compositeurs luthériens allemands avec Jean-Sébastien Bach et Félix Mendelssohn. Comme ce dernier, Johannes Brahms naquit à Hambourg. C’est dans une misérable bâtisse d’un quartier pauvre et populeux de la ville portuaire qu’il vit le jour le 7 mai 1833 et le 26 mai il fut baptisé à l’église luthérienne Saint-Michel.

    Son père, Johann-Jacob, était un musicien besogneux, qui jouait du cor et de la contrebasse dans les boîtes à matelots, mais qui finit par être admis dans l’orchestre philharmonique de Hambourg, tandis que sa mère, Johanna Nissen, faisait des travaux de couture à domicile pour arrondir les fins de mois.

    Enfant prodige, comme Mozart, il joue du piano dès l’âge de cinq ans et bientôt accompagne son père dans les tavernes du port, où il se frotte à la vie nocturne des marins. Dans la journée, il arrange des marches pour instruments de cuivre. Quand il eut dix ans, son père le confia au célèbre professeur d’Altona, Edouard Marxsen, qui lui enseigna la composition. Ce fut sa seule formation musicale. Autodidacte, Johannes Brahms lit énormément. C’est une véritable passion qui lui fit découvrir les grands auteurs et surtout la Bible, dont il possède une connaissance approfondie, qui se manifeste dans son Chant de triomphe (Triumphlied) basé sur l’Apocalypse de Jean, son Requiem allemand (Ein deutsches Requiem) sur divers textes bibliques, son Psaume 13 et ses Quatre chants sérieux (Vier emste Gesänge) sur l’Ecclésiaste et le chapitre de l’amour dans la première Epître aux Corinthiens.

    Dès 1848, il commence à donner des concerts, se lie avec les violonistes Joseph Joachim et Remenyi, un Hongrois qui l’initie à la musique tzigane.

    La rencontre décisive de sa vie fut sa visite à Clara et Robert Schumann le 30 septembre 1853, commentée par ce dernier : “ Il devait surgir soudain quelqu’un qui allait être appelé à traduire de façon idéale la plus haute expression de son temps (...). Et il est venu. Il s’appelle Johannes Brahms (...). A peine assis au piano, il nous entraîne dans les plus merveilleuses contrées. ” Quelques mois plus tard, Robert Schumann est atteint de folie et doit être interné. Johannes Brahms se rend auprès de Clara et visite souvent l’ami malade jusqu’à sa fin le 21 juillet 1856. Son amitié pour Clara se mue en un amour platonique, qui se prolongera jusqu’au décès de la célèbre pianiste le 21 mai 1896. Très affecté par la mort de son ami, Brahms se mit à composer une oeuvre pour exprimer ses sentiments.

    Johannes Brahms témoignait une grande vénération à sa mère. Apprenant qu’elle avait eu une attaque, il partit de Vienne pour Hambourg, mais arriva trop pour la revoir : elle mourut le 1er février 1865. Il aurait déclaré alors : “ Je n’ai plus de mère, il faut que je me marie ! ” Il a atteint l’âge de 32 ans et pourtant il resta célibataire.

    Hanté par cette mort, Johannes Brahms se remit au travail : il reprit son Requiem allemand (opus 45), qu’il avait commencé à la mort de Robert Schumann, et lui ajouta une cinquième partie. Refusant de reproduire les paroles latines des requiems classiques, le compositeur sélectionna une série de textes bibliques pour exprimer sa réponse au problème de la mort, si crucial pour tous les humains. Pour lui, cette réponse est celle de la confiance en Dieu et de l’espérance de la résurrection, comme il le dit dans le solo du baryton et le choeur du sixième mouvement : “ Maintenant je vais vous dire une chose mystérieuse : nous ne mourrons pas tous, mais tous nous serons transformés. Cela se fera très vite, en un clin d’oeil, quand la trompette sonnera le dernier jour. Oui, la trompette sonnera. Alors les morts se réveilleront pour une nouvelle vie qui ne finit pas, et nous, nous serons transformés. (...)

    Comme la Messe allemande (Deutsche Messe) de Martin Luther se démarque de la messe catholique, le Requiem allemand de Johannes Brahms est typiquement protestant ; il ne reprend pas le Dies irae de l’office des morts, mais exprime une joie grave et sereine. Il s’ouvre par la parole de Jésus "Heureux les affligés, car ils seront consolés." (Matthieu 5.4) et se clôt par le texte de l’Apocalypse 14.13 : "Heureux dès à présent les morts qui meurent dans le Seigneur. Oui, dit l’Esprit, afin qu’ils se reposent de leurs travaux, car leurs œuvres les suivent."

