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    Zoom Arrière

    logo ARTICLE 804Alfred Kuen (1921-) décembre 2013
    Auteur prolifique de livres d’étude chrétiens, il a été professeur à l’Institut biblique et missionnaire Emmaüs, ainsi que directeur des Editions Emmaüs. Avec d’autres, il est à l’origine de la traduction de la Bible dite "Bible du Semeur".
    logo ARTICLE 63La valeur de l’âme novembre 2003
    MÉDITATION • Jésus a dit : « Que sert-il à un homme de gagner le monde entier, s’il perd son âme ? Que donnerait un homme en échange de son âme ? ».

    Dans la même rubrique

    IDEES FAUSSES SUR L’EVANGILE

    La foi, opium du peuple

     | 1 Pierre 3 : 15 et 2 Pierre 1 : 16
     

    A rapprocher de la prédication
    "La religion est l’opium du peuple !"

    Le chrétien vit-il dans le rêve ?

    Certaines personnes reprochent parfois aux chrétiens de vivre dans le rêve et la perspective de l’au-delà. Ces adversaires de la foi se targuent de vivre, eux, dans le concret de la réalité quotidienne sans fuir dans le futur ni se réfugier dans l’éternité. Ils demandent aux chrétiens si leur foi n’est pas une fuite devant la réalité, une sorte d’opium qui endort leur esprit et les pousse dans un monde imaginaire.

    Nous connaissons tous cette phrase célèbre de Karl Marx : « La religion est le soupir de la créature opprimée, l’âme d’un monde sans cœur. Elle est l’opium du peuple. ». Marx décrivait ainsi la situation de son époque en Russie. Le clergé orthodoxe et le pouvoir politique se servaient alors de la religion pour endormir le peuple et étouffer les révoltes ouvrières. Au lieu d’alléger les souffrances de la classe ouvrière russe qui gémissait dans l’injustice et la misère, le clergé et les institutions politiques se servaient de la religion pour asservir le peuple et le garder dans la soumission. Leurs messages étaient : « Restez calmes, ne bronchez pas. Vous souffrez maintenant mais là-haut vous serez bien. Vous gémissez aujourd’hui dans la misère mais dans le paradis tout sera bien ». Cette forme tronquée du message chrétien gardait les ouvriers dans la soumission. La religion était ainsi au service des privilégiés. Cela a duré pendant plusieurs siècles. Mais la révolution de 1917 a renversé le clergé et l’autorité politique pour donner naissance au communisme.

    Cette même réaction s’était déjà produite en 1789 en France. Le clergé et le pouvoir politique gardaient les ouvriers dans la misère et la pauvreté avec les mêmes arguments religieux. La religion était devenue un instrument pour asservir le peuple. Dans ce contexte, la maxime de Karl Marx avait quelque chose de vrai. La religion ainsi utilisée était bien l’opium du peuple soumis et calmé par les messages politiques et cléricaux. En France comme en Russie le système politico-religieux trompait et endormait le peuple exploité.

    Notons qu’un peu plus tard en France, le philosophe Raymond Aaron écrira en 1955 un livre intitulé « L’opium des intellectuels ». Dans cet ouvrage il s’adresse aux intellectuels français dont les facultés de discernement étaient endormies par le communisme devenu à son tour en France une sorte de religion et d’opium. Tout ceci permet aux chrétiens évangéliques de rappeler qu’il faut faire la différence entre la foi et la religion.

    La vie avec Jésus-Christ et le christianisme sont deux choses différentes. Il ne faut pas confondre foi personnelle et système religieux. On confond souvent ces deux réalités. Les attaques contre la foi concernent souvent le système religieux qui s’est corrompu. A côté du système religieux condamnable il y a la foi fervente du chrétien né de nouveau qui croit librement à Jésus-Christ. La foi véritable ne se laisse pas enfermer dans un système religieux. Jésus n’a jamais parlé de religion. Le Christ a parlé de vie, d’amour, de foi sans jamais utiliser le mot religion. Les chrétiens dénoncent aussi avec force cette déformation du christianisme, certains s’en servent pour en asservir d’autres.

    Le Christ nous montre l’exemple en faisant courageusement face à la vie et à la mort

    Christ et les apôtres nous ont invités à rester éveillés, vigilants face aux réalités. Nous ne devons pas nous laisser endormir par de l’opium religieux. Loin de nous évader dans des paradis imaginaires, nous sommes invités à affronter la réalité et à veiller. Jésus n’a jamais voulu endormir, ni pousser personne à la rêverie. Au contraire, le Christ nous exhorte à vivre dans le concret. La foi est en prise directe avec la vie de tous les jours.

    L’Écriture nous place sans cesse devant les faits, la vérité et la réalité. Le Christ nous exhorte à être courageux pour affronter la vie. Il nous invite à nous tenir éveillés et nous avertit que la vie chrétienne n’est pas facile. La Bible affirme que des chrétiens rencontreront les persécutions, la haine, la trahison et d’autres difficultés. Jésus n’a pas évoqué ces tourments uniquement pour les autres.

    Le Christ nous a montré l’exemple en faisant courageusement face à la vie et à la mort. Le Seigneur ne s’est pas évadé dans des paradis imaginaires pour fuir la réalité de son pèlerinage ici-bas. Sur la croix il a subi les souffrances les plus inhumaines qui soient au monde sans jamais vouloir fuir un seul instant la réalité de l’événement. Pour assumer pleinement sa mission dans toute sa réalité et son horreur le Christ a refusé le vin mêlé de fiel anesthésiant proposé par les soldats romains. Sur la croix le Christ a refusé toute drogue, tout opium, toute morphine.

