logo RUBRIQUE

  • Enseignement
  • Lu dans la presse
  • - Conventions
  • - Petits mots du pasteur
  • - Magazine "Résurrection"
  • - Actions communautaires
  • - Actions missionnaires
  • - Enfants
  • - Jeunes
  • - Vie d’église
  • Liens et Ressources
  • - Annonces hebdomadaires
  •  

    Zoom Arrière

    logo ARTICLE 804Alfred Kuen (1921-) décembre 2013
    Auteur prolifique de livres d’étude chrétiens, il a été professeur à l’Institut biblique et missionnaire Emmaüs, ainsi que directeur des Editions Emmaüs. Avec d’autres, il est à l’origine de la traduction de la Bible dite "Bible du Semeur".
    logo ARTICLE 350Faire taire les critiques février 2011
    Nous pouvons résister aux moqueries si nous avons la conviction de faire la volonté de Dieu.

    Dans la même rubrique

    Fête ensanglantée

     | Matthieu 14.1-12
     

    LIRE L’EXTRAIT BIBLIQUE :
    DANS LA VERSION LOUIS SEGOND 1910
    DANS LA VERSION BIBLE DU SEMEUR

    Bien triste lecture au cœur du message de la Bonne Nouvelle ! En parcourant ce récit déroutant, on se pose évidemment la question : comment Dieu a-t-il permis la mort d’un juste, de qui Jésus avait rendu un si beau témoignage ? Comment Dieu a-t-il permis ce crime ordonné par une fripouille, homme sensuel, cupide et pervers ? Comment est-ce possible ? Pourquoi le Tout-Puissant n’a-t-il pas délivré Jean-Baptiste de la prison ? Pourquoi le Christ qui guérissait les malades, purifiait les lépreux, ressuscitait les morts, marchait sur les eaux, n’a-t-il pas délivré Jean-Baptiste ?

    Pourquoi le Christ n’a-t-il pas guéri l’apôtre Paul qui a demandé plusieurs fois la guérison, et qui lui-même pouvait guérir tant de malades ? Pourquoi Dieu n’a-t-i1 pas délivré Jacques de la prison, ce juste qui fut aussi décapité par un autre Hérode, alors que, (Actes 12.1-19) Pierre fut libéré de façon surnaturelle ? Pourquoi donc le réformateur Jean Hus a-t-il été brûlé vif, alors que Luther a pu échapper à tant de pièges tendus par ses ennemis ? Pourquoi Dieu a-t-il permis que Marie Durand reste 38 ans enfermée dans la tour de Constance ? Pourquoi a-t-il permis que le Vatican organise la mise à mort de milliers de chrétiens pendant les années de l’Inquisition ? Pourquoi Dieu a-t-il permis que Jean-Baptiste soit décapité ? Toutes ces questions sont sans réponse, comme beaucoup d’autres encore. Ceci nous conduit à la réflexion suivante : un chrétien n’est pas quelqu’un qui sait tout, ou qui a réponse à tout.

    Dans sa parole, Dieu donne réponse à beaucoup de questions que nous nous posons. Il ne répond pas nécessairement à tout. Un chrétien ne sait pas tout, n’explique pas tout et ne comprend pas tout. Il y a des points d’interrogation, des questions qui demeureront jusqu’à notre dernier jour. L’apôtre Paul expliquait très bien cela quand il disait : « Nous connaissons en partie. » (1 Corinthiens 13.9). Nous ne connaissons pas tout, non seulement sur les questions spirituelles, théologiques ou bibliques, mais aussi sur les questions de la vie. « Aujourd’hui nous connaissons en partie, mais un jour nous connaîtrons comme nous avons été connus. » (1 Corinthiens 13.12). Alors il n’y aura plus de mystères, ni de points d’interrogation, plus de pourquoi ni de comment.

    La foi implique la persévérance même lorsque nos questions restent sans réponse.