    Il possédait une âme hypersensible, solitaire et délicate, qu’il cachait derrière “ un froid tempérament de protestant ”, ainsi que l’exprima Anton Bruckner. [1] Toutefois, il se livre parfois, brossant une sorte d’autoportrait musical dans le lied, qui commence par le vers : “ Pas de maison, pas de patrie, pas de femme et pas d’enfant (Kein Haus, keine Heimat, kein Weib und kein Kind).

    Johannes Brahms a été marqué non seulement par la musique de Jean-Sébastien Bach, mais aussi par ses précurseurs, les “ Trois S ” : Johann Schein, Samuël Scheidt et Heinrich Schütz, dont il remit en honneur les chorals et les pièces liturgiques de l’Eglise luthérienne.

    En 1862, il s’installe à Vienne et désormais il passera les hivers dans la capitale autrichienne, réservant l’été pour des tournées de concerts en Europe. L’année suivante, il est nommé directeur de la Singakademie, mais au bout d’un an il démissionne, préférant garder son indépendance. Ayant écrit de nombreuses œuvres pour le piano et les instruments à cordes, ce n’est qu’à 43 ans qu’il compose sa première symphonie, suivie de trois autres au cours des années suivantes.

    En 1876, il est nommé docteur honoris causa de l’Université de Cambridge, puis en 1879 l’Université de Breslau lui confère le même diplôme. Il est alors au faîte de sa gloire et Hans von Bülow [2] lance le fameux slogan des “ Trois B ” : Bach, Beethoven et Brahms.

    A Vienne, il s’installe à la Karlgasse, dans un petit appartement, qu’il occupera jusqu’à sa mort, meublé d’une bibliothèque bien fournie, partageant son temps entre la composition, la lecture et la promenade, où il rencontre de nombreux amis. Il était un de ces solitaires qui aiment la société.

    Lors de l’enterrement de Clara Schumann, il révèle ses Quatre Chants sérieux (Vier emste Gesänge), une profonde méditation sur des textes de la Bible, empreinte de gravité et de sérénité, puis il compose son chant du cygne, les Onze préludes de chorals (Elf Choralvorspiele) pour orgue, sur des mélodies traditionnelles de l’Eglise luthérienne. C’est son testament spirituel, car il est atteint d’un cancer au foie et il sait que sa fin est proche. Le 3 avril 1897, il remit paisiblement son âme à Dieu.

    Madame Edith Weber, professeur émérite à la Sorbonne, a judicieusement caractérisé la place éminente qu’il occupe dans l’histoire de la musique religieuse : “ Johannes Brahms, musicien protestant, allie, dans le contexte du 19e siècle, tradition et modernité. Il apparaît aussi comme un humaniste tendant vers l’universalité, comme un croyant libéral à la recherche d’intériorité, enfin comme un penseur qui a réussi à faire passer son message spirituel. Ses œuvres traduisent les drames de l’existence, la résignation, mais aussi la consolation et l’espérance. Il est un romantique d’inspiration évangélique et selon la formule de Matthias Claudius, l’auteur bien connu des chorals, il symbolise “ la réconciliation de l’ordre savant et de la spontanéité populaire.

    Dr Emile Michel Braekman

    Post-scriptum

    Article paru dans le bulletin ’Résurrection’ - Compléments anonymes parus dans ’Résurrection’ de juin 1997.
    Johannes Brahms
    Compositeur allemand célèbre par ses lieder et sa musique de chambre, ses œuvres pour piano, ses quatre symphonies d’un émouvant lyrisme, ses ouvertures, ses concertos (concerto pour violon, 1879), son Requiem allemand (1869). (Petit Larousse)

    Notes de bas de page

    [1] Anton Bruckner. Compositeur autrichien (1824 - 1896). Auteur de neuf symphonies et d’œuvres d’église. Il a illustré une foi ardente. Dernier représentant du romantisme.

    [2] Hans, baron von Bülow (1830 - 1894). Pianiste et chef d’orchestre allemand, élève de Wagner et de Liszt. Il fut le premier époux de la fille de ce dernier, Cosima.


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