    Le pasteur Wilfred Monod a dit : «  L’Évangile n’est pas une morphine de l’âme pour nous endormir ». Jésus nous enseigne à faire face à la réalité de la vie ici-bas. Le chrétien n’est pas un fuyard réfugié sans cesse dans les promesses d’un au-delà meilleur. Les chrétiens sont toutefois assurés qu’il y aura un au-delà certain et meilleur. Mais cette espérance implique que nous devons maintenant faire face à la réalité concrète et quotidienne parce que c’est ici-bas que nous avons à vivre pour la gloire de Dieu. C’est sur terre et maintenant que nous avons à combattre contre le péché. Là-haut, il n’y aura plus de combat ni de lutte. C’est pourquoi beaucoup de chrétiens se sont levés pour affronter la réalité et faire face.

    La foi n’est pas une fuite mais une prise de conscience des besoins de notre monde.

    Martin Luther King s’est levé pour dénoncer l’injustice qui frappait les Noirs aux Etats-Unis. Ce leader n’a jamais endormi ces opprimés en leur demandant de rester dans leur injustice sociale et en leur promettant un paradis meilleur. Il n’a jamais distillé des versets bibliques pour endormir les souffrances des Noirs dans l’espérance d’un au-delà meilleur. Martin Luther King s’est engagé ici-bas pacifiquement au nom de Christ pour prendre la défense des opprimés. Il n’a pas voulu étouffer les souffrances de ces Noirs américains avec un évangile de morphine et d’opium. Il s’est battu au nom de la foi.

    Regardons cet autre chrétien Henry Dunant, fondateur de la Croix-Rouge, une des plus grandes organisations humanitaires. Ce chrétien suisse a vu les horreurs de la guerre et les souffrances sur les champs de bataille. Il n’a pas dit aux blessés de prendre patience en attendant la mort et l’entrée dans la grâce de Dieu. Après avoir vu ces blessés qui souffraient et agonisaient, Dunant s’est engagé sans attendre et de façon concrète à défendre ces malheureux et à mettre sur pied cette œuvre de la Croix-Rouge qui travaille encore de nos jours dans le monde entier.

    Qui a combattu pour l’abolition de l’esclavage aux Etats-Unis ? Des combattants de la foi et notamment Abraham Lincoln qui a ainsi défendu la justice au nom de l’Évangile. Cet ancien Président des USA n’a pas fui. Il ne s’est pas endormi. Il n’a pas choisi la voie des discours consolateurs en promettant aux esclaves un au-delà meilleur. Il a combattu sur le terrain et de façon concrète.

    Nous connaissons aujourd’hui l’organisation « Médecins sans Frontières ». Mais on oublie que les premiers médecins sans frontières envoyés dans le monde étaient des chrétiens. Ils n’ont pas fui les misères du monde. Ils n’ont pas étouffé ces souffrances avec de l’opium. Ils se sont engagés concrètement comme beaucoup d’autres missionnaires au nom de Jésus-Christ. La télévision et la presse n’évoquent jamais ces chrétiens partis au nom du Christ dans des pays difficiles pour soulager les souffrances et aider les défavorisés. Ces chrétiens n’ont pas simplement réconforté ces populations avec des mots de consolation « Vous souffrez ici mais prenez patience, là-haut tout sera bien ». Ils se sont investis pour apporter du secours et de l’aide au nom du Seigneur. Ils n’ont pas fui la réalité. Ils n’ont pas endormi tous ceux qui souffraient avec l’opium de la religion. Ils ont démontré l’action vivante de Jésus-Christ aujourd’hui dans le siècle présent.

    On peut encore citer bien des exemples. Le Sud de la France au 19e siècle n’avait aucun asile d’aliénés. Ces miséreux étaient abandonnés à eux-mêmes. Un jour en Dordogne, John Bost, pianiste de grand talent et de renommée internationale, renonce à sa carrière pour se consacrer à ces délaissés. Il fonde plusieurs pavillons d’accueil. Il ne fuit pas la réalité. Il s’investit. Il s’engage au nom de Christ pour apporter le secours à ces handicapés oubliés par la société. Il ne les endort pas avec l’opium de la religion. Il fait face à la réalité et à la souffrance.

    On peut ainsi multiplier les exemples de chrétiens qui au lieu de fuir ont fait face à la misère du monde et pourvu aux besoins des hommes.

    Citons encore William Booth, fondateur de l’Armée du Salut, qui s’est tout d’abord engagé parmi les malheureux à Londres pour ensuite étendre cette œuvre dans le monde entier. Ces gens malades plongés dans la souffrance n’ont pas été endormis par des discours teintés d’opium dans des paradis imaginaires. La foi du Christ nous pousse vers les autres.

    Prenons donc aussi concrètement notre part avec ceux qui souffrent et qui peinent. La foi en Christ ne nous dégage pas de nos responsabilités de citoyens. La foi n’est pas une fuite mais une prise de conscience des besoins de notre monde. La foi n’est pas de l’opium pour endormir. Elle est un combat dans la réalité.

    Notons que ceux qui prétendent que la religion est l’opium du peuple se réfugient souvent eux-mêmes dans l’alcool, la drogue, les expériences extraconjugales, l’immoralité, les fausses promesses de l’astrologie. Ils s’étourdissent dans la vanité.

    L’Évangile nous place devant la réalité parfois difficile. Mais la rencontre avec Jésus-Christ nous permet d’affronter cette réalité et de prendre nos responsabilités.

    La foi véritable concerne l’ici-bas et l’au-delà. Que Dieu nous aide !

    Post-scriptum

    Ce message a été apporté le 13/7/2003 par Philippe Hubinon, et résumé par Jean-Pierre Baudouin.

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