    Cela ne signifie pas que nous ne connaissions rien, au contraire. La Bible dit : « La révélation de tes paroles éclaire, elle donne de l’intelligence aux simples. » (Psaumes 119.30). Beaucoup de chrétiens pourraient témoigner de la façon dont le Seigneur les a aidés à trouver la solution à leurs problèmes, la réponse aux questions de la vie. Dieu donne des réponses à certains moments, mais pas toujours. Il faut le savoir en tant que chrétien. Il est un faux évangile qui enseigne que Dieu répond à tout. Il n’est certainement pas juste de dire : "Moi, le Seigneur répond à toutes mes prières, et répond à tous mes pourquoi !"

    En fait Dieu est souverain. Il répond souvent à la prière mais il n’est pas un "répondeur automatique" ou une machine qui distribue sur commande la réponse à nos questions. Il faut s’attendre, dans notre vie, à rencontrer des situations dans lesquelles nous n’aurons pas de réponse.

    Cependant, malgré cela, nous sommes invités à poursuivre le chemin. Abraham s’est posé beaucoup de ques¬tions sur le chemin le conduisant au mont Morija. Et ce n’est qu’au moment où il arrive à Morija que Dieu l’arrête et lui fait savoir, et alors seulement, pourquoi il l’a conduit jusque-là.

    Dieu sait tout ! A nous d’avancer avec confiance, même lorsque nous n’avons pas de réponse à nos questions. Que de questions et de doutes chez Jean-Baptiste, quand il dit à ses disciples : « Allez demander si Jésus est bien le Messie. » (Matthieu 11.33). Cette fois, Jean-Baptiste aura une réponse : « Jésus leur répondit : Allez rapporter à Jean : les aveugles voient, les boiteux marchent, les lépreux sont purifiés, les sourds entendent, les morts ressuscitent, et la bonne nouvelle est annoncée aux pauvres. » (Matthieu 11.4,5). Jean-Baptiste ne s’est pas trompé Jésus est bien le Messie. Mais ici, lors du festin donné à l’anniversaire de la naissance d’Hérode, il n’aura pas de réponse dans sa prison.

    Sommes-nous prêts, non pas à être décapités, mais à continuer le chemin avec des questions et des points d’interrogation dans notre vie ? C’est cela la foi, le chemin étroit.

    La foi implique la persévérance même lorsque nos questions restent sans réponse.

    Ce passage pourrait très bien être résumé par une autre page de l’Evangile (Jean 9). Jésus a rendu la vue à un aveugle-né, et les pharisiens vont poser beaucoup de questions à cet homme qui a recouvré la vue. Il ne peut répondre, mais a cependant cette parole : « Je sais une chose, c’est que j’étais aveugle et que maintenant je vois. » (Jean 9.25). Moi chrétien, je ne peux répondre à tout, mais je sais que je suis pécheur, que Jésus-Christ est le Sauveur et que depuis que je me suis confié en lui, il a changé ma vie.

    Ces paroles sont reprises dans ce merveilleux cantique : “Je ne sais pourquoi, dans sa grâce, Jésus m’a tant aimé, pourquoi par son sang efface ma dette, mon péché. Je ne sais comment la lumière éclaire tout mon cœur, comment je compris ma misère et reçus mon sauveur ! Je ne sais quelle est la mesure de joie et de douleur que pour moi, faible créature, réserve mon sauveur. Je ne sais quand de la victoire l’heure enfin sonnera, quand l’agneau, l’époux, dans sa gloire avec Lui me prendra. Mais je sais, qu’en lui j’ai la vie, Il m’a sauvé dans son amour ; et gardé par sa main meurtrie j’attends l’heure de son retour.”

    Si la Bible ne nous dit pas tout, voyons cependant ce qu’elle nous dit. Avec tout ce que l’Ecriture donne comme réponse à nos questions, nous avons déjà beaucoup de pain sur la planche. Après nos questions sans réponse du début, voyons cependant, ce que nous pouvons apprendre de ce passage de l’évangile. Hérode va mettre Jean-Baptiste en prison parce que ce dernier dénonçait son péché : « Jean lui disait : Il ne t’est pas permis d’avoir pour femme, Hérodias, femme de ton frère. » (Matthieu 14.4). Ainsi Jean-Baptiste a touché le sujet tabou dans la vie du roi : sa vie sexuelle, son concubinage. Hérode et Hérodias trouvent sans doute que le prophète se mêle de ce qui ne le regar-de pas !

    Si nous nous plaçons devant Dieu, il n’est pas un domaine de notre vie où il n’ait droit de regard. En un certain sens, le chrétien n’a plus de vie privée. L’Ecriture dit : « Tout est à nu et à découvert aux yeux de celui à qui nous devons rendre compte. » (Hébreux 4.13).

    Beaucoup de personnes aimeraient servir un dieu qui ne dérange pas, qui n’interdit pas. Ce dieu n’est pas le Dieu de la Bible, parce que Dieu dérange, bouscule et nous remet en question. Dieu sait dire : on ne peut pas !

    Enormément de gens pensent que Dieu ne sait dire que cela. Mais Dieu ne dit pas que cela. Il n’est pas seulement un Dieu d’interdit. Le message de l’Evangile, souvent, à tort, a été perçu, comme la religion du “non”, du “on ne peut pas”, du “il est interdit”. La Bible ne contient pas seulement les Dix commandements, mais aussi beaucoup de promesses et de bénédictions de la part de Dieu.

    Mais Hérode n’accepte pas le “il est interdit.” Il met Jean-Baptiste en prison. Il enferme ainsi la Parole de Vérité, la Parole de Dieu qui le dérange.

    Voilà pourquoi, en fait, si souvent la Parole de Dieu nous dérange : c’est une Parole de Vérité.

    Monsieur-tout-le-monde peut regarder la télévision pendant des dizaines d’heures sans être repris dans sa conscience. On n’y montre du reste rien qui puisse le déranger. On le flatte, on le charme, sans lui dire la vérité, en utilisant souvent le mensonge.

    La Parole de Dieu embarrasse Hérode parce qu’il ne veut pas changer, et qu’il sait en fin de compte que Jean-Baptiste dit la vérité. Pourquoi n’y a-t-il pas des milliers de personnes dans les Eglises ? Parce que bien des gens ne veulent pas entendre : “tu ne peux pas faire cela.” Ils ne supportent pas d’entendre la vérité. Ils n’ont pas compris que lorsque Dieu dit : "tu ne peux pas !", c’est pour notre bonheur, notre bien, notre épanouissement, et pour nous délivrer de tous les esclavages.

    Hérode ne veut pas être dérangé, il met Jean-Baptiste en prison. Nous mettons aussi parfois la Parole de Dieu en prison. Nous la laissons de côté sans la lire, pour ne plus être dérangé.

    Mais dans le personnage d’Hérode existe un autre aspect décrit dans l’évangile selon Marc où il nous est rapporté que « le roi écoutait Jean-Baptiste avec plaisir et était souvent perplexe. » (Marc 6.20). Il n’y a aucune contradiction entre ces deux textes relatifs à Hérode.

    Il est possible d’écouter un sermon avec plaisir sans toutefois rien vouloir changer. Bien des non-chrétiens, et même des chrétiens, aiment entendre la prédication, acheter des cassettes pour réentendre le message, et sont troublés, émus, bouleversés par la Vérité ... mais ne changent jamais ! J’en connais plusieurs de l’Eglise qui en sont là ! Si c’est ton cas, ce qui suit te concerne. Hérode trouve un compromis. Il vient écouter Jean-Baptiste dans sa prison et ensuite retourne dans les bras d’Hérodias. Il recherche une espèce de neutralité, il ne tue pas Jean-Baptiste comme il en a envie, comme sa concubine l’y pousse, mais en même temps il se garde de renvoyer Hérodias. Hérode refuse de choisir.

    Peut-être en êtes-vous là, refusant de choisir. Vous écoutez, mais vous refusez de vous décider, de vous convertir ou de délaisser un péché. Jésus connaît votre cas et vous cherche par son Esprit. Derrière votre visage, votre masque, Jésus sonde votre cœur, et vous trouve tel que vous êtes. Ressaisissez-vous !

    Et puis vient la fête, l’anniversaire du roi. Il invite les grands, les généraux, les chefs, les principaux, "les fines huiles". La fille d’Hérodias va danser devant les convives. C’est une danse sensuelle, érotique. Hérode “perd la tête” et promet publiquement à la jeune fille : « Demande-moi ce que tu voudras, et je te le donnerai, fût-ce la moitié de mon royaume. » (Marc 6.22, 23). La fille d’Hérodias demande la tête de Jean-Baptiste. Le prix en jeu est bien plus élevé que la moitié d’un royaume ! Hérode ne s’y attendait pas. Le roi a perdu le contrôle de la situation. Il est devenu esclave. C’est Hérodias qui règne. C’est elle qui commande le roi. Lui n’est plus qu’une marionnette dans les mains de sa concubine. En fait, plus précisément, le péché prend le pouvoir sur le roi. Hérode a cru qu’il serait toujours assez fort pour maîtriser la situation, maintenir l’équilibre entre Jean-Baptiste et Hérodias, faire cohabiter la grâce et le péché. Mais c’est oublier qu’il n’y a « rien de commun entre la lumière et les ténèbres. » (2 Corinthiens 7). C’est oublier, comme l’affirme le livre des Proverbes, « qu’il y a un piège dans le péché. » Non seulement Hérodias “se payera” la tête de Jean-Baptiste, mais elle se paye la tête du roi. Le roi s’est laissé avoir. Ce qu’il refusait de faire lui, le roi, le voilà obligé de l’accomplir.

    Voilà où nous conduiront, tôt ou tard, les compromis avec le péché. Un jour, on est eu ! On est pris ! A ce jeu, certains y ont laissé leur santé, leur réputation, leur honneur, leur argent, leur sommeil, leur vie, leur éternité !

    Vous voulez être le roi de votre vie, vivre dans le compromis entre Dieu et le monde, mélangeant lumière et ténèbres, grâce et péché. N’allez pas plus loin, il faut maintenant choisir. Ne remettez pas à demain. Décidez aujourd’hui.

    Si tel est votre cas, vous savez que cette mise en garde s’adresse à vous. En effet l’Esprit de Dieu applique à nos cœurs la Parole qu’il veut nous faire entendre. Ne restez pas plus longtemps dans les bras d’Hérodias.

    Ce même nom peut revêtir différents personnage. Pour certains, Hérodias, c’est peut-être les jeux d’argent, l’alcool, l’excès de médicaments, la drogue ; pour d’autres la pornographie, la fraude, une femme ou un homme. Prenez garde, le piège va se refermer sur vous au moment où vous vous y attendrez le moins, comme c’est arrivé à Hérode, qui a voulu pendant tout un temps reporter la décision.

    Un jour la vie va décider pour vous, si aujourd’hui vous persistez à remettre votre choix à plus tard. Mais à qui s’adresse cette mise en garde ?

    D’une part, à ceux qui ne sont pas encore chrétiens et qui reportent sans cesse leur décision, en continuant leur ancienne vie. Ne tardez plus à venir à la croix. D’autre part, à ceux qui, chrétiens, connaissant la grâce, sont nés de nouveau mais malgré tout, traînent un péché dans leur vie. Un jour “Hérodias” leur demandera aussi la tête de Jean-Baptiste. Hâte-toi et fais le bon choix avant qu’il ne soit trop tard !

    DÉCIDE-TOI MAINTENANT ! ■

    Post-scriptum

    Prédication de Philippe Hubinon, résumée par Jean-Pierre Baudouin - Bulletin “Résurrection” d’octobre 1992.

    Copyright © 2005 Eglise Protestante Evangélique de Charleroi. Tous droits réservés.
    Ce site a été créé par Ginger-Nut et est géré avec SPIP + EVA-Web